Gabriel Astruc

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Gabriel Astruc
Caricature de Georges Sem

Gabriel Astruc est un journaliste et directeur de théâtre français, né à Bordeaux le et mort à Paris le . Il a été à la fois éditeur, imprésario, organisateur de concerts, agent artistique et auteur dramatique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils du rabbin Élie Aristide Astruc (1831-1905), qui, après des études religieuses à Metz, fut adjoint du grand rabbin de Paris (1857), grand rabbin de Belgique (1866-1879) et l'un des fondateurs de l'Alliance israélite universelle.

Journaliste, « soiriste » et chroniqueur parlementaire de 1885 à 1895, Gabriel Astruc fonde en 1897 une société d'éditions musicales, d'abord chez son beau-père Wilhelm Enoch, puis à son propre compte. Il crée en 1902 la luxueuse revue Musica et devient en 1904 organisateur de concerts et agent artistique en fondant la Société musicale au Pavillon de Hanovre (il sera notamment l'imprésario de Mata Hari[1]), où sont donnés plus de mille concerts de 1905 à 1912 sous le nom de « Grande Saison de Paris », dont une saison italienne avec Caruso et la Melba en 1905, la création de Salomé sous la direction de Richard Strauss en 1907, les Ballets russes de Diaghilev en 1909, le Metropolitan Opera dirigé par Toscanini en 1910, la création du Martyre de Saint-Sébastien de Debussy d'après Gabriele D'Annunzio en 1911.

Il fait construire par Auguste Perret en 1913 le théâtre des Champs-Élysées, avenue Montaigne à Paris, mais il est ruiné après une première saison brillante. Léon Daudet en profite pour publier le 6 novembre 1913 en une de L'Action Française un article fielleux (il se réconciliera avec lui aux funérailles de Marcel Proust). Déjà, en 1909, une campagne antisémite de Charles Maurras avait empêché l'attribution d'un emplacement sur les Champs-Élysées pour son futur théâtre.

Il organise les festivités pour l'inauguration du quai Maurice Ravel à Ciboure, le 24 août 1930, où sont conviés Maurice Ravel, la chanteuse Madeleine Grey, le dramaturge Henry Bernstein, le violoniste Jacques Thibaud, le pianiste Robert Casadesus, l'orchestre étant dirigé par Philippe Gaubert qui reprend la flûte à cette occasion.

Après la Première Guerre mondiale, il travaille dans le domaine de la radio et de la publicité.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Le Pavillon des fantômes. Souvenirs, 1929. Nouvelle édition augmentée, présentée par Olivier Corpet, Mémoire du livre, Paris, 2003.
  • Mes scandales, édition préfacée par Emile Vuillermoz (1936), introduite par Myriam Chimènes et Olivier Corpet, Éditions Claire Paulhan, 2013, 260 p.
Théâtre
  • Le Bain de la mariée, comédie bouffe en 1 acte, en prose, avec Pierre Soulaine, Paris, Théâtre du Palais-Royal, 6 septembre 1888
  • La Matérielle, comédie en 1 acte, Paris, Théâtre Antoine, 7 novembre 1903

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Franck Ferrand, « Mata Hari, une coupable idéale ? », série documentaire L'ombre d'un doute sur France 3, 4 juillet 2012
  2. Archives nationales