Garde blanche (Slovénie)

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Le nom de Garde blanche (Bela Garda) était donné en Slovénie par les Partisans yougoslaves, dans le contexte de la campagne de Yougoslavie[1] à un ensemble de mouvements anticommunistes, dont certains collaborèrent avec les forces d'occupation italiennes. Le terme de "Garde blanche" fut utilisé essentiellement par les communistes slovènes et yougoslaves pour désigner leurs adversaires, et pas par les organisations anti-communistes elles-mêmes[2]

Au cours de l'invasion de la Yougoslavie, Marko Natlačen, ban de la région de la Drave, apporta son concours aux forces allemandes dans le but d'obtenir l'indépendance de la Slovénie, formant une cinquième colonne qui commit divers sabotages. Après l'invasion, cependant, les occupants refusèrent de reconnaître l'indépendance du pays, contrairement aux cas de la Serbie ou de la Croatie.

Natlačen, Gregorij Rožman, évêque de Ljubljana et responsable de la section slovène de l'Action catholique, et le général Leon Rupnik organisèrent l'Alliance slovène, alliance composée par le Parti populaire slovène et différents groupes politiques opposés aux communistes.

Karel Novák, représentant en Slovénie des Tchetniks de Draža Mihajlović, tenta de mettre sur pied un réseau de résistance, mais se heurta bientôt au Parti populaire slovène qui, bien qu'ayant secrètement juré allégeance au gouvernement en exil du roi Pierre II et à Mihajlović, ne souhaitait pas voir Novák agir indépendamment. L'Alliance slovène mit progressivement sur pied des milices, les Gardes de villages (Vaške straže), souvent dirigées par les prêtres des paroisses locales, pour se défendre contre les communistes[3].

Les Gardes de villages approchèrent les Italiens pour obtenir des armes : initialement réticents devant les milices slovènes, les forces d'occupation décidèrent de les utiliser à leur profit contre les Partisans communistes, et les inclurent dans la version locale de la Milice volontaire anti-communiste (MVAC). En mai 1942, Rožman signa avec le général italien Mario Robotti un accord pour lutter contre les Partisans communistes de Tito. Les effectifs slovènes de la MVAC passèrent de 2000 hommes en novembre 1942 à 6134 en juillet 1943. La destruction de la MVAC slovène et des gardes de villages, désignés collectivement sous le terme de "Garde blanche", devint la priorité des partisans slovènes[4].

En 1943, avec le retrait des Italiens de Slovénie, l'Alliance slovène dominée par le Parti populaire tenta de prendre le contrôle de la MVAC et de prendre contact avec les Anglo-Américains dans l'espoir d'un débarquement allié : les hommes de l'Alliance slovène furent victimes des attaques des Partisans qui, ayant mis la main sur l'armement italien, dispersèrent leurs adversaires[5]. La Slovénie passa sous le contrôle de l'Allemagne nazie. Une nouvelle milice, la Garde nationale slovène (Slovensko domobranstvo), également englobée parfois dans le terme de "Garde blanche", fut créée, et rejointe par environ 2 000 membres de la MVAC slovène et de l'Alliance slovène.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Slovenia Celebrates 60th Anniversary of Liberation
  2. Matjaz Klemencic et Mitja Zagar, The former Yugoslavia's diverse peoples: a reference sourcebook, ABC-CLIO, 2003 page 193
  3. Stevan K. Pavlowitch, Hitler's new disorder : the Second World War in Yugoslavia, Columbia University Press, 2008, page 143
  4. Stevan K. Pavlowitch, Hitler's new disorder : the Second World War in Yugoslavia, Columbia University Press, 2008, page 143-144
  5. Stevan K. Pavlowitch, Hitler's new disorder : the Second World War in Yugoslavia, Columbia University Press, 2008, page 206-207

Lien externe[modifier | modifier le code]