Bassin méditerranéen

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Le bassin méditerranéen

Les notions de bassin méditerranéen et de monde méditerranéen désignent les régions se trouvant autour de la mer Méditerranée. Ces régions méditerranéennes couvrent le sud de l'Europe, le Proche-Orient et l'Afrique du Nord. La limite du bassin ou du monde méditerranéen se réfère principalement au climat méditerranéen et plus particulièrement la limite de la culture de l'olivier. D'autres critères culturels ou historiques permettent aussi de délimiter la région méditerranéenne. La culture ou la civilisation méditerranéenne est alors définie par un héritage antique ou médiéval fort, lié aux civilisations gréco-romaine, judéo-chrétienne et islamique. Cette culture se matérialise dans l'alimentation par la prédominance des légumes, des fruits, du poisson, du pain, de l'huile d'olive et du vin.

Le bassin méditerranéen est marqué par des initiatives politiques récentes telles que le processus de Barcelone, Union méditerranéenne et la zone euro-méditerranéenne de libre-échange. Des Jeux méditerranéens existent depuis 1951.

Géographie[modifier | modifier le code]

Environnement[modifier | modifier le code]

C'est une des régions du monde où l'urbanisation, la périurbanisation et l'agriculture consomment le plus de ressources naturelles, avec des impacts en termes d'artificialisation, de fragmentation, érosion des sols et destruction de milieux naturels. Les zones humides y ont notamment souffert, perdant environ la moitié de leur superficie en un siècle (de 1900 à 2000) selon l'Observatoire des zones humides méditerranéennes[1]. Alors que les effets du réchauffement climatique sont attendus, il ne reste que 18,5 millions d'hectares pour toute la région (soit en moyenne 2 % de la superficie totale des 27 pays du bassin en zones humides ; estuaires et lagunes salées comprises)[2],[3]. Les pays qui en ont le moins sont l'Espagne (1 % du territoire), la Bulgarie (0,9 %), Chypre (1,1 %), Malte (0,1 %). Au Maghreb, l'Algérie héberge quant à elle 0,6 % des zones, le Maroc (0,7 %), la Libye (0,2 %). Tandis qu'au Moyen-Orient, la Syrie recense 0,8 % de zones humides, la Jordanie (0,5 %), le Liban (0,1 %), Israël et les territoires palestiniens (1,3 %). Selon l'observatoire, les surfaces irriguées sont désormais stabilisées dans l'UE, en Israël et en Égypte, mais elles sont sources d'une grande consommation d'eau[2].
Les mesures de protection de la biodiversité semblent donner des résultats chez quelques oiseaux d'espèces protégées (pélicans, flamants roses et grues) remontent dont les effectifs ont remonté dans la zone méditerranéenne. Les mammifères, amphibiens, reptiles et poissons ont par contre régressé de 40 % environ depuis 1970[2]. 30 % des amphibiens, 25 % des reptiles et 15 % des mammifères, contre 5 % "seulement" des oiseaux, sont menacés d'extinction dans la zone méditerranéenne selon la Liste rouge de l'UICN. Les poissons d'eau douce régressent encore plus vite dans la zone méditerranéenne qu'à l'échelle mondiale (39 % sont menacées d'extinction en Méditerranée contre 15 % dans le monde). Les causes sont notamment la destruction et pollution des habitats, dont par les engrais, pesticides et l'invasion d'espèces exotiques[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de la Méditerranée.

Le bassin méditerranéen est le berceau de la civilisation occidentale. L’Antiquité connaît un foisonnement de civilisations diverses comme les Égyptiens ou les Mésopotamiens. Puis, de grands empires prennent le contrôle des côtes de la Mare Nostrum. La Grèce, Carthage et Rome sont ainsi connus pour être des thalassocraties par leur domination du bassin méditerranéen par le biais du commerce maritime et des guerres navales.

Économie[modifier | modifier le code]

Secteur primaire[modifier | modifier le code]

L'agriculture méditerranéenne est traditionnellement définie autour des trois cultures (dite trilogie méditerranéenne): du blé, de l'olivier et de la vigne. La viticulture dans la région remonte à l'Antiquité, tant en Grèce antique qu'en Égypte antique et qu'en Phénicie.

Mais la région détient aussi d'importantes productions de fruits et de légumes via les Huerta, une horticulture intensive le long des vallées fluviales. L'agriculture méditerranéenne est ainsi caractérisée par l'importance de l'irrigation pour faire face à l'aridité estivale. La production arboricole est dominée par la production de pêches, d'abricots, de melons, de cerises et de prunes et plus au sud, par les agrumes et de dattes. Les légumes sont essentiellement des tomates, des aubergines, des artichauts, des poivrons et des choux. D'autres céréales ont aussi une importante présence comme le riz notamment dans la plaine du Pô, ou encore le maïs ou le mil dans d'autres régions, notamment en Afrique du Nord pour cette dernière.

La pêche est aussi un secteur extractif important en Méditerranée. La consommation de poissons par habitant est relativement élevée. Les variétés de poissons pêchées traditionnellement sont le thon, la morue, la sardine et l'anchois.

Le secteur de la sylviculture a perdu de son importance, du fait de la diminution des surfaces boisées. Mais des productions de qualité sont encore présentes dans la région comme en Espagne et au Portugal, où se concentre presque toute la production mondiale de liège et de chêne-liège. La région méditerranéenne est aussi connue pour sa trufficulture.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bouchra Benhida et Younes Slaoui, Géopolitique de la Méditerranée, PUF, 2013
  • Jacques Bethemont (et aL;), Le monde méditerranéen : thèmes et problèmes géographiques, Sedes, Paris, 2001, 320 p.
  • Maurice Rieutord S.J. et Loïc Tribot La Spière (dir.), Le bassin méditerranéen : un espace en quête de sens ?, Publisud, Paris, 2000, 85 p. (ISBN 2-86600-614-3)
  • René Teboul, L'intégration économique du bassin méditerranéen, L'Harmattan, Paris, Montréal, 1997, 264 p. (ISBN 2-7384-5298-1)