Grande Loge nationale française

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La Grande Loge nationale française (GLNF) est une obédience maçonnique française fondée en 1913 et basée sur les préceptes dits de régularité proclamés par la Grande Loge unie d'Angleterre en 1929 (dont notamment la croyance en Dieu). Elle appartient au groupe de reconnaissance de la Grande Loge unie d'Angleterre.

C'est une obédience maçonnique différente de la Grande Loge de France, avec laquelle elle fut parfois confondue dans les médias.

Histoire[modifier | modifier le code]

L’origine de la création[modifier | modifier le code]

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Pour comprendre l'histoire de la GLNF, il convient de remonter à la décision prise par la principale obédience maçonnique française, le Grand Orient de France, en 1877, dans le cadre de la Querelle du Grand Architecte de l'Univers:

Dans le contexte de la fin du Second Empire et du rétablissement d'un système républicain en France, l'Église catholique romaine, craignant de perdre à terme son statut privilégié de religion d'État, s'engageait de tout son poids dans les questions politiques et condamnait avec une égale vigueur la franc-maçonnerie et la République française. Ce conflit bouleversa l'équilibre idéologique des loges : les catholiques pratiquants et les royalistes se tenant désormais à l'écart des loges, celles-ci devinrent assez rapidement républicaines et anticléricales.

C'est dans ce climat passionné que le convent du Grand Orient de France supprima en 1877 de ses constitutions l'obligation de la croyance en Dieu. Le même convent supprima également l'obligation pour ses loges d'invoquer le Grand Architecte de l'Univers lors de l'ouverture de leurs travaux. Chaque Loge devenait ainsi libre de le faire, ou pas. La plupart d'entre elles décidèrent de ne plus le faire.

Ces décisions, ainsi que le soutien accordé par le Grand Orient de France à un régime républicain, furent très mal ressenties par la Grande Loge Unie d'Angleterre et par la plupart des autres obédiences, principalement dans l'Empire britannique. Toutefois, les évolutions politiques suivantes, et en particulier celles qui allaient donner naissance à l'Entente cordiale à l'approche de la première guerre mondiale, permirent pendant longtemps le maintien de relations amicales, exprimées notamment lors de la consécration à Londres sous la Grande Loge Unie d'Angleterre des loges « la France » et « l'Entente Cordiale »[1].

Cependant, différents membres du Grand Orient de France, et notamment Édouard de Ribaucourt (alors Vénérable pendant près de vingt ans de la loge « Les Amis du Progrès ») étaient en désaccord avec les positions anticléricales de leur obédience. D'autres ne supportaient plus les diktats centralisateurs de cette Obédience. En 1911, Ribaucourt réveille à Paris la loge « Le Centre des Amis »pour laquelle il obtient une patente du Grand Orient qui lui permet de travailler au Rite écossais rectifié et d'utiliser l'invocation au Grand Architecte de l'Univers lors des tenues. En 1913, il reçoit une nouvelle version obligatoire des rituels où toutes les références au Grand Architecte de l'univers ont été soigneusement omises. Après de nombreuses négociations qui n'aboutirent pas, la rupture fut décidée[1].

Les débuts de la GLNF[modifier | modifier le code]

La Loge « Le Centre des Amis » s'érige en Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière pour la France et ses Colonies le 5 octobre 1913[n 1]. Puis, selon une lettre datée du 29 octobre 1913[1], « 'Anglaise 204 » de Bordeaux annonce son souhait de rejoindre la nouvelle obédience. L'annonce de la reconnaissance anglaise a lieu le 3 décembre 1913 en tenue trimestrielle de Grande Loge au . « L'Anglaise 204 » rejoint alors la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière pour la France et ses Colonies le 4 décembre au lendemain de la reconnaissance par la Grande Loge unie d'Angleterre.

Le 29 octobre 1948, l’obédience change de nom pour adopter le nom de Grande Loge nationale française (GLNF). Elle demeure néanmoins marginale et n’est pas très représentative par son effectif, qui restera jusque dans les années 1960 essentiellement composé d’anglophones résidant en France[réf. souhaitée].

