Géographie du Gabon

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1° 00′ S 11° 45′ E / -1, 11.75

Géographie du Gabon
carte : Géographie du Gabon
Continent Afrique
Région Afrique centrale
Coordonnées 1° N, 11° E
Superficie
Côtes 885 km
Frontières Total 2 251 km

République du Congo 1 903 km, Guinée équatoriale 350 km, Cameroun 298 km

Altitude maximale 1 070 m (mont Bengoué)
Altitude minimale 0 m (océan Atlantique)
Plus long cours d’eau Ogooué
Plus importante étendue d’eau lac Onangué[1]

Le Gabon est un pays d’Afrique centrale, baigné par l'Atlantique, au sud du golfe du Biafra, dans le golfe de Guinée. Situé à hauteur de l’équateur, le climat y est tropical chaud et humide.

Le relief du Gabon est constitué d’une plaine côtière basse, de collines à l’intérieur du pays et de savanes à l’est et au sud.

Selon les estimations, 80 à 85 % du pays est recouvert par la forêt. Son sous-sol est riche en minéraux et en pétrole.

Géographie physique[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Situé en Afrique centrale, à hauteur de l'équateur, le pays est, au nord, frontalier de la Guinée équatoriale, avec laquelle il partage une frontière de 350 kilomètres et du Cameroun, avec une frontière de 298 kilomètres. Sa plus longue frontière est celle de 1 903 kilomètres avec la République du Congo, à l'est et au sud. Ces frontières résultent des traités internationaux liés à la colonisation[2].

L'ouest est baigné par l'océan Atlantique, au sud du golfe de Guinée.

Le Gabon s'étend, approximativement, du 2e degré de latitude nord au 4e degré de latitude sud et du 9e au 15e degré de longitude ouest.

Son extrémité la plus occidentale est le cap Lopez, pointe extrême de l'île Mandji, qui marque la limite sud du golfe du Biafra (0° 37′ 46″ S 8° 42′ 28″ E / -0.62947, 8.707666).

Sa frontière orientale correspond à la ligne de partage des eaux entre le bassin de l'Ogooué et celui du Congo[2].

Orographie[modifier | modifier le code]

Carte topographique du Gabon
Emplacement des massifs montagneux du Gabon

On distingue plusieurs types de relief.

Plaines[modifier | modifier le code]

La plaine littorale, large de 20 à 300 kilomètres, se situe à l'ouest, le long de l'océan atlantique ; elle est parsemée de mangroves représentatives de l'écorégion des mangroves d'Afrique Centrale[3]. Le plus grand fleuve du pays, l'Ogooué, forme, à hauteur de Lambaréné, un delta intérieur délimitant une zone de lacs ; au-delà, l'embouchure du fleuve correspond à un delta maritime de très grande taille, marécageux et difficile d'accès, entourant la presqu'île sur laquelle se situe Port-Gentil. Au nord, cette plaine littorale est parsemée de rias[4].

La côte est un bassin sédimentaire côtier, constitué d'accumulations de sable et de vase, presque dépourvue de côte rocheuse et de falaise pour toute la partie au sud de Libreville[5]. Il existe un court littoral rocheux, au nord de Libreville, du cap Santa Clara jusqu'à la frontière équato-guinéenne.

Les plaines intérieures sont celles de la Nyanga (en amont et aval de Tchibanga), et de la Ngounié (amont et aval de Mouila), au sud-ouest du pays. De nature karstique, ces plaines sont peu fournies en cours d'eau[5].

Massifs montagneux[modifier | modifier le code]

Au sud et au centre se trouvent les massifs du Mayombe et du Chaillu, les plus importants du pays. Quoique de faible altitude, ils s'élèvent abruptement au-dessus des bas-plateaux et des collines qu'ils dominent, formant des escarpements de plusieurs centaines de mètres.

