Gardasil

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Flacon de Gardasil

Le Gardasil (Merck & Co., 2006) est un vaccin contre les génotypes 6, 11, 16 et 18 du papillomavirus humain (HPV). Le Gardasil est controversé dans la population et auprès de certains spécialistes en raison d'effets secondaires associés et de la politique menée à son sujet.

Concernant les effets du HPV, les variantes 16 et 18 seraient en partie responsables de certains cancers du col de l'utérus chez la femme et les génotypes 6 et 11 causeraient le plus souvent des condylomes lorsque ces derniers produisent une pathologie. La vaccination préviendrait aussi certains cancers vulvo-vaginaux[1].

Présentation[modifier | modifier le code]

Le Gardasil est commercialisé par la firme Merck & Co. aux États-Unis et par la JV Sanofi Pasteur MSD en Europe.

La procédure de vaccination consiste en trois injections intramusculaires à réaliser selon le schéma 0, 2 et 6 mois. La substance active pour déclencher la réponse immunitaire est fixée (« adsorbée ») sur une dose de 225 microgrammes d'un sel d'aluminium (sulfate d'hydroxyphosphate d'aluminium)[2]. Sa production utilise la technologie des OGM ("vaccin recombinant")[3].

La nécessité de faire des rappels n'est pas encore établie. La protection serait supérieure à 5 ans sur base du suivi effectué chez les premières vaccinées.

Ne protégeant pas contre toutes les souches du HPV ni toutes les causes possibles[réf. nécessaire] du cancer du col de l'utérus, et « aucun vaccin n'étant efficace à 100 % », la vaccination ne change pas les modalités du dépistage (par frottis) auprès des femmes vaccinées[2]. Un sentiment de protection ou la confusion de ce vaccin avec un vaccin prévenant directement le cancer du col de l'utérus peut donc mener à causer un tort.

Efficacité[modifier | modifier le code]

Selon l'étude clinique de phase III approuvée aux États-Unis par la Food and Drug Administration (FDA), le vaccin est efficace contre les souches 6, 11, 16 et 18. Le vaccin n'est toutefois efficace contre les souches du virus concernées que si elles ne sont pas déjà installées. Si elles sont déjà installées, le Gardasil augmenterait selon cette étude le risque d'avoir des lésions précancéreuses, d'où de cancer, et a donc dans ce cas l'effet inverse de celui voulu[4].

Cette étude a permis de noter que le vaccin chez des femmes déjà infectées pouvait augmenter le risque de lésion du col de l'utérus. Dans le sous-groupe de femmes séropositives et PCR positives pour HPV, l'augmentation de l'incidence de cas de CIN 2/3 (dysplasie modérée, sévère) voire de cancer allait jusqu'à plus 44,6 %. Néanmoins, en comparant ce groupe avec le groupe témoin, il apparait qu'ils sont inhomogènes, et que les femmes appartenant au groupe en question avaient déjà plus de chances d'avoir une lésion du col que celles appartenant au groupe témoin[5].

Selon l'AFSSAPS[6] : Les principales données de pharmacovigilance sont les suivantes : « À fin décembre 2010, plus de 1 700 notifications ont été recueillies et analysées. Près de 82 % d’entre elles concernent des effets indésirables connus bénins et transitoires avec une prédominance de douleurs au site d’injection, fièvres, éruptions de type urticaire et syncopes vasovagales. Comparativement au bilan communiqué par l’Afssaps en septembre 2009, la proportion et la nature des effets indésirables restent similaires. L’analyse des cas supplémentaires d’effets indésirables graves ayant nécessité une hospitalisation ne diffère pas de celle des cas colligés dans le cadre du bilan précédent. Lorsqu’elle est connue, l’évolution est favorable pour la majorité des observations. Il s’agit essentiellement d’effets connus à type de syndromes fébriles, céphalées et syncopes. Le nombre total de manifestations auto-immunes recueillies (démyélinisations aiguës centrales, arthrites, lupus érythémateux systémique, thyroïdite, diabète insulino-dépendant et thrombopénies) reste faible et inférieur à celui attendu dans la population générale sur la base des données d’incidence et de prévalence disponibles. L’analyse de chaque cas déclaré n’a pas permis d’établir un lien de causalité entre la vaccination et les complications observées. Aucun signal particulier n’a été identifié parmi les 92 cas de vaccination avec Gardasil® chez des femmes enceintes dans le mois qui a précédé ou au cours de leur grossesse.

