Gaston-François de Witte

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Gaston-François de Witte est un herpétologiste belge, né le 12 juin 1897 à Anvers et mort le 1er juin 1980 à Bruxelles. Appelé simplement Gaston, il est le fils de Henry de Witte et de Jeanne della Faille de Leverghem et petit-fils du baron Jean de Witte également grand homme de sciences. Gaston-François de Witte s'est marié avec Marguerite del Marmol.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dès son enfance, G. F. de Witte fut passionné de sciences naturelles. Pendant sa scolarité chez les Bénédictins de l'Abbaye de Maredsous, Gaston-François de Witte fit la rencontre du zoologiste britannique George Albert Boulenger (1858-1937) venu étudier dans les collections de l’Abbaye des fossiles du marbre de Denée. George Albert Boulenger se prit d’amitié pour lui, l’encouragea à étudier les batraciens et les reptiles et rencontra ses parents.

Lorsqu'éclata la Première Guerre mondiale, le jeune de Witte est accueilli par Boulenger dans sa maison de Londres. Il apprit l’anglais et travailla au British Museum (Natural History), où Boulenger l’initia aux techniques de préparation et à la gestion de collections zoologiques. Le 9 février 1916, de Witte s’engagea comme volontaire dans l’artillerie; le 1er novembre 1918, l’armée le réforma pour maladie contractée en service.

Après la guerre, G.F. de Witte étudie à l’Université Libre de Bruxelles, y suivit les cours d’Auguste Lameere et ceux de Jean Massart et y conquit le diplôme de candidat en sciences naturelles, puis celui de docteur.

Sa carrière[modifier | modifier le code]

Dès 1920, on nomma le jeune docteur Gaston-François de Witte attaché à titre temporaire à la Section des Sciences naturelles du Musée royal de l'Afrique centrale de Tervuren, Section qu’il dirigea ad interim en 1920-21, en l’absence de son titulaire, Henri Schouteden (1881-1972). Nommé en 1927 à titre définitif, après le départ de Jean-Marie Derscheid, il devint en 1936 chef de la Section de Zoologie et d’Entomologie.

En 1937, le Dr de Witte quitta le Musée du Congo pour succéder à Louis Giltay au Musée royal d’Histoire naturelle de Belgique. Il en dirigea jusqu’à sa retraite la Section des Vertébrés récents.

L’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique lui doit, entre autres, la réorganisation de la Section des Vertébrés récents, un catalogue des collections sur fiches, une iconothèque, la surveillance de l’exécution des cartes-vues éditées par l’Institut, l’installation de dioramas de batraciens et de reptiles dans leur milieu, les premiers dioramas de l’Institut.

A l’Institut des Parcs nationaux du Congo belge, de Witte fut chef de la Section scientifique du 1er août 1937 au 31 décembre 1951 et membre du Comité de direction du 1er janvier 1949 au 20 janvier 1951.

On lui accorda démission honorable de ses fonctions de conservateur à l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique en date du 1er novembre 1951. Libre désormais de toute tâche administrative, de Witte se consacra tout entier à ses recherches.


Gaston-François de Witte fut chargé d'une mission ayant pour but l'inventaire de la faune et de la faune du territoire qui représentait, à cette époque, la totalité du Parc National Albert.

Il étudie particulièrement la faune herpétologique du Congo belge. Durant sa carrière, il prit part à 7 missions importantes.

G. F. de Witte a énormément enrichi les collections africaines des musées belges. On lui doit 153 031 spécimens d’amphibiens, 6 004 000 insectes, 3 326 mammifères, 13 447 oiseaux, 32 377 poissons, 20 028 reptiles. Ce matériel a permis de décrire au moins 184 genres nouveaux et 30 013 espèces animales nouvelles. À cela s’ajoutent plus de 21 000 clichés photographiques en noir ou en couleur, 319 objets ethnographiques et 16 944 numéros d’herbier africains, qui ont permis de décrire plus de cent espèces nouvelles de plantes.

Ses missions[1][modifier | modifier le code]

  • De novembre 1924 à septembre 1925, le docteur G.F. de Witte fit à ses frais, d’abord en compagnie de H. Schouteden, un voyage d’exploration au Congo belge. Les rapports entre Schouteden et de Witte se dégradèrent au point que le second résolut de continuer seul le voyage. Par voie terrestre, il fit avec des porteurs indigènes le trajet à Stanleyville (environ 365 km) en dix jours, sans voir un seul Européen. Le 19 avril 1925, il écrit d’Elisabethville à son maître Boulenger combien il est enchanté du Katanga : «J’espère bien, dit-il, arriver à former en peu de temps de belles collections … ». Il ramena quelque 25 000 pièces, surtout des serpents et des poissons ainsi qu’un ensemble ethnographique et de nombreuses photographies; il donna le tout au Musée du Congo belge.
  • D’août 1930 à septembre 1931, de Witte exécuta pour le Ministère des Colonies (Musée du Congo) une mission au Katanga. Il travailla notamment à Baudouinville, Dilolo, Jadotville et sur le Luapula, recueillant nombre de spécimens zoologiques et botaniques, ainsi qu’une importante collection ethnographique.
  • D’août 1933 au 26 juillet 1935, chargé de mission par la Commission administrative du Parc national Albert (qui devint en 1934 la Commission administrative de l’Institut des Parcs nationaux du Congo belge), avec le concours du Fonds national de la Recherche scientifique, il explora le Parc national Albert (Kivu).
  • De décembre 1944 à août 1945, il remplit une mission d’information pour l’Institut des Parcs nationaux du Congo belge, visitant les Parcs Albert, de la Garamba, de l’Upemba et de la Kagera.
  • Du 27 novembre 1946 au 7 avril 1947, puis du 17 octobre 1948 au 4 mai 1949, il dirigea une mission au Parc national de l’Upemba, où l’accompagnèrent W. Adam, A. Janssens, L. van Meel et R. Verheyen.
  • Du 10 janvier 1952 au 12 juin 1953, il est au Parc Albert comme chargé de mission permanent.
  • Du 20 octobre au 21 décembre 1958, de Witte accompagna Victor van Straelen, président de l’Institut des Parcs nationaux du Congo belge, dans une mission d’inspection des Parcs Albert, de la Garamba, de l’Upemba et de la Kagera.

Distinctions honorifiques[modifier | modifier le code]

  • Médaille de la Victoire 1914-1918 (28 septembre 1919)
  • Médaille commémorative de la guerre 1914-1918 (28 septembre 1919)
  • Chevalier de l’Ordre de Léopold II (25 décembre 1926)
  • Chevalier de l’Ordre royal du Lion (8 avril 1938)
  • Chevalier de l’Ordre de Léopold (8 avril 1946)
  • Médaille civique de Première Classe (6 juin 1946)
  • Commandeur de l’Ordre de Léopold II (5 mars 1952)
  • Commandeur de l’Ordre royal du Lion (18 octobre 1958)
  • Grand Officier de l’Ordre de Léopold (8 avril 1965)

Des sociétés étrangères se firent un honneur de l’accueillir. Il fut nommé Honorary Foreign Member de l’American Society of Ichtyologists and Herpetologists (1946), Member of the International Trust for Zoological Nomenclature (1958), Honorary Life Member of the Herpetological African Association (1968).

La Classe des Sciences de l’ Académie royale de Belgique lui décerna le Prix Selys Longchamps (septième période: 1936-1941).

Publications[modifier | modifier le code]

Parmi ses publications, il faut citer :

Références[modifier | modifier le code]

  1. Académie Royale des Sciences d'Outre-Mer

Source[modifier | modifier le code]