Galielle rousse

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Galielle rousse

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Galiella rufa

Classification
Règne Fungi
Division Ascomycota
Sous-division Pezizomycotina
Classe Pezizomycetes
Ordre Pezizales
Famille Sarcosomataceae
Genre Galiella

Nom binominal

Galiella rufa
(Schwein.) Nannf. & Korf (1957)

Synonymes

  • Bulgaria rufa Schwein. (1832)
  • Gloeocalyx rufa (Schwein.) Sacc. (1913)[1]

La Galielle rousse (Galiella rufa) est une espèce de champignon de la famille des Sarcosomataceae. Le champignon produit des apothécies en forme de coupe qui poussent en touffes sur les branches et les parties aériennes des racines dans les bois de l'Est et le Middle West en Amérique du Nord et en Malaisie. Les apothécies ont une texture de caoutchouc gélatineux résistant et une face externe rugueuse, brun-noirâtre et une face interne, lisse brun rougeâtre. Bien que généralement considérés comme non comestibles par des guides de champignons en Amérique du Nord, ils sont couramment consommés en Malaisie. Le champignon produit plusieurs produits chimiques ayant diverses propriétés bioactives.

Taxonomie et dénomination[modifier | modifier le code]

À l'origine, l'espèce a été appelée Bulgaria rufa en 1832 par Lewis David von Schweinitz, en se basant sur du matériel recueilli à Bethlehem, en Pennsylvanie[2]. En 1913, Pier Andrea Saccardo l'a transféré dans le genre Gloeocalyx tel que défini par George Edward Massee en 1901 (un genre aujourd'hui synonyme de Plectania[3]) en raison de ses spores hyalines (translucides)[4]. Richard Korf en a fait l'espèce-type de son genre Galiella nouvellement créé en 1957, un genre qui englobe les espèces bulgaroïdes (celles qui ont une morphologie semblable à celles du genre Bulgaria) avec des spores qui forment des excroissances verruqueuses faites de substances pectiques à base de callose qui se colorent au bleu de méthyle[5].

En 1906, Charles Horton Peck décrit une sous-espèce magna à partir de matériel collecté à North Elba, à New York. Peck a expliqué que la variété diffère de l'espèce-type sur plusieurs points : var. magna pousse parmi les feuilles tombées sous les sapins baumiers ou sur les mousses sur le sol, pas sur les bois, il n'a pas de pied et a un dessous plus large et arrondi; son hymenium est plus jaunâtre que l'espèce nominale et ses spores sont légèrement plus longues[6].

L'épithète spécifique rufa signifie « rouillée » ou « brun rougeâtre » et fait référence à la couleur de l'hyménium[7].

Description[modifier | modifier le code]

La chair est translucide et gélatineuse.

Les apothécies de G. rufa sont initialement fermées et de forme grossièrement sphérique et ressemblent à de minuscules Vesses-de-loup. Elles vont ensuite s'ouvrir pour former une coupe peu profonde et atteindre des diamètres allant de 15 à 35 mm de diamètre[8]. Le bord de la coupe est incurvé vers l'intérieur et est irrégulièrement denté. Les dents sont une couleur plus claires que l'hyménium[9]. La face interne de la coupe, qui porte la surface sporifère (l'hyménium), est brun rougeâtre à brun-orange. La face externe est brun-noirâtre et recouverte de poils qui mesurent 7 à 8 µm de long et qui lui donnent une texture feutrée ou poilue[10]. La chair du corps est dépourvue de toute saveur ou odeur distinctive[7]. Elle est grisâtre, translucide, gélatineuse et caoutchouteuse[8]. Le champignon a parfois un pied court qui peut atteindre jusqu'à 10 mm de long sur 5 mm de large mais il peut manquer chez certains spécimens[8]. Sèches, les apothécies deviennent coriaces et flétries[10].

Bien que ces champignons soient généralement considérés comme immangeables[11],[7] ou de comestibilité inconnue par les guides américains sur les champignons[8], ils sont couramment consommés[12] et même « prisés pour leur comestibilité » dans certaines régions de Malaisie[13].