De 1964 à 1985 : l’essor[modifier | modifier le code]

Il faut attendre l'année 1965 pour voir l'essor de la GLNF. Une scission importante intervient en 1964 au sein de la Grande Loge de France à la suite d'un traité d'alliance conclu avec le Grand Orient de France. Au cours de cette crise, plusieurs centaines de francs-maçons - parmi lesquels une vingtaine de membres de « l'Anglaise 204 », qui avait rejoint la GLDF - quittèrent la Grande Loge de France pour rejoindre les rangs de la Grande Loge nationale française (GLNF), lui permettant ainsi de dépasser les 4 000 membres, de travailler au Rite écossais ancien et accepté et de fonder des loges composées principalement de francophones[réf. souhaitée].

Dans un mouvement inverse, il arrive à plusieurs reprises que des membres ou des loges de la GLNF, désireux d'autonomie vis-à-vis de la Grande Loge Unie d'Angleterre (GLUA) et de relations fraternelles avec le courant maçonnique majoritaire en France, la quittent pour fonder de nouvelles obédiences. Ce fut le cas de la Grande Loge traditionnelle et symbolique Opéra en 1958, du réveil de la Troisième Province Templière (puis Rectifiée)[n 2] en 1995, du Grand Prieuré des Gaules en 2000, et en 2005 de la Grande Loge des Maçons Réguliers Francs et Accepté[2].

De 1985 à 2008 : la forte croissance[modifier | modifier le code]

Jusqu'à la fin des années 1960, la GLNF a été en France une obédience maçonnique très minoritaire (moins de 4 000 membres) et composée principalement d'anglophones expatriés. La GLNF a connu depuis un développement très important au point de devenir la deuxième obédience française derrière le Grand Orient de France. Ses effectifs sont ainsi passés de 6 000 au début des années 1970 à 35 000 en 2000, puis à 44 000, regroupés en plus de 1 400 loges, en 2011, avec à l'époque un objectif annoncé de 50 000 en 2012[3].

Cette croissance importante souleva un certain nombre d'interrogations parmi ses détracteurs. Il est avéré qu'elle fut en partie le résultat d'une politique de recrutement particulièrement active dans certaines de ses « provinces »notamment du sud de la France[réf. nécessaire]. Des journalistes accusèrent l'obédience d'affairisme, notamment dans ces provinces, pour expliquer les recrutements en nombre élevé et fondés sur d'autres critères que la recherche de la voie initiatique[4]. À la fin des années 1990, plusieurs scandales éclatent dans ces provinces, les instances de la GLNF affirment alors avoir fait un certain ménage interne et recentré leurs activités autour de leurs préoccupations spirituelles et de l'interdiction traditionnelle des débats politiques ou religieux en loge[5].

De 2008 à nos jours : la crise traversée par l’obédience et les perspectives de reconstruction[modifier | modifier le code]

en 2008, une crise se développe au sein de la GLNF, principalement autour de la conception de la grande maîtrise exprimée par l’ancien grand maître, François Stifani, ainsi que des pratiques et des modalités de sa gouvernance [réf. nécessaire].

En décembre 2009, plusieurs représentants provinciaux de la GLNF s’expriment ouvertement contre des dérives constatées dans ce domaine (allongement de 3 à 5 ans de la durée de mandat du grand maître sans concertation et acquisitions de biens mobiliers et immobiliers conséquents, communication externe inadéquate). Les mesures disciplinaires prises pour faire cesser et sanctionner ces critiques internes mettent en évidence une dérive autoritaire du Grand Maître alors en fonction, François Stifani, ainsi qu'un manque de démocratie du au mode de gouvernance par lequel le grand maître est élu ou réélu par « Souverain grand comité » dont il désigne lui-même et préalablement les membres. Tout ceci entraîne un profond malaise qui se diffuse à travers de nombreuses loges[6],[4]. Compte tenu d'une situation de blocage de l’obédience, les membres de l’association GLNF se tournent vers la Justice pour trancher leur conflit. Les décisions rendues par les tribunaux portant injonction d'organiser une nouvelle assemblée générale, conduisent à la fin du mois de janvier 2011 à la désignation d’un administrateur judiciaire pour gérer les affaires courantes et organiser l’assemblée générale de l’association[réf. nécessaire].

