Géographie du Mali

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Géographie du Mali
carte : Géographie du Mali
Continent Afrique
Région Afrique de l'Ouest
Coordonnées 17°00' N 4°00' W
Superficie
Côtes 0 km
Frontières Mauritanie 2 237 km, Algérie 1 376 km, Burkina Faso 1 000 km, Guinée 858 km, Niger 821 km, Côte d'Ivoire 532 km, Sénégal 419 km
Altitude maximale Mont Hombori, 1 155 m
Altitude minimale Fleuve Sénégal
Plus long cours d’eau Niger
Plus importante étendue d’eau Lac Faguibine

Le Mali est un pays enclavé d’Afrique de l'Ouest situé entre les 10e et 25e degrés de latitude nord et entre le 4e degré de longitude est et le 12e de longitude ouest et couvre une superficie de 1 241 238 km². Il partage 7 420 km de frontières avec 7 pays limitrophes : l’Algérie au nord, le Niger et le Burkina Faso à l’est, la Côte d'Ivoire, la Guinée au sud, la Mauritanie, et le Sénégal à l’ouest.

La population, s’élevant à environ 14,5 millions d’habitants en 2009, est essentiellement rurale. Les principales villes sont Bamako, la capitale, Kati, Kayes, Ségou, Mopti et Sikasso.

Géographie physique[modifier | modifier le code]

Relief[modifier | modifier le code]

Mont Hombori

Le Mali est un pays plat légèrement vallonné, avec des altitudes généralement comprises entre 250 et 500 mètres. Quatre grands ensembles composent le relief : les plateaux gréseux soudano-sahélien (plateau mandingue, falaises de Bandiagara et mont Hombori), collines et plaines soudano-sahéliennes, delta intérieur du Niger et le massif de l’Adrar des Ifoghas avec ses ergs et ses hauteurs.

Le plateau mandingue s’étend du nord du fleuve Niger jusqu’à la frontière avec le Sénégal et culmine à 800 mètres. Le plateau de Koutiala s’étend du sud du cours supérieur du fleuve Niger à la frontière du Burkina Faso. Il culmine au niveau de la falaise de Bandiagara à 791 mètres. À l’est, il est prolongé par plusieurs buttes résiduelles dont le mont Hombori, point culminant du Mali à 1 155 mètres[1].

Les plaines partiellement ensablées du Hodh, entre 260 et 320 mètres d’altitudes, s’étendent au nord du plateau mandingue[1], à la frontière mauritanienne.

Le delta intérieur du Niger est une vaste plaine alluviale, à la confluence du fleuve Niger et du Bani.

L’Adrar des Iforas est une extension des massifs cristallins du Sahara central. Il culmine à 890 mètres d’altitude[1]

Photo satellite du Mali

Le Sahara occupe une partie importante du territoire malien.

Il y a 10 000 ans, le Sahara connaissait plusieurs réseaux hydrographiques[2] :

  • le bassin d’Arouane, relié au fleuve Niger au niveau de Tombouctou, comprenant un delta intérieur de 50 000 km2 ;
  • la vallée du Tilemsi, provenant de l’Adrar des Iforas et se jetant dans le Niger à Gao ;
  • le bassin de l’Azaouak.


Climat[modifier | modifier le code]

Le Mali se divise en quatre zones bioclimatiques[3] qui se répartissent du nord au sud : saharienne, sahélienne, soudanaise et guinéenne, auxquelles il convient d’ajouter le delta intérieur du Niger, à cheval sur les zones soudanaise et sahélienne

La zone saharienne correspond à un climat désertique. Les pluies sont irrégulières et accidentelles. La pluviométrie est inférieure à 100 mm par an. L’harmattan est un vent sec qui aggrave les effets de la sécheresse. On constate une différence importante entre les températures du jour et celle de la nuit. Elle couvre une surface de 632 000  km2, plus de la moitié (51 %) du territoire malien[1].

La zone sahélienne correspond à un climat aride à semi-aride. La pluviométrie est comprise entre 150 et 600 mm par an. Elle couvre une surface de 285 000  km2, un peu moins du quart (23 %) du territoire malien[1]

Dans la zone soudanienne (215 000  km2, soit 17,5 % du territoire[1]), la pluviométrie annuelle est comprise entre 600 mm et 1 100 mm. La saison des pluies (appelé hivernage) s’étale sur 3 à 5 mois au nord à 5 à 7 mois au sud.

La zone guinéenne connaît une pluviométrie moyenne annuelle de 1 100 mm avec une saison des pluies qui s’étale sur 5 à 7 mois. Elle ne couvre que 6 % du territoire, environ 75 000 km2[1].

Depuis les années 1970, le Mali connaît une accentuation de son aridité. Les isohyètes (ligne imaginaire reliant des points d'égales quantités de précipitations) se sont déplacées de 200 km vers le sud[4].

