Gérald Kierzek

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Gérald Kierzek est un médecin urgentiste français né en 1974 à Saint-Étienne (Loire).

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Après ses études à la faculté de médecine de Saint-Étienne, il obtient l'internat de médecine en 1998 puis choisit la spécialité de santé publique à Paris. Il travaille au siège de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (à la direction de la politique médicale) puis au ministère de la Santé où il collabore à la direction générale de la Santé et au cabinet de Bernard Kouchner, alors ministre de la Santé, sur les États-généraux de la Santé (qui préfigurent la loi sur les droits des malades de 2002).

Il reprend une spécialité d'anesthésie-réanimation puis de médecine d'urgence et de médecine de catastrophe et devient chef de clinique assistant en 2002 dans le service du professeur Pourriat à l'Hôtel-Dieu de Paris, puis praticien hospitalier en 2004. Il est ensuite nommé responsable du service mobile d'urgence et de réanimation (SMUR) de l'Hôtel-Dieu.

Il participe à l'enseignement médical (premier, deuxième et troisième cycles de médecine, université Paris Descartes), paramédical et coopère à l'international, notamment en Chine, en Tunisie et au Sénégal. Il est directeur de 17 thèses de doctorat de médecine et investigateur principal de nombreuses recherches cliniques institutionnelles (dépistage systématique du VIH par tests rapides aux urgences[1],[2], arrêt cardiaque extra-hospitalier, iatrogénie médicamenteuse aux urgences, ...). Il est auteur ou coauteur de plus de 36 publications internationales à comité de lecture[3],[4] et de plus d'une centaine de communications à des congrès nationaux ou internationaux. Il est membre du jury ou groupe de bibliographie de plusieurs conférences de consensus[5],[6],[7].

En parallèle, il est diplômé de santé publique et titulaire d'un doctorat de droit médical (Université Montpellier 1). En 2008-2009, il part en mobilité au sein de l'équipe du professeur L.J. Morrison à l'université de Toronto (Canada) où il effectue une recherche sur l'information et le consentement des patients en médecine d'urgence. Il participe à cette occasion à la rédaction des recommandations de l'American Heart Association sur la prise en charge de l'arrêt cardiaque[8].

Il est membre de la Société française de médecine d'urgence, de la Société française de médecine légale, de l'European Society of Emergency Medicine (EuSEM) et de la World Association for Medical Law.

Il est inscrit sur la liste des experts judiciaires de la cour d'appel de Paris.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

En mars 2014, il publie aux éditions Robert Laffont le livre "101 leçons pour ne pas atterrir aux urgences" (préfacé par Michel Cymès), un livre inspiré de sa pratique d'urgentiste et destiné à prévenir les accidents de la vie quotidienne.

Interventions dans les médias[modifier | modifier le code]

Depuis 2011, il est chroniqueur dans Le Magazine de la santé, sur France 5, et animateur d'un blog sur le site allodocteurs[9].

Il tient également un blog sur le site du quotidien Le Monde[10], et contribue aux discussions sur différents sites[11],[12],[13].

Durant l'été 2012, il contribue à l'émission Le 5/7 de Dorothée Barba sur France Inter, à la rubrique Les maux de l'été où il évoque, entre autres, « les ressources internet fiables sur la santé », « les traumatismes crâniens », la maladie de « la morve de cheval »[14].

Il est le chroniqueur médical de l'émission Le Grand 8 depuis octobre 2012, sur la chaîne D8.

Implication associative et mutualiste[modifier | modifier le code]

Président-fondateur en 2001 de l'Association des jeunes anesthésistes réanimateurs (AJAR), il est élu vice-président du syndicat des internes des hôpitaux de Paris chargé des partenariats et représentant de la spécialité Anesthésie-Réanimation au sein du collège des spécialités.

En 2005, il devient administrateur bénévole du Groupe Pasteur Mutualité où il gère plus particulièrement les relations avec les partenaires jeunes médecins : Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF), Inter-syndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale (ISNAR-IMG), Inter-Syndicat National des Internes (ISNI), Regroupement autonome des généralistes jeunes installés et remplaçants (ReAGJIR).