Depuis sa commercialisation, le plan de gestion des risques national et européen permet de détecter et d’analyser, dans les conditions réelles d’utilisation, tout nouvel effet indésirable observé par les professionnels de santé. Dans le cadre du suivi régulier du produit, l’information a été modifiée en mars 2010 pour intégrer le risque de survenue de saignements ou d’ecchymoses (purpura thrombopénique idiopathique) dans le résumé des caractéristiques du produit. En France, trois cas similaires ont été rapportés. Ce nombre reste faible et inférieur à celui attendu dans la population générale sur la base des données d’incidence et de prévalence disponibles. »

Historique[modifier | modifier le code]

Le 8 juin 2006, la mise sur le marché du vaccin Gardasil de Merck & Co. est approuvée aux États-Unis par la FDA pour un usage auprès des jeunes filles et des femmes de 9 à 26 ans[7].

Le 22 septembre 2006, le Gardasil est approuvé par la Commission européenne pour un usage dans l'Union européenne auprès également des jeunes filles et des femmes 9 à 26 ans[8].

En février 2007, la polémique commence aux États-Unis. Le républicain Rick Perry, gouverneur du Texas qui a reçu le soutien financier de la firme Merck & Co. pour sa réélection, décide en contournant la procédure de débat de rendre le vaccin obligatoire dès l'année 2008-2009, pour gagner du temps dit-il. Selon les opposants, c'est pour la firme pharmaceutique que c'est urgent. Les opposants soulèvent aussi la question des effets indésirables peu connus et mal évalués selon eux dans l'étude[9].

Dès février 2007, la télévision américaine diffuse des reportages montrant des interviews de victimes vivantes attribuées au Gardasil et des photos de celles décédées.

Le 24 janvier 2008, l'Agence européenne des médicaments (EMEA) publie un avis recommandant de continuer la vaccination [10].

À la suite du choc de décès en Autriche et d'un rapport démontrant que l'efficacité à long terme d'une telle vaccination serait « tout à fait négligeable », la ministre autrichienne de la Santé, le Dr Andrea Kdolsky, a décidé de retirer les vaccins anti-HPV du programme officiel, de cesser de les rembourser et de mettre plutôt l'accent sur le dépistage[11].

En septembre 2008, est publiée une étude australienne[12] menée par l'équipe du Dr Julia Brotherton, qui semble indiquer que le vaccin Gardasil induit des chocs anaphylactiques (réactions allergiques graves) à un niveau « significativement plus élevé » que les vaccins de routine (« Selon le nombre de cas confirmés, le taux estimé d’anaphylaxie après l’administration d’un vaccin anti-VPH quadrivalent a été significativement plus élevé qu’après d’autres vaccinations scolaires comparables. »)[13].

En janvier 2009, la FDA refuse, pour la deuxième fois, l'autorisation de mise en vente du vaccin pour les femmes de 27 à 45 ans aux États-Unis comme le demandait la compagnie Merck & Co.[14]. Une autorisation de mise en vente pour les jeunes garçons et les hommes de 9 à 26 ans introduite aux États-Unis en décembre 2008 est (mars 2009) en attente de réponse[15]. Les ventes du Gardasil qui stagnent sont évoquées comme raison de ces demandes d'extensions répétées, alors que les commissions scientifiques n'ont à ce jour pas trouvé de fondements à ces élargissements.

Le 19 février 2009, l'Agence européenne des médicaments (EMEA) publie un nouvel avis recommandant de continuer la vaccination. Les injections provenaient du même lot, qui a été détruit pensant que la réaction était due à une défectuosité de celui-ci[16].

D'autres pays dans lequel la vaccination a lieu tels que le Canada[17] ou l'Australie[18] connaissent des réactions similaires.

En 2011, une étude australienne menée par Julia Brotherton montre une baisse des anomalies cervicales suite au vaccin[19],[20].

En juin 2013, le ministère de la santé japonais cesse de recommander les vaccins anti HPV, sans pour autant en suspendre totalement l'utilisation[21],[22].

