Généalogie d'Adolf Hitler
|
|
Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (octobre 2010).
Si vous disposez d'ouvrages ou d'articles de référence ou si vous connaissez des sites web de qualité traitant du thème abordé ici, merci de compléter l'article en donnant les références utiles à sa vérifiabilité et en les liant à la section « Notes et références ». (Modifier l'article)
|
La généalogie d'Adolf Hitler est complexe, notamment en ce qui concerne les ascendants mâles, et a été plusieurs fois modifiée, plus souvent pour des raisons politiques ou idéologiques que du fait de la découverte d'éléments nouveaux.
Sommaire |
Une généalogie incertaine et controversée[modifier]
Comme pour beaucoup d'enfants de cette époque, dont une partie des ascendants est issue de relations avec des servantes, il est difficile d'établir une généalogie assurée.
Son père Alois Hitler, né en 1837, est le fils illégitime de Maria Anna Schicklgruber, dont il porta le nom jusqu'en 1877, date à laquelle, à l'âge de 40 ans, il prit celui de Johann Georg Hiedler, mort en 1857, qui épousa sa mère en 1842 mais ne le reconnut pas de son vivant. L'ascendance même des frères Hiedler est incertaine, on les suppose nés de Martin Hiedler (1762-1829) et Anna Maria Goeschl (1760-1854).
Selon les historiens nazis, le père biologique d'Alois Hitler serait Johann Georg ; selon d'autres historiens, ce pourrait être Johann Nepomuk, frère du précédent et grâce à qui, semble-t-il, il parvint à prendre le nom de son père adoptif.
Selon que l'on retienne l'ascendance établie par l'état civil (registre paroissial de Mistelbach), celle supposée ou enfin l'indétermination sur la parenté biologique d'Alois Hitler, Klara Pölzl, troisième et dernière épouse d'Alois et mère d'Adolf, serait la cousine germaine ou la nièce de son mari, puisqu'elle est la fille de Johanna Hiedler, elle-même fille de Johann Nepomuk Hiedler, ou n'aurait aucune parenté biologique avec son époux.
La parenté d'Adolf Hitler sera traitée par branche et par ordre chronologique.
Du côté paternel, on ne peut remonter avec certitude qu'au premier degré pour les hommes, puisque la question du père biologique est indécise et celle du père officiel douteuse. Cependant cette branche se rattache à la généalogie d'Adolf Hitler par le côté maternel, et joue en outre un rôle certain dans l'historiographie nazie.
Pour leur grande part, les ascendants d'Adolf Hitler sont originaires de deux hameaux (alors situés dans l'Empire d'Autriche-Hongrie, aujourd'hui en Autriche) du Waldviertel, une région rurale et forestière au nord-ouest de Vienne : Spital près de Weitra et Strones près de Döllersheim.
Branche paternelle[modifier]
Martin Hiedler et Anna Maria Goeschl[modifier]
Sans certitude, on suppose que Martin Hiedler (1762-1829) et Anna Maria Goeschl (1760-1854), probablement des fermiers du Waldviertel, sont les parents de Johann Georg Hiedler, Johann Nepomuk Hiedler, et d'un troisième enfant, Lorenz Hiedler, sur lequel on sait peu de choses.
Johannes Schicklgruber et Thérèse Pfeisinger[modifier]
Johannes Schicklgruber (1764-1847) et Thérèse Pfeisinger (morte en 1821), les parents de Maria Anna Schicklgruber, sont une famille catholique de paysans pauvres d'Autriche. Ils eurent onze enfants dont seulement six survécurent aux maladies infantiles.
Johann Georg Hiedler[modifier]
Johann Georg Hiedler, Huettler ou Hüttler né le 28 septembre 1792 à Spital et mort le 9 février 1857 au même lieu, serait le fils aîné de Martin Hiedler et Anna Maria Goeschl.
Johann Georg était un compagnon meunier pauvre et itinérant qui se louait de moulin en moulin. En 1824, il épouse sa première femme, dont le nom reste inconnu et qui meurt en couches cinq mois plus tard. Longtemps après cela, il rejoint pour des raisons inconnues la famille de Maria Anna Schicklgruber à Strones, et épouse celle-ci le 10 mai 1842 à Döllersheim, alors mère d'un enfant de cinq ans prénommé Alois.
