Gaston III de Foix-Béarn
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| Gaston III de Foix-Béarn | |
Gaston Fébus enseignant aux veneurs, enluminure du XVe siècle Livre de chasse, Paris, BnF, Ms. fr. 616, fol. 51v. |
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| Titre | comte de Foix (1343 – 1391) |
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| Autre titre | vicomte de Béarn |
| Prédécesseur | Gaston II de Foix-Béarn |
| Successeur | Mathieu de Foix-Castelbon |
| Autres fonctions | Lieutenant du Languedoc |
| Biographie | |
| Naissance | 30 avril 1331 à Orthez ou à Foix |
| Décès | 1er août 1391 (à 60 ans) à L'Hôpital-d'Orion |
| Père | Gaston II de Foix-Béarn |
| Mère | Eléonor de Comminges |
| Conjoint | Agnès de Navarre |
| Liaisons | Catherine de Rabat |
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Gaston III de Foix-Béarn dit Gaston Fébus (selon sa signature, on trouve parfois Phébus ou Phœbus), né le 30 avril 1331 à Orthez ou à Foix[1] et mort le 1er août 1391 à L'Hôpital-d'Orion, comte de Foix, vicomte de Béarn, est un seigneur féodal de la Gascogne et du Languedoc, de même qu'un écrivain de langue française avec son célèbre ouvrage, le Livre de chasse[2], un manuscrit illustré sur la vénerie, et un auteur de poésies en langue d'oc.
Sur le plan politique il est ambitieux et profite des conflits entre les monarchies française et anglaise pour revendiquer une autonomie pour le Béarn où il tient sa cour. Cette volonté de se présenter comme un prince indépendant n'est pas du goût des capétiens mais il est suffisamment habile pour ne pas avoir à subir des représailles qui l'empêcheraient de mener à bien son projet. C'est d'ailleurs là que réside l’ambiguïté de son statut entre vassalité et autonomie plus ou moins réelle. Il semble qu'il avait également pour projet d'étendre ses possessions tout au long des Pyrénées entre le Béarn et le comté de Foix. En Gascogne, il fut un adversaire de la maison d'Armagnac.
« Il avait été vaillant prince en son temps et subjugua tous ses voisins, et était bien aimé, honoré et prisé, craint et redouté. »
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Biographie[modifier]
Il est le fils de Gaston II de Foix-Béarn, comte de Foix, vicomte de Béarn, et d'Eléonore de Comminges. Gaston II étant mort à Séville, Gaston III succède très jeune (12 ans) à son père en 1343 sur des territoires morcelés : à l'ouest, les vicomtés de Béarn (situés de nos jours dans les Pyrénées-Atlantiques), de Marsan et de Gabardan (actuellement dans les Landes et le Gers) ; à l'est, le comté de Foix (actuellement l'Ariège), les Basses-terres albigeoises (une partie du Tarn actuel) et le Lautrec ; au milieu, le Nébouzan, autour de Saint-Gaudens (dans la Haute-Garonne). Sa mère assure la régence jusqu'à ses 14 ans.
On[Qui ?] lui attribue la construction du château de Losenac (il est vicomte de Marsan) en 1344[3], afin de renforcer les défenses de Mont-de-Marsan.
Pour les possessions occidentales, Gaston III doit hommage au roi d'Angleterre, Édouard III, duc de Gascogne (il se dit seigneur de Béarn alors qu'il n'est que vicomte devant prêter hommage au prince Noir), et, pour les possessions orientales, au roi de France, Philippe VI de Valois. Cette disposition particulière conduit les rois rivaux de France et d'Angleterre à ménager le comte de Foix pour éviter qu'il ne passe dans l'autre camp. Avec cette stratégie, Gaston Fébus parvient à rester assez neutre. Ses domaines sont donc relativement épargnés des désastres de la Guerre de Cent Ans. De plus, il est redevable du roi d'Aragon pour une partie de l'Andorre et de la province du Roussillon[4].
