Fusillés de l'Ariane

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Vue du drapeau tricolore et de la Croix Lorraine du carré des Fusillés de l'Ariane.

Les Fusillés de l'Ariane sont 25 personnes (23 résistants et deux collaborateurs) qui ont été fusillées par les nazis à l'Ariane à Nice (Alpes-Maritimes) les 22 juillet (2 résistants) et 15 août 1944 (21 résistants et 2 collaborateurs). Aujourd'hui, un espace commémoratif nommé le Carré des fusillés rappelle ces exécutions. On accède au Carré par le Chemin des fusillés. Cet espace commémoratif a été inauguré le 15 août 1945. Une importante cérémonie commémorative y a lieu tous les 15 août. Elle regroupe les officiels, les anciens combattants et les citoyens. Les noms des résistants sont cités puis il y a un dépôt de gerbes.

Vue générale des plaques nominatives et des cyprès.

Le Carré des fusillés se trouve le long du Paillon et la pénétrante du Paillon (d2204c), juste après le rond-point donnant sur le boulevard de l'Ariane, le pont de France et le chemin de la Lauvette, direction Cantaron (Alpes-Maritimes), en face du centre ville de La Trinité (Alpes-Maritimes). Le carré des fusillé consiste en une terrasse gravillonnée qui domine le Paillon, plantée de cyprès. Au centre de la terrasse gravillonnée se trouve une croix de Lorraine en bois portant l’inscription « 15 août 1944 ». Les noms et prénoms des 2 résistants fusillés le 22 juillet et des 21 résistants exécutés le 15 août 1944 sont présents sur des plaques commémoratives disposées de part et d'autre de la croix de lorraine, aux pieds des cyprès. Fort logiquement, rien ne rappelle l'exécution des deux collaborateurs.

La Gestapo de Cannes (Alpes-Maritimes) a elle aussi fusillé des résistants le jour du débarquement en Provence. Dix résistants (sept hommes et une femme) sont fusillés par trois officiers de la Gestapo dans les caves de l'hôtel Montfleury, siège de la Gestapo cannoise[1]. Huit sont tués mais deux hommes survivent malgré leurs blessures.


Sommaire

[modifier] Les fusillés du 22 juillet 1944

Deux résistants FTP, Charles Alunni et Claude Mendrjisezky, sont conduits hors de leurs cellules des Nouvelles-Prisons à Nice. Ils sont menés à l'école de l'Ariane pour y être jugés. Après un procès expéditif devant une poignée de militaires allemands décidés à frapper l'opinion, ils sont condamnés à mort. ils sont exécutés immédiatement. Il fait beau. À 10h30, l'officier allemand chargé de l'exécution appelle la Maison Roblot pour qu'un fourgon soit envoyé à l'école de l'Ariane pour venir y chercher le corps des deux résistants que l'on va fusiller.

Maryse, jeune niçoise qui revient de la ferme chargée du lait quotidien, assiste aux derniers instants des résistants. Elle se trouve là par hasard et se cache derrière les taillis.

Les deux résistants sont menés au lieu d'exécution derrière l'école. Ils empruntent un chemin recouvert d'herbes. Ligotés, ils avancent courageusement. Arrivés au lieu d'exécution, Claude Mendrjisezky refuse le bandeau. L'homme qui commande le feu est l'adjudant Jeep Sisowski. Cet officier blond au faciès inquiétant est aussi responsable de l'exécution du résistant juif Roland Levernay au vallon de la Faïssa à Nice le 7 août 1944. Il est onze heures. Les deux résistants tombent sous les rafales des mitrailleuses mortellement blessés. Fauché par les balles, Claude Mendrjisezky pousse un cri en s'affalant en avant. Les deux corps sont récupérés par les pompes funèbres Roblot puis emmenés au cimetière de Caucade à Nice. Ils sont pris en photographie pour identification.

[modifier] Les fusillés du 15 août 1944

Vue de la croix de Lorraine avec la date du 15 août au carré des Fusillés de l'Ariane à Nice.

Le 15 août a lieu le débarquement en Provence. La nouvelle se diffuse à Nice dans la journée. En représailles du débarquement, les responsables de la Gestapo niçoise, notamment Sikorski, responsable de la police allemande, sélectionnent 21 résistants (18 hommes et 3 femmes) parmi les détenus du quartier allemand des Nouvelles-Prisons. Ils ajoutent à ce groupe deux membres des groupes d'Action du Parti Populaire Français (PPF) qui ont voulu doubler le chef de la Gestapo dans une affaire de vols de biens juifs. Les détenus ont compris ce qui se prépare. Ils sont emmenés sur un terrain vague isolé de l'Ariane, à la limite de la commune de Nice, proche d'une usine, en bordure du Paillon de Nice. Ils sont obligés à sauter du camion et fusillés à coups de mitraillette au fur et à mesure vers seize heures. Jean-Baptiste Malausséna tombe en entonnant à voix haute La Marseillaise. Un cultivateur assiste de loin à toute la scène. Il donne l'alerte sur ce qui vient de passer. Les corps des exécutés sont photographiés .


[modifier] La mémoire des fusillés de l’Ariane

L'association « La mémoire des fusillés de l’Ariane » domiciliée à Saint-André-de-la-Roche (Alpes-Maritimes) œuvre à maintenir vivante la mémoire des résistants et soldats morts pour la France (réunir des témoignages, organisation d'événement, etc.).

Une pièce de théâtre a été réalisée par Robert Girod sur les fusillés du 15 août 1944. Elle est intitulée les Fusillés de l’Ariane et a été jouée plusieurs fois en 2007 sur Nice.

Une plaque commémorative située sur le Monument Aux Morts de l'Ariane à Nice rappelle les exécutions du 15 août 1944. On peut y lire l'inscription : En souvenir des fusillés de l'Ariane par les nazis le 15 août 1944.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens externes

[modifier] Bibliographie

  • Robert Girod, Les fusillés de L’Ariane, Artephis, Cannes, 1994.
  • Jean-Louis Panicacci, La Résistance azuréenne, Éditions Serre, 1994 ((ISBN 2864102110)).
  • Jean-Louis Panicacci, Les lieux de mémoire - De la deuxième guerre mondiale dans les Alpes-Maritimes, Éditions Serre (1997) (ISBN 2864102722).
  • ONAC 06, Les fusillés de L’Ariane 15 août 1944, Collection Mémoire de la seconde guerre mondiale dans les Alpes-Maritimes.

[modifier] Notes et références

  1. Jean-Louis Panicacci, Les lieux de mémoire - De la deuxième guerre mondiale dans les Alpes-Maritimes, Éditions Serre, 1997, page 18.
  2. Jean-Louis Panicacci, Les lieux de mémoire - De la deuxième guerre mondiale dans les Alpes-Maritimes, Éditions Serre, Nice, 1997, pages 22 et 27 et Robert Girod, Les fusillés de l'Ariane, 1994, page 14-15.
  3. Jean-Louis Panicacci, Les lieux de mémoire - De la deuxième guerre mondiale dans les Alpes-Maritimes, Éditions Serre, Nice, 1997, pages 22 et 89 et Robert Girod, Les fusillés de l'Ariane, 1994, page 39.
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