Généalogie

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L'arbre généalogique de la famille Bluntschli.

La généalogie (du grec γενεά genea, « génération » et λόγος logos, « connaissance ») est la pratique qui a pour objet la recherche de la parenté et de la filiation des personnes. Elle peut être réalisée par un généalogiste professionnel ou à titre personnel pour rechercher ses ancêtres et établir l'histoire de sa famille en se basant sur divers types d'archives mais aussi des entretiens oraux ou encore la génétique. Un professionnel facture une prestation de recherche généalogique parfois nécessaire pour établir une succession après un décès.

La représentation graphique se présente communément sous la forme d'un schéma arborescent à partir d'un individu racine dit arbre généalogique. D'autres types de présentation existent comme la représentation circulaire, semi-circulaire ou encore la liste d'ascendance.

Le développement des technologies de l'information et de la communication en facilitant sensiblement l'accès par Internet aux différentes bases de données et la représentation des différentes filiations grâce aux logiciels spécialisés, a développé l’engouement pour la recherche généalogique.

Des associations généalogiques se sont développées à un niveau local pour s'entraider, de même que des revues généalogiques sont publiées et spécialisées sur le sujet permettant d'approfondir ses recherches ou connaître de nouvelles techniques.

Définitions[modifier | modifier le code]

Illustration des degrés de parenté.

Classiquement la généalogie est une activité pratiquée comme un loisir par une personne pour connaître ses ancêtres, savoir d'où ils venaient mais aussi connaître leur contexte de vie tel que leur métier, qui a pu changer plusieurs fois au cours de la vie, ou leur carrière militaire. Cela suppose de se baser sur des témoignages oraux des personnes âgées de la famille mais surtout sur des documents concrets qu'on qualifie de documents généalogiques. Par extension le généalogiste s'intéresse à l'histoire, l'héraldique, la géographie qui a pu évoluer dans le temps, ou encore la religion. On parle parfois d'histoire familiale pour la biographie d'une même famille sur plusieurs générations enrichie de l'histoire complète de sa place dans la société, des drames, des réalisations ou des échecs et de l'acquisition ou la perte de biens et de titres.

Un généalogiste professionnel peut quant à lui effectuer des recherches rémunérées pour d'autres personnes, publier des articles ou des livres, créer des logiciels spécifiques ou entretenir des bases de données d'informations généalogiques. On trouve généralement deux catégories : les généalogistes successoraux qui recherchent les héritiers d'une personne décédée sans famille connue souvent à la demande d'un notaire et les généalogistes familiaux qui font des recherches généalogiques et/ou historiques pour une clientèle privée[1]. Dans le cas d'une succession, le généalogiste est rémunéré sur la base d'un pourcentage sur la succession révélée aux ayants droit retrouvés à la suite de ses recherches (jusqu'au sixième degré de parenté collatérale selon le calcul du Code civil français[réf. nécessaire]).

En matière de généalogie on peut distinguer plusieurs types de recherche. Par exemple la généalogie cartophilique ou cartophilie généalogique[réf. souhaitée] s'intéresse à la généalogie sous l'angle de l'étude des cartes postales anciennes, donc surtout sur une période allant du milieu du XIXe siècle à la première moitié du XXe siècle. Principalement on parle de généalogie ascendante et descendante mais également génétique ou encore psychologique.

Généalogie ascendante[modifier | modifier le code]

La généalogie ascendante part d'un individu et vise à rechercher ses ancêtres. L'individu de base est appelé le de cujus. C'est l'individu qui sera à la base d'un arbre généalogique, représentation typiquement utilisée pour schématiser les relations entre les personnes. En remontant l'ascendance, on a les parents de l'individu de cujus, puis ses grands-parentsetc.