D'après l'historiographie officielle du Troisième Reich, Maria et Johann Georg auraient conçu l'enfant hors mariage, mais ce dernier ne l'a jamais reconnu de son vivant. Le couple laisse l'enfant au frère de Johann Georg, Johann Nepomuk Hiedler, et emménage à Klein-Motten. Devenu veuf en 1847, il reprend son travail itinérant avant de se fixer à Spital où il décède en 1857, à l'âge de 64 ans.
Maria Anna Schicklgruber[modifier]
Maria Anna Schicklgruber est née à Strones le 15 avril 1795 de Johannes Schicklgruber et Thérèse Pfeisinger, et morte à Klein-Motten (Autriche) le 7 janvier 1847.
Son enfance fut marquée par une vie paysanne rude et pauvre dans le Waldviertel. Thérèse Pfeisinger décède alors que Maria Anna est âgée de 26 ans. Anna Maria reçoit alors un héritage de 74 guldens. En « paysanne économe mais judicieuse », selon les termes de l'historien W. Maser, elle décide de prêter cet argent à un orphelinat jusqu'en 1838. À cette date, le placement a plus que doublé, s'élevant à 165 guldens[1].
Selon l'historiographie nazie, Maria Anna aurait été domestique chez les Frankenberger, une famille juive de Graz, dans la décennie 1830 avant de revenir à Strones. Le 7 juin 1837, célibataire et alors âgée de 42 ans, elle mit au monde Alois, qui portera le patronyme de Schicklgruber jusqu'en 1876. W. Maser souligne que Maria Anna refusa de révéler qui était le père du garçon. Elle fut alors recueillie chez une famille de Strones, les Trummelschlagen, qui devinrent parrain et marraine de l'enfant. Quelque temps plus tard, elle quitta la demeure avec son enfant pour rejoindre son père, Johannes Schicklgruber.
À une date inconnue, Johann Georg Hiedler rejoint les Schicklgruber. Il épouse Maria Anna le 10 mai 1842 à Döllersheim. Quelques mois après le mariage, Alois Schicklgruber est envoyé à Spital chez son « oncle » Johann Nepomuk Hiedler, fermier aisé frère de Johann Georg.
Au cours de la décennie 1840, Maria Anna et Johann Georg déménagent de la maison familiale de Strones pour aller vivre à Klein-Motten chez la famille Sillip. C'est là que Maria Anna décède d'une complication pulmonaire le 7 janvier 1847, à l'âge de 51 ans. Elle est alors inhumée dans le cimetière de Döllersheim.
En 1938, près d'un siècle plus tard, lorsque son petit-fils annexa l'Autriche au cours de l'Anschluss, les nazis, n'ayant pas retrouvé sa sépulture, lui attribuèrent une « tombe d'honneur » sur le mur de l'église.
Branche maternelle[modifier]
Johann Nepomuk Hiedler et Eva Maria Decker[modifier]
Johann Nepomuk Hiedler, Huettler ou Hüttler, né à Spital le 19 mars 1807 et mort le 17 septembre 1888 au même lieu, qui était l'arrière-grand-père maternel d'Adolf Hitler et son grand-oncle paternel, considérant la reconnaissance posthume de son père, serait le fils puîné de Martin Hiedler et Anna Maria Goeschl.
Le prénom « Johann Nepomuk » fait référence au saint patron tchèque Jean Népomucène (en tchèque Janu Nepomuckém), ce qui laisse supposer que sa famille serait originaire de Bohême ou y avait des attaches, d'autant plus que Spital est situé assez près de cette région.
Johann Nepomuk devint un fermier aisé et épousa vers 1828 ou 1829 Eva Maria Decker (1792-1873), de quinze ans son aînée. Au moins deux enfants sont nés de cette union, Johanna (grand-mère maternelle d'Adolf Hitler) et Walburga.
Légalement, il est l'oncle d’Alois, le fils de Maria Anna Schicklgruber, puisque celui-ci se fit reconnaître comme le fils de son frère Johann Georg en 1876; à ce titre il lui laissa à sa mort un héritage. Il décéda en 1888 à l'âge de 81 ans.