Il a été membre de l'Observatoire national du secourisme (au sein du ministère de l’Intérieur) pour l'Ordre de Malte et membre de la commission « Jeunes médecins » du Conseil national de l'Ordre des médecins de 2005 à 2010.

Engagement et prises de position politique[modifier | modifier le code]

En 2011, il fonde l'association L'hôpital pour tous, membre de la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité, qui regroupe soignants et usagers de l'hôpital en réaction au projet de la directrice générale Mireille Faugère de transformer l'Hôtel-Dieu en siège administratif[15]. Pour lui, l'hôpital doit répondre aux besoins de la population en matière d'accès aux soins et de prévention et il refuse le concept d'hôpital sans lit ou "hôpital debout", « cache-misère » d'un démantèlement de l'hôpital public[16],[17]. Il en dénonce le coût très élevé, tant dans les investissements déjà réalisés[18] (urgences, ophtalmologie, radiologie,...) que ceux à venir dans le cadre du transfert du siège, une position soutenue par Dominique Bertinotti lorsqu'elle était maire du 4° arrondissement de Paris avant de devenir ministre[19]. Il interpelle la ministre de la santé pour sauver l'Hôtel-Dieu, cas d'école du nécessaire changement dans la politique hospitalière[20],[21],[22].

Le 8 juillet 2013, il est démis de ses fonctions de responsable médical du Service mobile d’urgence et de réanimation (Smur) pour "non-respect des obligations de réserve, manque de loyauté au regard du projet de soin et d'organisation du service et mise en cause du chef de service".

Après que la classe politique a unanimement dénoncé cette sanction due à son activisme, la ministre de la santé Marisol Touraine a annoncé le mercredi 10 juillet 2013 que les conditions a suspendu la fermeture des urgences de l'Hôtel-Dieu prévue initialement le 4 novembre 3013 en raison de "la dégradation du climat social", en indiquant ne pas vouloir prendre de risques pour les urgences parisiennes.

Dans une lettre envoyée à la Direction générale de l'Assistance publique et à la ministre de la Santé, son avocat Charles-Joseph Oudin, "sollicite la réintégration complète et immédiate au poste préalablement occupé (…) du Docteur Gérald Kierzek". Il compte donner une suite judiciaire à l'affaire en s'appuyant sur la loi du 17 avril 2013 relative à la protection des lanceurs d'alerte.

Dans les médias, il alerte sur les conséquences sanitaires que représenterait la fermeture du seul service d'urgences des neuf premiers arrondissements de Paris (370 000 habitants). Situé sur l'île de la Cité, à proximité immédiate de la Gare de Châtelet - Les Halles, pôle de transports le plus important de la région (750.000 passagers quotidiens), l'Hôtel-Dieu compte 45 000 passages par an et assure la couverture sanitaire des 13,5 millions de touristes qui foulent chaque année le Parvis de Notre-Dame.

Le 1er novembre 2013, il organise avec les membres de l'association L'hôpital pour tous l'enterrement symbolique, au Panthéon, de la "première victime, morte d'avoir trop attendu des soins faute de place, car plus on attend, plus on meurt".

Le 13 novembre 2013, Martin Hirsch est nommé directeur général de l'AP-HP en remplacement de Mireille Faugère. Celle-ci expliquera dans une interview au Parisien que son éviction était politique, et lié à cet épineux dossier : "on m'a juste dit que le dossier de réorganisation des urgences de l'Hôtel-Dieu était devenu délicat".

Le Dr Gérald Kierzek défend un projet alternatif « Hôtel-Dieu, un hôpital de soins au cœur de la cité », soutenu par une partie de la communauté soignante, de la population, des organisations représentatives du personnel et qui devrait accueillir au minimum les activités suivantes : un service d’urgences (intégrant les urgences médico-judiciaires), un Service mobile d'urgence et de réanimation (Smur) ; des services de médecine polyvalente, dont un à orientation gériatrique ; un service de psychiatrie ; une activité de chirurgie ambulatoire dans l’ensemble des spécialités, en sus de l’ophtalmologie ; une maternité de niveau 1 ; un service de soins de suite et de réadaptation ; une polyclinique médicale (et non un centre de santé) avec des consultations et un hôpital de jour dans les différentes spécialités, y compris de médecine générale.