Grand-père paternel
 
Grand-mère paternelle
 
 
 
Grand-père maternel
 
Grand-mère maternelle
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Père
 
 
 
 
 
 
 
Mère
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Individu "racine", de cujus
 
 
 
 
 
 
 


Le nombre d'individus double à chaque génération donc ajouter une génération à une généalogie revient à ajouter autant d'individus que déjà rencontrés jusque-là. Si on remonte jusqu'à l'époque des débuts des registres disponibles au Moyen Âge en faisant l'hypothèse d'une génération de trente ans en moyenne, nous trouvons :

Génération Degré Nombre d'individus
de la génération
Nombre total
d'individus (cumul)
Époque de vie Commentaires
1 0 1 individu 1 individu 2010 Le de cujus ou souche de l'arbre ou individu racine
2 1 2 individus 3 individus 1980 Parents
3 2 4 individus 7 individus 1950 Grands-parents
4 3 8 individus 15 individus 1920 Arrière-grands-parents
5 4 16 individus 31 individus 1890 Arrière-arrière-grands-parents
6 5 32 individus 63 individus 1860 Arrière-arrière-arrière-grands-parents
7 6 64 individus 127 individus 1830
8 7 128 individus 255 individus 1800
9 8 256 individus 511 individus 1770
10 9 512 individus 1 023 individus 1740
11 10 1 024 individus 2 047 individus 1710
12 11 2 048 individus 4 095 individus 1680
13 12 4 096 individus 8 191 individus 1650
14 13 8 192 individus 16 383 individus 1620
15 14 16 384 individus 32 767 individus 1590
Arbre généalogique publié par Michel Eyzinger dans Thesaurus principum hac aetate in Europa viventium à Cologne en 1590, p. 146–147, et mettant en individu racine Henri III de France. Eyzinger est à l'origine de la numérotation de Sosa-Stradonitz.

On remarque que le nombre d'individus d'une génération N correspond à 2(N-1) ou 2N si on considère le degré. Par exemple pour la 9e génération d'ancêtres d'un individu, soit le 8e degré, on obtient 256 individus de cette génération. Ce qui fait donc (29) - 1 individus en tout dans son arbre, soit 511.

Avec le grand nombre d'individus potentiels qui peuvent apparaître dans un arbre généalogique, il est important de bien numéroter et ranger les informations propres à chaque individu. Pour repérer les ancêtres de manière unique, plusieurs façons de numéroter existent comme la numérotation de Sosa-Stradonitz qui peut être utilisé en généalogie ascendante. Il est conseillé d'utiliser ce numéro pour référencer tous les documents liés à un individu (copies des actes, photographies, etc.) ou du moins d'utiliser une méthode de classement rigoureuse.

Les nombres d'ascendants ci-dessus sont théoriques et il n'est pas forcément possible de retrouver tous les individus d'une génération, cela dépendant fortement des archives disponibles pour sa recherche. De plus ce doublement théorique du nombre d'individus à chaque génération fait qu'on arriverait à des millions d'individus en ligne directe en remontant de 1 000 ans dans le temps. Si on prend le cas de la France, on s'approcherait alors de la population totale de l'époque pour l'ascendance d'une seule personne née aujourd'hui. Il faut donc comprendre que des mariages s'opéraient entre personnes proches géographiquement, socialement, mais aussi parfois de même sang avec des degrés de consanguinité plus ou moins élevés, c'est un phénomène appelé endogamie. C'est pourquoi des personnes identiques peuvent se retrouver plusieurs fois dans un même arbre généalogique, on parle d'implexe. Par convention dans la numérotation et pour éviter qu'ils soient désignés par plusieurs numéros, on attribue préférentiellement le numéro le plus petit aux personnes identiques. C'est aussi ce phénomène d'endogamie qui a poussé l’Église catholique à tenir des registres pour maîtriser la consanguinité de la population et empêcher le mariage entre cousins trop proches (degré canonique).

La généalogie ascendante peut être pratiquée uniquement pour rechercher l'ascendance mâle d'une personne, celle qui transmet le patronyme à ses enfants, on parle de lignée agnatique. Elle peut également être utilisée pour déterminer la lignée cognatique d'une personne, c'est-à-dire les individus qui ne portent pas le même nom, en particulier la parenté par les femmes. En référence à la numérotation de Sosa-Stradonitz, les généalogistes parlent parfois de "lignée SOSA" ou d'"individus SOSA" pour désigner les individus en ligne directe avec l'individu racine à différencier des individus "non SOSA" ne portant pas de numérotation que sont les collatéraux, frères et sœurs des ascendants directs par exemple, et les alliés (conjoints, non ascendants).

Généalogie descendante[modifier | modifier le code]

Exemple d'arbre de descendance de l'individu Lucas Grey.