Le massif du Mayombe est, pour sa partie gabonaise, une chaîne de roches cristallines qui s'étend parallèlement au littoral, selon une orientation NO-SE, de Lambaréné jusqu'en République du Congo et, au-delà, en Angola. La majeure partie des lignes de crêtes culmine à 350 ou 400 mètres mais les points les plus hauts s'élèvent de 750 à plus de 800 mètres (par exemple, 833 mètres pour le massif du Koumounanwali, au-dessus de la plaine de la Ngounié)[6].

Au nord de ce massif, se trouve le massif du Chaillu qui s’étend jusqu'en République du Congo. Son point culminant est le mont Milondo (1 020 m, deuxième plus haut sommet du Gabon[7]). De nombreuses cours d'eau y ont leur source et le massif est surnommé « le château d'eau du Gabon »[8].

Les monts de Cristal, au nord-est de Libreville, sont adossés à la partie occidentale des plateaux du nord-est. Ils présentent un relief très accidenté, entaillé par de profondes vallées[5] où coulent des torrents coupés de chutes d'eau (chutes de Kinguélé, hautes de 95 m et chutes de Tchilbélé)[5].

Entre la vallée de la Ngounié et celle de la Nyanga, les monts Ikondou s'allongent parallèlement au massif du Mayombe[5].

Collines et plateaux[modifier | modifier le code]

Les collines et plateaux couvrent l'essentiel de la surface du pays ; le massif le plus important se trouve au nord-est dans les provinces du Woleu-Ntem et d'Ogooué-Ivindo[9]. C'est un socle pré-cambrien, parfois fortement entaillé par les cours d'eau et entamé par l'érosion[10]. C'est dans ce vaste ensemble qu'on trouve le point culminant du Gabon, le mont Bengoué, 1 070 mètres, 0° 57′ 38″ N 13° 40′ 54″ E / 0.960572, 13.681698, dans le nord-est du pays, dans la province de l'Ogooué-Ivindo[11].

Cette grande zone du nord et nord-est dessine un paysage de plateaux étagés, d'une hauteur variant de 500 à 700 mètres, entièrement couverts par la forêt, où moutonnent de nombreuses collines et émergent des inselbergs[12],[5].

À l'autre extrémité du pays, au sud-est, se trouvent les plateaux Batéké, près de la frontière congolaise, d'une hauteur variant entre 500 et 830 mètres. Ils sont essentiellement formés de sable et de grès récents de l'âge tertiaire. Ils sont traversés par des cours d'eau façonnant des cirques d'érosion (paysage de la Lékoni).

Hydrologie[modifier | modifier le code]

Hydrographie du Gabon.
Nom Type Longueur Bassin ou sous-bassin
Ogooué fleuve 1 200 km 215 000 km2
Ivindo rivière 500 km 59 000 km2
Ngounié rivière 300 km 33 100 km2
Nyanga fleuve 600 km 22 000 km2
Komo (ou Como) fleuve 230 km 5 000 km2

Le bassin hydrographique de l'Ogooué draine les 4/5 du territoire gabonais[13]. C'est la raison pour laquelle cinq des neuf provinces administratives portent son nom. L'Ivindo, qui draine le quart nord-est du pays, et la Ngounié en sont les principaux affluents.

Le second bassin versant est celui de la Nyanga, le fleuve le plus méridional du pays. Le troisième est celui du Komo, qui prend source en Guinée équatoriale. C'est son estuaire, où est installée Libreville, qui a d'abord attiré les Européens au Gabon, plutôt que le delta marécageux de l'Ogooué.

Le Ntem, au nord, forme un partie de la frontière avec le Cameroun[5],[8].

Les fleuves parsemés de chutes sont propices à l'installation de barrages hydro-électriques. L'hydro-électricité représente, en 2011, 45 % de l'électricité gabonaise[14].

Géologie[modifier | modifier le code]

Le Gabon est situé à l'extrémité nord-ouest du craton du Congo. Au plus général, trois grandes unités stratigraphies peuvent être distinguées : le socle archéen et les sédiments protérozoïques qui couvrent 75 % du pays, ainsi que la couverture sédimentaire du phanérozoïque .

