Gabrielle Bernard

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Gabrielle Bernard, (Moustier-sur-Sambre, 1893 - Moustier-sur-Sambre, 1963) est une poétesse belge d'expression wallonne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Gabrielle Bernard perd son fiancé pendant la Grande Guerre et « fit de sa solitude la trame d’une vie intérieure dont la richesse s’exprima dans plusieurs recueils de poèmes français »[1] (notamment En attendant la caravelle 1936).

Influencée par F-José Maugis[réf. nécessaire] qui « lui fit aimer le monde mi-rural mi-industriel où elle vivait »[1], elle composa quatre recueils (en langue wallonne) « quatre fresques » (M. Piron) « qui forment comme une synthèse puissante du pays minier de la Sambre : le décor, les êtres, leur destin, leur descendance. On ne s’attendait pas à une telle « plainte sauvage » sortie de cette voix d’ombre, qui était en réalité « une voix de feu ». » (J. Guillaume).

Œuvre[modifier | modifier le code]

L'art de cette poétesse – accessible à tous les francophones – dit à la fois la langue qu'elle utilise et le contraste rural/industriel du pays wallon, en mettant en parallèle une catastrophe minière et la paix des champs comme dans L’èboul’mint [L'éboulement]. Dans ce poème, apercevant une galerie mal étançonnée, le porion (chef mineur) donne l'alarme, mais trop tard :

li voûssure a churé su l’moncia qui s’comèle
tote li winne si rècrase èt stofe lès ûrlemints
(« la voûte s'est déchirée sur le tas de pierres qui s'écroule
toute la veine s'écrase et étouffe les hurlements. »)

À la surface, au même instant, le monde demeure indifférent, le charretier commande à son cheval, des enfants enfilent des marguerites,

et l’grand solia d’julèt’fêt meûri lès frumints...
(« et le grand soleil de juillet fait mûrir le froment... »)

Autre dualité, le choix du français et/ou du wallon pour s'exprimer est aussi caractéristique de bien des auteurs wallons (de langue française ou wallonne) qui comptent comme Géo Libbrecht, Jean-Pierre Verheggen, Guy Denis ou ce grand responsable de la culture française en Wallonie et à Bruxelles que fut Marcel Hicter.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • C'èsteuve ayîr [C'était hier] (1931, une œuvre primée par la Société de langue et de littérature wallonnes)
  • En attendant la caravelle (1936)
  • Boles di savon [Bulles de savon] (1942)
  • Do vèt', do nwâr [Du vert, du noir] (1944)
  • Flora d'à l'Oulotte [Flora du Hibou] (1949), drame poétique en 4 actes.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Maurice Piron, 1979