Lorsque la Guerre de Cent Ans éclate, Gaston III devant pourtant le service de l'ost n'y participe pas et, le 26 septembre 1347, il reconnaît son allégeance au roi de France pour le comté de Foix, mais il déclare que le Béarn est neutre dans ce conflit et qu'il ne tient son pays que de Dieu et de son épée.
Le 4 août 1349, Gaston III épouse à Paris Agnès de Navarre (1334-1396), fille de Phillippe d'Évreux et de Jeanne II de Navarre, proche parente du roi de France.
Bien qu'elle lui ait donné un fils, il répudie sans ménagement son épouse dès le lendemain de son accouchement. Agnès est chassée, sans autres affaires que ce qu'elle porte, et se réfugie à la cour de son frère Charles II de Navarre. On en ignore encore la raison mais les conséquences seront lourdes pour Gaston Fébus[5].
Fin diplomate, chef de guerre redoutable et stratège avisé, il saura profiter de la guerre pour s'enrichir. À Launac, le 3 décembre 1362, il écrase son voisin le comte d'Armagnac. Il le fait prisonnier et l'énorme rançon qu'il reçoit pour sa libération lui permet d'entretenir une fastueuse cour.
La vie de Gaston se passe dans des guerres continuelles ; il fait ses premières armes en 1345 contre les Anglais, part en 1356 en Prusse pour combattre les Païens dans les rangs des Chevaliers Teutoniques ; contribue en 1358, pendant la Jacquerie, à la délivrance de la cour de Meaux et combat le comte d'Armagnac, qui manifeste des prétentions sur le Béarn (1372), ainsi que le duc de Berry, qui lui a enlevé le titre de lieutenant du Languedoc (1375).
Il s'illustre par sa valeur et sa magnificence, mais on lui reproche un caractère violent ; après qu'il a fait assassiner son frère, on l'accuse d'avoir causé la mort de son propre fils : ce jeune prince, accusé d'avoir voulu empoisonner son père à l'instigation de Charles le Mauvais, est emprisonné. Au cours d'une visite qu'il rend à son fils, Fébus perd son sang-froid et lui porte un coup mortel à la gorge, faisant ainsi disparaître son seul héritier direct et légitime (1382).
Il demande un recensement des feux (« foecs ») du Béarn, que l’on appelle le « Dénombrement de 1385 ». Il impose alors un impôt par foyer, qui sera levé chaque année.
Le 1er octobre 1389, son procureur, Pierre de Lacvivier (Pey de Lac Vivier de Croziès de Bouilhas) est « délégué comme arbitre par le Sénéchal pour connaître d'une cause et prononcer la Sentence entre les consuls de Foix et ceux de Montgaillard[6]. »
Il meurt à son retour d'une chasse à l’ours, à L'Hôpital-d'Orion (près de Sauveterre-de-Béarn), frappé d’apoplexie, à l’âge de 60 ans, le 1er août 1391[7]. Son corps est transféré puis inhumé au couvent des Jacobins d'Orthez. À sa mort, on découvre qu'il a signé un traité secret avec le roi de France, en faisant son légataire universel et lui laissant ses domaines en échange de la Bigorre et 100 000 francs d'or. C'est néanmoins la branche cadette des Foix-Béarn - en la personne de Mathieu de Foix-Castelbon (1374-1398), qu'exècre Gaston III, qui recueille la succession et assure la survie de son œuvre[4].
Artiste[modifier]
Il est considéré comme un des plus grands chasseurs de son temps (dans le sens où sa passion de la chasse l'accapare au point de recevoir ses hôtes après minuit[8]) et écrit un livre qui fera référence : le « Livre de chasse », un des meilleurs traités médiévaux consacrés aux techniques de chasse, gibiers, et chiens de chasse (alans, dogues…). L'ouvrage, dicté à un copiste à partir du 1er mai 1387 jusqu'en 1388, est écrit en français alors que la langue maternelle du comte de Foix était le béarnais. Le livre restera le grand classique des ouvrages consacrés à la chasse pendant des siècles et le naturaliste Buffon l'utilisera encore à la fin du XVIIIe siècle.
