Garzweiler

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Mine de Garzweiler
La mine à ciel ouvert de Garzweiler
La mine à ciel ouvert de Garzweiler
Géographie
Coordonnées 51° 03′ 15″ N 6° 30′ 35″ E / 51.0542, 6.5097251° 03′ 15″ Nord 6° 30′ 35″ Est / 51.0542, 6.50972
Administration
Pays Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Land Flag of North Rhine-Westphalia (state).svg Rhénanie-du-Nord-Westphalie
Caractéristiques
Exploitant RWE
Ressources Charbon

Géolocalisation sur la carte : Allemagne

(Voir situation sur carte : Allemagne)
Garzweiler

Géolocalisation sur la carte : Rhénanie-du-Nord-Westphalie

(Voir situation sur carte : Rhénanie-du-Nord-Westphalie)
Garzweiler

La mine de lignite à ciel ouvert de Garzweiler (Braunkohletagebau Garzweiler) est un site d’extraction de lignite, nommé d’après le village de Jüchen-Garzweiler dans la commune de Jüchen (arrondissement de Rhin Neuss), situé à une dizaine de kilomètres au sud de Mönchengladbach, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie (Allemagne), et exploitée par l'entreprise RWE Power. Le village de Borschemich fut démoli, et le lieu ensuite entièrement déblayé parallèlement à l’extraction du lignite, et est devenu aujourd’hui — en particulier dans les milieux écologistes allemands — synonyme d’exploitation de lignite à ciel ouvert. La mine s'appelle à présent : Tagebau Garzweiler.

La mine à ciel ouvert[modifier | modifier le code]

Zone d’extraction prévue de Garzweiler II. Les pointillés rouges correspondent aux limites de la zone d'abattage. Les flèches indiquent le sens de progression des excavations.

L’extraction de lignite entreprise par la filiale RWE Power AG de la firme RWE AG (anciennement Rheinbraun — lignite se disant en allemand Braunkohle) n’a eu lieu jusqu’ici que dans la première des deux sections prévues, Garzweiler I et II. Garzweiler I comprend l’étendue située à l’est de l’autoroute A 44, tandis que le site d’exploitation Garzweiler II correspond à un secteur à l’ouest de l’A 44 ; ce dernier, grand de 48 km², est nettement plus vaste. Le 31 mars 1995, le gouvernement du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie donna son aval à la mise en œuvre du Braunkohleplan Garzweiler II. Aussi les excavatrices purent-elles, le 18 juin 2006, entamer cette nouvelle zone. Sont concernés à présent, pour la première fois, et à hauteur de 40 km², des portions de territoire de la ville d’Erkelenz (Kreis Heinsberg). Un tiers environ de la superficie de cette ville sera mis à contribution. 6,5 km² sont situés sur le territoire de la commune de Jüchen et 1,5 km² environ sur le territoire de la ville de Mönchengladbach, laquelle sera donc pour la première fois elle aussi impliquée dans ce projet minier.

La période d’extraction prévue s’étend de 2006 à 2045. L’abattage du charbon s’effectue à ciel ouvert (exploitation en découverte ou par découverte) et l’activité s’apparente alors à un chantier de terrassement qui se déplace progressivement.

Garzweiler II possède un gisement de lignite de 1,3 milliard de tonnes. Le rapport t/c — qui exprime le rapport entre la quantité de morts-terrains déblayés (c'est-à-dire la quantité de terre qu’il est nécessaire de dégager d’abord avant d’atteindre la couche de charbon) et la quantité de charbon extraite —, est ici de 5/1, ce qui est favorable.

Le projet Garzweiler requiert l’évacuation et le déménagement de localités entières. En ce qui concerne le projet Garzweiler II, douze villages et 7600 habitants seront touchés.

Les mesures de pompage, nécessaires au drainage des eaux souterraines, ont des répercussions bien au-delà du site d’exploitation. Ainsi, les forêts marécageuses du parc naturel Maas-Schwalm-Nette sont-ils ménacés également par la baisse du niveau de la nappe phréatique.

Cependant, les procédures juridiques ne sont pas encore clôturées à cette heure.

Modification du projet initial[modifier | modifier le code]

Excavateurs à godets «288» dans la mine à ciel ouvert de Garzweiler

Suite à la résistance de la population, la superficie prévue du site d’exploitation Garzweiler II a été réduite: Si, à l’origine, une aire d'abattage de 6800 ha avait été jugée nécessaire, désormais ne seraient plus revendiqués que quelque 4800 ha. ce qui implique que les villages de Wanlo, Venrath, Kaulhausen, Wockerath et Kückhoven échapperaient aux excavations.

Voies de circulation[modifier | modifier le code]

Démantèlement de l'autoroute A44.

Deux autoroutes traversent le site d’exploitation et devront également être déblayées, à savoir l’autoroute A44 (reliant Aix-la-Chapelle et Düsseldorf) et l’autoroute A61 (reliant Mönchengladbach et Cologne). La raison pour laquelle l’A61 a été élargie est, au demeurant, le fait que l’A44 devra être sacrifiée en premier. Cette dernière a été fermée à la circulation en octobre 2005 et a été entre-temps (mai 2006) démantelée en grande partie. Après l’année 2017, l’A44 sera reconstruite, pour prendre à son compte le trafic de l’A61.