Le socle archéen correspond au massif du nord Gabon et au massif du Chaillu. Les sédiments protérozoïques concernent la vallée de l'Ogooué et celle de la Nyanga. Les sédiments du phanérozoïque se retrouvent notamment sur les plateaux Batéké et la marge côtière où se trouvent les gisements pétrolifères onshore et offshore[5].

Le craton ancien sur lequel se situe le Gabon fait que le pays possède un sous-sol riche en minéraux puisque les métaux précieux et les diamants tendent, avec le temps, à se regrouper dans des unités géologiques particulières[15],[16],[17].

L'exploitation minière commerciale concerne le manganèse dont le Gabon est le deuxième producteur mondial, le fer, l’or et le niobium. La reprise de l’exploitation de l'uranium, stoppée en 1999 (mines de la région de Franceville), est envisagée. Il existe des potentialités en matière de diamant mais l'exploitation commerciale à grande échelle est encore à venir[18].

La zone de Franceville recèle quelques particularités ; on y trouve des réacteurs nucléaire naturels (réacteur nucléaire naturel d'Oklo), aujourd'hui inactifs, datant de 2 milliards d'années environ ainsi que les traces les plus anciennes à ce jour d'organismes multicellulaires macroscopiques (groupe fossile de Franceville), datant de la même époque.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat est de type équatorial, chaud et humide. Cela signifie que les températures varient peu au long de l'année et qu'il faut compter avec une alternance de saisons sèches et de saisons des pluies ; en saison, les précipitations sont considérables et constituent le facteur climatique déterminant pour les activités humaines (agriculture et transports notamment). On distingue une grande saison des pluies (février-mai) et une petite saison des pluies (septembre-décembre) ainsi qu'une grande saison sèche (mai-septembre) et une petite saison sèche (décembre-janvier).

Les températures moyennes sont comprises entre 21 °C au sud-ouest du pays et 27 °C sur la côte et à l'intérieur du pays[9]. Les extrêmes vont de 18 °C à 36 °C[19]. Les précipitations varient de 1 500 mm au nord-est et dans les régions de savane à 3 300 mm au nord-ouest et au sud-ouest[20]. Le taux d'humidité atmosphérique est en moyenne de 85 %, il peut atteindre 100 % en saison des pluies[21].

Climat de Libreville (Gabon)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 24,1 24 23,9 23,1 24 23,2 22,1 21,8 23,2 23,4 23,4 23,4 24
Température maximale moyenne (°C) 29,5 30 30,2 30,1 29,4 27,6 26,4 26,8 27,5 28 28,4 29 27
Précipitations (mm) 250,3 243,1 363,2 339 247,3 54,1 6,6 13,7 104 427,2 490 303,2 2 841,7
Source : (en) « Weather Information for Libreville », World Meteorological Organization
Diagramme climatique
J F M A M J J A S O N D
 
 
 
29,5
24,1
250,3
 
 
 
30
24
243,1
 
 
 
30,2
23,9
363,2
 
 
 
30,1
23,1
339
 
 
 
29,4
24
247,3
 
 
 
27,6
23,2
54,1
 
 
 
26,4
22,1
6,6
 
 
 
26,8
21,8
13,7
 
 
 
27,5
23,2
104
 
 
 
28
23,4
427,2
 
 
 
28,4
23,4
490
 
 
 
29
23,4
303,2
Moyennes : • Temp. maxi et mini °CPrécipitation mm

Géographie humaine[modifier | modifier le code]

Divisions administratives[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Provinces du Gabon.

Le Gabon est divisé en 9 provinces, dirigées chacune par un gouverneur, elles-mêmes subdivisées en départements dépendant d'un préfet et, parfois, en districts, dépendant d'un sous-préfet. Les regroupements de villages sont sous l'autorité d'un chef de canton, et les chefs de village, nommés par le préfet sur proposition du sous-préfet, incarnent l'autorité administrative à ce niveau[22].

