Gaëtan de Rosnay

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Louis Eugène Gaëtan Fromet de Rosnay, né à l'île Maurice le 17 mai 1912[1] et mort le 19 octobre 1992 à Bussy-le-Repos (Yonne)[2], est un peintre franco-mauricien.

Un peintre, un style[modifier | modifier le code]

Gaëtan de Rosnay naît à Curepipe dans la famille d'un planteur sucrier, Eugène de Rosnay et de son épouse, née Simone Martin[3]. Sa famille paternelle (Fromet de Rosnay) qui est originaire de Champagne et de l'Yonne s'est installée à l'île Maurice au XIXe siècle. Gaëtan de Rosnay a passé sa vie entre son île natale de l'Océan Indien et la France, où il arrive à l'âge de deux ans, en août 1914, quand son père se rend à Paris pour se mettre au service des forces de réserve françaises. Il fait ses études secondaires à Paris au collège jésuite Franklin, puis à l'école Gerson. Gaëtan de Rosnay retourne à l'île Maurice en 1934 travailler dans la plantation familiale jusqu'en 1939. Il travaille aussi le dessin avec le peintre Max Boullé[4]. À l'instigation du peintre de la Marine Jean-Gabriel Daragnès, de passage à l'île Maurice, qui remarque son talent, il entre à l'atelier de l'affichiste Paul Colin, à Paris. Il passe toute l'occupation en France[5] et, à la Libération, fait partie du noyau des peintres de la Nouvelle École de Paris qui donnent vie à une nouvelle forme d'art figuratif, représentée notamment par ceux qui exposent au Salon de la Jeune Peinture, dont il est élu vice-président : Paul Aïzpiri, Maurice Boitel, Yves Brayer, Bernard Buffet,Jean Commère, Michel de Gallard, Pierre-Henry, Daniel du Janerand, Jean Jansem, Robert Savary, Maurice Verdier, etc.

Il revient à partir des années 1950 séjourner plusieurs mois par an dans son île natale[6]. Ses tableaux s'inspirent des paysages mauriciens avec des marines (Grand Baie, Voiles à l'île Maurice, etc.) Le Pieterboth, des marchés, des lavandières, des scènes de chasse, etc. Il fait la connaissance à cette époque de Malcolm de Chazal. À partir de la fin des années 1960, il fait aussi des séjours hivernaux dans les Grisons (Suisse), où il finit par acquérir un petit châlet à Klosters. Là aussi, il peint des paysages de montagnes dans des couleurs de plus en plus vives. Une exposition personnelle lui est consacrée au centre culturel français à Maurice en 1983. Il séjourne deux mois par an à Maurice dans les années 1980. Il y fait un dernier séjour en 1990. Il meurt dans sa maisonnette de l'Yonne où il demeurait au printemps et à l'automne.

Une œuvre en évolution[modifier | modifier le code]

Si, dans les années 1930, sa peinture conserve un caractère encore très proche de la réalité, révélant ses qualités de dessinateur (Le Vieil Indien, 1934), il évolue progressivement vers un mode stylisé où prédomine une forme géométrique dans laquelle il insère ses personnages ou ses paysages (La Couturière 1942)
Ses œuvres des années 1950 s'illustrent par la tendance au misérabilisme dans le sillage de Francis Gruber et Bernard Buffet, avec Françoise Adnet, Cara Costea, André Minaux, Paul Rebeyrolle[7], etc.; puis sa palette s'enrichit. Son exposition de 1959 à la Galerie Lorenceau marque une étape à son retour d'un voyage de deux ans à l'île Maurice. À partir des années 1960, il tend à superposer sur un dessin figuratif des formes dominantes d'ombre et de lumière, très colorées :Les Champs-Élysées, 1960, Les Musiciens, 1966, Palais du gouvernement, île Maurice, 1973.

Présence dans les Salons de peinture[modifier | modifier le code]

Prix[modifier | modifier le code]

Principales expositions particulières[modifier | modifier le code]

  • Galerie Roux-Hentschel (Paris)
  • Galerie Suillerot (Paris, 1955)
  • Bianchini Gallery (New-York)
  • Galerie Lorenceau (Paris, 1959, 1961)

Expositions à l'étranger[modifier | modifier le code]

Japon, Norvège, Allemagne, Angleterre, Russie, Ukraine, États-Unis, Île Maurice, Italie#

Quelques critiques de l'œuvre de Gaëtan de Rosnay[modifier | modifier le code]

Jean Carzou, Edgar Morin, Lucien Fontanarosa, Loys Masson, Pierre Descargus, Jean Bouret, Malcolm de Chazal, Freddy Noël, etc.

Liens familiaux[modifier | modifier le code]

De son épouse Natacha, née Koltchine (1914-2005[8]), Gaëtan de Rosnay a eu trois enfants : Zina (Mme Dotézac), Joël de Rosnay[9] et Arnaud de Rosnay (1946-1984).

Quelques œuvres[modifier | modifier le code]

  • Portrait de Jacques Hébertot (1948), dessin encre, collection privée
  • Les Meules (1957), HST, (vente hôtel Drouot, 2007)
  • Le Scieur, HST, (vente hôtel Drouot, 2005)
  • Portrait de Pierre Jonquères d'Oriola (1953) HST, 146 × 89, exposé au salon des Peintres témoins de leur temps, collection privée

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Registres de naissance de la ville de Curepipe
  2. Où il est enterré avec sa femme Natacha de Rosnay, née Koltchine (1914-2005)
  3. Il a deux sœurs, France (1909-2005) et Christiane. Sa famille maternelle - originaire du centre de la France - est également issue de planteurs sucriers
  4. Il fait la connaissance de Loys Masson à cette époque, qu'il croisera plus tard à Paris
  5. D'abord à Biarritz, puis à Paris après 1943
  6. Il demeure alors à La Villebague, près de Pamplemousses à La Rosalie. Son atelier est toujours visible à droite de cette ancienne demeure coloniale du XVIIIe siècle
  7. Catalogue de l'exposition La Réalité retrouvée, La Jeune peinture, Paris 1945-1958, musée Estrine, Saint-Rémy-de-Provence juin-septembre 2010
  8. Dont le grand-père était Serge Alexandrovitch Rachewsky
  9. (fr) « Biographie », sur www.cite-sciences.fr (consulté le 20 mai 2010#)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Roger Bouilot, Gaëtan de Rosnay, Paris, éditions de la Revue Moderne, juillet 1985.