Garde d'assaut

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Le Corps de sécurité et d'assaut (Cuerpo de Seguridad y Asalto), appelé couramment la Garde d'assaut (Guardia de Asalto) fut un corps policier espagnol créé le 30 janvier 1932 par le gouvernement de la Seconde République espagnole. L'objectif était la création d'une force de police capable de maintenir l'ordre public et fidèle à la république.

Histoire[modifier | modifier le code]

Précédents corps de police (avant 1931)[modifier | modifier le code]

La police espagnole fut créée en 1824 par une cédulle royale de Ferdinand VII. Après différents avatars et réorganisations fut fondé, en 1844, le « Corps de protection et de sécurité » (Cuerpo de Protección y Seguridad), corps civil de police, distinct de la Garde civile qui était d'essence militaire. En 1887 furent distingués deux services différents : le service de la Surveillance et celui de la Sécurité, dépendant tous les deux du ministère de l'Intérieur.

Le 25 novembre 1930, un décret royal réorganisa la police. Elle était placée sous le commandement unique et direct du Directeur général de la Sécurité, dépendant toujours du ministère de l'Intérieur. La police se composait des deux Corps de Surveillance et de Sécurité, et avait un statut civil. Cependant, le corps de Sécurité avait une organisation militaire, et ses membres étaient soumis au Code de justice militaire. Ses fonctions comprenaient de faire respecter l'ordre public, la sécurité des personnes, la protection des propriétés et le respect des lois. La section de Gymnastique était plus spécifiquement affectée au maintien de l'ordre public.

Réformes sous la Seconde République espagnole (1931-1932)[modifier | modifier le code]

L'instabilité sociale se développa avec l'arrivée de la république. Une des raisons en était que la police ne bénéficiait pas de l'appui ni de la confiance des gouvernements républicains. Miguel Maura Gamazo, nommé ministre de l'Intérieur du gouvernement provisoire de la République s'attaqua à la tâche d'adapter l'ancien Corps de sécurité aux nouveaux besoins : une force capable de s'interposer dans les désordres qui gagnaient les rues, plus rapide et mieux armée, tandis que la Garde civile aurait la surveillance de la campagne. Ils furent dans ce but mieux équipés que la Garde civile.

La même année, le 17 mai 1931, fut réorganisé le Corps de sécurité, auquel furent affectées les Compagnies d'avant-garde, plus tard renommées Section des Gardes d'assaut, en prenant exemple sur la section de Gymnastique. Intégrée au Corps de sécurité, la Section des Gardes d'assaut constituait une force de choc capable d'agir dans les villes à l'occasion de fêtes, de défilés, de manifestations, de combats de rue, etc.

Création et développement (1932-1936)[modifier | modifier le code]

Finalement, le 9 février 1932, une partie du corps de Sécurité fut transformé en Gardes d'assaut, et le corps fut renommé Corps de sécurité et d'assaut. Sous la direction du directeur général de la Sécurité José Valdivia, membre du gouvernement de Manuel Azaña, le fondateur et premier chef des Gardes d'assaut fut Agustín Muñoz Grandes[1]. Il obtint également le pouvoir de réorganiser les troupes régulières du Maroc, ayant ainsi la haute main sur le maintien de l'ordre public dans toutes les grandes villes espagnoles, dans la péninsule et au Maroc.

À partir de 1932, les effectifs des Corps de sécurité et d'assaut ne cessèrent de croître. Le 24 avril 1932, on comptait 3 896 gardes et caporaux, 302 sous-officiers et sergents, 177 lieutenants, 57 capitaines, 12 commandants, deux lieutenants-colonels et un colonel. En 1936, à la veille de la guerre civile leur nombre atteignait 17660 membres des Corps de sécurité et d'assaut : 16 667 gardes, 543 sous-officiers et 450 officiers. Les troupes étaient divisées en section de Sécurité (8 000 hommes) et section d'Assaut (8 700 hommes). Le corps comptait 50 compagnies, distribuées en 16 groupes (3 à Barcelone, 2 à Valence, etc.).