La généalogie descendante s'intéresse aux descendants d'une personne ou d'un couple donné et vise à chercher tous les descendants. Cela peut être utilisé pour déterminer des liens de cousinage entre personnes. Mathématiquement plus l'ancêtre est éloigné dans le temps et plus il peut avoir de descendants potentiels, cela prendra donc d'autant plus de temps de les recenser. Il est possible de réaliser une généalogie descendante agnatique (patrilinéarité) ou patronymique c'est-à-dire uniquement les descendants garçons, qui portent le nom de famille de l'ancêtre considéré, en notant simplement le nom des descendants filles ; mais il est également possible de réaliser une descendance complète y compris avec les descendants des filles.

Pour identifier les individus avec un numéro unique dans une généalogie descendante, il est possible d'utiliser la numérotation d'Aboville ou encore le système Henry.

On peut également souhaiter rassembler tous les membres d'une même famille, on parle de cousinade[2].

Généalogie et génétique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Généalogie génétique.

La généalogie génétique est une façon de rechercher ses ancêtres fondée non plus sur l'étude des registres d'état civil, mais sur l'analyse de l'ADN[3]. Des laboratoires, aux États-Unis et au Royaume-Uni, proposent des tests permettant d'identifier ses ancêtres lointains, sa région d'origine ou son groupe ethnique[réf. souhaitée].

Généalogie et psychologie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Psychogénéalogie.
Article détaillé : Génogramme.

La psychogénéalogie est une théorie qui vise à relier la psychologie d'un individu avec celle de ses ancêtres et notamment les traumatismes ou des faits marquants survenus dans l'histoire de sa famille, tels que la perte d'un enfant, pouvant expliquer les maux du présent.

Conventions typographiques[modifier | modifier le code]

Certaines conventions sont utilisées en généalogie, les principaux symboles ou abréviations sont exprimés dans le tableau suivant[4],[5].

Symbole / Abréviation Signification
° Naissance
b Baptême
Cm Contrat de mariage
x Mariage
)( Divorce
+ Décès
(+) Inhumation
P Père
M Mère
p Parrain
m Marraine
t témoin
ca circa (environ, autour de) utilisé pour les dates.
s.p. sans postérité
s.a. sans alliance (célibataire)
AN archives nationales
AD archives départementales
AM archives municipales

Historique et motivations[modifier | modifier le code]

Une généalogie héraldique.

Pendant longtemps la généalogie a été l'apanage des "grands de ce monde", de la noblesse. Cependant, de nombreux généalogistes d'autrefois n'étaient pour le moins pas très regardants quant à la véracité des filiations qu'ils rédigeaient, pas forcément toujours par manque de documents ou par paresse, parfois simplement parce qu'ils étaient au service du seigneur ou puissant local soucieux d'exhiber une ascendance ronflante ou glorieuse ou l'appartenance à un clan. Certaines généalogies ont été tracées sur des centaines d'années. Ainsi on peut citer celle de Confucius né il y a plus de 2 500 ans qui est reconnu comme le plus important arbre généalogique au monde avec quatre-vingt générations et plus de deux millions d'individus[6]. De nos jours, l’intérêt pour la généalogie varie selon les personnes. Dans les sociétés communautaires, la généalogie ne trouve pas de réelle justification au regard de la société où l'identité se définit autant par un réseau familial que par la réalisation personnelle. La réponse à la question "Qui êtes-vous ?" sera une description du père, de la mère et du groupe ou de la tribu. Par exemple en Nouvelle-Zélande, les Maoris apprennent le Whakapapa qui signifie généalogie, afin de découvrir leurs origines[réf. souhaitée].

Jusqu'à la fin du XIXe siècle, la généalogie présentait un intérêt avant tout pour ceux qui avaient obtenu leurs biens ou leur titre par héritage et les gens lettrés. D'autres personnes, déshéritées, pouvaient dans des cas extrêmes, effacer l'histoire de leur famille, sujet de honte pour eux.

Au XXe siècle, dans des pays comme les États-Unis ou l’Australie, a grandi la fierté d'être un héritier des pionniers et des bâtisseurs de la nation. La recherche de descendance a été un sujet de préoccupation parmi certains groupes tels que les Filles de la Révolution américaine qui se base sur la généalogie pour accepter ses membres et tendant à différencier les descendants des pionniers de ceux descendants de migrations ultérieures.

