Gaston-Laurent Cœurdoux

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Gaston-Laurent Cœurdoux (18 décembre 1691, Bourges, France - 15 juin 1779, Pondichéry, Inde) est un jésuite français, missionnaire dans le sud de l'Inde et indianiste.

Années de formation[modifier | modifier le code]

Cœurdoux, entré au noviciat des jésuites en 1715, fut ordonné prêtre en 1725 et fit sa profession religieuse finale, comme jésuite, en 1731, à Orléans. Peu après il partit pour l'Inde, et plus particulièrement la mission du Madurai (l'actuel Tamil Nadu, dans le sud de l'Inde) où il arriva en 1732.

Missionnaire et Supérieur religieux[modifier | modifier le code]

Cœurdoux étudia d'abord la langue télougou, une importante langue du groupe dravidien, pour travailler dans la région de l'actuel Andhra Pradesh en particulier à Krishnapuram, Bukkapuram, Darmavaram et Madigubba (1736 à 1737). Pour des raisons de santé il dut revenir - et rester - à Pondichéry en 1737.

Il fut supérieur de la mission de Karnataka de 1744 à 1751 tout en s'occupant des 4000 catholiques tamouls de Pondichéry. Comme supérieur il dut faire respecter, à contre-cœur, l'instruction très restrictive du pape Benoit XIV (12 septembre 1744) sur les 'rites malabars'. Convaincu de l'importance de la vie contemplative, il réunit quelques jeunes filles tamoules et fonda avec elles un couvent de carmélites en 1748.

Indianiste[modifier | modifier le code]

Cœurdoux est surtout connu aujourd'hui comme indianiste. Doué pour les langues il composa un dictionnaire télougou-français-sanscrit qui fait encore autorité. Disciple du philologue jésuite Jean Calmette qu'il connut personnellement en Inde, il s'intéressa en particulier à la linguistique comparée ; Max Müller dira de lui qu'il est le père de la philologie comparée. Il est en contact avec les Indianistes de France, Anquetil-Duperron, Joseph Nicolas de l'Isle, et dans un Mémoire envoyé en 1767 à l'Académie des sciences (France) il démontra l'analogie existant entre le sanscrit, le latin, le grec et même l'allemand et le russe. Ses observations furent compilées et publiées plus tard par d'autres en Europe ; lui-même n'est jamais rentré dans son pays natal. Anquetil-Duperron en avait fait publier tout un chapitre au lendemain de la Révolution française. L'abbé Dubois les utilisa également, les faisant passer à la Compagnie anglaise des Indes orientales à Madras comme étant son propre ouvrage … (1808). Ce n'est que récemment que la vérité historique fut rétablie, grâce aux œuvres de Godfrey et Sylvia Murr (voir bibliographie), en particulier sur la paternité de la découverte du lien entre le sanscrit et les langues anciennes européennes.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Mœurs et Coutumes des Indiens, (édité par N. J. Desvaulx), 1777

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • FERROLI, Domenico, The Jesuits in Malabar (2 vol.), Bangalore, 1939/1951)
  • GODFREY, J.J., Sir William Jones and Père Cœurdoux: a philological footnote, in Journal of the American Oriental Society, vol.87 (1967), pp.57-59.
  • MURR, Sylvia, L'Inde philosophique entre Bossuet et Voltaire - I / Mœurs et coutumes des Indiens (1777), un inédit du Père G.-L. Cœurdoux s.j. dans la version de N.-J. Desvaulx, texte établi et annoté par Sylvia Murr, École Française d'Extrême-Orient, Paris, 1987, ISBN 2855397464
  • MURR, Sylvia, L'Inde philosophique entre Bossuet et Voltaire - II / L'indologie du Père CŒURDOUX, Stratégie, Apologétique et Scientificité, École Française d'Extrême-Orient, Paris, 1987, ISBN 2855397464

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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