Il compose un « Livre des oraisons », recueil de prières rédigées pour la plupart en français. On a longtemps pensé qu'il aurait écrit ce livre après avoir tué son propre fils au cours d'une altercation. Claudine Pailhès, directrice des Archives départementales de l'Ariège, remet en question cette supposition dans son livre Gaston Fébus, le prince et le diable. Elle pense plutôt que ce recueil serait le fruit d'une crise due à un « péché de chair », selon les mots de Gaston Fébus.
Il a aussi été un poète, grand amateur de musique et compositeur d'œuvres musicales : il a composé un recueil de chansons, le chansonnier provençal dit de Saragosse, conservant 18 pièces écrites en langue d'oc [4].
Anecdotes[modifier]
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Il fut surnommé Fébus, soit à cause de sa beauté, soit parce que selon la tradition, semblable au dieu Phœbus, il avait une blonde chevelure, soit enfin parce qu'il avait pris un soleil pour emblème. Il orthographiait son surnom « Febus », et non « Phœbus », car le graphème ph n'a jamais existé en occitan. C'était une façon de se distinguer, chose qu'il aimait particulièrement comme en témoigne l'architecture de ses places fortes (Mauvezin, Montaner, Morlanne…) qu'il flanquait de tours carrées alors que la mode de l'époque incitait à construire des tours rondes. Une autre explication de ce surnom viendrait d'un mauvais jeu de mot sur la ville de Foix qui se trouve dans ses domaines.
Grand amateur d'art, on lui attribue la paternité du chant pyrénéen Se canta, considéré aujourd'hui comme l'hymne occitan.
Sa renommée est redevable en partie au portrait qu'en a fait Jean Froissart dans ses Chroniques à l'occasion de son séjour à la cour d'Orthez entre fin novembre1388 et fin février1389.
Sa devise « Tòca-i se gausas » (Touches-y si tu oses) est encore la devise des villes de Foix et d'Orthez.
Le surnom de Fébus a été, après Gaston III, porté par d'autres membres de la famille, dont François Phébus, roi de Navarre de 1479 à 1483.
Descendance[modifier]
- Descendance légitime
- Gaston de Foix-Béarn, seul enfant issu du mariage de Gaston Fébus avec Agnès de Navarre. Il épousa Béatrice d'Armagnac, fille de Jean II d'Armagnac (v. 1333-1384), mais il n'a pas de descendance. Il avait été emprisonné en raison de sa participation à un complot contre son père : selon le récit de Froissart, lors d'une dispute avec son frère Jean de Béarn, ce dernier découvre dans sa pelisse une bourse avec une poudre qui, donnée à un lévrier, se révèle être un poison. Ce serait son propre père, toujours selon Froissart, qui l'aurait involontairement tué alors qu'il se laissait mourir de faim[4], suite à une dispute dans sa prison. Cependant il n'existe aucun témoignage direct de ce meurtre filial[5].
- Descendance illégitime
Gaston Fébus eut plusieurs enfants avec sa maîtresse Catherine de Rabat :
- Garcia de Béarn, vicomte d'Ossau, époux d'Anne de Lavedan;
- Peranudet de Béarn, mort jeune;
- Bernard de Béarn, mort vers 1381, premier Comte de Medinaceli par son mariage avec Isabel de la Cerda, dame de Huelva, Gibraleón et de Puerto de Santa María, et d'où descendent les ducs de Medinaceli;
- Jean de Béarn, aussi appelé Yvain de Lescar, ce fils naturel préféré est mort le 30 janvier 1393 sans descendance, des suites de ses blessures après l'incendie du Bal des ardents.
On lui attribue aussi la paternité d'Éléonore de Béarn, née vers 1355 de mère inconnue (peut-être Catherine de Rabat), mariée vers 1375 avec Aner de Gerderest. Plusieurs familles du sud de la France en descendent jusqu'à nos jours[réf. nécessaire].