Dans l'Allemagne nazie, les antécédents familiaux ont été compilés afin de confirmer la filiation des individus dits de "race supérieure" et de se conformer aux exigences légales du mariage[réf. souhaitée]. De plus le fait de ne pas avoir d'ascendants juifs était requis pour certains postes de fonctionnaire : Loi allemande sur la restauration de la fonction publique du 7 avril 1933. La généalogie d'Adolf Hitler lui-même a d'ailleurs été l'objet de controverses.

La généalogie se tourne aussi vers de nouvelles sources telles que la célébration de la résistance des familles ayant survécu à des générations de pauvreté ou d'esclavage, ou bien l'intégration réussie de familles malgré les barrières raciales ou nationales. Certaines histoires familiales mettent l’accent sur les liens avec des criminels célèbres tels que le hors-la-loi Ned Kelly en Australie.

La généalogie joue un rôle dans la pratique de certaines croyances religieuses. Par exemple, le baptême pour les morts est une doctrine de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours (Mormons) dont les membres effectuent des recherches d’antécédents familiaux. Cette même église a fondé en 1894 la Société généalogique d'Utah devenue aujourd'hui FamilySearch destinée à faciliter les recherches généalogiques et la constitution de son histoire familiale en compilant toutes les archives mondiales. Cette organisation généalogique prétend aujourd'hui être la plus grande au monde avec 4 600 centres d’histoire familiale répartis dans 132 pays, 3.5 milliards de documents sont présents dans sa base[7]. Aux États-Unis, la plus ancienne société généalogique fondée en 1845 est dénommée New England Historic Genealogical Society (NEHGS) qu'on peut traduire en français par société généalogique et historique de Nouvelle-Angleterre, sa base de données contient 200 millions de noms[8],[9].

En France, la généalogie subit un développement à partir de la deuxième moitié du XXe siècle ce qui coïncide avec la diffusion de publications et la création de la Fédération française de généalogie, puis la création des associations généalogiques locales.

Certains établissements scolaires proposent aux étudiants des projets de recherche comme un moyen d’enseignement sur l’immigration et l'histoire des nations[10].

L'intérêt croissant pour l'histoire familiale dans les médias (articles de presse, documentaires télévisés, etc.) couplé à un accès plus facile aux documents en ligne sur Internet permet aux personnes intéressées de commencer à rechercher leurs origines. Cette curiosité peut être particulièrement forte en raison de la rupture des antécédents familiaux, par exemple, à la suite de l’adoption ou du deuil.

Arbre généalogique et représentation graphique[modifier | modifier le code]

Arbre de Jessé, avec Jessé assis. Arsenal, manuscrit 416 f° 7.

Dans la civilisation gréco-latine existe un culte organisé de la généalogie : dans les grandes maisons, les ancêtres sont représentés en portraits hiérarchisés sur les murs (peintures, bas-reliefs) ou dans les cortèges funéraires et dans des arbres généalogiques conservés dans des écrits, les stemmata[réf. souhaitée].

Dans le christianisme, la représentation graphique des relations familiales au Moyen Âge se fait sur le modèle biblique de l'Arbre de Jessé représentant Jessé assis ou allongé "portant" un arbre lui sortant du dos avec ses descendants dont le roi David et Jésus de Nazareth. La féodalité valorisant le lignage et les bourgeois recherchant leur « ancêtre enracineur »[11]), la première représentation non biblique se trouve dans la Genealogia deorum gentilium (« Généalogie des dieux des païens ») de Boccace au milieu du XIVe siècle. Les ancêtres sont modélisés dans les racines qui sont dessinées soit dans le ciel, soit dans le sol, le modèle n'ayant toujours pas été tranché[12].

Il est plus courant aujourd'hui de trouver une représentation où le sujet, de cujus sur lequel on réalise une recherche généalogique ascendante, est représenté à la racine de l'arbre, c'est-à-dire au pied, ses ancêtres étant ensuite représentés en tant que branches et l'arbre s'étoffe à mesure que les ascendants sont découverts. Cela peut sembler moins logique car la racine d'un arbre en milieu naturel est ce qu'il y a de plus vieux et les branches ou feuilles sont plus jeunes. La racine de son arbre généalogique devrait être l'individu le plus vieux mais il est difficile de le déterminer quand on commence. Par contre en généalogie descendante, la recherche s'effectue sur un individu donné et vise à trouver tous ces descendants, une représentation par arbre avec l'individu, par définition plus vieux que ses descendants, au pied de l'arbre est tout à fait possible. D'autres types de présentation sont possibles, par exemple sous forme de tableau d'ascendance où l'individu de cujus est représenté à gauche et ses ascendants de gauche à droite. Il est possible de représenter une ascendance sous forme de diagramme circulaire ou semi-circulaire, le de cujus étant au centre et chaque génération ajoute un cercle autour de la génération précédente. L'avantage des représentations circulaires est qu'elles occupent moins de place, on peut positionner plus de générations que sous la forme d'un arbre, à espace équivalent.