Controverse[modifier | modifier le code]

Dans la presse[modifier | modifier le code]

Le 20 août 2008, un article du New York Times dénonce les pressions exercées par l’industrie pharmaceutique au sujet du vaccin anti-HPV[23].

Le 3 janvier 2012, un article[24] du quotidien belge Le Soir fait référence à un article scientifique mettant en cause l'efficacité, le coût et les risques liés à ce type de vaccin[25].

Dans le milieu médical et scientifique[modifier | modifier le code]

La première controverse est qu'il serait trop tôt pour bien connaître les effets secondaires et que les praticiens subissent de nombreuses pressions des firmes pharmaceutiques, rattrapées en cas de défaillance par la publicité. Dans un article de la Mutualité française[26], le Dr Bernard Guérin du Masgenêt, gynécologue à la maternité du centre hospitalier Gustave-Dron à Tourcoing (France) déclarait le 1er février 2008 : « Il est beaucoup trop tôt pour généraliser à toutes les adolescentes la vaccination avec le Gardasil. Les médecins ne disposent pas d’assez de recul sur les effets indésirables. De plus, ce vaccin ne protège pas à 100 % : vaccinées ou pas, les femmes doivent continuer les frottis ! »

Il n'hésite pas à poursuivre : « Ce ne serait pas la première fois que des sociétés savantes de gynécologie, ou d’autres spécialités, donnent leur caution scientifique à des labos pharmaceutiques. L’indépendance, vis-à-vis des intérêts financiers ou autres, ne fait pas encore partie intégrante de notre culture médicale ! En ce qui me concerne, le Gardasil® m'a été présenté par un professeur en gynécologie, accompagné d'un représentant du laboratoire… avant un excellent repas offert dans un bon restaurant ! […] Tous les prescripteurs subissent d'importantes pressions de l'industrie pharmaceutique, qui finance et oriente une grande partie de la formation post-universitaire des médecins et qui rattrape les cancres par la demande d’une clientèle « éduquée » par la télévision. Au service de nos patients, il faut s’informer, écouter, douter et se méfier. »

La deuxième controverse est que le vaccin augmente le risque de cancer si l'infection s'est déjà installée. Cette information n'aurait de surcroît pas été communiquée autant que les effets désirés du vaccin.

  • En janvier et février 2009, lorsqu'un groupe de médecins français de l'Union régionale des médecins libéraux (URML) de l'île de la Réunion[27] a découvert cette information, ceux-ci ont réalisé un exposé intitulé Gardasil : ce que le labo n'a jamais dit[28], un site internet Vaccination contre les virus HPH : Controverse[29], et mis en ligne deux vidéos, l'une spécialisée de 41 minutes 54 secondes[30] et un court extrait de 10 minutes 54 secondes[31].

En décembre 2011, deux chercheurs canadiens (C. Shaw et L. Tomljenovic) d'un groupe de travail de l’Université de Colombie britannique, publient dans le journal médical Annals of Medicine une étude remettant en question le rapport bénéfices/risques des vaccins anti HPV. Les scientifiques en concluent que les médecins devraient faire preuve de plus de rigueur dans leurs recommandations afin de se conformer à l’Evidence Based Medicine et veiller à présenter au public les vaccins anti HPV d'une manière plus nuancée[25].

Dans le monde politique[modifier | modifier le code]

Dans certains pays ou États, cette vaccination est recommandée (France, Belgique, Canada…) voire a été rendue obligatoire (Texas, bien que le décret ait ensuite été abrogé), en raison d'effets bénéfiques possibles. Dans d'autres, elle ne l'est plus (Autriche), à cause d'une absence de bénéfice envisagée. L'alternative est le dépistage.

Le Réseau canadien pour la santé des femmes critique les sommes d'argent engagées pour rembourser ce vaccin, suggérant d'autres utilisations[32].

