Ganga Zumba

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Le Ganga Zumba était le souverain du quilombo de Palmares élu par une assemblée de chefs.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Deux hypothèses différentes ont été émises.

Pour la première, le titre de Ganga Zumba provient d'un dialecte de l'Angola et s'écrit originellement nganga a nzumbi. Ce titre était utilisé auparavant pour désigner les prêtres guérisseurs des âmes, auxquels on conférait le pouvoir de dialoguer avec les morts.

Pour la seconde, Ganga Zumba s'écrit dans le dialecte angolais kimbundu Ganazumba et signifie « Grand Seigneur ». On trouve trace de cette dernière graphie dans les archives de l'Université de Coimbra, au sein d'une lettre écrite au Ganga Zumba par le gouverneur du Pernambouc en 1678.

Ambiguïté[modifier | modifier le code]

Une ambiguïté demeure sur la nature du Ganga Zumba : était-ce le nom d'un esclave ou un titre ? Pour l'historien Peter Fryer[1], il s'agit d'un titre. Les rares documents d'époque semblent corroborer cette hypothèse, puisqu'il semble difficilement recevable qu'un esclave ait opportunément porté le nom de « Grand Seigneur » avant de le devenir effectivement. Il en irait de même pour le Zumbi, identifié comme un individu mais qui serait en fait le titre de commandant militaire.

Toutefois il se peut qu'on ait identifié plus spécifiquement un des Ganga Zumba, certainement plus notable que les autres porteurs du même titre, et qu'on ait personnifié la fonction de Ganga Zumba à tel point que Ganga Zumba est devenu un nom de personne.

Fonctions du Ganga Zumba[modifier | modifier le code]

Territoire administré[modifier | modifier le code]

Bien que le quilombo de Palmares soit perçu comme un territoire où les individus vivaient égaux, une assemblée de chefs votaient afin d'élire un représentant suprême ou roi, du nom de Ganga Zumba. Celui-ci régnait sur un territoire de dix mocambos (refuge d'esclave) évalué à près de 600 000 kilomètres carrés en 1630 et comportant approximativement 11 000 âmes, noirs, métis, indiens et même blancs. Le centre de gouvernement du Ganga Zumba était le plus important village de Palmares, Cerra dos Macacos. Les neuf autres refuges d'esclaves étaient tenus par des membres de sa famille. Aux environs de 1670, le Ganga Zumba disposait d'un palais, de trois épouses, de gardes, de ministres et de sujets dévoués.

Actions[modifier | modifier le code]

En 1678, le Ganga Zumba accepta un traité de paix avec le gouverneur portugais du Pernambouc dans lequel il s'engageait à déplacer son domaine vers la vallée de Cucaú. Le Zumbi d'alors, qu'on dit être son neveu, se serait soulevé et aurait mené une rébellion contre son oncle. Dans la confusion, le Ganga Zumba fut empoisonné et nombre de ses partisans qui obéirent à son ordre et se déplacèrent vers la vallée de Cucaú ont été de nouveau réduits à l'état d'esclaves par les Portugais. Le Zumbi perpétua la résistance contre les Portugais.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Deux films de Carlos Diegues traitent de l'histoire de Palmares et de Ganga Zumba :

Sources[modifier | modifier le code]

  1. Peter Fryer, Rhythms of Resistance, Wesleyan University Press, Paris, 2000.