Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique
Le groupe confédéral de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique (GUE/NGL) est un groupe du Parlement européen qui regroupe des partis de gauche, de tendance socialiste, antilibérale, anticapitaliste, éco-socialiste, communiste ou post-communiste. Il regroupe essentiellement des organisations membres du Parti de la gauche européenne (PGE), mais aussi de l'Alliance de la Gauche verte nordique, de la Gauche anticapitaliste européenne ou sans affiliation.
Ce groupe de 34 eurodéputés est présidé depuis 2012 par Gabriele Zimmer[1].
Sommaire |
Organisation [modifier]
Le groupe GUE/NGL est un groupe confédéral : il est composé de délégations nationales et de partis membres. Si les partis membres doivent partager des objectifs politiques communs, exprimés notamment dans la déclaration constitutionnelle, ils restent souverains quant à leur ligne politique. Ainsi, le groupe parlementaire apparaît parfois divisé sur certaines questions.
Les députés du groupe se réunissent régulièrement afin de préparer les séances, débattre sur les lignes politiques et voter des résolutions. Le groupe publie également des rapports sur différents sujets (Organisation mondiale du commerce, amiante, esclavage sexuel…).
Positionnement politique [modifier]
Fondée en 1994, le positionnement politique du groupe est résumé par sa déclaration constitutionnelle[2]. C'est sur ce texte que s'engagent les partis membres et les députés associés au groupe à titre individuel. Il développe une ligne politique qu'on pourrait qualifier d'« altereuropéenne », c’est-à-dire opposée à la construction européenne actuelle tout en se disant « profondément attaché à la construction européenne ».
Elle pose trois piliers pour la construction d'une autre Europe : le changement total des institutions afin de les rendre « pleinement démocratiques » ; un nouveau modèle de développement écologique et rompant avec le néolibéralisme, visant à créer un « espace social commun » ; et une politique de codéveloppement et de coopération « équitable ».
Le groupe se pose ainsi dans une ligne ne tranchant pas clairement entre réformisme et révolution, laissant à chaque parti le soin de décider de la façon qu'ils jugent la plus adaptée pour parvenir à ces objectifs. De ce fait, il se positionne à la fois « à l'intérieur » des institutions, tentant d'influer sur les décisions prises par codécision, et « à l'extérieur » de par sa volonté d'une « autre Union » qui ferait « table rase de Maastricht ».
Histoire [modifier]
La gauche unitaire européenne a été fondée en 1989, de la volonté de fédérer les partis de gauche non socio-libéraux. Elle regroupe alors quatre partis : le Parti socialiste populaire danois, le Parti communiste italien, la Gauche unie espagnole (dont notamment le Parti communiste d'Espagne) et le Synaspismós grec, et se présente comme une alliance de partis politiques et non comme un groupe politique. C'est en 1994 qu'elle se forme en tant que groupe confédéral : aux partis d'origine se sont joints les partis communistes français, portugais et grec ; le Parti de la refondation communiste italien a remplacé le PCI, qui a rejoint le Parti socialiste européen sous le nom de Démocrates de gauche ; le PSP a lui quitté l'alliance.
En 1995, l'élargissement de l'Union européenne amène la création de l'Alliance de la Gauche verte nordique, qui regroupe l'Alliance de gauche finlandaise, le Parti de gauche suédois et le Parti socialiste populaire danois. Le groupe se renomme alors « Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique » (GUE/NGL).
La GUE/NGL voit alors ses effectifs varier, tant en termes de députés que de partis politiques, avec les élections au parlement et les recompositions des partis au niveau national : en 1999, le Parti du socialisme démocratique (PDS) allemand et le Mouvement démocratique social (en) (DIKKI) grec rejoignent ainsi la GUE/NGL, alors que les cinq élus de la liste d'alliance LO-LCR le rejoignent en tant que membres associés. En 2002, les quatre députés européens du Pôle républicain décident également de rejoindre le groupe. En 2004 en revanche, l'alliance LO-LCR n'obtiendra pas d'élus et le DIKKI est dissous ; le Bloc de gauche portugais et le Sinn Féin irlandais rejoignent eux le groupe, ainsi que deux partis de pays ayant rejoint l'Union en 2004 : l'AKEL chypriote et le PCBM tchèque, portant le nombre total de partis adhérents à 16. Le groupe comptait alors 41 députés européens issus de 16 partis membres et originaires de 13 États de l'Union européenne. Il comprenait également 4 partis associés, dont 3 ne sont pas, actuellement, représentés au sein du Parlement européen.
À l'issue des élections européennes de 2009 le groupe passe de 41 à 35 membres. Il subit les effets de la déroute des partis communistes italiens, qui perdent tous leurs élus alors qu'ils en comptaient sept dans la législature précédente. L'officialisation de la défection des élus du Parti socialiste populaire danois au profit du groupe Verts/ALE, ainsi que la perte de son élu par l'Alliance de gauche finlandaise font baisser l'audience de l'Alliance de la Gauche verte nordique au sein du groupe, où elle n'est plus représentée que par un seul eurodéputé du Parti de gauche suédois. Le ralliement d'un des deux élus du Centre de l'harmonie letton et les gains réalisés par les partis-membres allemand, français et portugais n'ont pas suffi à compenser ces pertes.