Théorie du complot[modifier | modifier le code]

Accueilli initialement comme une bonne nouvelle dans différents pays, à la suite d'actions politiques douteuses, de décès d'enfants et d'études menées indépendamment de gains financiers[réf. nécessaire], ce produit est aujourd'hui une source de controverses surpassant celles habituellement rencontrées pour les vaccins. Médias américains, familles des victimes du Gardasil et groupes de médecins souhaitent informer des rapports obtenus en termes d'effets secondaires, qualifiés de « catalogues d'horreurs » par le président Tom Fitton du Judicial Watch américain[33], évoquer à leur juste valeur les dangers révélés par les études cliniques et rappeler les pressions tournant autour des produits.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Joura EA, Leodolter S, Hernandez-Avila M et al. Efficacy of a quadrivalent prophylactic human papillomavirus (types 6, 11, 16, and 18) L1 virus-like-particle vaccine against high-grade vulval and vaginal lesions: a combined analysis of three randomised clinical trials, Lancet 2007;369:1693-1702.
  2. a et b (en) [PDF] European Medicines Agency, European Public Assessment Report, Gardasil, Annexe 1.
  3. Voir le prospectus ou la boite de vente.
  4. (en) Rapport complet, cf. page 13, sur le site de la FDA.
  5. (en) Rapport complet, cf. page 14 et 15, sur le site de la FDA.
  6. [1] "Gardasil® : Troisième bilan du plan de gestion des risques européen et national", AFSSAPS, 2010
  7. (en) FDA News, 8 juin 2006, FDA Licenses New Vaccine for Prevention of Cervical Cancer and Other Diseases in Females Caused by Human Papillomavirus.
  8. (en) Doctor's Guide, September 22, 2006, European Commission Approves Gardasil(R) Quadrivalent Human Papillomavirus (Types 6, 11, 16, 18) Recombinant Vaccine, Merck's Cervical Cancer Vaccine.
  9. (en) Reportage MSNBC, 13 février 2007.
  10. (en) EMEA press release, 24 janvier 2008, EMEA statement on the safety of Gardasil
  11. Le Vif - L'express, 13 novembre 2008, Laurette Onkelinx (ministre belge de la Santé) : à propos des vaccins, «rien ne permet de douter de l'intégrité des experts». Article autrichien : Experte: HPV-Impfung als Todesursache.
  12. (en) [PDF] [2]
  13. (en) [3]
  14. (en) Reuters, 9 janvier 2009, Gardasil again denied for use in older women.
  15. (en) Mike Huckman, 9 janvier 2009, Merck Files for FDA Approval of Gardasil For Males.
  16. (en) [PDF] EMEA press release, 19 février 2009, European Medicines Agency recommends continued vaccination with Gardasil.
  17. Réseau canadien pour la santé des femmes, printemps-été 2008, volume 10, numéro 2, Le vaccin contre le VPH, un an après.
  18. (en) Louise Hall, Health Reporter, 17 août 2008, Cancer jab linked to pancreas disease.
  19. (en) [4] "Early effect of the HPV vaccination programme on cervical abnormalities in Victoria, Australia: an ecological study", Lancet, 2011
  20. (en) [5]"Cervical abnormalities fall after HPV vaccine program", The Medical Observer, 2011
  21. (en) (rédaction), « Health ministry withdraws recommendation for cervical cancer vaccine », The Asahi Shimbun,‎ 15 juin 2013 (lire en ligne)
  22. (en) Kyodo, « Cervix vaccine issues trigger health notice », The Japan Times,‎ 15 juin 2013 (lire en ligne)
  23. (en) Elisabeth Rosenthal, 20 août 2008, Drug Makers’ Push Leads to Cancer Vaccines’ Rise, New York Times (accès gratuit).
  24. Cancer du col : le vaccin mis en cause
  25. a et b (en) Tomljenovic L, Shaw CA. « Human papillomavirus (HPV) vaccine policy and evidence-based medicine: Are they at odds? » Ann Med. 2011 Dec 22 PMID 22188159
  26. Mutualité française, le 1er février 2008, Gardasil® : prudence sur une vaccination de masse !
  27. Site des médecins français de l'Union régionale des médecins libéraux (URML) de l'île de la Réunion : http://www.urml-reunion.net.
  28. Exposé intitulé Gardasil : ce que le labo n'a jamais dit
  29. Site internet Vaccination contre les virus HPH : Controverse
  30. Vidéo Le vaccin anti-HPV (Gardasil) dans tous ses états sur Dailymotion
  31. Court extrait de 10 minutes 54 secondes
  32. Note de la rédactrice du Réseau canadien pour la santé des femmes, automne-hiver 2007, volume 10, numéro 1.
  33. (en) Judicial Watch Uncovers New FDA Records Detailing Ten New Deaths & 140 “Serious” Adverse Events Related to Gardasil.