De nos jours, la création d'arbres généalogiques est facilitée par l'outil informatique qui permet de gérer les différents modes de présentation d'un arbre généalogique en prenant en compte le problème de l'espace disponible et des sauts entre les pages pour une impression adaptée notamment au format A4. Moins graphique, la liste d'ascendance offre une présentation plus compacte.

Par la mise en commun des recherches généalogiques individuelles, plusieurs sites Internet visent à développer un arbre généalogique universel en compilant dans un unique arbre tous les actes des généalogistes participants et visant à démontrer les origines communes de l'humanité[13].

Pour la création d'arbres généalogiques dans un article Wikipédia, voir la page Modèle:Arbre généalogique.

Types de document[modifier | modifier le code]

Le généalogiste sera confronté à de nombreux types de documents pouvant l'aider à reconstituer une généalogie, cela dépendant principalement d'une part de l'époque considérée car plus on remonte dans le temps et moins les archives seront abondantes et en bon état de conservation, d'autre part de la zone géographique. En effet selon les pays, et même les régions au sein d'un pays, des politiques, des législations ou encore l'activité religieuse influencent la quantité de documents qui peuvent être disponibles.

En effet des recensements de population ont été effectués depuis l'Antiquité romaine par la pratique du cens. Des registres pour suivre la population ont été mis en place au Moyen Âge, notamment en France, au Royaume-Uni ou en Allemagne[14]. En Chine et en Inde des livres de généalogie sont mis en place pour enregistrer les noms et professions des habitants depuis plusieurs siècles. Ainsi en Inde il y a une tradition écrite par les panjikars (généalogistes) utilisant des feuilles de palmier et le système généalogique panji prabhandha depuis le XIVe siècle[15].

Faire-Part de Jean-Baptiste Charcot.
Passeport émis à Tunis en 1925.

Souvent utilisés pour effectuer une généalogie, on trouve les documents relatifs aux souvenirs et papiers familiaux :

Acte de naissance de Gustave Flaubert.

Au-delà du cercle familial qui va permettre de couvrir la période récente, le généalogiste peut s'appuyer sur des archives externes à la famille pour compléter qu'elles soient d'origine religieuse ou laïque :

Ainsi les sources sont nombreuses, les registres d'état civil comprenant les actes de naissance, mariage et décès sont à privilégier pour commencer. Le généalogiste peut également chercher de l'information auprès des associations généalogiques locales et de plus en plus, avec le développement d'Internet, dans les bases de données disponibles en ligne sur Internet.

Outils pour la recherche[modifier | modifier le code]

Association généalogique[modifier | modifier le code]

Les personnes effectuant des recherches généalogiques en progressant dans leurs recherches individuelles ont constaté des recoupements avec les recherches d'autres généalogistes et progressivement la mise en commun de leurs travaux s'est effectuée. Cela a conduit à la création de bases de données et d'association généalogique encore appelée cercle généalogique ou cercle de généalogie regroupant ses membres autour d'une zone géographique délimitée.

Les informations qu'on peut trouver dans les documents généalogiques ne sont généralement pas indexées et leur lecture est souvent ardue, il faut parfois utiliser des techniques de paléographie pour déchiffrer l'écriture. C'est-à-dire qu'on ne peut pas faire une simple recherche en tapant un nom et obtenir les résultats, il faut parcourir les documents page par page. Les membres des associations, qui sont souvent des bénévoles, pratiquent un travail de transcription et d'indexation, de dépouillement et de relevé systématique[16]. La mise à disposition des travaux se fait gratuitement ou à usage limité des membres qui adhèrent en payant une cotisation annuelle. La recherche d'acte pour une personne éloignée géographiquement de la zone de recherche peut également être un service offert par une association généalogique.

De nos jours les travaux et bases de données de ces associations sont de plus en plus accessibles par Internet. De même le partage des informations et des arbres en ligne se développe ce qui peut faciliter les recherches des autres personnes.

