Gang de la brise de mer

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Gang de la Brise de mer
Image illustrative de l'article Gang de la brise de mer
Carte de la Haute-Corse

Date de fondation Fin années 1970
Lieu Haute-Corse
Territoire Drapeau de la France France, BlankMap-Africa.svg Afrique, Drapeau de la Russie Russie, Amérique latine
Année active Fin années 1970-actuellement
Ethnies présentes Corse (française).
Nombre de membres centaines de membres minimum, une dizaine du noyau dur
Activités criminelles
  • Blanchiment d'argent
  • Hôtels, restaurants et boîtes de nuit
  • Racket
  • Proxénétisme
  • Extorsion de fonds
  • Contrôle de club de football
  • Malversation aux niveaux des subventions européennes
  • Vols à mains armés
  • Escroquerie financière
  • Évasion fiscale
  • Assassinats
  • Jeux (machines à sou)
Alliés Mafia Russe, cosa nostra, camorra...
Rivaux Front de libération nationale corse, Gang du Petit bar

Le gang de la Brise de mer est un groupe de criminalité organisée corse qui doit son nom à un bar du vieux port de Bastia, en Haute-Corse, quai de la Marine, aujourd'hui rebaptisé « Le Méditerranée », qui servit de lieu de réunion à certains de ses membres.

Réputé pour ses actions d'éclat, violentes et militarisées, ses membres opèrent en Corse, en France continentale et en Europe. La bande est responsable d'environ une centaine d'attaques à mains armées de banques ou autres. On lui attribue, en particulier, le vol de l’Union de banques suisses à Genève (Suisse), l'attaque contre la malle de Securipost en 1991 et un Mercure d'Air France en 1992. Elle est impliquée notamment dans le blanchiment d'argent sale et dans le milieu du foot avec notamment des liens supposés avec le club de Bastia[1].

Les débuts du gang[modifier | modifier le code]

La Brise de Mer est née dans un petit village corse La Porta. À la fin des années 1970, plusieurs hommes issus de plusieurs familles, âgés d'une vingtaine d'années à quarante ans, prennent l'habitude de se réunir dans un bar sur le quai de la Marine du vieux port de Bastia, tenu par Antoine Castelli, nommé à l'époque « Brise de Mer ». Ces hommes se livrent tout d'abord à des actes de petite délinquance, pas nécessairement avec énormément de succès. Par exemple, à l'occasion d'un braquage, ils se seraient aperçus, une fois arrivés sur place, qu’ils avaient oublié leurs armes[2]. Ils développent d'autant plus leurs activités que la situation politique en Corse se dégrade.

Cinq familles se distinguent:

Activités du gang[modifier | modifier le code]

Ces personnes sont soupçonnées de commettre tant en Corse que sur le continent des vols à mains armées en série avec effraction des coffres/clients dans des établissements bancaires en plein jour. À ce moment, on parle de « gang des postiches ». Au total, on dénombre une centaine d'attaques.

Vols à main armée[modifier | modifier le code]

