Gang des Lyonnais

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Le gang des Lyonnais est une bande organisée de braqueurs qui fut active dans la région lyonnaise et en France entre 1967 et 1977, mais sans jamais avoir de sang sur les mains (du moins lors des braquages que l'on peut leur attribuer)[réf. nécessaire]. À la tête du gang des Lyonnais, deux hommes : Joanny Chavel et Pierre Pourrat, dit « Le Docteur ». Par la suite se joindront Edmond Vidal, Nicolas Caclamano dit « Nick le Grec » et d'autres comme J-A Sarrado dit « Le Jag ».

Historique[modifier | modifier le code]

En 1967 se forme la « bande du Gros Caillou », bande constituée à l'origine de 4 personnes : Jean-Claude Porta, Gilles Porta (dit "l'Archange du chalumeau"), Maurice Gilly et Guy Reynaud. Ils commencent leur carrière par de menus braquages, mais prennent vite de l'importance, et recrutent de nouveaux membres, certains issus de la communauté des gens du voyage. De ce groupe vont sortir plusieurs hommes qui vont constituer le « gang des Lyonnais » :

  • Guy Reynaud dit « Le Dingue » ou « Le P'tit Guy » (il sera condamné à 20 ans de prison, en fera 17 dont un séjour à l'hôpital psychiatrique de Villejuif et finira sa vie en 1991 à l'âge de 47 ans) ;
  • Pierre Rémond dit « Nonoeil » (abattu par la police à 39 ans dans un bar au cours d'une fusillade qui vit aussi le décès d'un policier (Jean Bianchini né à Bizerte) et celui d'un autre membre du groupe : un certain Roméo Morani)
  • Jean Augé, dit le « parrain ».

Ceux-ci ont participé à plusieurs affaires, dont le rapt de Christophe Mérieux le 9 décembre 1975 pour une rançon de 20 millions de francs qui fut organisé par Louis Guillaud (surnommé « La Carpe », il sera arrêté car la police a reconnu sa voix au téléphone, fera 14 ans de prison sur les 20 de sa condamnation et finira sa vie à 78 ans, en se suicidant fin 2008 après avoir abattu le compagnon de sa fille) et Jean-Pierre Marin (ce dernier fut soupçonné d'avoir participé au meurtre du juge François Renaud). Filé par la police qui a trouvé ses empreintes en enquêtant sur le rapt du petit Merieux, Marin est tué lors de son interpellation en 1976[1].

De 1970 à 1974, la bande, composée d'un noyau stable de huit personnes, multipliera les braquages. Leur coup le plus célèbre est le braquage de l'hôtel des Postes de Strasbourg, en 1971, l'un des plus gros braquages de l'après-guerre. Ils ont multiplié les méfaits : braquage du magasin Carrefour de Vénissieux le 5 février 1973, des établissements Champiers à Tarare le 31 octobre 1973, de la Société Générale de Chazelles-sur-Lyon cinq jours plus tard, de celle de Feurs le 10 décembre, du Crédit Lyonnais de Nevers le 4 avril 1974, de la Banque Populaire de Chalon-sur-Saône le 31 octobre de la même année[2]. On soupçonne aussi le gang d'avoir exécuté Jean Augé le 15 juin 1973 pour une affaire de prêt d'argent destiné à un trafic de drogue et qu'Augé aurait utilisé à un autre achat (un bar peut-être).

Le procès du gang a eu lieu en juin 1977. Johanny Chavel et Pierre Pourrat ont été condamnés à mort par contumace. Pierre Pourrat s'est évadé de la prison de Valence en 1975, a été repris deux ans plus tard et est mort d'un cancer en 1981, juste après avoir bénéficié d'une grâce médicale. Quant à Johanny Chavel, on a perdu sa trace depuis 1973 (en fait, si l'on en croit certaines sources, il aurait été « liquidé » vers le milieu de l'année 1973 par ses complices : voir le documentaire de Stéphane Granzotto 2011 ci-dessous). Edmond Vidal fut condamné à 10 ans de réclusion pour le braquage de Strasbourg. Il en fit 7 et sortit de prison en juin 1982[2].

Devenir des membres[modifier | modifier le code]

  • André Ben Arab, un des seuls membres du gang acquitté lors du procès, fut abattu le 22 juin 1977 dans son bar Le Chambéry situé rue Sainte-Catherine, et qui servait alors de couverture à toutes sortes d'activités illicites.
  • Nick le Grec fut un membre actif de ce gang. Réfugié en Espagne, il fut un temps désigné comme le commanditaire possible de l'assassinat du juge François Renaud. Il sera abattu devant son bar Le Chalet, avenue Berthelot à Lyon, en 1989.
  • Michel Silmetzoglu tentera de se ranger des affaires, mais après des ennuis judiciaires pour loterie truquée et proxénétisme, il sera retrouvé mort le 30 juillet 1988 les os brisés.
  • Jean Pierre Gandeboeuf est toujours en activité puisqu'en détention depuis 2000 dans une affaire de trafic de drogue internationale (« affaire Topaze ») où il côtoie entre autres les frères Perletto (« caïds » du Var).
  • Réfugié aussi en Espagne, Jacques Grangeon (possible coauteur du braquage de Strasbourg entre autres) suspecté de trafic de drogue, vivant à Marbella depuis janvier 1996 est tué le 5 octobre de la même année ainsi que sa compagne Catherine. Dans sa villa outre de l'argent en quantité, on trouve 560 kg de haschich[3].
  • Pierre Zakarian, dit « Pipo », se serait reclassé après de nombreux séjours en prison dans le commerce des textiles dans les années 90 ; il est décédé d'une tumeur au cerveau en 1994.

Adaptation au cinéma[modifier | modifier le code]

Le film Les Lyonnais[4] d'Olivier Marchal est sorti le 23 novembre 2011 dans la région Rhone-Alpes et le 30 novembre de la même année dans le reste de la France. Il met notamment en scène Gérard Lanvin dans le rôle d'Edmond Vidal (Monmon).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le 9 décembre 1975, Christophe Mérieux est enlevé... », sur 20minutes.fr,‎ 17 juillet 2006
  2. a et b Les grandes histoires criminelles, Ed Hors Collection, 2008 (ISBN 978-2258-07627-3)
  3. « Jacques Grangeon », sur Site personnel traitant du gang des Lyonnais (consulté le 9 décembre 2012).
  4. Fiche Allociné.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hubert Nivon, La Saga des Lyonnais (1967-1977), Le Cherche Midi. Collection "Documents", 2003.
  • Frédéric Ploquin "Parrains et caïds; La France du grand banditisme dans l'œil de la PJ" Fayard 2005.
  • Documentaire de Florence Nicol, Le casse de Strasbourg, 80 min, 2010, Jimmy.
  • Le documentaire "Le Gang des lyonnais" réalisé par Stéphane Granzotto en 2011. Durée 52 minutes, format full HD. Diffuseur France3.
  • Le gang des Lyonnais, la véritable histoire, du journaliste lyonnais Richard Schittly, Editions La Manufacture de Livres, 2011.