Galdr

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Gróa prononçant un galdr à son fils Svipdagr, dessin de William Gershom Collingwood publié en 1908 inspiré du Grógaldr.

Un galdr, au pluriel galdrar, est un terme en vieux norrois pour désigner une incantation dans la culture germanique ancienne. Il est associé a certains rites[1], et effectué aussi bien par les femmes que les hommes. Le galdr se chante, et certains chercheurs ont proposé que le galdr se chante peut-être en fausset[2],[3].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot galdr en vieux norrois est dérivé de l'ancien haut allemand gala voulant dire "chant, incantation". Il a un suffixe indo-européen -tro[4]

En anglais ancien les formes sont gealdor, galdor, galdre c.à.d. charme, enchantement, sorcellerie et le mot galan c.à.d. chant, incantation. Le mot galan est toujours contenu dans le mot anglais nightingale venant de næcti-galæ (rossignol) lié à giellan on peut retrouver la notion aussi dans le verbe en anglais moderne to yell et le néerlandais gillen voulant tous les deux dire "crier". En islandais le verbe að gala peut être traduit par "chanter, appeler, crier".

En allemand le mot galstar en vieux bas allemand et galster en moyen bas allemand veut dire "chant, enchantement"[5] qui survit dans l'allemand dialectal Galsterei, Galsterweib sorcellerie, sorcière.

Origine[modifier | modifier le code]

Les galdrar sont créés par Odin, qui en reste un des grands utilisateurs, raison pour laquelle il est aussi appelé Ein sköpuðr galdra, qui signifie en français « le seul créateur du galdr », ainsi que Galdraföðr ou Faðr galdr, qui signifient tous deux « père du galdr ».

Les galdrar sont créés à partir des runes qui sont "inventées" par Óðinn. On peut lire dans le Hávamál  :

No bread did they give me nor a drink from a horn,
downwards I peered;
I took up the runes, screaming I took them,
then I fell back from there.[6]
Auncun pain l'on me donna, ni une goulée d'une corne
vers le bas je cherchais
je pris les runes, criant[Note 1] je les prenais.

Pratique[modifier | modifier le code]

La formule ou galdrar est composée en galdralag, une forme de versification allitérative, similaire au ljóðaháttr mais comportant un septième vers et présentant un parallélisme caractéristique.

Le galdr se chante, à la fois par des hommes et les femmes et particulièrement les völva, qu'ils soient mortels ou divins.

Prononcer un galdr peut être bénéfique, comme faciliter un accouchement, mais aussi avoir un effet négatif comme celui de rendre fou. Prononcé par un dieu, il permet à celui-ci de conjurer des sorts ou des maléfices, de réveiller les morts et de converser avec eux.

Exemples de galdrar[modifier | modifier le code]

Le Galdrabók[modifier | modifier le code]

Le Galdrabók (ou le livre magique des galdrar) est un grimoire islandais datant d’environ 1600[7]. C’est n petit manuscrit contenant une collection de 47 formules magiques[8]. Le grimoire fut compilé par 4 personnes différentes[Note 2]. Probablement depuis la fin XVIe s. jusqu’au milieu du XVIIe S. Les trois premiers scribes étaient islandais et le quatrième un danois travaillant à partir de matériaux islandais[9]. Les différentes formules consistent dans des textes latines et des inscriptions runiques, ainsi que du les bâtons magiques , des invocations à des entités chrétiennes, des démons, des dieux germaniques et l’utilisation d’herbes et objets magiques divers. Certains des charmes sont de protection, utilisé pour des problèmes de type gestation et naissance, maux de tête et insomnie, incantations contre la pestilence, mal de mer et accidents marins. D’autres encore sont de magie noire destine à provoquer la peur, tuer des animaux, trouver des voleurs, endormir quelqu’un, causer la flatulence ou ensorceler des femmes.

Le livre fut publié pour la première fois en 1921 par Natan Lindqvist dans une édition diplomatique avec une traduction suédoise[10]. La première traduction en anglais fut publié seulement en 1989 par Stephen Flowers[11] . et un facsimilé de la première édition avec les commentaires détaillés de Matthías Viðar Sæmundsson en 1992[12].

Référence[modifier | modifier le code]

Note[modifier | modifier le code]

  1. Voir la référence au crie (giellen / galan) dans l'étymologie
  2. A comparer avec les 4 Évangelistes considéré comme les 4 rédacteurs sacrés de la Bible.


  1. L'article Galder in Nationalencyklopedin (1992)
  2. Steinsland, G. & Meulengracht Sørensen 1998:72
  3. L'article galder in Henrikson A., Törngren D. and Hansson L. (1998). Stora mythologiska uppslagsboken. ISBN 91-37-11346-1
  4. (sw) Hellquist, E. (1922). Svensk etymologisk ordbok. C. W. K. Gleerups förlag, Lund. p. 177
  5. Konrad von Ammenhausen Schachzabelbuch 167b
  6. (en)Larrington, Carolyne (Trans.) (1999). The Poetic Edda. Oxford World's Classics. ISBN 0-19-283946-2
  7. (is) Matthías Viðar Sæmundsson 1992:10; (en) Flowers 1989:29; (sw) Lindqvist 1921:11.
  8. (sw)Lindqivst 1921:9; (is) Matthías Viðar Sæmundsson 1992:11
  9. (is) Matthías Viðar Sæmundsson 1992:10; (en) Flowers 1989:30.
  10. Lindqvist, Natan (1921). En isländsk svartkonstbok från 1500-talet. Uppsala.
  11. Flowers, Stephen (1989). The Galdrabók: An Icelandic Grimoire. ISBN 0-87728-685-X
  12. Matthías Viðar Sæmundsson (1992). Galdrar á Íslandi. Reykjavík: Almenna bókafélagið. ISBN 9979-4-0068-4