  • Le premier grand coup répertorié, est un vol à main armée, le 12 avril 1982, à Bastia, au préjudice d’une agence du Crédit lyonnais au 22 rue César Campinchi[3]. Le 12 avril, ils neutralisent le système d'alarme de la banque, profitant du long week-end de Pâques, mais sont dérangés par le concierge et fuient avec un butin estimé à 30 millions de francs, en ayant forcé 159 coffres[1].
  • Le 16 août 1983, quatre ou cinq individus cagoulés et armés attaquent un fourgon de la société de Transport de fonds "STF", sur la route impériale à proximité de Bastia. Ils dérobent les armes des convoyeurs et une somme de 170 000 francs[4].
  • En mai 1984, à Toulouse, une fusillade oppose la police à sept individus, qui viennent de fracturer 90 coffres dans une Caisse d'épargne. Un auteur de l'attaque, François G. est interpellé sur place et l'enquête permet d'établir que ses complices appartiennent à la "Brise de Mer". Le 3 octobre 1984, à Neuilly-sur-Seine, une affaire similaire conduit à l'arrestation de trois individus dont deux membres de la même bande.
  • Le 22 octobre 1992, plusieurs malfaiteurs armés notamment d'un bazooka attaquent, rue Capanelles à Bastia, un fourgon de la société SECURIPOST et s'emparent de la somme de 6 650 000 francs[4].
  • Le 4 novembre 1988 à Pietralba, cinq individus lourdement armés (lance-roquettes, fusils-mitrailleurs…) et cagoulés attaquent un fourgon blindé de la société SESCO qui revient d'une collecte de fonds en Balagne. Ils dérobent plus d'un million de francs[4]. Dans le cadre de cette attaque, les trois convoyeurs avouent rapidement qu'il s'agit d'un simulacre d'agression et ils dénoncent les organisateurs et acteurs de l'opération : Guy et Gilbert Voillemier, François Santucci, Francis Guazzelli, Christian Leoni et Joël Pattachini. Les frères Voillemier et Guazzelli peuvent être arrêtés. Ils nient les faits. Dès le 22 novembre 1988, le juge d'instruction met en liberté Gilbert Voillemier et Francis Guazzelli qui prouvent par des témoignages qu'ils n'ont pas pu participer à l'agression. Leoni est interpellé le 19 mars 1989 et incarcéré. Les convoyeurs se rétractent. Le juge d'instruction ordonne la remise en liberté de Leoni et Guy Voillemier dès le 16 mai 1989. Le 19 juillet 1989, la chambre d'accusation de Bastia ordonne le maintien de la détention provisoire du second mais confirme la mise en liberté du premier. Le 23 octobre 1989, le juge d'instruction ordonne la mise en liberté des trois convoyeurs. Ses décisions sont confirmées par la chambre d'accusation le 22 novembre 1989[4]. Finalement, après correctionnalisation, le TGI de Bastia condamne Guy Voillemier et Pastini à 3 ans d'emprisonnement, les trois convoyeurs à deux ans d'emprisonnement ferme, et ce, par jugement en date du 1er juillet 1997. Les médias insulaires n'ont accordé aucune attention à cette condamnation.
  • Le 10 septembre 1992 deux individus cagoulés et armés interceptent près de Cardo (Haute Corse) le véhicule à bord duquel ont pris place M.Giordani, convoyeur de fonds au service de la société Transbank et son épouse. Les malfaiteurs prennent Mme Giordani en otage et ordonnent à son mari de procéder normalement à sa tournée de collecte de fonds et de leur livrer le fourgon à la fin des opérations après avoir éloigné ses collègues. Le convoyeur s'exécute. Les auteurs des faits emportent un butin de trois millions de francs. Un gendarme en permission, témoin de la fin des faits, identifie formellement l'un des auteurs comme Michel Chiappalone. Dès le 1er décembre 1992, estimant que « le témoignage ayant mis en cause Chiappalone n'avait pas montré au cours de la reconstitution toute la force probante souhaitée », le juge d'instruction ordonne la mise en liberté de l'intéressé. Après différents épisodes procéduraux, qu'il serait trop long d'évoquer, l'affaire est correctionnalisée. Michel Chiappalone est condamné par jugement en date de 8 juillet 1997 à 5 ans d'emprisonnement. Mais le tribunal ne décerne pas de mandat à l'encontre du condamné. Le 10 mars 1999, la cour d'appel de Bastia confirme la condamnation. Michel Chiappalone, directeur salarié et en réalité gérant de fait du café "Palais des Glaces" à Bastia prend la fuite. Il n'a pas été retrouvé à ce jour[4].

« Casse du Siècle » en mars 1990[modifier | modifier le code]

Le groupe continue ses larcins après celui-ci et réalise le « Casse du Siècle » le dimanche 25 mars 1990 : un braquage dans une agence de l’Union des Banques Suisses (UBS) de Genève. 31,4 millions de francs suisses, soit 220 kg de billets, sont dérobés (125 millions de francs français)[5]. Le butin ne sera jamais retrouvé, sur les neufs personnes concernées par l'enquête, dont André Benedetti, Alexandre Chevrière, Thierry Bringuier et les frères Joël et Jacques Patacchini, aucune ne sera condamnée. L'enquête montrera qu'ils ont disposé de complicités à l'intérieur de la banque.