À la différence d'autres pays, le partitionnement administratif du Gabon d'après l'indépendance n'est que peu différent de celui de l'époque coloniale : « les régions coloniales sont devenues les provinces, les districts les départements et les « Postes de contrôle administratifs » sont devenus les districts englobant cantons et village[23] ».

Numérotation des provinces du Gabon
Provinces (chef-lieu entre parenthèses)
  1. Estuaire (Libreville)
  2. Haut-Ogooué (Franceville)
  3. Moyen-Ogooué (Lambaréné)
  4. Ngounié (Mouila)
  5. Nyanga (Tchibanga)
  6. Ogooué-Ivindo (Makokou)
  7. Ogooué-Lolo (Koulamoutou)
  8. Ogooué-Maritime (Port-Gentil)
  9. Woleu-Ntem (Oyem)

Armature urbaine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Villes du Gabon.

Au Gabon, la moitié de la population vit dans la capitable, Libreville, qui accueille 797 000 habitants en 2012 pour une population totale de 1,5 million d'habitants[24],[25].

Les 2/3 de la population vivent dans les 13 principales villes et 86 % de la population vit en milieu urbain, ce qui est un taux parmi les plus élevés d'Afrique[26],[27],[28]. La densité urbaine est élevée avec 250 à 300 habitants au km² alors que la densité rurale est de 1,1 habitants au km², comparable à celle des pays désertiques du Sahel[29]. L'habitat est massivement concentré le long des voies de circulation[30]. Le pays recense 50 communes et 3 483 villages et regroupements de villages[19].

L'espace urbain gabonais est fortement polarisé entre trois villes « riches », qui continuent à attirer la population (Libreville, Port-Gentil et Franceville-Moanda-Mounana) d'une part et, d'autre part, des villes d'une taille nettement plus modeste[31] même lorsqu'elles sont des centres administratifs. C'est ainsi que la capitale provinciale la moins peuplée, Makokou (province de l'Ogooué-Ivindo), compte environ 18 000 habitants en 2010, à comparer avec Moanda qui en abrite 39 000.

Principales villes du Gabon en fonction de leur population (est. 2010).
Seules Mounana et Moanda ne sont pas capitales provinciales.

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Couvert à 85 % par la forêt, le sol gabonais n'est que très peu utilisé pour l'agriculture et l'élevage. 2 % du territoire est constitué de terres arables et de cultures permanentes. Le Gabon est largement dépendant de ses importations pour son alimentation ; plus de 60 % de sa consommation alimentaire est importée. La majorité de sa production agricole, élevage y compris, est vivrière, consommée sur place[32].

Pour ce qui concerne la forêt, on distingue traditionnellement la forêt à Okoumé (forêts du bassin côtier et des monts de Cristal), qui occupe les 2/3 ouest du territoire, de la forêt sans Okoumé (nord et nord-est du pays)[33].

Cette distinction est essentiellement économique, l'Okoumé étant l'essence la plus importante dans l'économie du bois, second secteur économique gabonais après le pétrole. C'est un bois tendre, facilement déroulable et flottable, ce qui constituait un avantage dans un pays où les voies pour le transport pondéreux sont longtemps restées fluviales. Il est utilisé pour faire du contreplaqué[34].

Réseaux de transport[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Transport au Gabon.

Généralités[modifier | modifier le code]

La prédominance des forêts au Gabon est telle que la problématique du transport, tant pour les personnes que pour les marchandises, est un sujet crucial pour le pays et son économie. Les cours d'eau ont toujours été le principal moyen de communication car la navigation aérienne est très coûteuse, le réseau routier est limité et le chemin de fer (le Transgabonais) se résume à une seule ligne terminée en 1986.

Les deux principales villes du pays, Libreville et Port-Gentil, ne sont pas reliées par route, sa construction devant s'achever en 2017[35],[36].

