Gabrielle Russier

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Gabrielle Russier était une professeur agrégée de lettres, née le 14 février 1937, qui s'est suicidée le 1er septembre 1969 à Marseille après avoir été condamnée pour détournement de mineur, à la suite d'une liaison amoureuse avec un de ses élèves, Christian Rossi, alors âgé de seize ans.

Son histoire a inspiré le film d'André Cayatte, Mourir d'aimer.

L’affaire de mœurs[modifier | modifier le code]

Séparée de son mari, Gabrielle Russier, professeur de lettres, élevait seule ses deux enfants dans un logement des quartiers nord de Marseille. Au lycée Saint-Exupéry où elle travaille, elle a pour élève Christian Rossi qu'elle retrouve dans les manifestations d'après-mai 68. L'amour s'installe entre eux alors que Rossi est en fin de seconde. Ses parents, enseignants à l'université d'Aix-en-Provence, qui ne s'étaient pas opposés à leur fréquentation au début, finissent par en prendre ombrage. Rossi fugue et s'enfuit en Allemagne. Les parents portent plainte. Russier est exilée[réf. nécessaire][pas clair] en Allemagne puis dans les Pyrénées. Elle est emprisonnée à la prison des Baumettes le 14 avril 1969, d'abord pendant quelques jours, puis pendant cinq semaines.

Le procès a lieu en juillet 1969. Russier est condamnée à douze mois de prison avec sursis et à 500 francs d'amende. Certaines personnes disent que le parquet fait appel a minima[réf. nécessaire], sous la pression de l'Université, qui rejette la candidature de Russier à un poste d'assistant. Certaines personnes disent que le procureur demande à ce qu'elle soit condamnée à treize mois de prison non amnistiables[réf. nécessaire]. Elle devait comparaître en octobre devant la cour d'appel d'Aix-en-Provence. Russier vit très mal cette situation. Elle se suicide au gaz le 1er septembre ; le lendemain, deux brèves informent du décès de la professeur de français de Marseille amoureuse de son élève.

Elle est enterrée à Paris, au cimetière du Père-Lachaise (26e division).

Lorsque le nouveau président Georges Pompidou, élu en juin 1969, ayant promis aux Français « une nouvelle société », est interrogé sur l'affaire par Jean-Michel Royer, journaliste à RMC, le 22 septembre, il cite Paul Éluard et choisit les vers consacrés aux femmes tondues à la Libération : « Comprenne qui voudra, Moi, mon remords, ce fut la victime raisonnable au regard d'enfant perdu, celle qui ressemble aux morts qui sont morts pour être aimés ». Il quitte ensuite la salle où se tient la conférence de presse[1].

Les parents de Christian Rossi le font interner en asile psychiatrique. Une fois sorti, il est recueilli par le pasteur Michel Viot. Aujourd'hui, Christian Rossi, père de famille, vit très loin de cette affaire.

En 1970, André Cayatte tourne Mourir d’aimer, avec Annie Girardot et Bruno Pradal. L'intrigue, dont Charles Aznavour s'était déjà inspiré pour sa célèbre chanson Mourir d'aimer, décrit la passion amoureuse née entre les barricades et les embrassades de mai 1968 ; il fait polémique mais c'est un grand succès, avec 5,9 millions d'entrées en salle.

Impact sur la société[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Chansons[modifier | modifier le code]

  • Jean-Claude Chesneau (Stanis) : L'Amour interdit [2] (Stanis Musique, 2007)
  • Charles Aznavour : Mourir d'aimer
  • Serge Reggiani : Gabrielle
  • Christian Kaluc et Roger Pouly : T'aurais pu
  • Anne Sylvestre : Des fleurs pour Gabrielle
  • Triangle : Élégie à Gabrielle (Triangle, 1969)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Geneviève Lefevre-Toussaint, Plaidoyer pour une âme. L'affaire Gabrielle Russier, Denoël, 1970
  • Gabrielle Russier, Lettres de prison, précédé de Pour Gabrielle par Raymond Jean, Seuil, 1970
  • Michel Del Castillo, Les écrous de la haine. Vous avez tué Gabrielle Russier, Julliard, 1970
  • Pierre Duchesne (pseudonyme de Jean-Patrick Manchette ) Mourir d'aimer, Presses de la cité, 1971
  • Article Mourir d'aimer dans Le Monde, 18 juillet 2006, p. 14

Source[modifier | modifier le code]

  1. [vidéo] « Extrait vidéo », sur ina.fr
  2. "L'Amour interdit" de Jean-Claude Chesneau sur stanismusique.com

Voir aussi[modifier | modifier le code]