Prise de contrôle de plusieurs établissements de nuit en Corse[modifier | modifier le code]

Plusieurs assassinats sont en rapport direct avec la prise de contrôle d'établissement de nuit par la bande de la Brise de mer. Notamment au détriment des frères Ziglioli, Paul Quastana, Joseph Silvagnoli, Dominique Cortopassi…

Les établissements sont "L'Apocalypse" à Bastia qui sera inaugurée par Alain Delon. Mais le joyau de la bande est le "Challenger", ouvert à l'île Rousse en 1984, considéré à l'époque comme la plus belle boite d'Europe. Il y a aussi le "Biblos" à Calvi (incendié en 1986), le "Palladium" à Saint-Florent, le "Starlight" à Calvi, le "Midnight" à Cervione, le "New-Club" devenu "L'Aventure" à Corte.

Plusieurs attentats favorisent bien sûr plusieurs cessions. Par exemple, Joêl Martin, victime d'un attentat à Algajola, céde pour une somme modique son commerce qui devient la S.A.R.L CORSICA gérée par Benoit Grisoni[4].

Le 17 octobre 1986, en vertu d'une commission rogatoire délivrée par Michel Huber, juge d'instruction au TGI de Bastia, les policiers de l'OCRB et du SRPJ d'Ajaccio, assistés d'enquêteurs de la Brigade Nationale des Enquêtes Économiques, procédaient à plusieurs interpellations et perquisitions visant les propriétaires, dirigeants et gérants de quatre établissements : le café "Palais des Glaces", la discothèque "Le Saint-Nicolas", le bar "Le Continental" à Bastia et la discothèque "L'Apocalypse" à Biguglia. Treize personnes, dont Robert Moracchini, porteur de parts majoritaires du débit de boissons "Le Continental" et Gilbert Voillemier gérant de la discothèque "L'Apocalypse", étaient placés en garde à vue[6].

Aucun élément à charge ne permettait leur mise en cause dans l'association de malfaiteurs poursuivie. En revanche, des procédures économiques et financières étaient établies. Des faits d'abus de biens sociaux étaient retenus à l'encontre de Robert Morrachini et des infractions formelles à la législation sur les sociétés commerciales étaient reprochées à Gilbert Voillemier[6].

Le 14 décembre 1986, il était procédé à d'autres interpellations parmi les associés, gérants et fournisseurs de la société à responsabilité limitée "Forum" exploitant la discothèque "Le Challenger" à l'île rousse (Haute-Corse). Au cours des perquisitions, de nombreux documents comptables et commerciaux étaient saisis[6].

Au domicile de Francis Navarro, constructeur de la discothèque "Le Challenger", une double facturation établie au profit de la société à responsabilité limité "Forum" concernant des travaux de maçonnerie était découverte. Francis Navarro expliquait qu'il avait commis cette infraction à la demande d'Alexandre Rutily, gérant de la discothèque, lequel désirait "blanchir" 600 000 francs en espèces. De plus, des abus de biens sociaux à hauteur de 1 400 000 francs étaient mis en évidence par le truchement des retraits d'espèces opérés par Alexandre Rutily.

Outre ces procédures judiciaires, la direction nationale de vérification des situations fiscales, diligentait au mois de février 1987, des procédures visant certains membres de l'équipe de "la Brise-de-Mer" et des notifications de redressement correspondant notamment aux dissimulations de recettes étaient adressées aux responsables des sociétés concernées.

Le résultat de ces procédures, tant en ce qui concerne les personnes physiques que les personnes morales, ne s'est concrétisé que par des peines légères et des condamnations pécuniaires s'élevant à 13 millions de francs, dont on ignore si elles ont été recouvrées[6].