Transport routier[modifier | modifier le code]

La densité et la qualité du réseau routier gabonais sont très faibles. L'Afrique présente la densité la plus faible du monde[37] et la densité du réseau gabonais est inférieure de plus de la moitié à celle du continent dans son ensemble (Afrique 81,5 km pour 1 000 km2, Gabon 34,26[38]). Le réseau routier est estimé à 9 170 km dont environ 10 % est bitumé (1 055 km) ; parmi ces routes bitumées, moins de 20 % sont considérées comme en bon état[39]. La problématique conjugée des sols de latérite et des précipitations abondantes rend l'entretien des routes coûteux, imposant la pose de barrières « d'hivernage », peu respectées dans l'ensemble ; malgré les bourbiers, les routes sont en toutes saisons sillonnées par des véhicules fréquemment en surcharge[40].

Les transports interurbains sont assurés, comme dans toute l'Afrique subsaharienne, par un réseau de taxi-brousse (minibus et camionnettes) qui permet de relier tout point du territoire. Les transports urbains sont assurés par des taxis collectifs sans taximètre[41], analogues aux taxis-brousse mais cantonnés aux zones péri-urbaines. Libreville bénéficie d'un système de transports en commun opéré par la Sogatra (Société Gabonaise de transport) laquelle développe également un réseau interurbain concurrent des taxis brousse[42]. Le secteur informel reste important dans ce segment économique[43].

Transport ferroviaire[modifier | modifier le code]

Le Transgabonais, long de 669 km, construit entre 1978 et 1986, est essentiellement dédié aux matières premières extraites dans l'est du pays, dans la région de Franceville. Il permet d'acheminer le minerai jusqu'au port d'Owendo. Sa construction a aussi bénéficié aux exploitants de bois, les convois ferroviaires, comportant jusqu'à 270 wagons, étant bien adaptés au transport pondéreux[44],[45],[46].

Transport fluvial[modifier | modifier le code]

Le transport fluvial est opéré essentiellement à partir des ports d'Owendo, près de Libreville et de Port-Gentil car c'est là que convergent les marchandises de ce pays tourné vers la mer pour son commerce extérieur.

Le transport fluvial et maritime de passagers se concentre essentiellement sur les liaisons Libreville - Port-Gentil (via l'océan, du fait de l'absence de route) et sur la desserte régionale de la zone des lacs (département d'Ogooué et des Lacs) aux alentours de Lambaréné[47]. La longueur des voies navigables est estimée à 1 600 km en 2010[48].

Transport aérien[modifier | modifier le code]

Le Gabon dispose de trois aéroports internationaux : l'aéroport de Libreville, celui de Port-Gentil, celui de Franceville ainsi que de soixante aérodromes locaux dont trente à vocation commerciale[49],[50].

Environnement[modifier | modifier le code]

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Végétation aux portes de Libreville.

Couvert à plus de 80 % par la forêt, le Gabon possède le plus fort taux de superficie forestière par habitant en Afrique[51],[52] ce qui permet d'entretenir un faune et une flore remarquables. Un grand nombre d'espèces animales et végétales sont protégées[53]. La biodiversité gabonaise est sans doute l'une des plus élevées de la planète[54] avec « 700 espèces d’oiseaux, 98 espèces d’amphibiens, entre 95 et 160 espèces de reptiles, près de 10 000 espèces de plantes, plus de 400 essences forestières et 198 espèces différentes de mammifères[55]. » On y trouve de nombreuses espèces animales rares (le Pangolin du Gabon, le Picatharte…) ou endémiques (Cercopithèque à queue dorée…)

Le pays est une des réserves de faune les plus variées et les plus importantes d’Afrique[56] : c'est un important refuge pour les Chimpanzés (dont le nombre est estimé, en 2003, entre 27 000 et 64 000[57]) et les Gorilles (35 000 recensés en 1983[58]). La « Station d'études des gorilles et chimpanzés » à l'intérieur du Parc national de la Lopé[59],[60] se consacre à leur étude.

Il abrite aussi plus de la moitié de la population des éléphants de forêt d'Afrique[61] avec 22 000 individus (2005) dans le Parc national de Minkébé[62].

