Gaïac

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Pilon en bois de gaïac.
Guaiacum officinale

Le gaïac est un bois brun verdâtre très dur. Sa densité est de 1,3. Il est aussi appelé « bois saint » ou « bois de vie » (en latin : lignum vitae). Il s'agit des espèces Guaiacum officinale et Guaiacum sanctum, des petits arbres du genre Guaiacum (famille des Zygophyllacées). On trouve ces essences dans les Amériques tropicales, notamment dans les Antilles et au Venezuela.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Ce bois très dur et lourd est utilisé pour le tournage de poulies, en ameublement (roulettes de meubles) et en bijouterie. Il sert pour les confections d'essieux et de coussinets, en particulier pour les arbres d’hélice de bateaux où il sert de palier en même temps qu'il assure l'étanchéité, la lubrification étant assurée à l'eau de mer. Il a été également utilisé dans l'agglomération lilloise pour la fabrication de « bourles », disques de bois de 5 à 9 kilos, que l'on lance sur une piste en terre ayant la forme d'une cale de bateau, le but du jeu étant de s'approcher d'un « étaque », pièce en cuivre fixée près de l'extrémité de la piste. Ce jeu est encore pratiqué de nos jours.

Le bois fournit une résine qui est à la base de la teinture de gaïac, et constitue le réactif traditionnel pour la recherche des oxydases et peroxydases.

Un des constituants de la résine, l'acide mésonordihydroguaïarétique, est un bon antioxydant, mais donnerait des lithiases rénales, donc ne doit être employé que sur prescription médicale. C'est une plante riche en saponosides.

Il possède des vertus médicinales : son bois a été utilisé en décoction jusqu'à l'invention de médicaments modernes, dans le traitement de la syphilis[1] et de la tuberculose ; sa sève servait au traitement de l'arthrite. La résine de ce bois est utilisée en médecine depuis plus de cinq siècles. Il est inscrit à la pharmacopée française depuis 1884, et entre dans la composition du « sirop de salsepareille composé ». Le bois de gaïac est un des composants d'un « élixir de jouvence » appelé mamajuana[2] en République dominicaine : des fragments de diverses essences ligneuses locales, mises à macérer dans une bouteille de rhum sont censées avoir une activité anti-rhumatismale et aphrodisiaque…

Il entre dans la constitution de dentifrices et on l'utilise également en parfumerie depuis le milieu des années 90. Moins sec que le cèdre, plus dur que le santal, à la fois doux, stable et profond, c'est un « liant » idéal entre notes de cœur et notes de fond.

La surexploitation a conduit à une réduction dangereuse des populations sauvages de ces différentes espèces. Toutes les espèces de Guaiacum sont placées sur la liste de la CITES.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L’humaniste hessois Ulrich von Hutten avait publié en 1521 à Bologne un traité intitulé De guaiaci medicina et morbo gallico. Ce traité sur la syphilis (morbus Gallicus, c'est-à-dire le « mal français ») et son traitement à l'aide du bois de gaïac faisait la fierté de son auteur, lequel mourut néanmoins de cette maladie. Une des lithographies d'Honoré Daumier caricature un malade assis devant un guéridon qui porte un pot étiqueté « Gaïac ». Le malade fait une horrible grimace…
  2. Il s'agit de la « mamajuana de palo » (« de bâton »). Il existe une autre mamajuana, celle « de mariscos » : des fruits de mer, lambis, poulpes et calamars, etc. sont mis à macérer dans une bouteille d'alcool. Voir l'article (es) mamajuana pour la composition exacte

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]