Galate mourant

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Galate mourant[1] au musée du Capitole (Rome), H. 0,95 cm, inventaire MC 747
Vue d'ensemble.

Le Galate mourant[1], parfois intitulé le Gladiateur mourant, est la copie romaine en marbre d'un original grec perdu, vraisemblablement exécuté en bronze, commandé entre 230 et 220 av. J.-C. par Attale Ier de Pergame pour commémorer sa victoire sur les Galates. Cette sculpture antique est exposée au palais des Conservateurs (musée du Capitole) à Rome.

Description[modifier | modifier le code]

La statue représente avec un réalisme saisissant l'agonie d'un guerrier celte, réalisme particulièrement remarquable dans le traitement du visage.

Il est représenté avec une abondante chevelure et une moustache broussailleuse, traits caractéristiques des Galates. Entièrement nu, il porte autour du cou un torque (collier), bijou distinctif des guerriers celtes. La statue confirme d'antiques sources relatives au mode de combat des Celtes de l'Antiquité, gaulois ou galates ; Jules César relate dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules que ses adversaires se lançaient dans la bataille entièrement nus. Selon l'historien grec Polybe décrivant les rangs d'une armée gauloise, tous les guerriers portaient un torque[2].

La statue sert d'une part à commémorer la défaite celte tout en démontrant la force du peuple vainqueur mais, au-delà, elle apparaît comme un témoignage du courage de dignes adversaires.

Histoire[modifier | modifier le code]

Détail du visage

Le Galate mourant est l'une des plus célèbres œuvres de l'Antiquité à nous être parvenue. Le socle actuel a été ajouté après sa découverte. L'identité du sculpteur est inconnue mais on a avancé l'idée qu'un certain Épigonos, sculpteur aulique de la dynastie Attalide, ait pu en être l'auteur.

Elle fut abondamment copiée et gravée par de nombreux artistes et sculpteurs. On estime qu'elle fut découverte au début du XVIIe siècle pendant les excavations des fondations de la villa Ludovisi (anciennement Jardins de Salluste dans l'antiquité). Elle a été pour la première fois identifiée avec précision en 1623 dans les collections de la puissante famille romaine des Ludovisi.

La qualité artistique et l'expressif pathos de la statue firent naître un certain engouement pour le sujet parmi les classes instruites des XVIIe et XVIIIe siècles. Elle a été largement copiée, lors de commandes royales, pour un public de savants ou de riches possédants qui voulaient posséder leur propre reproduction du Gaulois mourant. Des copies de la statue en miniature pour l'ornement ou comme presse-papiers ont été réalisées à l'attention d'un public moins aisé.

Pendant cette période, certains ont proposé des interprétations erronées du thème de la statue en évoquant un gladiateur blessé, ce qui conduisit à l'apparition de plusieurs noms alternatifs - et profondément incorrects - tels que le « gladiateur mort » ou « blessé », « le gladiateur romain » ou encore le « Mirmillon mourant ».

Napoléon s'empara de la statue en 1797 lors des campagnes d'Italie et la ramena à Paris, où elle fut exposée. De retour à Rome en 1815, elle y est toujours visible au Musée du Capitole. Des copies de la statue peuvent être admirées au Musée d'Archéologie classique de l'Université de Cambridge et à la Galerie Courtauld de Londres, dans le parc du château de Versailles (copie de marbre de Michel Mosnier, 1684) ainsi qu'à Berlin, Prague, Stockholm et au Washington State Historical Society (en) à Tacoma. Le sculpteur hyperréaliste américain John de Andrea a créé des variantes contemporaines.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Au centre de la salle il est exposé le "Galate mourant", l’une des plus remarquables et célèbres œuvres du musée. Il s’agit de la réplique d’une des sculptures du groupe votif dédié à Pergame par Attale I pour les victoires sur les Galates entre le IIIe et le IIe siècle av. JC. » Salle du Gladiateur sur le site du Musée du Capitole à Rome
  2. Anne Lombard-Jourdan, Alexis Charniguet, Cernunnos, dieu Cerf des Gaulois, éd. Larousse, 2009, p. 24.

Bibliographie en anglais[modifier | modifier le code]

  • James McKillop, A Dictionary of Celtic Mythology, Oxford University Press, 1998
  • Art in the Hellenistic Age, Pollitt, J. J., 1986
  • The Bloomsbury Guide to Art, Ed. Shearer West. Bloomsbury Publishing Ltd, 1996
  • Hellenistic Sculpture, Smith, R.R.R. London, 1991
  • Taste and the Antique, Haskell, F. and N. Penny. New Haven and London, 1981
  • The Oxford Companion to Western Art. Ed. Hugh Brigstocke. Oxford University Press, 2001

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]