Parcs nationaux[modifier | modifier le code]

À l'occasion du Sommet de la Terre, à Johannesburg, en 2002, le Gabon a annoncé la création d'un réseau de 13 parcs nationaux, couvrant au total plus de 10 % du territoire du pays[51],[63]. Le Parc national de la Lopé est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO[64].

Parc national Province Superficie Type de paysage
Akanda Estuaire 540 km2 Mangrove
Birougou Ngounié, Ogooué-Lolo 690 km2 Montagne
Ivindo Ogooué-Ivindo 3 000 km2 Forêt équatoriale
Loango Ogooué-Maritime 1 550 km2 Côte sableuse
Lopé Ogooué-Ivindo 4 970 km2 Forêt et savane
Mayumba Nyanga 970 km2 Côte sableuse
Minkébé Woleu-Ntem 7 560 km2 Forêt équatoriale
Monts de Cristal Estuaire 1 200 km2 Montagne
Moukalaba-Doudou Nyanga 4 500 km2 Forêt équatoriale
Mwagné Ogooué-Ivindo 1 160 km2 Forêt équatoriale
Plateaux Batéké Haut-Ogooué 2 050 km2 Forêt équatoriale
Pongara Estuaire 870 km2 Mangrove, côte sableuse
Waka Ngounié 1 070 km2 Montagne

Source : « Agence Nationale des Parcs Nationaux »

Pression environnementale[modifier | modifier le code]

Le couvert forestier du Gabon est stable depuis plus de vingt ans[65],[66]. Le mouvement de concentration de la population dans les zones urbaines (exode rural) tend à favoriser la conservation des écosystèmes forestiers[67]. Les forêts primaires sont situées dans des zones difficiles d'accès, montagneuses essentiellement, les arbres sont d'un intérêt commercial faible (troncs tordus) et la variété des essences rend l'exploitation peu rentable au regard de forêts secondaires beaucoup plus concentrées en essences commercialisables (peuplements mono-dominants d’okoumé dans les forêts du bassin côtier)[68],[69]. On estime la proportion de forêt primaire au Gabon à 37 % [70] et, sur les 82,2 % de forêt recouvrant le pays, 55 % sont exploités et 27,2 % sont non-exploités[71].

La faible densité de population fait que, malgré la forte présence des exploitations forestières, la pression environnementale anthropique est considérée comme minime. Elle se concentre logiquement dans les zones de forte densité de peuplement telles que la forêt de la Mondah, à trente kilomètres de Libreville, victime notamment de coupes de bois anarchiques[72]. Le braconnage organisé est aussi présent dans les parcs nationaux ou les réserves présidentielles, notamment celui de l'ivoire d'éléphant[73]. Il existe aussi des menaces particulières contre la forêt, comme, par exemple, l'exploitation envisagée du fer de Belinga, susceptible de menacer la forêt naine du site[74].