Notes et références[modifier]
- Les historiens[Qui ?] ne sont pas d'accord sur ce point, les registres ayant été détruits lors des guerres de religion.
- Le Livre de chasse de Gaston Phébus, sur le site de la Bibliothèque nationale de France
- Aucun texte ne permet cependant d'affirmer que c'est bien lui qui a fait édifier le château
- Sophie Lagabrielle, « Gaston Fébus, le lion des Pyrénées », émission La Marche de l'Histoire sur France Inter, 4 janvier 2012
- Claudine Pailhès pour son livre : Gaston Fébus, le prince et le diable et Patrice Gélinet, 2000 ans d'histoire sur France Inter, mercredi 12 septembre 2007.
- Cartulaire Municipal de Foix
- http://www.rmn.fr/francais/les-musees-et-leurs-expositions/musee-de-cluny-musee-national-du-23/expositions-111/gaston-febus-1331-1391
- Philippe Contamine, « Gaston Fébus et son Livre de la chasse » sur Canal Académie, 18 mars 2012
Annexe[modifier]
Sources et bibliographie[modifier]
- Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Gaston III de Foix-Béarn » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, 1878 (Wikisource)
- Pierre Tucoo-Chala, auteur de nombreux livres sur Gaston Phoebus, dont Gaston Fébus Prince des Pyrénées
- Jacques Perot, « Un manuscrit du livre de la Chasse de Gaston Febus (Gaston III de Foix-Béarn) au château de Pau : premières observations », Revue de Pau et du Béarn, no 14, 1987, p. 21-36
- Article « Gaston III de Foix », in Dictionnaire d'Histoire de France, éd. Perrin, 2002
- Claudine Pailhès, Gaston Fébus : le Prince et le diable, éd. Perrin, 2007
- Bernard Nabonne, Histoire de Gaston X « Febus », prince de Béarn, éd. Pyrémonde, coll. « Princi Negue », 2005
- Gaston et Myriam de Béarn, Gaston Phébus : le Lion des Pyrénées, 1978, Hachette, éd. Livre de poche no 5321 (biographie romancée).
- B.A. Jeanroy, La vengeance d'Amaury, 1905, Hachette (histoire romancée pour enfant)
- Peter F. Ainsworth, Ghislain Brunel, Philippe Contamine, Geneviève Hasenohr, Sophie Lagabrielle, Paul Mironneau, Claudine Pailhès, Armand Strubel, Marie-Hélène Tesnière, Gaston Febus ; Prince Soleil (1330-1391), RmpGp, 2011, 176 p.(Catalogue de l'exposition Gaston Fébus (1331-1391) Prince Soleil au musée de Cluny du 28 novembre 2011 au 5 mars 2012).
Filmographie[modifier]
- Un épisode de la série télévisée française Thierry la Fronde (1963-1966), saison 3- épisode n°5 Toque Y Si Gausse met en scène Gaston Phébus.
- Le roman de Gaston et Myriam de Béarn, Gaston Phébus : le Lion des Pyrénées, a été adapté à la télévison en 1978 et interprété par Jean-Claude Drouot.
Articles connexes[modifier]
- Livre de chasse
- Gaston Phébus, série télévisée française
Liens externes[modifier]
- Histoire de Gaston III de Foix-Béarn
- Gaston Fébus dans l'Histoire du Béarn
- Véronique Rébé, Gaston Phébus et le Château de Pau au XIVe siècle, Musée national du château de Pau
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Mathieu |
- Naissance en 1331
- Maison de Comminges-Carcassonne-Foix
- Comte du Moyen Âge
- Comte de Foix
- Vicomte de Béarn
- Poète du Moyen Âge
- Écrivain français du XIVe siècle
- Écrivain médiéval de langue française
- Personnalité des Pyrénées-Atlantiques
- Chasse
- Décès en 1391
- Littérature béarnaise
- Naissance à Orthez
- Décès dans les Pyrénées-Atlantiques