Certains historiens tendent à penser que Johann Nepomuk serait le père biologique d'Alois Hitler, ce qui en ferait alors à la fois l'arrière-grand-père maternel d'Adolf Hitler et son grand-père paternel.
Johann Baptist Pölzl et Johanna Hiedler[modifier]
Johann Baptist Pölzl (1828-1902), fils de Johann et Juliana Pölzl, est l'époux de Johanna Hiedler, fille de Johann Nepomuk.
Johanna Hiedler, Huettler ou Hüttler, puis en 1876 Hitler, est née le 19 janvier 1830 à Spital et morte le 8 février 1906 au même lieu. Elle est la fille de Johann Nepomuk Hiedler et de Eva Maria Decker (1792-1873) et la grand-mère maternelle d'Adolf Hitler. Comme beaucoup de paysannes de l'époque, Johanna Hiedler est née, s'est mariée et est décédée dans le même village, Spital, situé au sein de l'Empire autrichien.
Johann Baptist et Johanna Pölzl étaient de petits cultivateurs du Waldviertal. Ils se sont mariés le 5 septembre 1848. De leur union, naîtront onze enfants, dont cinq seulement survivront aux maladies infantiles. Leur troisième fille est Klara, troisième épouse d'Alois Hitler, et mère d'Adolf.
Les parents et leur descendance[modifier]
Alois Hitler[modifier]
Alois Schicklgruber, devenu Alois Hitler en 1877, père d'Adolf Hitler, est né le 7 juin 1837 à Strones et mort le 3 janvier 1903 à Leonding (Autriche). Il était fonctionnaire aux douanes austro-hongroises. Klara sera sa seconde épouse, ayant déjà été marié à Anna Glassl et avait eu deux enfants d'elle.
Klara Pölzl[modifier]
Klara Pölzl est née le 12 août 1860 à Spital et morte le 21 décembre 1907 à Urfahr dans la banlieue de Linz (Autriche). Elle est la mère d'Adolf Hitler. Employée de maison, elle sera au service d'Alois Hitler, qui est son grand-oncle, et de sa compagne d'alors Franziska Matzelberger. Elle finira par l'épouser le 7 janvier 1885, un an après la mort de sa première épouse de son mari, Anna Glassl.
Fratrie d'Adolf Hitler[modifier]
De ses trois épouses, Alois Hitler a eu huit enfants, plus semble-t-il un enfant adultérin avant ces mariages, sans que la chose soit totalement avérée et que l'on connaisse avec certitude le nom de la mère ni le nom de l'enfant.
De sa relation avec Franziska Matzelberger sont issus :
- Alois, né Alois Matzelsberger (13 janvier 1882-20 mai 1956), et postérité ;
- Angela (28 juillet 1883-30 octobre 1949), et postérité ;
De sa relation avec Klara Pölzl sont issus :
- Gustav (17 mai 1885 - 1887) † diphtérie ;
- Ida (23 septembre 1886 - 2 janvier 1888) † diphtérie ;
- Otto (8 septembre 1887) † diphtérie ;
- Adolf (20 avril 1889 - 30 avril 1945), sans descendance ;
- Edmund (24 mars 1894 - 2 février 1900) † rougeole ;
- Paula (21 janvier 1896 - 1er juin 1960).
Autres membres de la famille[modifier]
Angelika « Geli » Raubal[modifier]
Geli Raubal (« Geli » est le diminutif d'Angelika), née le 4 juin 1908 et morte le 18 septembre 1931, est la nièce d'Adolf Hitler, fille de d'Angela Hitler et de Leo Raubal. Il est largement répandu que Hitler avait des relations intimes, voire incestueuses avec elle.
Hitler a toujours essayé de contrôler sa nièce en l'empêchant par exemple d'avoir librement des amis et a essayé de toujours la faire accompagner par l'un de ses hommes de confiance. Malgré les efforts de Hitler pour contrôler Geli, elle parvint à conserver une certaine indépendance d'esprit et à faire ce qu'elle aimait dès que c'était possible.
