Attentat de la rue des Rosiers

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Le restaurant Jo Goldenberg qui se trouvait au 7 rue des Rosiers, où a eu lieu la fusillade

L' Attentat de la rue des Rosiers est un attentat, dont la motivation antisémite découle de la cible, perpétré le à 13 h 10 contre le restaurant Goldenberg, 7 rue des Rosiers dans le quartier du Marais à Paris. Bilan : six morts et vingt-deux blessés. En 2011, la justice française a identifié le Fatah-Conseil révolutionnaire d'Abou Nidal comme responsable de l'attentat.

L'attentat[modifier | modifier le code]

C'est à l'heure de la pause déjeuner, le lundi 9 août 1982, qu'un groupe (de deux à cinq hommes armés selon les témoignages contradictoires[Qui ?]) fait irruption dans le restaurant de Jo Goldenberg, en plein Marais. L'un des hommes lance une grenade.

À cette heure d’affluence, une cinquantaine de clients se trouvent à table. Des coups de feu sont tirés.

Après l’explosion, le commando traverse le quartier, surnommé le Pletzl (où vit une forte communauté juive), en tirant dans la foule. En moins de trois minutes, l’attentat fait six morts et vingt-deux blessés.

Auteurs présumés[modifier | modifier le code]

Aucune organisation n'a revendiqué l'attentat.

Les services de police et de renseignements chargés de l'enquête ont tout d'abord soupçonné le Fatah, Conseil révolutionnaire d'Abou Nidal — un groupe palestinien dissident de l’OLP. Cependant une chose demeurait surprenante : Abou Nidal revendique toujours ses actions ; or, il contesta avoir été l'instigateur de la fusillade.

En octobre 2008, l'enquête rebondit grâce à un documentaire de Thierry Vincent diffusé sur Canal+. Dans ce documentaire qui s'appuie sur la contre-enquête minutieuse et étayée d'un ancien officier des Renseignements généraux, ce dernier met en évidence la venue à Paris le en provenance d'Allemagne via Metz, de deux terroristes "néonazis", Odfried Hepp et Walter Kexel. Le premier, ayant suivi des entraînements para-militaires dans certains camps radicaux palestiniens, travaille activement, depuis avril 1982, pour la Stasi[1]. Les deux terroristes recherchés par la police allemande pour de multiples attentats ont été identifiés à Metz (Moselle) chez un nazi notoire le 7 août au soir. De plus les portraits robots correspondent assez à la description des témoins (type européen, âge, etc.). Odfried Hepp, toujours vivant, ancien membre du FLP (Front de libération de la Palestine), ancien agent de la Stasi, reconnaît dans le documentaire que son acolyte (suicidé depuis) peut très bien en être l'auteur[2],[3].

Trois ans plus tard, en novembre 2011, l'enquête subit un revirement de situation avec l'annonce de l'identification des auteurs de la fusillade par le juge Marc Trévidic[4]. Il s'agit de deux hommes membres d'un commando du Fatah réfugiés depuis en Jordanie, pays d'où ils ne peuvent être extradés. Pourtant, un temoin privilégié (il a reçu une rafale dans les jambes du 1er tueur et une deuxième dans la poitrine du 2eme) est formel : « il ne s'agissait pas d'Arabe mais d'Européens, d'environ 22/23 ans. ». La piste jordanienne semble donc bien compromise par ce témoin[réf. nécessaire].

En marge de l'attentat[modifier | modifier le code]

En réaction à la fusillade, le président de la république François Mitterrand annonce qu'il confie la direction de l'enquête à la cellule antiterroriste de l'Élysée. La cellule est dirigée par le patron du GIGN, Christian Prouteau, et son adjoint est le Capitaine Paul Barril.

Le 28 août 1982, Barril interpelle les poseurs supposés de la bombe de la rue des Rosiers : des nationalistes irlandais. C'est le début de l'affaire des Irlandais de Vincennes - dans laquelle Paul Barril est soupçonné d'avoir apporté lui-même les pièces à conviction, armes, explosifs et documents compromettants.

Anecdote[modifier | modifier le code]

L’impact des balles est toujours visible sur la devanture. Mais en 2010, Goldenberg est remplacé par un magasin de vêtements et la plaque commémorant l'attentat a disparu. Suite à une demande formulée par des associations, une nouvelle plaque a été posée par la mairie de Paris le 29 juin 2011[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Der nützliche Nazi, Andreas Förster, berliner-zeitung.de, 14 juin 2001
  2. Attentat de la rue des Rosiers, la piste des néo-nazis allemands, Jean-Yves Camus, Rue89, 3 octobre 2008
  3. L'enquête sur la rue des Rosiers relancée, Pascal Bovo, bakchich.info, 3 octobre 2008
  4. Attentat de la rue des Rosiers: deux auteurs identifiés, Pascal Ceaux et Jean-Marie Pontaut, lexpress.fr, publié le 09 novembre 2011
  5. http://mairie04.paris.fr/mairie04/jsp/site/Portal.jsp?document_id=1734&portlet_id=115

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Attentat de la rue des Rosiers : La piste oubliée, 2008, Thierry Vincent

Liens externes[modifier | modifier le code]