Publications

  • (en)Ses publications répertoriées par « The National Center for Biotechnology Information »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Modest public health impact of nontargeted human immunodeficiency virus screening in 29 emergency departments. », sur le site de « The National Center for Biotechnology Information »,‎ 9 janvier 2012 (consulté le 27 septembre 2012).
  2. « Documents disponibles écrits par cet auteur », sur le site de l'institut de veille sanitaire (consulté le 27 septembre 2012).
  3. (en) « PubMed », sur le site de « The National Center for Biotechnology Information » (consulté le 27 septembre 2012).
  4. « Publications de « Kierzek G[Author] » accessibles par [[PubMed]] et recensées par [[National Center for Biotechnology Information|NCBI]] » (consulté le 24 septembre 2012).
  5. [PDF]12e conférence de consensus, 2 décembre 2005, [lire en ligne].
  6. [PDF]Conférence de consensus, 3 décembre 2004, [lire en ligne].
  7. « Sédation et analgésie en réanimation (nouveau-né exclu) (CC 2007) », sur le site de la société française d’anesthésie et de réanimation (SFAR),‎ 3 février 2010 (consulté le 21 septembre 2012).
  8. (en) « 2010 American Heart Association Guidelines for Cardiopulmonary Resuscitation and Emergency Cardiovascular Care Scienc », sur le site de l'American Heart Association,‎ 2010 (consulté le 21 septembre 2012).
  9. « Le blog de garde de Gérald Kierzek », sur le site commercial allodocteurs.fr de la Sarl Pulsations Multimedia,‎ 22 août 2012 (consulté le 21 septembre 2012).
  10. « Urgences (dans la) Santé », sur le site du quotidien Le Monde,‎ 30 août 2012 (consulté le 21 septembre 2012).
  11. « Gérald Kierzek », sur le site du magazine Le Nouvel Observateur (consulté le 21 septembre 2012).
  12. « Déserts médicaux : l’Ordre des médecins veut sacrifier les jeunes », sur le site Rue89,‎ 3 juin 2012 (consulté le 21 septembre 2012).
  13. « Dr Gérald Kierzek » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur le site du quotidien Les Échos. Consulté le 21 septembre 2012.
  14. « Les maux de l'été », sur le site de France Inter,‎ août 2012 (consulté le 21 septembre 2012).
  15. « AP-HP : fermeture de l’HOTEL DIEU, vente du Siège », sur le site du syndicat national des professionnels infirmiers,‎ 5 mars 2011 (consulté le 21 septembre 2012).
  16. Léa Créba, « AP-HP : fermeture de l’Hôtel-Dieu, vente du Siège », sur le site jim.fr des professionnels de sant,‎ 5 septembre 2012 (consulté le 21 septembre 2012).
  17. Christel Brigaudeau, « L’Hôtel-Dieu va devenir un hôpital… sans lit », sur le site du quotidien Le Parisien,‎ 12 septembre 2012 (consulté le 21 septembre 2012).
  18. Stéphane Robert, « L'hôpital de l'Hôtel Dieu pourrait bientôt fermer ses portes », sur le site de France Culture,‎ 21 septembre 2012 (consulté le 27 septembre 2012).
  19. Communiqué de Presse de Dominique BERTINOTTI, 15 mars 2012, [lire en ligne].
  20. Emmanuèle Bailly, « L’Hôtel-Dieu, le plus ancien hôpital de Paris poursuit sa restructuration », sur le site de France 3,‎ 12 septembre 2012 (consulté le 27 septembre 2012).
  21. « L'Hôtel-Dieu de Paris en danger : Marisol Touraine, battez-vous pour l'hôpital public ! », sur le site du magazine Le Nouvel Observateur,‎ 30 août 2012 (consulté le 27 septembre 2012).
  22. Clémence Glon, « Santé : Au secours de l’Hôtel-Dieu », sur le site du magazine Politis,‎ 20 septembre 2012 (consulté le 27 septembre 2012).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]