Machines à sous[modifier | modifier le code]

Le 13 mars 2000 une information a été ouverte par le juge d'instruction à Bastia, du chef de blanchiment à la suite de la transmission faite par TRACFIN et au vu de l'enquête préliminaire effectuée par l'antenne de Bastia du SRPJ d'Ajaccio avec le soutien des assistants spécialisés du Pôle Économique et Financier sur les activités de M. Vittini. Le juge d'instruction saisi a délivré commission rogatoire aux autorités judiciaires monégasques et s'est transporté dans la Principauté au cours de la dernière semaine du mois de juin 2000.

  • Le 14 avril 2000, la section recherche de la gendarmerie d'Ajaccio a été chargée de vérifier le fonctionnement et le financement du club de remise en forme et de musculation, installé boulevard du Fango à Bastia.
  • Le même jour, le même service a été requis de procéder à une enquête complète sur le financement de la construction de l'ensemble immobilier "Le Cézanne" rue de l'usine à Gaz à Bastia.
  • Le 17 mai 2000 une enquête a été confiée au SRPJ d'Ajaccio avec une mission d'analyser les mouvements très importants constatés en 1995 sur les comptes de madame Filippi et signalés le 24 avril 1996 par TRACFIN au parquet de Bastia. Il existe des présomptions d'abus de biens sociaux susceptibles d'avoir été commis à l'occasion du transfert de la concession HERTZ de Haute-Corse[4].
  • Le 14 juin 2000, une information a été ouverte au cabinet de M. Duchaine pour association de malfaiteurs, à la suite des investigations menées sur un trafic de machines à sous constaté dans la plaine orientale.
  • Le même jour, une information a été ouverte au cabinet de M. Duchaine à la suite d'une transmission de TRACFIN et d'une enquête diligentée par la section des recherches de gendarmerie sur la fabrication de cartes informatiques destinées à des machines à sous et l'exploitation d'un casino virtuel par la société Eurogames Diffusion à Prunelli-di-Fiumorbo. L'information concerne des faits de fabrication, mise à disposition, exploitation de jeu de hasard, de blanchiment aggravé et de recel. Toutes les enquêtes ainsi ordonnées sont activement suivies par le Pôle Économique et Financier[4].

Fonctionnement du gang[modifier | modifier le code]

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Une dizaine de « familles » concourraient aux activités délictueuses de la Brise de mer. La Brise de mer disposerait d'un patrimoine évalué entre 120 et 150 millions d'euros. Cet argent provenant de braquages est blanchi sur l'île par l'acquisition d'établissements de nuit, de bars, d'hôtels, de complexes touristiques et de machines à sous. Leurs activités s'étendent aussi sur les cercles de jeux et casinos jusqu'en Afrique et l'Italie. L'intérêt porté par les Corses à l'exploitation d'établissements de jeux tant en France qu'à l'étranger rend crédible les rumeurs fondées sur l'importance des mouvements de fonds engendrés par la gestion des salles de jeux et supposés donner lieu à des opérations de blanchiment. Ces soupçons ne peuvent pas toujours être vérifiés, soit parce que la police française ne dispose pas d'informations sûres émanant de ses homologues étrangers, soit parce que les autorités étrangères limitent leur collaboration à des échanges ponctuels, ou encore que les dessous du montage juridique des opérations de blanchiment sont difficilement décelables. Seuls, les échanges avec les pays disposant d'une véritable législation contre le blanchiment d'argent permettent d'initier des procédures judiciaires. Cependant en 2012 l'affaire du cercle Wagram (Paris 8 ème) a apporté aux policiers des éléments sérieux leur permettant de mettre au jour et des opérations de blanchiment et l'existence d'une fracture entre 2 groupes de l'Ex Brise de Mer : selon le JDD du 17 juin 2012 " Jean-Angelo Guazzelli qui aurait repris les rênes du cercle en 2009 (après l'assassinat de Richard Casanova), jusqu’au coup de force de janvier 2011 mené par les héritiers de Richard Casanova, dont son beaufrère Jean-Luc Germani… "

Cette "dispute" entre 2 parties n'est pas sans rappeler celle qui a mené à la fermeture du Cercle Concorde.

Quelques exemples traduisent ces difficultés.

