Gabriel de Grupello

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Gabriel de Grupello, autoportrait, musée des beaux-arts de Düsseldorf. Avec mention Gabriel Ritter von Grupello.

Gabriel de Grupello, né le 22 mai 1644 à Grammont, rue des Pénitents (Penitentenstraat), dans l'actuelle province de Flandre-Orientale, de père italien, Bernardo Grupello (ou Gripello), originaire de Milan, capitaine de cavalerie au service de Sa Majesté aux Pays-Bas[1], qui le laissa rapidement orphelin[2] et d'une mère flamande, Cornelia de Linck-Van der Straeten originaire de Grammont[3], et mort à Kerkrade le 20 juin 1730, est un sculpteur des Pays-Bas du Sud (l'actuelle Belgique) de la fin du XVIIe et du début du XVIIIe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Détail de la fontaine murale avec dieux marins, marbre, commandée en 1675 par le Métier des poissonniers d'eau douce, Bruxelles, Musées royaux des beaux-arts de Belgique.
Gabriel de Grupello, sculpteur. Interprétation romantique de 1849 à la ressemblance non fiable, tiré du livre de Philippe Baert, Eloges de plusieurs sculpteurs et architectes des Pays Bas, 1849.

Orphelin d'un père qui avait dépensé ses biens au service de Sa Majesté[4], ce fut un oncle maternel Jean vander Straeten, chanoine au chapitre d'Anderlecht qui prit soin de son éducation[5] et le fit étudier à grands frais l'art de la sculpture tant à Anvers chez Artus Quellin durant cinq ans, qu'à La Haye chez Laxen (?)[6] durant deux ans ainsi qu'en France et chez Jean Voorspoel[7], maître des Quatre-Couronnés à Bruxelles.

Son séjour à Paris de 1668 à 1670, où il eut bien certainement des contacts féconds avec l'importante colonie d'artistes flamands[8] - peintres, sculpteurs, graveurs, tapissiers, orfèvres etc...- qui y était active, lui permit de perfectionner la technique de la cire perdue et du coulage du bronze.

Le style de Gabriel de Grupello forme la transition entre le baroque flamand sévère et le néo-baroque plus élégant d'influence française.

Il a longtemps résidé à Bruxelles, qui le reçu gratuitement portre[9] c'est-à-dire citoyen ou bourgeois, le 22 juin 1674, lui ayant fait faire en contrepartie un morceau de sculpture à offrir à la ville[10]. Il put ainsi être reçu la même année comme maître au sein de la corporation des Quatre Couronnés, condition indispensable pour pouvoir exercer son art à Bruxelles.

Il y travailla ensuite pour les corporations. La fontaine de marbre pour la salle de banquet de la corporation des poissonniers d'eau douce (soutvischvercoopers ambacht) conservée aux Musées royaux des beaux-arts de Belgique témoigne de cette activité. Il travailla sans doute aussi pour la nouvelle Grand-Place (après son retour de Düsseldorf où il fut appelé le 5 mai 1695 par le comte palatin Johann-Wilhelm pour devenir son premier sculpteur ce qui le fit échapper au bombardement de juin), pour les églises bruxelloises (Statue de la Foi au Sablon) et certainement pour des amateurs privés comme les Tour et Taxis, pour lesquels il exécuta en 1670 les statues Diane et Narcisse en marbre blanc, destinées à orner le jardin de l'hôtel Tour et Taxis au Sablon. Ces statues furent achetées en 1780 par le gouvernement pour orner le Parc de Bruxelles. Mises en pièces lors des combats de 1830 elles furent remplacées en 1876 et 1899 par des copies qui s'y trouvent toujours. L'actuelle Diane (1875-1876) est d'Égide Mélot et le Narcisse (1895-1899) d'Albert Desenfans[11]. (Les originaux ont pu être reconstitués par Pierre Puyenbroeck en 1831 et sont conservés actuellement aux Musées royaux). Les bozzetti en terre cuite de ces deux statues sont conservées également au Musées royaux des beaux-arts.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « in sijn leven capiteyn van peerden ten dienst van Sijne Majesteyt in dese Nederlanden » (Archives de la Ville de Bruxelles, Thesaurie, ref. 1300, 22 juin 1674, folio 435 verso-436 verso. Texte relevé par Jan Caluwaerts, Poorters van Brussel, Louvain, 2005, p. 134.)
  2. « wijlen sijnen vader commende aflijvich te worden in sijne minderjaerdigheydt »
  3. ou Cornelia de Wesel selon les registres de la trésorerie de la ville de Bruxelles relevés par Jan Caluwaerts, op. cit. p. 134.
  4. « meest sijne middelen geconsumeert [hebbende] inden selven dienst »
  5. « sijnen moederlijcken oom wijlen Sr. Jan vander Straeten canonick ende cantoir tot Anderlecht hebben gedraghen sorghe voor sijne alimentatie »
  6. À identifier.
  7. « ende hem doen leeren met grooten coste de conste van beeltsnijderije soo t'Antwerpen bij Artus Quilinus den teyt van vijff jaeren, bij Laxen in Den Haghe twee jaeren, ende Lyden beltsnijder vande Coninck van Vranckrijck ook twee jaeren, ende oock bij Voirspoel ende andere vermaerde meesters ». Il y avait plusieurs Voorspoel contemporains qui exerçaient leur art à Malines (Bénézit)
  8. lire : Reinhilde Goossens, Les Flamands à Paris, dans : Septentrion, revue de culture néerlandaise, Lauwe, 1984, n° 84, p. 51-56.
  9. En néerlandais poorter, nom donné aux citoyens de villes importantes dites villes murées (voir : Délices des Pays-Bas). Ce mot dérive du mot néerlandais tombé en désuétude poorte, ville ou lieu fermé de murailles, qui a donné également poort-grave, mayeur de la ville. Mots répertoriés par Jan Louys D'Arcy, Het groote woorden-boeck, vervattende den schat der Nederlandtsche tale, met een Fransche uyt-legginge, Rotterdam, des presses de Pieter van Waesberghe, 1651.
  10. « midts tusschen heden ende eene jaere ten behoeve deser stadt maeckende ende leverende eene figuere oft stuck van beldtsnijderije ».
  11. Xavier Duquenne, Le Parc de Bruxelles, Bruxelles, 1993, p. 105.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) J.A. Beringer, Gabriel van Grupello am Oberrhein, dans : Die Rheinlande, VII, 1907, p. 144-148.
  • (de) F. Buettenbach (Büttenbach), Ritter Gabriel de Grupello. Erster Statuarius des kaiserlichen Niederlaender, Geilenkirchen, s. d. (1829 ?)
  • (nl) F. De Vleeschouwer, Een vermaarde Geraardsbergse kunstenaar. Gabriel de Grupello, dans : Het Land van Aalst, 28, 1976, p. 49-60.
  • (de) Hartenfells-Grabbe, Gabriel von Grupello, Düsseldorf, 1840.
  • (de) U. Kultermann, Die Bildnisse Grupellos, dans : Düsseldorfer Jahrbuch, n° 46, 1954, p. 179, et illustration pl. 11.
  • (de) U. Kultermann, Gabriel Grupello, Berlin, 1968.
  • (de) F. Schaarschmidt, Gabriel Ritter von Grupello, Düsseldorf, 1896.
  • (de) A. Strobl, Zur Schaffenperiode des Gabriel Grupello in Brüssel, dans : Schulerfestschrift K.M. Swoboda, Vienne, Kunsthistorisches Institut, 1954. (exemplaire dactylographié).