La forte médiatisation de cette crise amène en mai 2011 cinq obédiences « régulières » européennes (Grandes Loges unies d’Allemagne, Grande Loge d’Autriche, Grande Loge régulière de Belgique, Grande Loge de Luxembourg et Grande Loge suisse Alpina) à suspendre leurs relations avec la GLNF. Le 19 juillet 2011, la Grande Loge unie d'Angleterre annonce la suspension de ses relations avec la GLNF, Jusqu'à cette date la GLNF étant la seule obédience maçonnique française reconnue par la Grande Loge unie d'Angleterre, elle se voit de la sorte, interdite d'inter-visites avec la Grande Loge unie d'Angleterre[7]. Pour finir la GLUA lui retire sa reconnaissance le 12 septembre 2012[8]. Il n'existe donc plus à ce moment d'obédience française reconnue par la Grande Loge unie d'Angleterre. Le 10 juin 2012 les cinq obédiences européennes précédemment citées, réunies à Bâle, retirent définitivement leur reconnaissance de la GLNF par une déclaration commune leurs relations avec la GLNF, qu'elles considèrent comme « privée définitivement de toute légitimité, maçonnique ou autre » se tournent vers d'autres obédiences françaises, dont la Grande Loge de France[réf. souhaitée].

Au cours de cette crise, la GLNF a vu ses effectifs se réduire considérablement, passant de 43 500 membres en 2010 à 26 200 en mars 2013 [9].

Le 1er décembre 2012, le nouveau Grand Maître élu est Jean-Pierre Servel. Ce dernier commence alors un travail de reconstruction et de restructuration de l'obédience[10] qui aboutira le mercredi 11 juin 2014 à un retour de la reconnaissance de La Grande Loge Unie d'Angleterre[11].

Liste des grands maîtres de la GLNF[modifier | modifier le code]

  • Edouard de Ribaucourt : 1913 à 1919
  • Charles Barrois : 1919 à 1929
  • Henri de Mondehare : 1929 à 1933
  • Louis-Gabriel Jollois : 1933 à 1938
  • Marcel Vivrel : 1938 à 1947
  • Pierre Chéret : 1947 à 1958
  • Ernest Van Hecke : 1958 à 1971
  • Auguste-Louis Derosière : 1971 à 1980
  • Jean Mons : 1980 à 1989
  • André Roux : 1989 à 1992
  • Claude Charbonniaud : 1992 à 2001
  • Jean-Charles Foellner : 2001 à 2007
  • François Stifani : 2007 à 2012
  • Jean-Pierre Servel : depuis 2012

Fonctionnement actuel[modifier | modifier le code]

La GLNF est dirigée par un Grand Maître élu pour 5 ans renouvelables; il est assisté par un Député G.M. et plusieurs assistants G.M. choisis et nommés par le GM au sein d'un conclave appelé le Souverain Grand Comité[12].À moins de changement, les seuls postes électifs sont celui du G.M et celui du Grand Trésorier. La GLNF a adopté un découpage territorial éloigné du découpage administratif français. Chaque entité administrative est dirigée par un G.M. provincial ou de district, nommé par le G.M., lui aussi assisté par un Député GM provincial ou de district, des assistants GM provinciaux ou de district ainsi qu'un collège d'officiers provinciaux ou de district.

Le Souverain Grand Comité[modifier | modifier le code]

Il est formé de membres à vie, de membres de droit, et de membres désignés. Les membres de droit sont les Grands Officiers Nationaux (désignés par le Grand Maître). Les membres désignés le sont aussi par le Grand Maître. Il doit représenter environ 1 % des membres de la GLNF. Désormais, à l'exception de la désignation du candidat à la Grande Maîtrise, il n'a plus qu'un rôle consultatif sur les questions que lui propose le Grand Maître.

Le Conseil d'Administration[modifier | modifier le code]

Il est constitué des derniers Grands Maîtres, du Grand Trésorier National, du Grand Secrétaire National, et de six membres désignés par le Grand Maître. Ses pouvoirs sont très étendus.

Désignation du Grand Maître[modifier | modifier le code]

Le Grand Maître, qui est aussi le président de l'association loi de 1901 GLNF, est désigné par le Souverain Grand Comité. Cette désignation doit ensuite être ratifiée par les représentants des loges (le président de chaque loge accompagné d'un officier).