Utilisation des technologies de l'information et de la communication[modifier | modifier le code]

Avec ce qu'on appelle communément les technologies de l'information et de la communication, l'informatique a facilité certaines tâches du généalogiste que ce soit pour effectuer les recherches via Internet ou pour enregistrer le fruit de ses recherches dans un logiciel dédié.

Logiciels de généalogie[modifier | modifier le code]

GRAMPS, logiciel libre et multi-plateforme.
Article détaillé : Logiciel de généalogie.

Un large éventail de logiciels dédiés à la généalogie qu'ils soient commerciaux, gratuits ou libres sont disponibles pour saisir les informations sur les individus, ces logiciels permettent :

  • la gestion de bases de données des individus, et l'impression de listes d'ascendance, de descendance ou sélectives, au choix de l'utilisateur ;
  • la représentation graphique (outils de dessin) des arbres d'ascendance et de descendance, voire de « cousinage » ;

Ces deux types de fonctions étant souvent couplés dans un même logiciel. Les logiciels peuvent être associés à une base en ligne sur Internet permettant de trouver des individus de sa base dans les arbres d'autres personnes et ainsi faciliter les recherches d'ascendants. Certains logiciels peuvent aussi servir à raconter d'une manière romancée la vie de ses ancêtres, ajouter des photographies, des documents.

Les logiciels s'adaptent aussi aux nouveaux moyens que sont la tablette tactile et le smartphone, des applications dédiées sont développées et peuvent être utilisées pour faciliter la consultation et la saisie d'information de manière mobile.

Sur le marché francophone les logiciels commerciaux les plus connus et représentant l'essentiel du marché sont Généatique et Heredis[17].

Au niveau des logiciels libres, on peut citer GeneWeb[18], issu de l'INRIA, qui présente une base de données gérable et consultable par une interface web, et @rbre[19], issu du Laboratoire Culturel A+H en vue de proposer un système d'échange pair-à-pair (P2P) de données généalogiques représentées en 3D.

GEDCOM[modifier | modifier le code]

Article détaillé : GEDCOM.

Une spécification d'échanges de données généalogiques entre les logiciels s'est peu à peu imposée : la spécification GEDCOM, acronyme de Genealogical Data Communication. Elle fut initialement développée par les chercheurs de la Société généalogique d'Utah.

La plupart des logiciels dédiés à la généalogie permettent l'import et l'export d'une généalogie dans ce format de même que les sites Internet spécialisés permettant de publier sa généalogie.

Ressources Web[modifier | modifier le code]

Différentes ressources sur Internet peuvent être utilisées telles que les bases de données spécialisées et les sites web basés sur des wikis contenant des relevés d'actes ou des arbres en ligne d'autres contributeurs généalogistes, les wikis informatifs pour trouver des conseils, les forums de discussion ou encore les Listes de diffusion généalogique.

La fiabilité des informations varie beaucoup et doit toujours faire l'objet de recoupements et de vérifications[16].

Recherche généalogique par pays[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Recherche généalogique en France.

La recherche généalogique en France s'appuie sur une connaissance des différents types d'archives et de documents généalogiques disponibles en France. L'article détaillé traite également des sources Internet, de l'organisation des associations généalogiques et des revues généalogiques pouvant aider le généalogiste.

Enfin certaines particularités sont à prendre en compte dans sa recherche liées à l'histoire de France tels que les découpages géographiques passés, les colonies ou encore les bagnes.

En 2004, le magazine Notre Temps estimait le nombre de généalogistes en France à près de six millions[20]. Selon une enquête réalisée en mars 2010 pour le site Généalogie.com, faisant suite à une enquête réalisée en juin 2006[21], l'institut Ipsos indique que plusieurs millions de français s'intéressent à la généalogie ; ainsi 61 % d'entre eux ont déjà fait une recherche sur leur famille ou leur nom[22],[16]. L'enquête indique également que la recherche est facilitée par Internet, les archives étant de plus en plus numérisées et accessibles en ligne, seulement 1 personne sur 5 se déplaçant en salle de lecture des archives, les autres utilisant la consultation à distance. Le terme de généanaute est parfois utilisé pour désigner le généalogiste internaute[21].