Elle a été retrouvée tuée d'une balle de pistolet au cœur dans les appartements de Hitler à Munich le 18 septembre 1931 à l'âge de 23 ans. La cause officielle de son décès est le suicide, mais comme à cette période Hitler avait une influence sur la police bavaroise, personne ne peut dire si cette affirmation est objective. Plusieurs rumeurs circulent, dont l'une selon laquelle Hitler lui-même aurait tué Geli pour cause d'infidélité, mais la plupart des historiens s'accordent à dire que sa mort est réellement due à un suicide. Leni Riefenstahl, dans ses Mémoires, relate que lors d'une discussion tenue en 1944 avec Wilma Schaub, la femme du plus ancien aide de camp de Hitler, celle-ci lui a révélé la cause du suicide de Geli Raubal. En fouillant le manteau de Hitler, Geli aurait découvert une lettre d'Eva Braun qui était une « exubérante déclaration d'amour ». Souffrant de jalousie, Geli se suicida quelques heures plus tard. Cette version a aussi été confirmée par une autre secrétaire de Hitler, Christa Schroeder[2].
Heinrich « Heinz » Hitler[modifier]
Heinrich Hitler, surnommé Heinz (né en 1923, mort en 1942) est le fils d'Alois Hitler fils et de sa seconde épouse Hedwig Heidemann. Membre du parti Nazi, il intègre une école militaire d'élite du IIIe Reich, les Nationalpolitische Erziehungsanstalten. Il entre dans la Wehrmacht au début de la Seconde Guerre mondiale et sert sur le front de l'Est en 1941 comme sous-officier des transmissions dans le 23e régiment d'artillerie, et participe à l'invasion de l'Union soviétique lors de l'opération Barbarossa. Le 10 janvier 1942, Heinz Hitler est fait prisonnier lors d'une opération de récupération de matériel de transmission laissé sur une position arrière. Il est envoyé à Moscou et enfermé dans une prison militaire où il décède quelques mois plus tard.
Les Veit, cousins issus de germain de Hitler[modifier]
Vivant à Graz, cette branche de la famille de Hitler avait souvent été frappée de cas de déficiences mentales. Dans le cadre du programme Aktion T4, la cousine de Hitler, Aloisia Veit, souffrant de schizophrénie est envoyée à Hartheim dans ce qui est officiellement un asile mais est en fait un centre d'euthanasie systématique des handicapés mentaux : 18 500 handicapés y ont été assassinés. La cousine de Hitler y est gazée en décembre 1940, dans le cadre de la politique eugéniste[3].
Notes et références[modifier]
- À titre indicatif, en 1838, une vache valait 12 guldens et une auberge 500 guldens
- Douze ans auprès de Hitler, Albert Zoller, Ed. René Juillard (Paris), 1949
- http://www.youtube.com/watch?v=Q_zfRiU0joU
Voir aussi[modifier]
Bibliographie[modifier]
Études et témoignages[modifier]
- (de) August Kubizek, Adolf Hitler mein Jugendfreund, Leopold Stocker Verlag, 1953.
- (en) B. F. Smith, Adolf Hitler: His Family, Childhood and Youth, Hoover Institute, 1967.
- (de) Joachim Fest, C. Hitler, Verlag Ullstein, 1973.
- Adolf Hitler, Chroniques de l'Histoire, dir. J. Legrand, 1996.
- Ian Kershaw, Adolf Hitler : 1889-1936, tome I, Norton, 1999.
- (de) C. Mulack, Klara Hitler. Muttersein im Patriarchat, Göttertverlag, 2005.
- (nl) Vermeeren Marc, De jeugd van Adolf Hitler 1889-1907 en zijn familie en voorouders, Soesterberg, 2007, 420 blz. Uitgeverij Aspekt (ISBN 978-90-5911-606-1).
- Hermann Rauschning, Hitler m'a dit, Pluriel, 2005.
Roman[modifier]
- Norman Mailer, Un château en forêt, Paris, Plon, coll. « Feux croisés », 2007.
Articles connexes[modifier]
Liens externes[modifier]
- (de) Döllersheim : le village natal d'Alois Hitler que le Führer transformera en place de tir (sans doute en haine de son père).
- (de) Braunau am Inn : lieu de naissance d'Adolf Hitler. Il y vécut jusqu'à l'âge de trois ans.
- (en) Brève biographie de Paula Hitler
- (en) Brève biographie de Geli Rraubal