Le pays est partie prenante de plusieurs conventions internationales convernant les sujets suivants (liste non exhaustive) : biodiversité, changements climatiques, désertification, espèces en danger, droit de la mer, pollution marine, interdiction des essais nucléaires, protection de la couche d’ozone, bois tropical 83, bois tropical 94, zones humides, chasse à la baleine[75],[76]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Wilks 1990, p. 171.
  2. a et b « Gabon. Géographie », Encyclopaedia Universalis
  3. (en) Mangrove of Western and Central Africa, UNEP - DEPI (ONU),‎ 2007 (lire en ligne [PDF])
  4. « Géographie. Gabon », sur afrique-planete.com
  5. a, b, c, d, e, f, g et h « Caractéristiques physiques du Gabon », sur bch-cbd.naturalsciences.be, Centre d'échange d'informations du Gabon. Convention sur la diversité biologique
  6. Évaluation Hydrologique [...] Gabon, p. 13.
  7. Le massif du Chaillu abrite aussi le mont Iboundji, longtemps et encore proclamé plus haut sommet du Gabon avec plus de 1 500 m en dépit des données SRTM qui lui accordent une altitude de 972 mètres.
  8. a et b Jacques Lerique, « Hydrographie hydrodrologie », dans Géographie et cartographie du Gabon, atlas illustré, Ministère de l'Éducation de la République Gabonaise (lire en ligne [PDF])
  9. a et b Ministère de l'agriculture, Gabon : rapport de pays pour la conférence technique internationale de la FAO sur les ressources phytogénétiques, FAO,‎ 1995 (lire en ligne [PDF])
  10. G. Gloriod, « La forêt de l'est du Gabon », Bois et forêts des tropiques, no 155,‎ mai-juin 1974 (lire en ligne)
  11. (en) « Relief and drainage », sur www.britannica.com — notice Gabon de l'Encyclopædia Britannica
  12. Les inselbergs forment le paysage caractéristique du parc national de Minkébé dans la province du Woleu-Ntem.
  13. (en) David E. Gardinier et Douglas A. Yates, Historical Dictionary of Gabon, Lanham (Maryland), Toronto, Oxford, The Scarecrow Press, Inc., coll. « Historical Dictionaries of Africa » (no 101),‎ 2006, 3e éd.p. X
  14. « Gabon - Hydroélectricité en % de la production totale », Université de Sherbrooke - Banque Mondiale
  15. (en) Thomas Schlüter et Martin H. Trauth, Geological Atlas of Africa : With Notes on Stratigraphy, Tectonics, Economic Geology, Geohazards, Geosites and Geoscientific Education of Each Country, Springer,‎ 2008, 320 p. (présentation en ligne), p. 110
  16. « Géologie », République Gabonaise, Ministère des Mines, du Pétrole et des Hydrocarbures - Direction Générale des Mines et de la géologie
  17. Indices et gîtes minéraux du Gabon, République Gabonaise, Ministère des mines, du pétrole et des hydrocarbures,‎ 2010 (lire en ligne [PDF])
  18. « Le secteur minier au Gabon - 2013 », Ministère des finances et des comptes publics, Ministère de l'économie, du redressement productif et du numérique (france) - Direction du Trésor (consulté le 26 mai 2014)
  19. a et b « Cadre physique », sur stat-gabon.org
  20. Michel Mbadinga, État, entreprises et développement au Gabon : contribution à une étude géographique, Maison de la géographie de Montpellier - Université Montpellier III, Paul Valéry,‎ 2006 (lire en ligne) — Thèse de doctorat en géographie
  21. « Conseil aux voyageurs, Gabon », sur diplomatie.belgium.be, Royaume de Belgique, Affaires étrangères, Commerce extérieur et Coopération au développement
  22. « Découpage administratif », sur stat-gabon.org
  23. Avenot 2008, p. 50.
  24. Gabon = 1 564 000 hab. en 2012 selon la FAO : « CountrySTAT Gabon », FAO
  25. (en) « Gabon », sur populationsdumonde.com
  26. « L'urbanisation en Afrique », dans L’urbanisation en Afrique et ses perspectives, FAO,‎ 1997 (lire en ligne), chap. 2
  27. « Fiche pays Gabon » [PDF], sur e-geopolis.eu
  28. République Gabonaise, Document de Stratégie Pays 2011-2015, African Development Bank Group,‎ 2011
  29. Étude diagnostique, p. 15.
  30. « Fiche pays Gabon » [PDF], sur e-geopolis.eu, p. 5
  31. Avenot 2008, p. 67.
  32. L’irrigation en Afrique en chiffres - Gabon, p. 237.
  33. Jean Damien Maloba Makanga, « Mosaïque forêt-savane et exploitation des ressources forestières du Gabon », Geo-Eco-Trop, no 35,‎ 2011, p. 41-50 (lire en ligne)
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Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • Chris Wilks, La conservation des ecosystèmes forestiers du Gabon, IUCN,‎ 1990, 215 p. (lire en ligne)

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