Alphonse Desjardins

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Alphonse Desjardins en 1913, fondateur des Caisses populaires Desjardins

Alphonse Desjardins, né Gabriel-Alphonse Desjardins[1] (Lévis, Québec, 5 novembre 1854 - 31 octobre 1920) est le fondateur des Caisses populaires Desjardins au Québec.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Lévis le 5 novembre 1854, dans le Bas-Canada, Gabriel Alphonse Desjardins est le huitième d’une famille de 15 enfants.

À la suite de ses études commerciales au collège de Lévis et à l'école militaire de Québec entre 1864 et 1872 (il entreprend également une année de classe de latin), Alphonse Desjardins entreprend une courte carrière militaire de deux ans (1870-1872), d'abord dans le 17e bataillon de milice volontaire de Lévis. Il participe ensuite à une expédition militaire à la Rivière-Rouge, organisée par le gouvernement du Canada. De retour à Lévis, il commence une carrière de journaliste à L'Écho de Lévis sous les ordres de Isidore-Noël Belleau, de 1872 à 1876[2]. Par la suite, Desjardins poursuit sa carrière au Canadien, journal implanté à Québec. Après trois ans, il abandonne le journalisme pour se tourner vers le métier d'éditeur des débats à l'Assemblée législative du Québec (aujourd'hui l'Assemblée nationale du Québec). Après onze ans à ce poste (nous sommes alors en 1889), Desjardins apprend que le gouvernement d'Honoré Mercier va cesser de subventionner la publication des débats. Une controverse entoure cet épisode mal connu de la vie du fondateur des caisses populaires. Des hypothèses, cependant fort douteuses, comme le mentionne l'historien Pierre Poulin, tendent vers une dispute entre Mercier et Desjardins. Il est, à ce jour, impossible de savoir quelle est la véritable raison de la perte d'emploi de ce dernier.

Âgé de 35 ans, Desjardins reprend la plume et fonde, à Lévis, le 9 juillet 1891, le journal L'Union Canadienne, qui connaît une existence de trois mois seulement. Mais l'implication de Desjardins auprès du Parti conservateur va lui permettre, le 22 avril 1892, d'entrer à la Chambre des communes du Canada à titre de sténographe français au Parlement canadien. Il conserve cet emploi jusqu'en 1917, au moment où il prend sa retraite pour des raisons de santé : Desjardins est alors atteint d'un mal incurable nommé l'urémie.

En 1897, il est préoccupé par le problème de l'usure du fait que les banques canadiennes exclusivement anglophones refusent systématiquement de prêter aux Québécois. Cette pratique des banques subsiste pour les Amérindiens (documenté dans la presse du Québec). Face à cette situation, il entreprend trois ans de recherches soigneuses et de correspondance avec les fondateurs des mouvements européens d'épargne et de crédit en coopérative. Parmi ces fondateurs, nous pouvons nommer l'Italien Luigi Luzzatti, les Allemands Friedrich Wilhelm Raiffeisen et Hermann Schulze-Delitzsch et l'Anglais Henry W. Wolf, auteur du volume People's Bank.

Fondation de la première caisse d'épargne du Québec[modifier | modifier le code]

Monument Alphonse et Dorimène Desjardins à Lévis

Le 6 décembre 1900, Alphonse Desjardins et sa femme Dorimène Desjardins fondent la première caisse d'épargne populaire en Amérique du Nord à Lévis au Québec. Elle est nommée la Caisse populaire de Lévis et elle ouvre ses portes le 23 janvier 1901. Cette première caisse est à l'origine du Mouvement des caisses populaires Desjardins, le plus grand groupe financier coopératif de langue française en Amérique du nord. De son vivant, Desjardins participe à la fondation de 163 caisses, dont 18 en Ontario et 9 aux États-Unis.

Décès[modifier | modifier le code]

La maladie a raison de lui, Alphonse Desjardins meurt le 31 octobre 1920, six jours avant son 66e anniversaire. Il a droit à d'imposantes funérailles, auxquelles assistent de nombreux représentants de l'Église catholique romaine et des gouvernements du Québec et du Canada. Il est inhumé le 4 novembre au cimetière Mont-Marie de Lévis[3].

Maison Alphonse-Desjardins[modifier | modifier le code]

En 1983, sa maison qui abrita aussi la première caisse populaire, dans le Vieux-Lévis, est transformée en musée. L'intérieur est reconstitué et l'on y retrouve l'atmosphère de la résidence familiale en 1906.

Honneurs[modifier | modifier le code]

Le traversier Alphonse-Desjardins, de la Société des traversiers du Québec, effectuant la liaison entre Québec et Lévis sur le fleuve Saint-Laurent.
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Notes[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Poulin et Guy Bélanger, « DESJARDINS, ALPHONSE (1854-1920) », Dictionnaire biographique du Canada,, Université Laval/University of Toronto, vol. 14,,‎ 1998 (lire en ligne)
  2. Isidore-Noël Belleau est député fédéral du comté de Lévis pour le parti Progressiste-Conservateur de 1883 à 1885 et maire de Lévis de 1891 à 1896.
  3. Desjardins est enterré dans le secteur Lévis (01) du cimetière, dans le quartier Ste-Marie (05) dans le lot 00210 (Engin de recherche de la Corporation du cimetière Mont-Marie : http://cimetieremontmarie.com/inhumation/detail.asp?id=1316247

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]