Transport du lignite[modifier | modifier le code]

Le lignite extrait à Garzweiler devant principalement servir de combustible pour les centrales thermiques de la région, sises à Frimmersdorf et Neurath, l’acheminement du lignite depuis Garzweiler s’effectue par la voie ferrée connue sous la dénomination de Nord-Süd-Bahn (chemin de fer nord-sud) appartenant à la RWE Power AG.

Évacuation des localités[modifier | modifier le code]

Démolition et arasage du village d’Otzenrath
Spenrath, villages vidés de leurs habitants dans la zone d’évacuation
Écriteau de protestation à l’entrée du village de Holzweiler : «Oui à la terre natale — Stop Rheinbraun — Nous restons ici.»

Localités déjà évacuées[modifier | modifier le code]

  • faisant partie de l’entité de Jüchen
    • Jüchen-Garzweiler
    • Priesterath
    • Elfgen in Grevenbroich
    • Belmen
    • Königshoven
    • Holz
    • Spenrath
    • Otzenrath
  • faisant partie de l’entité d’Erkelenz
    • Immerath-Pesch

Localités en cours d’évacuation[modifier | modifier le code]

  • faisant partie de l’entité d’Erkelenz
    • Immerath-Lützerath: évacuation amorcée en 2006
    • Immerath: évacuation amorcée en 2006
    • Borschemich : évacuation à partir de 2006, à destination de Neu-Borschemich

Localités en attente d’évacuation[modifier | modifier le code]

  • faisant partie de l’entité d’Erkelenz
    • Berverath
    • Holzweiler
    • Keyenberg
    • Kuckum
    • Oberwestrich
    • Unterwestrich

Problématique sociale des déplacements de population[modifier | modifier le code]

Compte tenu que l’arasement des anciennes agglomérations s’opère par blocs successifs, il est nécessaire de prévoir à temps de nouveaux secteurs urbanisables, de les mettre en accessibilité et de créer des quartiers d’habitation entièrement neufs. Les propriétaires sont contraints ainsi de s’occuper malgré eux de la construction d’une maison, et les locataires sont confrontés au problème de trouver un logement à loyer comparable. Pour les communes, cela peut être, il est vrai, l’occasion de créer des unités de peuplement plus vastes et de moderniser les infrastructures. L’on s’efforce, par un transfert de population le plus groupé possible, de préserver la communauté villageoise d’origine. Les tentatives d’empêcher l’«anarchie architecturale» dans les nouvelles implantations et d’y reproduire l’aspect typiquement rhénanien des anciens villages sont souvent ressentis par les intéressés comme du paternalisme. Les logements individuels modernes sont vus certes comme un progrès vis-à-vis des vieilles constructions, étroites et malcommodes, mais en même temps, la destruction totale des lieux anciens, auxquels s’attachent d’intenses souvenirs et une longue histoire, est déplorée comme une coupure du lieu d’origine. Le maintien de la cohésion villageoise dans les nouveaux lieux est conditionné principalement par la sauvegarde des anciens liens sociaux au-delà de la réimplantation. La poursuite de la vie associative et du calendrier traditionnel de festivités apparaît à cet égard primordial, si l’on veut qu’une transplantation soit éprouvée par les intéressés comme «réussie».

Neu-Otzenrath, nouvelle cité où la population déplacée a été relogée.

À cet égard est importante également l’attitude, adoptée précocement, de ne plus agréer de nouvelles demandes de permis de bâtir, ou, le cas échéant, de suspendre les qualifications en terrain à bâtir dans les localités concernées par la future activité minière, de sorte à empêcher lesdites localités de se développer et à rendre plus aisée la reprise des lieux par les entreprises lignitières.

Ces mesures conduisent à ce que moins de nouvelles grandes entreprises (et donc d’employeurs potentiels), voire plus aucune, ne viennent s’établir, et à ce que les entreprises déjà implantées ne puissent plus s’étendre, contraintes soit d’attendre jusqu’à la date officielle de l’évacuation, soit de déplacer à leurs frais leur lieu d’activité. Ce qui est visé par ce processus, comme effet secondaire, est en quelque sorte une désertisation des lieux, propre à pousser principalement la population jeune à déménager d’avance, pour se rapprocher des employeurs et des lieux offrant de meilleures possibilités de loisirs.

Sort de la cuvette créée par l’extraction de lignite[modifier | modifier le code]

La cuvette résiduelle, à laquelle donnera lieu, dans la partie occidentale du site, l’extraction à ciel ouvert du lignite, devra être aménagée en un lac artificiel. Celui-ci représente pour l’entreprise minière une façon très peu onéreuse de remplir ses obligations de remise en état paysagère et de renaturation, étant donné qu’alors la quantité de déblais à remobiliser sera moins importante (d’autant plus que le volume des matières premières enlevées n’est plus disponible), et augmentera encore la rentabilité de cette activité, par ailleurs soutenue par des subventions octroyées par l’État au titre de préservation du paysage. À partir de 2045 seront ainsi détournés chaque année, pendant environ 40 ans, quelque 60 millions de mètres cubes d’eau du Rhin vers la cuvette. Le lac aura une profondeur de 185 m et une superficie de 23 km² (lac d’Annecy : 27 km²), et contiendra 2 milliards de m³ d’eau. Afin d’éviter que le futur lac ne vienne à s’acidifier, de la chaux est dès à présent ajoutée aux déblais.

Est d’autre part évoqué le projet de construction d’un grand aéroport au-dedans de la zone d’extraction, lorsque celle-ci aura été remblayée aux alentours de l’an 2035.

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]