Les rites[modifier | modifier le code]

Lors de la création de la Grande Loge nationale française, seuls deux rites étaient pratiqués, le Rite Émulation en Anglais et le Rite écossais rectifié. Ceci fut le cas jusqu’en 1965, date à laquelle les rangs de la GLNF grossissent en nombre par la venue des membres dissidents de la Grande Loge de France. Cette dernière obédience travaillant au Rite Écossais Ancien Accepté, les membres constituent de nouvelles loges qui commencent à travailler à ce rite, ainsi qu’au rite Émulation en Français.

En 1979, sous l'impulsion de Francs-maçons refusant de laisser ce rite historique au seul monopole du Grand Orient de France, les premières Loges travaillant au Rite Français, selon le Régulateur du maçon de 1801, furent respectivement, « Les Anciens Devoirs », no 238 et « St Jean Chrisostome », no 239, à l'Orient de Neuilly. La première Loge travaillant au Rite Français en province fut consacrée au Luc en Provence en juin 1980 sous le titre de loge « Le Bailli de Suffren » no 254. Le premier maillet en a été tenu par Jean-Charles Foellner, ancien Grand Maître de la GLNF.

Le 27 novembre 1983, après le démantèlement de la base de l'OTAN de Fontainebleau où une loge américaine pratiquait le « Rite d'York » américain, et sous l'impulsion d'un de ses anciens Vénérable Maître installé pour sa retraite à Nice, la première Loge travaillant à ce Rite est consacrée à l'Orient de Nice sous le titre de « Yorktown » no 350. Un nombre croissant de loges travaillent désormais au Rite Standard d'Écosse, c'est-à-dire au Rite pratiqué dans les loges de la Grande Loge d'Écosse dont le siège est à Edinbourg.

La GLNF travaille à ces six Rites fondamentaux.

Le respect des Anciens devoirs et des Landmarks[modifier | modifier le code]

La Régularité maçonnique est un ensemble de critères qui définissent théoriquement la maçonnerie traditionnelle. Cette « régularité », respect des traditions maçonniques, et la « reconnaissance », principe essentiel de la Franc-maçonnerie, sont cependant deux thèmes différents. En France, au moins six obédiences répondent aux critères de « régularité ». Ainsi, la Grande Loge unie d'Angleterre qui traditionnellement reconnaît dans chaque pays les obédiences qu'elle a permis de fonder, considère « régulières » des obédiences sans pour autant les reconnaître [13].

La GLNF pour sa part, souscrit sans réserve aux huit « principes fondamentaux pour la reconnaissance d'une Grande Loge » édictés par la GLUA en 1929[14] et résume ses propres principes dans la « Règle en douze points »[15] qu'elle a promulguée. Parmi ces derniers points, elle insiste principalement sur la reconnaissance d'un « Principe supérieur, créateur du Monde », appelé métaphoriquement Grand Architecte de l'Univers, sur l'interdiction de toutes controverses politiques ou religieuses dans le cadre de la Maçonnerie, sur l'existence d'une seule obédience régulière pratiquant uniquement les trois premiers degrés par état ou nation (ce que récuse la UGLE<, et sur l'absence de tous liens maçonniques avec des obédiences qu'elle ne reconnaît pas.

Elle exige de ses membres qu'ils aient « foi en Dieu » unique et révélé, celui-ci ne pouvant pas à ses yeux être un simple principe créateur ou n'importe quel « être suprême ». En effet, et contrairement à certaines des autres obédiences reconnues par l'UGLE[n 3], elle s'oppose au déisme, auquel elle reproche officiellement, notamment sur son site web[16], de générer « le relativisme, le syncrétisme, l'indifférentisme et l'agnosticisme ». Cette position n'est cependant pas partagée par la totalité de ses membres et il n'est pas impossible que la GLNF finisse à terme par assouplir ses positions sur ce sujet, dans une évolution comparable à celle qui s'est produite dans les années 1980 au sein de la Grande Loge Unie d'Angleterre[n 4].

