Fusion (revue)

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Fusion  
Discipline Épistémologie et l'histoire des sciences
Langue Français
Publication
Maison d’édition (France)
Période de publication de 1982 à 2006
Indexation
ISSN 0293-5880
OCLC 473634985

Fusion, publié de 1982 à 2006, était un magazine de vulgarisation scientifique spécialisé dans l'épistémologie et l'histoire des sciences. Son objectif était de redonner goût à la science et au progrès technologique.

Contenu[modifier | modifier le code]

La fondation à l'origine de Fusion entend s'opposer au Club de Rome, voyant dans ses publications Halte à la croissance ?, et La bombe de la population un frein au développement.

Fusion "entend être un outil d'éducation contre cette propagande pessimiste". La revue s'attachait à "redonner un sens de la découverte, de la véritable méthode scientifique, la méthode expérimentale et de l'hypothèse, associée aux grands penseurs et "se voulait "un espace de liberté pour la présentation d'idées scientifiques nouvelles, aujourd'hui trop souvent corsetées par des journaux scientifiques de plus en plus dogmatiques".

Ainsi, ses rédacteurs soulignaient l'importance de penseurs et de scientifiques tels que Platon, Nicolas de Cues, Gottfried Wilhelm Leibniz, Johannes Kepler, Pierre de Fermat, André-Marie Ampère, Carl Friedrich Gauss, Bernhard Riemann, Claude Bernard et Louis de Broglie. Ils n'hésitaient pas, en revanche, à critiquer d'autres scientifiques, comme Bertrand Russell, René Descartes, Isaac Newton, James Clerk Maxwell, Auguste Comte, Niels Bohr, ou Ilya Prigogine. Ainsi, un article prétend qu'Isaac Newton est un imposteur[1]. Fusion n'avait toutefois pas toujours de position tranchée, et pouvait donc refléter plusieurs points de vue selon les articles qui lui sont proposés, servant éventuellement de lieu de débat entre plusieurs auteurs[2].

Le magazine fut parfois accusé d'être "finaliste". Maurice Allais publia dans Fusion des articles censés réfuter la relativité restreinte. Pour d'autres analystes les articles de Fusion refusés par les autres journaux relèvent de la pseudo-science, par exemple sur l'hypothèse de l'existence et du rôle des monopôles magnétiques dans certaines catastrophes, comme celle de Tchernobyl[3].

L'historien des sciences Alexandre Moatti inclut la revue Fusion dans ce qu'il appelle l'alterscience : ceux qui rejettent des bases de la science du XXe siècle au nom d'une conception philosophique différente de la science[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

La fondation[modifier | modifier le code]

À l'origine, Fusion était la publication d'une association, la Fondation pour l'Energie de Fusion (FEF), créée en 1974 par Lyndon LaRouche, homme politique américain, avec plusieurs scientifiques. Pour ce dernier, le progrès économique capable d'accroitre la capacité d'accueil de la Terre augmente de pair avec la capacité de l'homme à maîtriser des nouvelles formes d'énergie d'une densité énergétique croissante.

La FEF voit aussi le jour au moment où les grands programmes technologiques américains (le programme spatial, mais aussi le programme de recherche sur la fusion nucléaire) commençaient à subir de fortes coupes budgétaires.

Disparition[modifier | modifier le code]

La revue Fusion a cessé toute activité en septembre 2006. Pour explication, Emmanuel Grenier, son rédacteur en chef, déclare :

«  S'il serait exagéré de dire que "Lauvergeon m'a tuer", pour reprendre une inscription célèbre, il est certain que les bonnes relations que Fusion entretenait avec Framatome ont immédiatement cessé lorsque Mme Lauvergeon a pris en main AREVA, réunissant en ses mains tous les pouvoirs en matière de communication. Quand Fusion a fait un numéro spécial sur le nucléaire, AREVA a refusé toute demande d'interview ! Et quand ce numéro a paru, le CEA a refusé d'en faire la moindre mention dans sa revue de presse, qui répertorie par ailleurs très soigneusement la moindre déclaration antinucléaire dans le moindre journal…» [5]

De plus, une controverse violente opposa Lyndon LaRouche, l'inspirateur de la revue Fusion, et son représentant en France Jacques Cheminade, à Emmanuel Grenier, son rédacteur en chef depuis 1989. Celui-ci, qui assurait la vie économique de la revue grâce aux revenus tirés d'une autre publication, la Lettre Industrie & Environnement, prenant acte de cette controverse et de la rupture unilatérale qui s'ensuivit, décida d'arrêter les deux publications [1].

Contributeurs réguliers[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]