Garde rouge (Chine)

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Les Gardes rouges (chinois : 紅衛兵 ; pinyin : Hóng wèi bīng) constituent un mouvement de masse chinois comprenant en grande partie des étudiants et des lycéens, dont Mao Zedong s'est servi pour poursuivre le processus de la Révolution culturelle. Les Gardes rouges seront les auteurs de terribles excès durant celle-ci allant de la destruction systématique du patrimoine à l'humiliation publique, l'enfermement en « camps de rééducation » (ou laogai) et parfois l'exécution des « intellectuels ».

Ce mouvement fut encouragé et manipulé par Mao dans une stratégie de reconquête du pouvoir. Il ferma les lycées et les universités de 1966 à 1972 pour favoriser leur développement.

Les Gardes rouges furent ensuite disgraciés et persécutés par Mao qui exila nombre d'entre eux dans les campagnes les plus reculées et mit fin brutalement à leurs excès. De nombreux anciens Gardes rouges, revenus de leurs illusions, figurent plus tard parmi les premiers dissidents chinois et les plus âpres critiques de la légende du « Grand Timonier », ainsi Wei Jingsheng ou Jung Chang.

Ils contribuèrent à faire prendre à la Chine des années de retard économique, technique et culturel, et représentèrent, au moins pour la société urbaine chinoise, un traumatisme dont le pays ne commença à se remettre qu'après la mort de Mao.

[modifier] L'origine des gardes rouges tibétains

Le tibétologue Gilles Van Grasdorff évoque le rôle des enfants tibétains déplacés lors des évènements de la révolution culturelle au Tibet:

« Les enfants enlevés entre 1951 et 1955 ont été éduqués au communisme maoïste. Certains étaient parmi le million de gardes rouges sur la place Tian'anmen le 18 août 1966. Ce sont ces jeunes Tibétains qui investiront Lhassa quelques semaines plus tard. ».

Selon l'intellectuel et écrivain chinois[1] Wang Lixiong, la majorité des gardes rouges qui parvinrent dans la Région autonome du Tibet étaient « des étudiants tibétains revenant des universités chinoises »[2].

L'historien Tsering Shakya indique que les gardes rouges « sentaient que le Tibet et les Tibétains devaient être “révolutionnarisés” et se voyaient eux-mêmes comme des révolutionnaires avancés venus à l'aide d'élèves attardés dans une région sous-développée » et eurent un effet dévastateur sur la culture tibétaine[3].

Tenzin Choedrak, qui était le médecin personnel du 14e Dalai Lama[4], a été emprisonné pendant 17 ans dans les prisons du Tibet[5],[6]. Il indique que « dès septembre 1966, à Lhassa comme dans les autres camps du Tibet, les gardes rouges étaient tous des Tibétains. Ils parlaient parfaitement le chinois, mais tous comprenaient notre langue. Chaque après-midi, ils nous imposaient la lecture des journaux de propagande[7] ».

Les exactions commises lors de la révolution culturelle au Tibet entraînèrent la destruction de l'essentiel du patrimoine tibétain. Par ailleurs la communauté religieuse va connaître des persécutions et des humiliations notamment à travers les thamzings, les tortures deviendront une pratique habituelle : viols, mains et langues coupées[8].

[modifier] Références

  1. Wang Lixiong, un intellectuel atypique
  2. Article « Réflexions sur le Tibet » de Wang Lixiong paru dans la New Left Review, dont des extraits ont été traduits dans le Courrier international du 21 au 27 novembre 2002.
  3. Une histoire du Tibet : Conversations avec le Dalaï Lama, de Thomas Laird, Dalaï-Lama, Christophe Mercier, Plon, 2007, ISBN 2-259-19891-0
  4. The Art of Tibetan Medicine
  5. Statement by Dr. Tenzin Choedrak before US Congress, 8 mai 1996
  6. Victim of Chinese Torture in Tibet
  7. Conversation privée de Gilles Van Grasdorff avec Tenzin Choedrak relatée dans le livre La nouvelle histoire du Tibet de Gilles Van Grasdorff, Éditions Perrin, 2006, p. 419
  8. Armeline Dimier, [http://www.memoireonline.com/08/08/1445/tibet-a-quand-l-independance.html Tibet : à quand l'indépendance ?, Institut d'études politiques de Grenoble, diplôme de sciences politiques.

http://www.tiananmen.fr: Les gardes rouges étaient sur la Place.

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