Les motivations tiennent à la réalisation d'un « devoir de mémoire » et à la transmission de l'histoire familiale aux plus jeunes générations[22], le sociologue Serge Guérin évoque quant à lui un besoin d'ancrage dans ses racines : « dans une période où les repères deviennent plus flous, où l'on perd du sens, revenir sur son arbre généalogique est une façon de retrouver de la fixité »[16]. Avec la démocratisation d'Internet, cette enquête semble indiquer que le spectre de la population généalogiste française est assez large mais entre chercher son nom de famille dans un moteur de recherche et entamer une démarche généalogique il y a un pas qu'il faut franchir et que beaucoup de personnes ne font pas, le manque d'intérêt et de temps pour cette activité étant évoqué[22]. Ainsi une étude fut réalisée en 2007 par la Direction des Archives de France sélectionnant un panel de 1 000 internautes potentiellement généalogistes, « c’est-à-dire ayant visité, au cours des six derniers mois, au moins un site internet proposant un service de généalogie ou assimilé » parmi une liste de site internet préétablie[21]. Sur ce panel, seulement un tiers à répondu positivement à une première question posée portant sur le fait de savoir s'ils s'étaient déjà déplacés en salle de lecture ou rendu sur un site internet pour effectuer une recherche généalogique[21]. L'étude indique que 95 personnes ont été considérés comme « vrais généalogistes » ayant pu répondre à des questions très spécifiques. Pour autant sur le tiers du panel ayant répondu positivement à la première question, seuls 6 % se considèrent comme un « vrai généalogiste »[21].

Genealogie.com est l'un des principaux sites web commerciaux relatif à la généalogie, avec trois millions de visites annoncés en octobre 2006 par le portail Notrefamille.com dont fait partie le site, GeneaNet est également un des plus visités[21].

Au Grand-Duché de Luxembourg[modifier | modifier le code]

Les principales sources d'information pour le Grand-Duché de Luxembourg ainsi que des conseils concernant la recherche généalogique sont présentés sur le site des Archives nationales de Luxembourg[23] de même que les sources nécessaires à la recherche.

Belgique[modifier | modifier le code]

Canada (Québec)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Fichier Origine.

Le Fichier Origine est le répertoire informatisé constitué et mis à jour à partir des actes trouvés dans le cadre du « Projet franco-québécois de recherche sur les origines familiales des émigrants français et étrangers établis au Québec des origines à 1865 ».

États-Unis[modifier | modifier le code]

Cette section comprend des informations sur une recherche généalogique d'individu aux États-Unis.

Base Ellis Island[modifier | modifier le code]

Sachant qu'une grande partie de la population américaine est issue de l'immigration, il est possible de rechercher gratuitement un individu dans les registres de migration aux États-Unis par Ellis Island[24]. Ce site est géré par Statue of Liberty-Ellis Island Foundation (SOLEIF), fondation d'Ellis Island et de la statue de la Liberté. Cette base permet également de chercher si un individu de sa famille en ligne directe ou non a émigré aux États-Unis.

La consultation des informations nécessite d'être enregistré (gratuit). Les informations sont protégées par le copyright américain et utilisables à des fins personnelles et non commerciales[25].

Combattants français de 1778-1783[modifier | modifier le code]

Il est possible qu'un de ses ancêtres français ait été soldat dans la guerre d'indépendance des États-Unis, un document publié en 1903 liste les combattants français pour la période de 1778-1783 d'après les documents authentiques déposés aux Archives nationales et aux Archives du Ministère de la Guerre[26]. Tel que le rapporte en introduction M. Henri Mérou, consul de France à Chicago, cette démarche a été menée en partie à l’initiative de la société nationale des Fils de la Révolution américaine à travers le juge Paul Wentworth Linebarger proposant l'idée que les descendants des combattants français de cette révolution de 1776 puisse également faire partie de cette société, il fallait pour cela en établir la liste. La période considérée court entre le traité d'amitié du et les accords de paix préliminaires de fin 1782 puis confirmés par le traité de Versailles du [26]. Le document indique qu'à peu près tous les marins ont pu être listé, par contre « les soldats de l'infanterie ne comprennent que la moitié environ des troupes de terre qui ont réellement combattu aux États-Unis » et ne comprennent pas les engagements volontaires.