Géologie[modifier | modifier le code]

Quatorze régions naturelles, identifiées à partir de leurs caractéristiques géologiques et géomorphologiques, ont été recensées au Mali[3] : l'Adrar-Timétrine, l'Aklé-Azaouad, l'Azaouak, le delta central du Niger, la Falémé, le Gondo-Mondoro, le Gourma, le Guidimagha, le Haut Bani Niger, le Hodh, le plateau de Bandiagara-Hombori, le plateau de Koutiala, le plateau Mandingue et le Tilemsi.

Hydrologie[modifier | modifier le code]

.

Deux grands fleuves traversent le Mali :

D'après Aquastat[5], la hauteur d'eau annuelle moyenne des précipitations est de 282 mm, soit pour une superficie de 1 240 019 kilomètres carrés, un volume de précipitations annuelles de 349,734 kilomètres cubes que l'on peut arrondir à 350 (France métropolitaine 477,99 km³).

De ce volume précipité, l'évapotranspiration et les infiltrations consomment quelque 300 km³. Restent 50 kilomètres cubes de ressources d'eau superficielle produites sur le territoire du pays (en interne). De plus une quantité renouvelable de 10 kilomètres cubes d'eau souterraine est produite chaque année, en interne également.

À ces ressources de 60 km³ produites en interne, il faut ajouter 40 kilomètres cubes d'eau produits à l'étranger et qui font partie des ressources utilisables du pays, une fois la frontière franchie. Il s'agit d'une part des débits apportés de Guinée par le cours supérieur du fleuve Niger et ses affluents ainsi que par plusieurs cours d'eau du bassin du fleuve Sénégal, et ce à raison de 33 kilomètres cubes environ. D'autre part, quelque 7 kilomètres cubes en provenance de la Côte d'Ivoire constituent l'apport d'autres affluents du fleuve Niger.

Compte tenu de ces apports, les ressources totales en eau du pays se montent annuellement à quelque 100 kilomètres cubes (100 milliards de m³), soit pour une population estimée à 12,7 millions d'habitants en 2008, près de 8 000 m³ d'eau par habitant, ce qui - contrairement à bien des idées toutes faites - est très satisfaisant, voire élevé, en comparaison de la moyenne des pays d'Afrique voire d'Europe. À titre de comparaison, l'Allemagne ne dispose que d'un peu plus de 1 850 m³ d'eau par habitant, et la France métropolitaine de plus ou moins 3 300 m³ annuellement. Quant à l'Afrique du Sud, en 2007 sa population de 47,9 millions d'habitants n'avait droit annuellement qu'à 1 044 m³ d'eau par personne. Le problème de l'eau au Mali n'est pas sa pénurie, mais sa répartition spatiale et temporelle, donc son stockage et son adduction.

Il faut ajouter qu'une quantité importante d'eau quitte annuellement le territoire : 30 km³ vers la république du Niger (il s'agit du débit du fleuve Niger à sa sortie du Mali) et 22 vers l'ensemble Mauritanie-Sénégal (débit du fleuve Sénégal), soit un total de 52 kilomètres cubes.

Les cours d’eau sont menacés par l’ensablement, notamment dans le septentrion malien, la dégradation des berges et la pollution[2].

Des plaines d’inondations s’étendent le long du fleuve Niger. le delta intérieur du Niger, situé dans la zone de confluence du Niger et de son affluent le Bani, entre Diafarabé, Djenné et Tombouctou, couvre une surface maximale de 41 000 km2, regroupant de nombreux lacs, mares et marécages. En raison de sa richesse écologique, le delta a été classé site Ramsar[6].

Dix-sept grands lacs sont répartis dans le septentrion, essentiellement sur la rive gauche du Niger. Les principaux sont les lacs Faguibine, Télé, Gouber, Kamango, Daoukiré, Daouna, Fati, Horo, Kabara et Débo. Plus de 200 mares sont également recensées, dont moins d’un tiers sont pérennes, principalement dans le Gourma, dans les régions de Gao et Tombouctou [2].

Désert[modifier | modifier le code]

Photo satellite du Mali

Le Sahara occupe une partie importante du territoire malien.

Il y a 10 000 ans, le Sahara connaissait plusieurs réseaux hydrographiques[2] :

  • le bassin d’Arouane, relié au fleuve Niger au niveau de Tombouctou comprenant un delta intérieur de 50 000 km2 ;
  • la vallée du Tilemsi, provenant de l’Adrar des Iforas et se jetant dans le Niger à Gao ;
  • le bassin de l’Azaouak.

Le désert occupe environ deux tiers du territoire malien.


Biodiversité, Faune et Flore[modifier | modifier le code]

De par la diversité des milieux naturels, la flore malienne est également très diversifiée. Les botanistes G. Boudet et J.P. Lebrun ont recensé en 1986 1 739 espèces spontanées ligneuses, appartenant à 155 familles différentes. Huit espèces sont endémiques au Mali : Maerua de waillyi, Elatine fauquei, Pteleopsis habeensis, Hibiscus pseudohirtus, Acridocarpus monodii, Gilletiodendron glandulosum, Brachystelma medusanthemum et Pandanus raynalii[7].

Plusieurs arbres sont typiques de la végétation malienne, parmi lesquels on peut citer le baobab, le karité, le Néré, le tamarinier, le rônier ou le balazan.