Les spores sont à paroi mince, elliptiques avec des extrémités rétrécies et couvertes de fines verrues ; elles ont des dimensions de 10 à 22 sur 8 à 10 µm. Tant les spores que les asques (cellules portant les spores) sont non amyloïdes[8]. Les asques sont étroites et font généralement de 275 à 300 µm de long[11]. Les paraphyses (cellules stériles intercalées entre les asques dans l'hyménium) sont filiformes[10]. Des études ultrastructurales ont montré que le développement de la paroi des spores de G. rufa est similaire à celui du genre Discina (dans la famille des Helvellaceae) et à d'autres Sarcosomataceae, notamment Plectania nannfeldtii; ces deux espèces ont de fins ornements secondaires sur les spores mûrs[14].

Espèces comparables[modifier | modifier le code]

Les espèces comparables comprennent Bulgaria inquinans (à gauche), Sarcosoma globosum (au centre) et Wolfina aurantiopsis (à droite)

Galiella amurense ressemble à G. rufa. On la trouve dans les régions tempérées du nord de l'Asie, où elle pousse sur lse bois pourris des épicéas. Ellel a de plus grandes ascospores que G. rufa, mesurant généralement de 26 à 41 par 13 à 16 µm[15]. Bulgaria inquinans est similaire en forme et en taille, mais elle a un hyménium d'un noir brillant[8]. Sarcosoma globosum, une autre espèce trouvée dans le nord-est américain, est noire, a un intérieur plus clair que G. rufa et est plus grande mesurant jusqu'à 100 mm de diamètre[9]. Wolfina aurantiopsis a une forme plus profonde, boisée avec une face interne jaunâtre[7].

Habitat et répartition[modifier | modifier le code]

Galiella rufa est une espèce saprophyte qui pousse quelquefois en solitaire, mais plus généralement en groupes sur les branches et les souches en décomposition. Les champignons apparaissent en fin d'été et d'automne[8]. On a constaté qu'il poussait facilement sur les grumes utilisées pour la culture des champignons shiitakés[16]. Ils passent facilement inaperçus car ils se fondent dans leur environnement[17].

Galiella rufa pousse dans le Middle-West et l'Est de l'Amérique du Nord et on la trouve dans la zone entre l'état de New York, le Minnesota, le Missouri et la Caroline du Nord[10]. L'espèce est également trouvée en Malaisie[13].

Composés bioactifs[modifier | modifier le code]