Présidents du groupe [modifier]
Groupe de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique [modifier]
- Gabriele Zimmer (Die Linke) : depuis 2012
- Lothar Bisky (Die Linke) : 2009 - 2012
- Francis Wurtz (PCF) : 1999 - 2009
- Alonso José Puerta (IU) : 1994 - 1999
Groupe pour la Gauche unitaire européenne [modifier]
- Luigi Alberto Colajanni (PCI puis PDS) : 1989 - 1993[3]
Partis membres et associés [modifier]
Le groupe comporte différents types de membres :
- Les partis membres, qui sont pleinement membres du groupe (ils acceptent la déclaration constitutionnelle).
- Les partis membres associés, qui sont de deux types :
- Partis n'étant pas représentés au Parlement européen, soit parce qu'ils ne sont pas membres de l'Union, soit parce qu'ils n'ont pas obtenu d'élus.
- Partis étant représentés au Parlement européen mais qui ne souhaitent pas encore être membres à part entière.
- Les partis ne souhaitant pas être membres mais dont les députés sont membres associés.
Ces derniers étaient principalement constitués des partis trotskystes français, qui n'ont pas obtenu d'élus aux élections européennes de 2004. Il s'agit maintenant plutôt du Bloc de gauche portugais, du Mouvement populaire contre l'UE danois et des eurodéputés français élus en 2009 sur les listes du Front de gauche qui ne sont pas membres du Parti communiste français ou du Parti de Gauche.
Partis membres [modifier]
| Pays | Parti national | Affiliation européenne | |
| Die Linke | GUE | ||
| Parti progressiste des travailleurs | GUE | ||
| Gauche unie | GUE | ||
| Alliance de gauche | NGL | ||
| Parti communiste français | GUE | ||
| Parti de gauche | GUE | ||
| Parti communiste de Grèce | GUE | ||
| Synaspismós | GUE | ||
| Socialist Party | GUE | ||
| Sinn Féin | GUE | ||
| GUE | |||
| Parti de la refondation communiste | GUE | ||
| Parti des communistes italiens | GUE | ||
| Parti socialiste | GUE | ||
| Parti communiste portugais | GUE | ||
| Parti communiste de Bohême et Moravie | GUE | ||
| Parti de gauche | NGL | ||
| La Gauche | GUE | ||
| Partis issus de pays non-membres de l'Union | |||
| Parti socialiste de gauche | NGL | ||
| Parti suisse du Travail | GUE | ||
| Parti associé | |||
| Bloc de gauche | GUE | ||
| Partis ayant ou ayant eu des députés associés au groupe au parlement | |||
| Mouvement populaire contre l'Union européenne | |||
Députés [modifier]
Mandature 2009-2014 [modifier]
Mandature 2004-2009 [modifier]
| Pays | Parti national | Eurodéputés | |
|---|---|---|---|
| Die Linke | 7 | ||
| Parti progressiste des travailleurs | 2 | ||
| Gauche unie | 1 | ||
| Alliance de gauche | 1 | ||
| Parti communiste français | 2 | ||
| Parti communiste de Grèce | 3 | ||
| Synaspismós | 1 | ||
| Sinn Féin | 1 | ||
| 1 | |||
| Parti de la refondation communiste | 5 | ||
| Parti des communistes italiens | 2 | ||
| Parti socialiste | 2 | ||
| Parti communiste portugais | 2 | ||
| Parti communiste de Bohême et Moravie | 6 | ||
| Parti de gauche | 2 | ||
| Parti(s) associé(s) | |||
| Bloc de gauche | 1 | ||
| Partis avec des députés membres associés | |||
| Mouvement populaire contre l'Union européenne | 1 | ||
| PCR | 1 | ||
Notes : lorsque l'affiliation est signalée en italique, il s'agit d'un membre observateur et non à part entière de ladite affiliation. Le Bloc de gauche portugais est à la fois membre du PGE et de la GACE
Notes et références [modifier]
- Groupe confédéral de la gauche unitaire européenne / Gauche verte nordique : Gabriele Zimmer, Parlement européen, 16 novembre 2012. Consulté le 16 novembre 2012
- Déclaration constitutionnelle du groupe GUE/NGL
- Le groupe s'est dissous le 11 janvier 1993 quand les ex-communistes italiens ont rejoint le groupe du Parti socialiste européen
- Le Centre de l'harmonie, coalition regroupant plusieurs partis, a obtenu deux sièges. Alfreds Rubiks, leader d'une des composantes partisanes de cette alliance, le Parti socialiste de Lettonie, a choisi de s'inscrire au groupe GUE/NGL tandis qu'Aleksandrs Mirskis, du Parti de l'harmonie nationale, a préféré siéger au groupe S&D