La faune malienne est caractérisés par une diversité d’espèces mais un nombre réduits d’individus[3] .

Les mammifères sont représentés par 136 espèces, recensées en 1989 par l’UICN[3]. Certaines sont en voie d’extinction : l’éland de Derby, la girafe, la gazella dama l'oryx gazelle, l’Addax, le mouflon à manchettes, l'hippopotame nain, le guépard, le lycaon, le lamantin (Trichechus senegalensis), le pangolin, l'orycterope du Cap, le lion, l’éléphant, le chimpanzé, le chacal, l’hyène tachetée, le guib.

Le damalisque a disparu du Mali[3] .

L’éléphant est en danger d’extinction au Mali et en subsiste que dans la région du Gourma où des recensements effectués entre 2002 et 2007 en dénombré entre 322 à 344 individus. La sécheresse qui assèche les cours d’eau et les mares, menace les derniers éléphants. En mai 2010, 21 individus sont ainsi morts assoiffés[8].

Plus de 640 espèces d’oiseaux ont été recensées au Mali, dont de nombreux migrateurs qui viennent séjourner dans le delta intérieur du Niger[3] .

Dans le fleuve Niger, 143  espèces de poissons ont été inventoriées par J. Daget en 1954[9].

Plusieurs facteurs expliquent une perte de la biodiversité au Mali : les sécheresses récurrentes, le défrichement et la cueillette abusive des produits forestiers, le surpâturage, les feux de brousses, le braconnage et la pêche abusive, les pollutions, l’introduction d’espèces exotiques qui viennent concurrencer les espèces spontanées et la pauvreté qui entraînent des comportements nuisibles à l’environnement[3] .

Le Mali a mis progressivement en place des aires de protections de la nature : une réserve de biosphère, 2 parcs nationaux, 8 réserves de faune, 1 sanctuaire, 3 sites Ramsar, 1 parc biologique et 6 zones d’intérêt cynégétique, qui couvrent 7 % du territoire[10].

Géographie humaine[modifier | modifier le code]

population[modifier | modifier le code]

Urbanisation[modifier | modifier le code]

Le Mali, pays dont la population est encore essentiellement rurale, connaît une urbanisation croissante. La population urbaine, estimée à 3,3 millions d’habitants en 2006 soit moins d’un tiers de la population totale devrait atteindre les 12 millions en 2025, soit environ la moitié de la population totale[2].

Cette urbanisation, souvent anarchique, engendre plusieurs conséquences : diminution des espaces verts, occupation des berges et des bas fonds avec des problèmes d’insalubrités et des risques d’inondation, une augmentation importante du volume des déchets dont beaucoup ne sont pas traités, entraînant une prolifération des dépotoirs sauvages, une aggravation des problèmes d’assainissement. Les pollutions atmosphériques sont également en développement, notamment dans la capitale Bamako, en raison de la consommation de bois pour la cuisson et des énergies fossiles pour l’industrie et les véhicules motorisés[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g (fr) [PDF] Ministère de l’Équipement et des Transports, direction nationale de la météorologie, « Programme d’Action national d’Adaptation aux Changements climatiques », sur Programme des Nations unie pour le développement Mali, CCNUCC,‎ Juillet 2007 (consulté le 2 septembre 2010)
  2. a, b, c, d, e et f République du Mali, ministère de l’Environnement et de l’Assainissement, « Rapport national sur l’état de l’environnement 2007 », sur ministère de l’Environnement et de l’Assainissement,‎ Novembre 2008 (consulté le 28 août 2010)
  3. a, b, c, d, e, f et g (fr) [PDF] ministère de l’Équipement, de l’Aménagement du territoire, de l’Environnement et de l’Urbanisme, « Situation générale de la diversité biologique au Mali », sur Programme des Nations unie pour le développement Mali,‎ octobre 2000 (consulté le 2 septembre 2010)
  4. Ministère de l’Environnement, 1998. Plan national d'action environnemental, cité dans : Situation générale de la diversité biologique au Mali
  5. Aquastat - Ressources en eau du Mali [xls]
  6. (fr) [PDF] Direction nationale de la conservation de la nature, « Fiche descriptive sur les zones humides RAMSAR : le delta intérieur du Niger »,‎ 20 janvier 2004 (consulté le 29 août 2010)
  7. G. Boudet et J.P. Lebrun, cité dans Situation générale de la diversité biologique au Mali
  8. « Mali : une vingtaine d'éléphants périssent assoiffés », Pana,‎ 8 septembre 2010 (lire en ligne)
  9. J. Daget, Les poissons du Niger supérieur. Mémoire de l’Institut français d’Afrique noire, 1954 ; cité dans : Situation générale de la diversité biologique au Mali
  10. (fr) [PDF]République du Mali, ministère de l’Environnement et de l’Assainissement, « Rapport national sur l’état de l’environnement 2007 », sur ministère de l’Environnement et de l’Assainissement,‎ novembre 2008 (consulté le 28 août 2010)

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