Régularité de création[modifier | modifier le code]

Il est parfois reproché à la GLNF de ne pas avoir attendu d'avoir regroupé trois loges comme l'aurait voulu la tradition maçonnique et comme l'exigèrent par la suite les « basic principles » anglais de 1929. Cependant, Alec Mellor dans son "Dictionnaire de la Franc-maçonnerie et des Francs-maçons [17]." donne l'explication suivante :

«  Cette règle n'était pas encore admise aussi impérativement que de nos jours en 1913, date où deux loges seulement fondèrent la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière, premier nom de la Grande Loge Nationale Française. Aussi est-ce une mauvaise querelle que les obédiences irrégulières lui ont cherchée à cet égard. Au demeurant, eût-elle été constituée irrégulièrement - ce qui n'est pas le cas -, la reconnaissance ultérieure de l'obédience nouvelle par la Grande Loge Unie d'Angleterre doit être tenue comme ayant couvert l'Irrégularité et fait rétroagir la régularité de la date de la fondation. »

Indépendance vis-à-vis des systèmes de hauts-grades[modifier | modifier le code]

Un des points essentiels de la « régularité » est celui de l'indépendance de la Grande Loge qui administre dans le respect du corpus spirituel de chaque Rite les trois premiers degrés de la franc-maçonnerie, au regard des organisations de « hauts-grades » complémentaires. Les Loges des trois premiers degrés, appelées quel que soit leur Rite « Loges Bleues » ou « Loges symboliques », sont invariablement placées sous l'autorité administrative du Grand Maître de l'Obédience. Les ateliers supérieurs, également appelés « Loges de Perfection », suivent une progression propre à leurs Rites respectifs. À cet égard, le Suprême conseil pour le REAA, le Grand Prieuré Rectifié de France pour le RER, le Grand Chapitre de l'Arche Royale pour la France pour le rite Émulation et le Grand Chapitre Français pour le rite Français, ont chacun leurs propres structures et leur propre hiérarchie indépendante, garantes du corpus spirituel de chaque Rite.

Relations avec les autres obédiences françaises[modifier | modifier le code]

En vertu des Constitutions d’Anderson stipulant qu’il ne peut y avoir qu’une seule grande loge par pays, et des principes de reconnaissance établie par la GLUA, la GLNF ne permet pas à ses membres de rencontrer les membres des autres obédiences maçonniques françaises, quand bien même elle travaillerait régulièrement. Elle ne participe pas à la réunion d'obédiences groupées sous la dénomination « La Maçonnerie Française » qui regroupe les neuf principales obédiences françaises autour du centre de recherche de l'Institut Maçonnique de France, du Salon du Livre Maçonnique et d'autres manifestations et colloques. En revanche, il lui arrive de participer, au cas par cas, à certaines autres manifestations. Ce fut le cas par exemple à l'occasion de l'exposition maçonnique de Tours, en 1997.

Afin d'éviter de recevoir de part et d'autre des membres exclus des autres obédiences françaises à la suite d'affaires judiciaires, la GLNF a mis en place en 2002 des accords administratifs avec le GODF et la GLDF (sans qu'il y ait pour autant reconnaissance au sens maçonnique) afin de faciliter les échanges d'informations sur les membres radiés.

Critiques[modifier | modifier le code]

La GLNF a fait face à diverses critiques au cours de son histoire, entre autres en raison de la progression rapide de ses effectifs depuis la fin des années 1960[5].

Soupçons d’« affairisme »[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1990 la GLNF a été particulièrement secouée par un certain nombre d’affaires politico-financières (affaire des HLM de Paris, affaire des HLM des Hauts-de-Seine, affaire de la DCN de Toulon, affaires du tribunal de Nice), qui affectèrent également à un degré moindre des membres d’autres obédiences[5]. À la suite de ces scandales, la GLNF a affirmé avoir fait un certain ménage interne et recentré ses activités autour de ses préoccupations spirituelles et de l’interdiction traditionnelle des débats politiques ou religieux en loge[5].

Utilisation de fichiers[modifier | modifier le code]

Alain Bartoli, membre de la loge « Lympia 72 » de l'obédience a reconnu avoir effectué des recherches nominatives dans le Système de traitement des infractions constatées (STIC) sur ordre du grand maître provincial de la GLNF, Bernard Merolli. Selon Bartoli, il vérifiait la présence d’un casier judiciaire des postulants francs-maçons. Le grand maître Bernard Merolli a démenti cette affirmation, n’y voyant qu’une initiative personnelle de Bartoli[18].

