Gaucherie

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La gaucherie (ou sinistralité) désigne l'usage préférentiel pour une personne de la main gauche dans les tâches courantes.

Sommaire

[modifier] Définition

La définition de gaucher s'oppose à celle de droitier. On parle de gaucherie homogène si cette latéralité concerne d'autres organes comme l'oreille, l'œil ou la jambe, sinon on parle de gaucherie partielle ou de latéralité croisée. Être "gaucher" ou "droitier" n'est pas aussi net que le vocabulaire le laisse penser : quantités d'activités sont naturellement faites préférentiellement comme un gaucher par des droitiers, et inversement ; notamment, la latéralisation n'étant pas toujours homogène, ce peut être (par exemple) celle de l'œil qui s'impose à celle de la main, ou inversement.

Cette préférence correspond à une latéralisation opposée du cerveau et s'accompagne donc d'une dominance de l'hémisphère droit pour les gauchers dans cette fonction.

On dira d'une personne que son côté fort est à droite ou à gauche selon qu'elle est respectivement droitière ou gauchère. On parle de gaucher contrarié pour qualifier un individu naturellement gaucher, mais que l'on a contraint à utiliser la main droite pour les tâches de la vie courante (notamment l'écriture).

[modifier] Répartition des gauchers

Les gauchers naturels sont répartis de façon homogène dans toutes les populations du globe où leur proportion oscille entre 8 et 15%.[réf. nécessaire]

Il y aurait plus d’hommes gauchers (12,5 %) que de femmes gauchères (10 %) sans que l’on sache pourquoi.[réf. nécessaire]

Selon une étude anglo-saxonne réalisée en 1977[1], les gauchers représenteraient 8 à 15% de la population.

En France, en 2005, selon une enquête réalisée par le site lesgauchers.com[2]le taux de gauchers serait de 12,7 % (6 garçons pour 4 filles). Cette enquête a été prise en référence par le Quid 2007.

[modifier] Cause de la gaucherie

L'origine de la latéralisation n'est toujours pas connue[3]. On suppose qu'il existe des éléments physiologiques (hormonaux par exemple ), et sans doute génétiques, car une cause exclusivement culturelle ne semble pas compatible avec :

  • le maintien d'une population de gauchers dans des cultures où ils sont déconsidérés;
  • la difficulté à devenir droitier quand on est "naturellement" gaucher;
  • le fait qu'on ne connaisse aucune culture où les gauchers soient ou aient été majoritaires.

En sens inverse, l'existence de familles de gauchers ne suffit pas à caractériser une origine génétique, ces familles n'ayant pas le même rapport à la gaucherie que le reste de la population. Les vrais jumeaux ne sont pas latéralisés de la même façon que dans 3/4 des cas, ce qui implique que la génétique joue un rôle mais n'explique pas tout.

Le sexe ne semble pas jouer un rôle très important, bien que des études donnent un peu plus de garçons gauchers, en proportion, que de filles.

Les jeunes enfants (avant 4 ans) sont déjà majoritairement droitiers, et adoptent généralement (rapidement : avant 6 ans) un comportement de droitier quand ils ne montraient pas de préférence ; la proportion de gauchers est faible au départ et augmente très peu.

[modifier] Gaucher dans une population majoritairement droitière

La majorité des êtres humains étant droitière, la plupart des objets manufacturés non symétriques ou ayant un sens normal d'utilisation sont fabriqués pour être utilisés par un droitier.

Ainsi, par exemple, un téléphone fixe aura le combiné à gauche pour être saisi de la main gauche, laissant la main droite libre pour composer le numéro ou prendre des notes, et dans le métro, la validation du ticket (ou du badge Navigo) se fera toujours sur le côté droit. Les souris d'ordinateurs à plusieurs boutons ont leur clic principal qui tombent sous l'index quand on les prend en main droite, il faut donc que le gaucher en change le paramétrage, s'habitue à cliquer du majeur, ou... adopte une souris spécifiquement pour gaucher.

De manière plus subtile, les paires de ciseaux sont souvent faites pour les droitiers, et sur un crayon ou stylo bille, on ne pourra lire la marque normalement que si on le tient de la main droite. Les poches intérieures de vestes sont la plupart du temps du côté gauche, facilitant la saisie d'objets s'y trouvant par la main droite. Les appareils photographiques ont tous leur bouton de déclenchement côté droit. Les cartes à jouer, quand elles ne comportent des inscriptions que sur deux des quatre angles, ne correspondent pas au sens de déploiement de la main par les gauchers. On peut aussi par exemple noter qu'à table, la cuillère, positionnée entre l'assiette et les verres, a son manche sur le côté droit...

