Gaspard de la nuit (Ravel)

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Gaspard de la nuit
Trois poèmes pour piano d'après Aloysius Bertrand
Genre Œuvre pour piano
Nb. de mouvements 3 pièces
Musique Maurice Ravel
Sources littéraires Gaspard de la nuit, Aloysius Bertrand
Durée approximative 25 minutes
Dates de composition 1908
Partition autographe Harry Ransom Center (en), Université du Texas à Austin
Création
Paris
Interprètes Ricardo Viñes

Gaspard de la nuit : Trois poèmes pour piano d'après Aloysius Bertrand est un triptyque pour piano de Maurice Ravel composé en 1908 d'après trois poèmes extraits du recueil éponyme d'Aloysius Bertrand et créé le par le pianiste Ricardo Viñes.

Sa noirceur et son extrême difficulté en ont fait une des œuvres les plus emblématiques de son auteur. Sa durée d'exécution approche les 25 minutes.

Origines[modifier | modifier le code]

Gaspard de la nuit, Fantaisies à la manière de Rembrandt et de Callot est un recueil de poèmes en prose d'Aloysius Bertrand paru en 1842. L'auteur y livra une vision pittoresque et fantastique du Moyen Âge. Ravel mit en musique trois de ces poèmes : le choix du musicien reflète son état d'esprit à cette époque où son père, très malade, était proche de la mort.

  • Ondine, conte d'une nymphe des eaux apparaissant à la fenêtre d'un humain.
  • Le Gibet, dernières impressions d'un pendu qui assiste au coucher du soleil.
  • Scarbo, petit gnome diabolique et facétieux, porteur de funestes présages apparaissant en songe au dormeur.

Musique[modifier | modifier le code]

L'œuvre est connue pour sa considérable virtuosité et les prouesses pianistiques qu'elle requiert.

Ondine[modifier | modifier le code]

Extrait d'Ondine

« ... Je croyais entendre/Une vague harmonie enchanter mon sommeil,/Et près de moi s'épandre un murmure pareil/Aux chants entrecoupés d'une voix triste et tendre. – Charles Brugnot, Les Deux Génies. »

Ondine, qui n'est pas sans rappeler par moment les Jeux d'eau, est une évocation frémissante de l'esprit aquatique invitant un humain à visiter son domaine. Histoire d'une sirène enchanteresse mi-ange, mi-démon, née dans l'Allemagne des légendes, élevée par Grimm et appartenant au peuple particulier des Ondins.

Ondine requiert une solide technique, avec dans le morceau des traits virtuoses .

Le Gibet [modifier | modifier le code]

« Que vois-je remuer autour de ce Gibet ? – Faust »

Dans Le Gibet, Ravel tient le pari de garder pendant cinquante-deux mesures une pédale de si bémol. Ce sont au total cent cinquante-trois octaves de si bémol qui sont répétées. Les motifs qui les accompagnent sont joués « sans presser ni ralentir jusqu'à la fin ». Ce morceau hypnotique baigne dans une atmosphère blafarde et lunaire.

Scarbo[modifier | modifier le code]

Extrait de Scarbo

« Il regarda sous le lit, dans la cheminée, dans le bahut – personne. Il ne put comprendre par où il s'était évadé. – Hoffman, Contes nocturnes »

Véritable fantasmagorie pianistique, Scarbo est, par son rythme frénétique et son tempo rapide, la pièce la plus difficile du triptyque d'un point de vue technique. Ravel s'était fixé le défi de dépasser avec Scarbo la virtuosité déjà redoutable de l’Islamey de Balakirev, et cette pièce reste l'une des plus difficiles du répertoire pianistique.

« Tandis qu'Ondine démontre avant tout le potentiel mélodique de Ravel et Le Gibet son potentiel harmonique, dans Scarbo, l'auteur donne avant tout la mesure de sa maîtrise rythmique. Cet éblouissant morceau pianistique est moins une œuvre à prétentions expressives qu'un compendium de la technique moderne de clavier et des possibilités du virtuose actuel[1]. »

Enregistrements célèbres[modifier | modifier le code]

Les interprétations de Marcelle Meyer (1954), Claudio Arrau (live à Lugano, 1963), Werner Haas (1964), Samson François (1967), Arturo Benedetti Michelangeli (live BBC 1959 ; live à Prague, 1960 ; live à Lugano, 1968 ; live à Rome, 1987), Claude Kahn (1973), Vlado Perlemuter (1973), Martha Argerich (1975), Ivo Pogorelić (1982), Anne Queffélec (1992), Alexandre Tharaud (2003) et Pierre-Laurent Aimard (2005) sont, parmi d'autres, remarquables.

Au contraire de nombre de ses œuvres pour piano, Ravel n'avait pas prévu d'orchestration pour cette œuvre. C'est le chef d'orchestre Marius Constant qui a relevé le défi en 1990.

Études et éléments bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • Pierre Brunel, Basso Continuo, Paris, PUF, 2001.
  • Marcel Marnat, Maurice Ravel, Paris, Fayard, 1986.
  • Vincent Teixeira, « Gaspard de la Nuit - D'Aloysius Bertrand à Maurice Ravel », in La Giroflée, no 3, Bulletin Aloysius Bertrand, printemps 2011 (voir texte en ligne [PDF].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jules Van Ackere, Maurice Ravel, 1957.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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