Gaëtan Dugas

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Gaëtan Dugas, né le 20 février 1953 à Québec et mort dans la même ville le 30 mars 1984, est un agent de bord québécois suspecté d'être l'un des premiers cas de contamination du SIDA aux États-Unis et d'avoir transmis le virus à au moins 40 personnes avant que l'épidémie ne soit identifiée.

Patient zéro[modifier | modifier le code]

Homosexuel sexuellement actif, voyageant beaucoup de par sa profession, commissaire de bord pour Air Canada, il a été considéré comme le « patient zéro » du sida, c'est-à-dire la première personne infectée, qui serait la source supposée de l'infection parmi une population particulière du nord-est des États-Unis (axée autour de New York) dans une étude épidémiologique de 1984 menée par les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies. Il existait cependant des cas de sida bien antérieurs au cas de ce steward et l'étude fût contestée depuis la meilleure connaissance de la période incubatoire du VIH[1]. Gaëtan Dugas est depuis plus généralement considéré comme l'un des premiers cas de contamination aux États-Unis, sans notion de « patient zéro ».

Mode de vie[modifier | modifier le code]

Gaëtan Dugas aurait contaminé, directement ou par personnes interposées, au moins 40 des 248 malades américains diagnostiqués avant avril 1982. On l'a retrouvé partenaire sexuel chez 9 des 19 premiers cas de Los Angeles, chez 22 des malades New-Yorkais et chez neuf autres malades disséminés dans huit autres villes : Miami, Chicagoetc. Grand voyageur, beau garçon et peu avare de ses charmes, on estime qu'il avait près de 250 partenaires par an. Il aurait donc contribué par son comportement à diffuser le SIDA.

Atteint en juin 1980 d'un sarcome de Kaposi[2], identifié en novembre 1982 comme porteur et prévenu du risque qu'il faisait courir à ses partenaires, Dugas ne voulut pas changer de façon de vivre. Jusqu'à sa mort le 30 mars 1984 à l'âge de 31 ans, il eut des rapports sexuels non protégés. Il avisait ses partenaires après le passage à l'acte. Il avait pris l'habitude de leur dire alors : « J'ai le cancer homo ; je vais en mourir, toi peut-être aussi… » Lors d'un entretien médical, il déclare sans aucune honte[3] : « Je l'ai eu ; ils peuvent l'avoir aussi. »

Postérité[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Laure Beaulieu, « Celui par qui le VIH arriva… », Le Monde,‎ 25 juillet 2012 (consulté le 26 juillet 2012).
  2. « Sur les traces du patient zéro », sur liberation.fr,‎ 8 juin 2006 (consulté le 30 juillet 2012).
  3. Mirko Dražen Grmek, Histoire du sida : début et origine d'une pandémie actuelle, Payot et Rivages,‎ 1995, 491 p. (OCLC 708336637), p. 47-49.

Articles connexes[modifier | modifier le code]