Galiella rufa synthétise plusieurs composés structurellement apparentés aux hexacétides qui ont retenu l'attention pour leurs propriétés biologiques dont la prégaliellactone et la galiellactone[18]. Ces composés ont des propriétés anti-nématicides, tuant les nématodes Caenorhabditis elegans et Meloidogyne incognita[19]. Ces composés ont également montré dans des tests de laboratoire qu'ils pouvaient inhiber les étapes précoces des voies biosynthétiques induites par les hormones végétales comme l'acide gibbérellique et peuvent inhiber la germination de plusieurs plantes[20]. La galiellactone est par ailleurs un inhibiteur hautement sélectif et puissant de l'interleukine-6 (IL -6) marqueur des cellules HepG2. IL-6 est une cytokine multifonctionnelle qui est produite par une grande variété de cellules et fonctionne comme régulateur de la réponse immunitaire, les réactions de phase aiguë et l'hématopoïèse. Les chercheurs sont intéressés par les petites molécules inhibitrices (telles que celles produites par G. rufa) interférant avec la cascade de signalisation de l'IL-6 qui mène à l'expression des gènes impliqués dans la maladie[21].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Galiella rufa (Schwein.) Nannf. & Korf 1957 », MycoBank, International Mycological Association (consulté le 25 juin 2011)
  2. (en) von Schweinitz DL., « Synopsis fungorum in America boreali media degentium », Transactions of the American Philosophical Society, vol. 4, no 2,‎ 1832, p. 178 (lire en ligne)
  3. (en) Kirk PM, Cannon PF, Minter DW, Stalpers JA., Dictionary of the Fungi, Wallingford, UK, CABI,‎ 2008, 10e éd. (ISBN 978-0-85199-826-8, LCCN 2009285939), p. 284
  4. (en) Saccardo PA, Trotter A., « Supplementum Universale, Pars IX », Sylloge Fungorum: Supplementum Universale, vol. 22,‎ 1913, p. 726 (lire en ligne)
  5. (en) Korf RP., « Two bulgarioid genera: Galiella and Plectania », Mycologia, vol. 49, no 1,‎ 1957, p. 107–111 (DOI 10.2307/3755734, lire en ligne)
  6. (en) Peck CH., « Report of the State Botanist », Bulletin of the New York State Museum, vol. 105,‎ 1906, p. 31 (lire en ligne [PDF])
  7. a, b, c et d (en) Roody WC., Mushrooms of West Virginia and the Central Appalachians, Lexington, Kentucky, University Press of Kentucky,‎ 2003 (ISBN 978-0-8131-9039-6, LCCN 2002152553, lire en ligne), p. 463
  8. a, b, c, d, e, f et g (en) Miller HR, Miller OK., North American Mushrooms: a Field Guide to Edible and Inedible Fungi, Guilford, Connecticut, Falcon Guide,‎ 2006, 1e éd. (ISBN 978-0-7627-3109-1, LCCN 2005055501), p. 525
  9. a et b (en) McKnight VB, McKnight KH., A Field Guide to Mushrooms: North America, Boston, Massachusetts, Houghton Mifflin,‎ 1987 (ISBN 0-395-91090-0), p. 35
  10. a, b, c et d (en) Seaver FJ., The North American Cup-Fungi (Operculates), Lancaster, Pennsylvania, The Lancaster Press,‎ 1942 (lire en ligne), p. 196
  11. a et b (en) Phillips R., Mushrooms and Other Fungi of North America, Buffalo, New York, Firefly Books,‎ 2005 (ISBN 978-1-55407-115-9, OCLC 60318881, LCCN 2006275794), p. 377
  12. (en) Shin ChongKian, Yee ChyeFook, Shya LeeJau, Atong M., « Nutritional properties of some edible wild mushrooms in Sabah », Journal of Applied Sciences, vol. 7, no 15,‎ 2007, p. 2216–2221 (DOI 10.3923/jas.2007.2216.2221)
  13. a et b (en) Abdullah F, Rusea G., « Documentation of inherited knowledge on wild edible fungi from Malaysia », Blumea, vol. 54, no 1–3,‎ 2009, p. 35–38 (DOI 10.3767/000651909X475996, lire en ligne [PDF])
  14. (en) Li LT, Kimbrough JW., « Spore ontogeny of Galiella rufa (Pezizales) », Canadian Journal of Botany, vol. 74, no 10,‎ 1996, p. 1651–1656 (DOI 10.1139/b96-200)
  15. (en) Cao J-Z, Fan L, Liu B., « Notes on the genus Galiella in China », Mycologia, vol. 84, no 2,‎ 1992, p. 261–263 (DOI 10.2307/3760260, JSTOR 3760260, lire en ligne)
  16. (en) Metzler V, Metzler S., Texas Mushrooms: a Field Guide, Austin, Texas, University of Texas Press,‎ 1992, 1e éd. (ISBN 978-0-292-75125-5, LCCN 91002239, lire en ligne), p. 327
  17. (en) Smith AH, Weber NS., The Mushroom Hunter's Field Guide, Ann Arbor, Michigan, University of Michigan Press,‎ 1980 (ISBN 978-0-472-85610-7, lire en ligne), p. 32
  18. (en) Köpcke B, Weber RWS, Anke H., « Galiellalactone and its biogenic precursors as chemotaxonomic markers of the Sarcosomataceae (Ascomycota) », Phytochemistry, vol. 60, no 7,‎ 2002, p. 709–14 (PMID 12127588, DOI 10.1016/S0031-9422(02)00193-0)
  19. (en) Köpcke B, Johansson M, Sterner O, Anke H., « Biologically active secondary metabolites from the ascomycete A111-95 - 1. Production, isolation and biological activities », Journal of Antibiotics, vol. 55, no 1,‎ 2002, p. 36–40 (ISSN 0021-8820, PMID 11918063)
  20. (en) Hautzel R, Anke H., « Screening of Basidiomycetes and Ascomycetes for plant-growth regulating substances – introduction of the gibberellic acid-induced de novo synthesis of hydrolytic enzymes in embryoless seeds of Triticum aestivum as test system », Zeitschrift für Naturforschung C–A Journal of Biosciences, vol. 45, no 11–12,‎ 1990, p. 1093–8
  21. (en) Weidler M, Rether J, Anka T, Erkel G., « Inhibition of interleukin-6 signaling by galiellalactone », FEBS Letters, vol. 48, no 1,‎ 2000, p. 1–6 (PMID 4609797, DOI 10.1016/S0014-5793(00)02115-3)

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