Souvent sans importance, cette latéralisation peut-être gênante dans quelques cas particuliers

  • dans le domaine militaire (et plus généralement dans les groupes organisés dont les mouvements doivent être coordonnés : orchestres musicaux, par exemple) : le guerrier porte le bouclier à gauche et l'arme en main droite, et pour constituer une troupe homogène le gaucher doit faire comme les autres, au risque de perdre de son efficacité;
  • sans doute pour des raisons dérivées de la fonction militaire, la droite est le coté honorifique et la gauche (la sinistre) le coté maléfique;
    • le côté gauche est le côté vulnérable, que l'on confie à un ami sûr : la droite est la place d'honneur;
    • une troupe antique a tendance à dériver vers la droite de la ligne de bataille, parce que les hommes déjà couverts sur leur coté gauche par leur propre bouclier cherchent à se couvrir leur droite par le bouclier de leur voisin de droite ; les lignes de bataille ont tendance à tourner, et souvent les batailles antiques se gagnent sur le flanc droit -- où il apparait un surnombre -- et se perdent sur le flanc gauche -- que les hommes fuient -- ; cause ou conséquence, les chefs militaires mettent généralement leurs troupes d'élite à droite : le gaucher est mal vu;
  • les sociétés regardent souvent de travers leurs minorités, dont celles des gauchers;
  • les gauchers doivent souvent faire preuve d'habileté pour parvenir à écrire correctement, puisque le sens de l'écriture latine (de gauche à droite) est inversé par rapport au sens qui leur serait naturel, et qu'ils doivent souvent pousser leur stylo là où la plupart des droitiers le tirent. Les enseignants ignorent en général comment aider un gaucher à écrire correctement (basculer un peu la feuille vers la droite, la gauche de la feuille en haut, et, ainsi, écrire d'en haut à gauche vers en bas à droite).

Dans des cas plus rares, le gaucher peut avoir un avantage d'adaptation : dans les situations de duel, il est forcément habitué à des adversaires droitiers, et il est à égalité avec un éventuel, et plus rare, adversaire gaucher ; au contraire les droitiers n'ont pas l'habitude d'affronter des gauchers. De nos jours cela apparait encore dans les sports "d'opposition" (escrime, boxe, tennis, tennis de table[4]...) par exemple, un boxeur droitier sera déconcerté par la garde "inversée" d'un gaucher, alors que l'inverse ne sera pas vrai. On constate facilement en examinant les listes de champions dans ces sports (tennis par exemple) que les gauchers y figurent en proportion importante.

[modifier] Le marché des gauchers

Les objets spécifiquement prévus pour gauchers sont maintenant fréquents.

[modifier] Les gauchers contrariés

En Occident, la main gauche (sinistra en latin) fut longtemps associée à une symbolique extrêmement négative ; aussi contraignait-on autrefois les gauchers à utiliser préférentiellement leur main droite, en particulier pour écrire.

En Asie (Chine, Japon, ...), l'usage de main droite est encore de nos jours quasiment imposé pour certaines activités. Ainsi, l'écriture des sinogrammes ne se fait qu'avec la main droite. (En particulier pour la calligraphie.) De même, à table, il est considéré comme malpoli de tenir ses baguettes dans la main gauche.

[modifier] Bibliographie

  • Galobardès Michel, Comprendre et accompagner l’élève gaucher Hachette, 2007
  • Galobardès Michel, Gauchères, Gauchers… Riv’gauche, 2005
  • Pierre-Michel Bertand, Histoire des gauchers : des gens à l'envers, Imago, 2001
  • Pierre-Michel Bertand, Dictionnaire des gauchers, Imago, 2004
  • Marie-Alice Du Pasquier-Grall, Les gauchers, Le Cavalier Bleu, 2001
  • Jean-Paul Dubois, Eloge des gauchers dans un monde manchot, Robert Laffont, 1986. Réédition : Eloge du gaucher, Gallimard (Folio), 2008
  • Dominique Pignon, La Main sauvage : les gauchers et les autres, Ramsay, 1987

[modifier] Voir aussi

[modifier] Notes et références

  1. Hardyck, C., & Petrinovich, L. F. (1977). "Left-handedness," Psychological Bulletin, 84, 385–404.
  2. 8 000 000 de gauchers en France selon lesgauchers.com
  3. http://www.vivantinfo.com/index.php?id=101
  4. http://www.lesgauchers.com/gauchers-tennis-de-table_12_235.html

[modifier] Liens externes

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