Gare de TGV Haute-Picardie

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TGV Haute-Picardie
Image illustrative de l'article Gare de TGV Haute-Picardie
Une rame TGV PBKA du service Thalys
traverse sans arrêt la gare.
Localisation
Pays France
Commune(s) Ablaincourt-Pressoir
Estrées-Deniécourt
Zone d'activité Haute-Picardie
Adresse Pôle Haute Picardie
80200 Péronne
Coordonnées géographiques 49° 51′ 40″ N 2° 49′ 56″ E / 49.861154, 2.83233 ()49° 51′ 40″ Nord 2° 49′ 56″ Est / 49.861154, 2.83233 ()  
Gestion et exploitation
Propriétaire RFF / SNCF
Exploitant SNCF
Service TGV
Caractéristiques
Ligne(s) Gonesse à Lille-Frontière (LGV)
Voies 4 (dont 2 à quai)
Quais 2 (latéraux)
Transit annuel 430 000 (2008)[1]
Altitude 83 m
Historique
Mise en service 1994
Correspondances
Autocar Navette TGV Haute-Picardie

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
TGV Haute-Picardie

Géolocalisation sur la carte : Picardie

(Voir situation sur carte : Picardie)
TGV Haute-Picardie

La gare de TGV Haute-Picardie est une gare ferroviaire française, située au centre de la zone d'activité Haute-Picardie, sur le territoire des communes d'Estrées-Deniécourt et d'Ablaincourt-Pressoir, dans le département de la Somme et en région Picardie.

Situation ferroviaire[modifier | modifier le code]

Cette gare est située au point kilométrique 110,823[2] de la ligne de Gonesse à Lille-Frontière (LGV Nord). Son altitude est de 83 m.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le projet[modifier | modifier le code]

La gare est née dans le contexte d'un conflit entre Lille et Amiens pour être desservies par la LGV Nord, le passage par Lille ayant été préféré à celui par Amiens[3]. Un tracé par Amiens aurait raccourci le trajet Paris - Londres mais aurait rallongé les autres branches (de Paris vers Amsterdam et Cologne, et de Bruxelles vers Londres) et augmenté la longueur de lignes nouvelles à construire. Dans les engagements qui avaient alors été pris, il y avait celui de construire le barreau LGV Nord - Amiens - Coquelles, dit aussi LGV Picardie lorsque le tunnel sous la Manche serait achevé. Cette ligne est mentionnée dans le schéma directeur de 1992 qui a été abandonné après le rapport Rouvillois de 1996[4], notamment à cause de la faiblesse du trafic de la LGV Nord, inférieur de 40 % à celui attendu[5]. Lors de l'étude du tracé de la ligne Paris - Lille, des projets d'inflexion pour se rapprocher plus ou moins d'Amiens ont été étudiés. Avec un surcoût compris entre 153 et 263 MF aux conditions économiques de 1986 (soit entre 40 et 70 M€), ils ont été rejetés[6].

Une enquête publique pour la construction de la gare TGV à Ablaincourt-Pressoir s'est déroulée du 6 janvier au 15 février 1992. Elle avait abouti à un avis défavorable. Le ministre de l'Équipement a alors demandé à la SNCF d'étudier la réalisation de la gare sur le site de Chaulnes[7]. La région prévoyait en effet de réactiver le raccordement ferroviaire d'origine militaire de Jussy, pour réaliser des TER inter-villes entre Amiens et Saint-Quentin par Chaulnes et sans rebroussement à Tergnier, ce qui aurait assuré aux deux grandes villes picardes un accès à la gare TGV sensiblement plus rapide que par l'autoroute[8]. Pourtant, le , la gare est inaugurée sur le site initial[9] ; tant qu'à la liaison TER, elle a néanmoins été créée avec la desserte de Ham, mais n'a ainsi qu'une vocation purement régionale.

Par ailleurs, depuis la création de l'autoroute A1 dans les années 1960, une large bande de terre était déjà réservée à l'époque pour un futur tracé de train à haute vitesse.

Construction et évolutions du site[modifier | modifier le code]

Elle tire son surnom de gare des betteraves (expression forgée par Jacques Santrot[10]) du fait que, lors de sa construction, elle était entourée de champs, située à mi-chemin entre Amiens et Saint-Quentin, et difficile d'accès : l'autoroute A29 n'existait pas encore entre ces deux agglomérations. Elle est aujourd'hui au cœur d'un business park de plusieurs hectares et au carrefour des autoroutes A1 et A29 (de même que deux anciennes voies romaines, celle qui reliait Amiens à Saint-Quentin d'ouest en est et celle de Paris à Arras du sud au nord), ce qui permet aux automobilistes de la rallier rapidement depuis Amiens, Saint-Quentin, Compiègne ou encore Péronne. La voie ferrée Amiens – Tergnier / Saint-Quentin - Laon passe quelques kilomètres plus au sud, mais aucune correspondance n'a été prévue avec la gare de Chaulnes, et le raccordement d'Hattencourt (situé à proximité) n'a été créé que pour des besoins de service.

Une fresque réalisée par Armand Langlois à la demande du conseil régional de Picardie et de l'ADES (Association de développement de l'Est Somme) occupe les 60 m de murs du souterrain. Elle évoque l'histoire du Santerre[11], cette région de Picardie précisément où s'est déroulée la fameuse bataille de la Somme en 1916.