Relation avec les paradis fiscaux[modifier | modifier le code]

Au mois de mai 1998, des informations selon lesquelles "Un groupe de corses" serait arrivé en République dominicaine en novembre 1997 pour acheter un hôtel-casino, "le Dominican fiesta", pour une valeur de 12 millions $. Parmi les membres de ce groupe figurent MM Luciani et Rossi ainsi qu'une femme prénommée "Marie-Claire", architecte de profession. Les points de contact du groupe, implantés dans la partie hollandaise de l'île de Saint-Martin, sont deux sociétés d'acheminement de courriers et de valeurs. Ces sociétés, "Fernandez courrier service" et "Caribe United", acheminent l'argent, de Miami à l'aéroport international de Saint-Domingue où il est récupéré par le patron, d'origine corse, d'une société implantée sur l'aéroport. La somme transférée au mois de mars 1998, s'élève à 6 millions $, et est portée à la connaissance de la police française mais le manque de coopération des autorités de la République dominicaine ne permettait pas d'approfondir, ni de vérifier ces renseignements[6]

Les relations avec la mafia russe[modifier | modifier le code]

Les malfaiteurs réputés appartenir à la mouvance de la "Brise de Mer" ou, d'une manière plus générale, à la "criminalité organisée corse" ont été mis en observation au fichier des personnes recherchées pour contrer leurs déplacements. C'est ainsi que la police aux frontières portait à la connaissance de la direction centrale de la Police judiciaire divers mouvements vers la Russie[6].

Le 16 janvier 1997 :

  • Jean Angelo Guazzelli, né le 28 mai 1953 à Santa Reparata di Moriani (Haute-Corse)
  • Dominique Chiappalone, né le 24 mai 1954 à Bastia (Haute-Corse)
  • Jean-Jacques Voillemier né le 12 novembre 1960 à Bastia (Haute-Corse), étaient contrôlés à leur sortie de France alors qu'ils étaient en transit à Genève et s'apprêtaient à prendre un vol à destination de Kemerovo (Russie) via Moscou. Ils étaient accompagnés de deux personnes non identifiées. (L.Casanova et J. Megank (ressortissant belge domicilié à Monte-Carlo (principauté de Monaco)))[6]

Par l'intermédiaire de l'OIPC (Interpol), il était permis d'apprendre que ces cinq personnes avaient quitté l'aéroport de Moscou-Vnoukovo le 16 janvier 1997 à destination de Kemerovo (Russie) où ils étaient arrivés le lendemain et qu'en raison d'une anomalie concernant le visa de séjour en fédération de Russie des ressortissants russes nommés Bakalov, Vladimir Slabkin et Stanislav Kostin pour engager des pourparlers ayant pour but l'ouverture d'un casino. À l'occasion de ce contrôle, L. Casanova et J. Megank étaient identifiés[6].

Enfin une sixième personne répondant au nom de Francis Mariani né le 28 janvier 1949 à Bastia, également réputé appartenir à la mouvance de la "Brise de Mer", devait faire partie de la délégation des invités.

Leurs hôtes, dont les deux derniers avaient fait plusieurs déplacements entre Nice et Moscou en 1996, étaient identifiés comme étant:

Ce dernier qui se présentait comme vice-président de la "banque de transport Kouzbass", avait été l'objet de poursuites judiciaires initiées par les autorités de Kemerovo soupçonnant les animateurs de cette banque "d'usage abusif de l'argent de l'état" et de malversations financières. Un second déplacement de membres de la mouvance de la "Brise de Mer", à destination de Novossibirsk (Russie) était constaté le 29 avril 1997[6].

En faisaient partie Michel Chiappalone, Jean-Jacques Voillemier et Jan Meganck, lesquels étaient accompagnés de Olivier Cecini, Réginald Léger, Jacques Nahmany.

Il est à noter qu'Olivier Cecini avait été contrôlé en décembre 1997 à son retour de Moscou, en possession d'une somme de 48000 francs provenant de "gains aux jeux".

Le 13 juillet 1999, les autorités russes confirmaient que plusieurs sociétés dont le casino "Las Vegas" à Kemerovo fonctionnaient avec le soutien financier de la "Kuzbassky transporty bank" et employaient trois ressortissants français : le directeur Olivier Cecini, un dépanneur de jeux Jacques Nahnmany ainsi que le caissier un certain Loran Martines[6].