GLNF et les dirigeants de pays en voie de développement francophones[modifier | modifier le code]

La GLNF est, quant à elle, la loge mère de la plupart des grandes loges régulières des pays d'Afrique francophone, ce qui lui vaut des critiques ; les grands maîtres de ces obédiences étant souvent des dirigeants politiques de premier plan peu respectueux des Droits de l’Homme[19],[20].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cf Ligou, Dictionnaire de la Franc-maçonnerie
  2. Cette Province fut réveillée pour partie par des Frères de la GLNF. Elle comportait deux Grands Prieurés, un mixte de la Stricte Observance dite Templière, un autre masculin rectifié. Cette Province était administrée par un seul et même Maître Provincial (Eques a Stella per Ensem) avant une scission SOT/RER fin 2005
  3. Par exemple la Grande Loge Régulière de Belgique, ou certaines grandes loges des États-Unis.
  4. Voir l'article Grande Loge unie d'Angleterre.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Brodsky 2008
  2. « Maçon et Régularité », sur rgle.org.
  3. « Archive du site officiel », sur glnf.asso.fr
  4. a et b Sylvain Courage, « Crise de nerfs à la GLNF: Les combines des grands maîtres », Le Nouvel Observateur, no 2412,‎ janvier 2011.
  5. a, b, c et d « Le maitres des affaires », sur lexpress.fr
  6. « Les mutins s'organisent », sur hiram.be.
  7. (en) « Grande Loge Nationale Française relations have been suspended », sur ugle.org.uk.
  8. (en) « glnf suspended », sur ugle.org.uk
  9. « Crise de la glnf », sur blogs.lexpress.
  10. « GLNF revenez brebis égarées », sur blogs.lexpress.fr.
  11. « Roger Dachez : « La GLUA a remis la GLNF au centre du jeu » », sur blogs.lexpress.fr
  12. « Archives sur glnf.asso », sur glnf.asso.fr.
  13. La régularité du travail maçonnique des obédiences féminines anglaises attestée par la GLUA
  14. Voir le texte dans l'article Grande Loge unie d'Angleterre
  15. « Règle en douze points », sur glnf.asso.fr
  16. « Article Théisme et Déisme », sur GLNF.fr.
  17. Voir Dictionnaires de la Franc-maçonnerie et des Francs-maçons, sous « Régularité », Alec Mellor, Belfond 1971-1979; 2005, p. 188 (ISBN 2-7144-4158-0).
  18. Eric Giacometti, « Perquisition chez les francs-maçons niçois », sur leparisien.fr,‎ 11.2000
  19. « Des dictateurs en tablier », sur lepoint.fr
  20. « Ali Bongo », sur blogs.lexpress.fr.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Grande Loge nationale française.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean E. Mura, La Grande Loge Nationale Française : deuxième édition corrigée, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je? »,‎ juin 2009 (ISBN 978-2-13-057388-3).
  • Alec Mellor, La Grande Loge Nationale Française - Histoire de la Franc-maçonnerie régulière - ses principes, ses structures, Allerey-su-Saône, ID première,‎ 1993 (ISBN 2-910251-00-4).
  • Anonyme, Histoire de la Grande Loge Nationale Française 1913-1963, Jubilé de la Maçonnerie régulière en France, Paris,‎ 1963.
  • Daniel Ligou (sous la direction de), Histoire des Francs-Maçons en France, Toulouse, Privat,‎ 2000 (ISBN 2-7089-6839-4).
  • Daniel Ligou, Dictionnaire de la Franc-maçonnerie, PUF,‎ 2006.
  • Roger Dachez, Histoire de la franc-maçonnerie française, Paris, PUF,‎ 2003 (ISBN 2-13-053539-9).
  • Gilbert Garibal, Être franc-maçon aujourd'hui, Alleur (Belgique), Marabout,‎ 1994.
  • Michel Brodsky, Encyclopédie de la franc-maçonnerie, Le Livre de poche,‎ 2008 (ISBN 978-2-253-13032-1)
    Article « Grande Loge nationale française »
  • (en) Alain Bernheim, Recognition of a new Grand Lodge in France : 1913, the Square,‎ décembre 2012.

Liens externes[modifier | modifier le code]