Elle n'est pas destinée au trafic radial (les gares de Saint-Quentin et d'Amiens étant situées chacune à une heure quinze minutes environ de la gare du Nord à Paris), mais plutôt au trafic province-province, vers la moitié sud de la France, et vers Bruxelles. En effet, l'expérience d'un aller-retour quotidien la reliant à Paris a été tentée, mais fut rapidement abandonnée à cause d'une trop faible fréquentation. Il s'avère en effet que « la gare TGV Haute-Picardie n'a pas pour vocation de desservir Paris »[1].

En 2006, elle a été choisie par Matt Harding pour « représenter » la France, dans laquelle on le voit sautiller sur le quai, tandis que passe à pleine vitesse un train du service Thalys[12].

Les voyageurs ayant utilisé la gare étaient 364 000 en 2004[13], 430 000 en 2008[1], et un peu moins de 400 000 en 2010[14]. Les prévisions de fréquentation de la SNCF et de RFF ont toujours été, depuis l'ouverture du site, supérieures à la réalité. La fréquentation quotidienne de la gare des betteraves ne dépasse guère les 1 100 personnes. Son surnom péjoratif le souligne d'ailleurs. Ces voyageurs viennent pour 63 % d'entre eux de la Somme, pour 30 % de l'Aisne et pour 7 % de l'Oise[14]. Les destinations les plus fréquentées sont Lille (15,08 %), Lyon (14,97 %), Roissy (13,48 %), Bordeaux (4,79 %), Marseille (4,08 %) et Rennes (4,02 %)[9].

En 2010, la gare a enregistré cinq millions de voyageurs[14] depuis sa mise en service.

Le bâtiment voyageur a été modernisé en 2011 et l'accessibilité a été améliorée pour les personnes à mobilité réduite[14].

À partir de 2020, l'activité de cette gare TGV devra être modifiée (éventuellement à la baisse) en fonction des horaires et du trafic de la ligne Roissy - Picardie[15].

Service des voyageurs[modifier | modifier le code]

Accueil[modifier | modifier le code]

La gare dispose d'un bâtiment voyageurs, équipé de guichets et d'automates pour l'achat des titres de transport.

Desserte[modifier | modifier le code]

Chaque jour, une vingtaine de TGV s'arrêtent en gare : ils relient des métropoles régionales entre elles, ainsi que Bruxelles.

Intermodalité[modifier | modifier le code]

Un parking est situé devant la gare. De plus, un service de location de voitures est disponible.

Par ailleurs, un service de navettes SNCF en correspondance avec les trains permet de rallier la gare routière d'Amiens (voisine de la gare ferroviaire) et la gare de Saint-Quentin.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Réponses du débat public de la liaison Roissy-Picardie
  2. Livre : Reinhard Douté, Les 400 profils de lignes voyageurs du réseau ferré français, édité par La Vie du Rail en août 2011, ISBN 978-2-918758-34-1, volume 1, page 89.
  3. Métropolisation et grands équipements structurants p. 72 Corinne Siino, Florence Laumière, Frédéric Leriche, 2004, Presses Universitaires du Mirail, ISBN 2-85816-741-9
  4. Les fondements de la remise en cause du Schéma Directeur des liaisons ferroviaires à grande vitesse : des faiblesses avant tout structurelles, pp. 183-194, Annales de Géographie no 593-594, Pierre Zembrilien, 1997
  5. Évaluation, dévaluation ou réévaluation des lignes à grande vitesse ?, pp. 45-55, Les Cahiers Scientifiques du Transport, no 32, Alain Bonnafous, Yves Crozet, 1997
  6. Bilan LOTI de la LGV Nord, p. 12
  7. Gare du TGV en Picardie: une nouvelle enquête d'utilité publique, Les Échos, 31 décembre 1992
  8. T.G.V. - Réseau ferré classique : des rendez-vous manqués ?, p. 288, Pierre Zembrilien, Annales de géographie, année 1993, volume 102, no 571
  9. a et b La lettre de l'ORT no 22, décembre 2007
  10. Analyse de l’impact du TGV-Est sur les agglomérations de Metz, Nancy, Épinal et Thionville, p. 33, rapport de phase 2, I.S.I.S. Ingénierie, 16 novembre 2004
  11. Le pays de Santerre, Fresque d'Armand Langlois
  12. Vidéo Where the Hell is Matt? 2006 de Matthew Harding, où il sautille sur le quai de la gare (voir à la 2e minute) (consultée le 24 mars 2014)
  13. La conjoncture des transports en Picardie, 2e trimestre 2005, Point d'actualité : Résultats 2004. Consulté le 6 juillet 2011.
  14. a, b, c et d La gare TGV Picardie sur les rails, L'Union, 5 juillet 2011
  15. Projet de ligne Roissy-Picardie, Mairie de Creil, 26 novembre 2010. Consulté le 6 juillet 2011.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]


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Lille-Europe TGV Aéroport Charles-de-Gaulle 2 TGV Marseille-Saint-Charles
Lille-Europe Lille-Europe TGV Aéroport Charles-de-Gaulle 2 TGV Rennes
ou Nantes
ou Bordeaux-Saint-Jean
ou Montpellier-Saint-Roch
Lille-Europe
ou Lille-Flandres
Arras TGV Aéroport Charles-de-Gaulle 2 TGV Marseille-Saint-Charles
Lille-Flandres Lille-Flandres TGV Aéroport Charles-de-Gaulle 2 TGV Strasbourg-Ville
ou Bordeaux-Saint-Jean
Lille-Flandres Arras TGV Aéroport Charles-de-Gaulle 2 TGV Rennes
ou Nantes