Armata Corsa[modifier | modifier le code]

Des liens avec les nationalistes corses seraient aussi une caractéristique du gang de la Brise de Mer comme l'a laissée supposer la récente affaire Charles Pieri, qui est un proche de Francis Mariani, un des chefs du gang. Ce lien supposé s'est trouvé renforcé lors de l'affaire « Armata Corsa » où la concurrence entre le « courant Pieri » majoritaire était en lutte avec les fidèles de François Santoni.

Dans cette lutte d'influence, des membres supposés du gang de la Brise de mer auraient effectués le travail d'assassinat des membres du groupe nationaliste Armata Corsa (organisation nationaliste dissidente), dirigé par François Santoni[7].

Dans cette affaire, Jacques Mariani, fils de Francis Mariani, et Joseph Menconi ont été jugés en juin 2006 au tribunal de Créteil (Val-de-Marne).

Une vague d'assassinats en 2008-2012[modifier | modifier le code]

Depuis 2008, plusieurs membres supposés du gang de la Brise de mer ont fait l'objet d'un assassinat : Richard Casanova (23 avril 2008, Porto-Vecchio), Daniel Vittini (6 juillet 2008, Poggio-di-Venaco), Francis Mariani qui est découvert mort (15 janvier 2009, Haute-Corse), Pierre-Marie Santucci (10 février 2009, Vescovato), Francis Guazzelli (15 novembre 2009), Benoît Grisoni (25 février 2010, Monticello), François-Antoine Mattei (Corscia, Haute-Corse, région du Niolu, le 22 février 2011), Christian Leoni (Moriani-Plage, le 28 octobre 2011), Ange Petrucci (Casalta en Haute-Corse, le 8 novembre 2011) et Maurice Costa (Ponte-Leccia en Haute-Corse, le 7 août 2012).

Pour la police, la plupart de ces règlements de comptes seraient le fait de membres de la Brise de Mer qui s'entretuent ; depuis 2008, une guerre de clans opposerait deux groupes issus du gang. Il y a aussi de forts soupçons qui pèsent sur des règlements de comptes entre une partie de la brise de mer et un autre gang corse : les "bergers braqueurs de Venzolasca". Cette bande a longtemps été dirigée par Ange-Toussaint Federicci, dit « ATF ». Selon les spécialistes, cette "guerre des gangs" qui touche la Haute-Corse serait accentuée par les enjeux autour de la spéculation immobilière et du tourisme (tant les revenus générés par ces secteurs peuvent être énormes). L'assassinat de Christian Leoni en octobre 2011, a quant à lui été revendiqué par le FLNC (par cette action, l'organisation clandestine entendait venger l'assassinat d'un de ses chefs, quelques mois plus tôt, Charles-Philippe Paoli, victime, selon eux, d'un "groupe mafieux").

Filmographie[modifier | modifier le code]

Le Dernier Clan[8] de Magà Ettori sorti en 2012 raconte l'histoire de la mafia corse contemporaine. Cinéaste mais également élu du Conseil Economique Social et Culturel de Corse, Magà Ettori utilise sa connaissance des réseaux d'influences liés aux arcanes du pouvoir en Corse. Dans Le Dernier Clan, il révèle l'histoire vraie de la journaliste Hiram Orsoni qui enquête sur la mafia corse.

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Une seule balle, un seul tir », épitaphe prononcée par le procureur de Bastia, après l’assassinat de Pierre-Marie Santucci.
  • « La brise de mer ? C'est de la pipette, un mythe ! Elle n'a jamais existé » Francis Mariani durant son procès à la cour d'appel d'Aix-en-Provence.
  • « La brise de mer n'est, au mieux, qu'une légende que l'on raconte aux petits garçons qui rêvent de devenir des voyous, au pire, un café où on se retrouve entre copains pour refaire le monde au son des calibres. » Kelan V lors de son procès aux assises de 2009 (où il sera acquitté pour deux braquages et l'assassinat de son ex complice).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]