La première grande opération de la Garde d'assaut se déroula en janvier 1933. Elle intervint conjointement à la Garde civile dans la répression de la révolte anarchiste de Casas Viejas, près de Cadix, où plus de vingt habitants furent tués. La brutalité de la répression provoqua une grande émotion populaire, qui amena la chute du gouvernement de Manuel Azaña. Ils furent également impliqués dans les combats de rue à Barcelone en 1937, afin de réprimer les grèves générales et protestations sociales. De même, c'est l'assassinat de Calvo Sotelo, le 13 juillet, qui fut utilisé comme prétexte au soulèvement militaire des 17 et 18 juillet.

Durant la guerre civile espagnole (1936-1939)[modifier | modifier le code]

Les troupes des Corps de sécurité et d'assaut restèrent dans leur ensemble fidèles au gouvernement de la république - environ 70 % d'entre eux. C'est dans les villes de Saragosse, Oviedo et Valladolid qu'on compta le plus de défection à la république. De tous les corps policiers, les gardes d'assaut jouissaient cependant d'une relative meilleure image auprès des populations civiles. Aussi un grand nombre des militaires restés fidèles au camp républicain en rejoignirent les rangs, afin d'éviter la suspicion qui entourait les militaires, au point que Francisco Largo Caballero, chef du gouvernement, dut se résoudre à les en empêcher.

Les Corps furent peu à peu transformés, afin de coller aux nouvelles missions qui leur étaient assignées. La Garde civile avait déjà été transformée en « Garde nationale républicaine » (Guardia Nacional Republicana ). Le 27 décembre 1936, par décret, les Corps de sécurité et d'assaut y furent intégrés dans le nouveau « Corps de sécurité intérieure » (Cuerpo de Seguridad Interior).

Finalement, après la guerre, les gardes d'assaut furent supprimés et, par la loi du 15 mars 1940, intégrés aux « gris » (los grises), c'est-à-dire le « Corps de police armée et de circulation » (Cuerpo de Policía Armada y de Tráfico).

Organisation[modifier | modifier le code]

Le Corps de sécurité et d'assaut était directement sous la direction du ministre de l'Intérieur. il était organisé de façon militaire, et selon le même hiérarchie que dans l'armée, en :

  • escadre, composée de 7 hommes, dirigée par un caporal ;
  • peloton, composé de 3 escadres, dirigé par un sous-officier. Chaque peloton était également équipé d'une mitrailleuse Hotchkiss M1914, un camion de 25 places et de grenades fumigènes ;
  • section, composée de 2 pelotons, dirigée par un officier ;
  • compagnie, composée de 3 sections (soit environ 150 hommes), dirigée par un officier. Celles-ci étaient distribuées dans les principales villes espagnoles, où elles assuraient les responsabilités jusque là dévolues à la garde civile.

Sa fonction était le maintien de l'ordre public et d'agir en cas de troubles. À la différence des autres corps de police, il n'était pas chargé de la poursuite des délinquants.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il resta à la tête de la nouvelle police jusqu'en 1935.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages généraux[modifier | modifier le code]

  • (fr) BEEVOR Antony, La guerre d'Espagne, Calmann-Lévy, Paris, 2006 (ISBN 2-702-13719-9)
  • (fr) HERMET Guy, La Guerre d'Espagne, Seuil, Paris, 1989 (ISBN 2-02-010646-9)
  • (fr) THOMAS Hugh, La Guerre d'Espagne, Robert Laffont, Paris, 1997 (ISBN 2-221-08559-0)

Garde d'assaut[modifier | modifier le code]

  • (es) VARGAS GONZÁLEZ Alejandro, La guardia de asalto. Policía de la República, Cuadernos Republicanos, n° 53, automne 2003 [1]

Sources[modifier | modifier le code]