Ces listes ne sont pas alphabétiques mais classées par vaisseau. Elles donnent les états des officiers de marine des escadres du comte d'Estaing, du comte de Guichen, du comte de Ternay (armée de Rochambeau) et du comte de Grasse-Tilly, ainsi que des officiers de l'armée métropolitaine : Armée de Rochambeau, Régiment d'Agenais, Régiment de Gâtinais, Régiment de Tours, Régiment de Foix (un bataillon), Régiment de Hainaut, Régiment de Dillon (Officiers seulement), Régiment de Walsh (officiers seulement), Régiment d'Aixonne (un bataillon), Régiment de Metz (2e bataillon). Les Régiments coloniaux de la Guadeloupe et de la Martinique, du Cap et de Port-au-Prince, les Grenadiers-Volontaires du vicomte de Framais, les Chasseurs-Volontaires de Saint-Domingue du marquis de Rouvray ne sont pas compris dans cet inventaire de la gloire.

Suisse[modifier | modifier le code]

Reste du monde[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Beaucarnot 2002, p. 212.
  2. « Cousinade : rassembler des cousins » (consulté le 18 avril 2014).
  3. « La Généalogie par ADN: Comment puis-je l'utiliser ? ».
  4. « Symboles de généalogie » (consulté le 19 février 2014).
  5. Beaucarnot 2002, p. 188.
  6. (en) « Updated Confucius family tree has two million members » (consulté le 24 février 2014).
  7. « FamilySearch ajoute près de 4,2 millions de documents et images indexées pour les collections de l’Australie, Belgique, Canada, Allemagne, Italie et bien plus » (consulté le 23 février 2014).
  8. (en) « About NEHGS » (consulté le 23 février 2014).
  9. (en) « History of NEHGS » (consulté le 23 février 2014).
  10. (en) « Teacher's guide for PBS Ancestors series », sur BYU (consulté le 5 septembre 2006).
  11. André Burguière, L'historiographie des origines de la France, Annales. Histoire, Sciences Sociales, janvier 2003, p. 29.
  12. Christiane Klapisch-Zuber, L'arbre des familles, Éditions de la Martinière, 2003, 215 p. (ISBN 2732428256).
  13. histoire-genealogie.com, article du 4 juin 2009, dans sa dernière partie intitulée « Le projet ultime : l’arbre universel ».
  14. (en) Thea Miller, "The German registry: The evolution of a recordkeeping model," Archival Science Volume 3, Number 1 / March, 2003 pp 43–62; Michael Drake, "An Elementary Exercise in Parish Register Demography," Economic History Review Vol. 14, No. 3 (1962), p. 427–445 in JSTOR.
  15. (en) Pranava K Chaudhary, « Family records of Maithil Brahmins lost », sur India Times,‎ 3 April 2007 (consulté le 23 février 2014).
  16. a, b, c et d Anne-Noémie Dorion, « La généalogie, une passion française »,‎ 23 juillet 2011 (consulté le 14 mars 2014).
  17. En même temps il n'est pas facile de trouver des chiffres sur le sujet.
  18. Le site de GeneWeb de l'INRIA.
  19. Le projet @rbre - open 3D genealogy.
  20. Internet au service du généalogiste.
  21. a, b, c, d, e et f « Étude sur les usages de l’internet par les généalogistes » [PDF], sur Direction des Archives de France – département des publics.,‎ mai 2007 (consulté le 14 mars 2014).
  22. a, b et c Damien Barnier, « Internet dépoussière la généalogie - Ipsos Marketing »,‎ 3 mai 2010 (consulté le 14 mars 2014).
  23. Archives nationales de Luxembourg.
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  26. a et b « Les combattants français de la guerre américaine 1778-1783 » [PDF] (consulté le 7 mars 2014).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre-Valéry Archassal, ABCdaire de la Généalogie, Flammarion,‎ 2000 (ISBN 978-2080126863) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean-Louis Beaucarnot, La généalogie facile, Éditions Marabout,‎ 2002 (ISBN 2-501-02649-7) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean-Louis Beaucarnot, La Généalogie, mode d'emploi, éd. Marabout, 2002
  • Jean-Louis Beaucarnot, Qui étaient nos ancêtres ?, éd. JC Lattès, 2002
  • Émilie Pécheul, Réenchanter son histoire familiale. Petite introduction à la psychogénéalogie, éd. Arsis, 2008, (ISBN 978-2-35297-026-2)
  • Hélène Soula, Écrire l'histoire de sa famille, éd. Eyrolles, 2012

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Films et séries télévisées[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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