Fusil Charleville

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Fusil modèle 1777
Image illustrative de l'article Fusil Charleville
Fusil 1777 à canon lisse, corrigé en l'an IX
Présentation
Pays Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Type Fusil à poudre noire
Munitions 17,5 mm / .69"
Période d'utilisation 1776
Poids et dimensions
Longueur(s) 1,529 m
Longueur du canon 1,1366 m
Caractéristiques techniques
Mode d'action Platine à silex
Portée maximale 200 à 250 m
Portée pratique Jusqu'à 150 m
Cadence de tir 2-3 coups/min
Vitesse initiale 450 m/s au maximum (temps sec)

Le fusil Charleville Modèle 1777 est une arme conçue par le célèbre ingénieur Gribeauval et connue pour son emploi massif sur les théâtres militaires européens (Révolution française, guerres napoléoniennes) et également américains (Guerre de la Conquête, guerre d'indépendance des États-Unis, guerre anglo-américaine de 1812) de la fin du XVIIIe siècle au début du XIXe siècle.

Présentation[modifier | modifier le code]

Comme dans le cas de l'artillerie, Gribeauval tâcha de parvenir à une interchangeabilité des pièces comparables pour le fusil modèle 1777, qui fut adopté par l'armée royale en 1776. Il institua même un système dit « de 1777 », comprenant de nombreuses armes destinées aux différentes spécialités de l'armée.

Le fusil modèle 1777 résulte de la longue évolution d'une arme apparue en 1717 à la Manufacture d'armes de Charleville[1], destinée à remplacer les fusils de modèles pour le moins variés que les soldats français employaient au combat. Conçu de la manière la plus rationnelle qui soit, de façon à parvenir à une standardisation plus poussée, le fusil modèle 1777 dut être modifié en 1801. Dans l'intervalle, le système 1777, comptant quatorze types d'armes différents, avait été simplifié en étant porté à six modèles seulement.

Évolutions et limites[modifier | modifier le code]

Les principales transformations apportées à cette arme concernèrent l'embouchoir, la grenadière et la forme de batterie. Le fusil modèle 1777 se révéla d'une robustesse peu commune, même si sa fiabilité fut assez souvent sujette à caution. Il connut beaucoup de problèmes d'amorçage, et son canon qui ne supportait pas la poudre de mauvaise qualité, employée pourtant à l'époque par l'armée française, était régulièrement encrassé (obligeant le canon à être lavé au chiffon puis séché et graissé après 50 ou 60 coups, chose impossible sur le champ de bataille et qui de fait, obligeait la plupart des soldats à y uriner afin de le décrasser et de pouvoir s'en resservir)[2]. En outre, l'obturation de la lumière était très fréquente (par des résidus de poudre, de papier, etc.) faisant que seule la poudre contenue dans ce dernier s’enflammait.

En comparaison, le fusil modèle 1777 fut certainement quelque peu inférieur au Brown Bess utilisé par les troupes britanniques, qui sans être le meilleur du monde comme certains le prétendirent en son temps (car beaucoup moins précis, étant même totalement dépourvu de tout organe de visée) s'avérait toutefois plus puissant et davantage dévastateur contre la cavalerie du fait de son calibre (19 mm) et de sa vitesse de tir de 3 à 4 tirs par minute contre seulement 2 à 3 trois pour le fusil français[3].

Utilisation[modifier | modifier le code]

Tableau établi d'après les mémoires du Capitaine Rayne (Metz, 1818)[4].

Cependant, la longévité de cette arme en dit long sur ses qualités. Fabriquée jusqu'en 1822, elle fut produite à raison de 2 millions d'exemplaires, équipant tous les fantassins du 1er Empire qui combattirent sur l'ensemble des champs de bataille d'Europe et d'outre-mer.

La Garde Consulaire, puis Impériale, se servit du même fusil d'infanterie modèle 1777 que les autres Corps, mais cette arme se différenciait par un certain nombre de détails importants. La monture et les garnitures avaient été modifiées par rapport au modèle de base et le fusil en question disposait d'une platine de sécurité, destinée à empêcher que l'arme ne se déclenchât accidentellement ou que l'amorce fût atteinte par l'humidité.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Été 2012 : reconstitution de la bataille de Waterloo, grenadiers de la garde impériale et fusils en faisceau
Tableau tiré du "Manuel d'infanterie", 1808[5].

Fusil modèle 1777 corrigé an IX :


  • Poids du fusil : 4,6 kg
  • Longueur du fusil : 1,529 m
  • Longueur du canon : 1,1366 m
  • Calibre du canon : 17,48 mm
  • Diamètre de la balle : 16,54 mm
  • Longueur de la baïonnette : 0,4059 m
  • longueur de la lame de baïonnette : 0,38 m
  • Poids de la balle : 27,2 g (20 à la livre)
  • Poids de la charge de poudre : 12,24 g
  • Poids total de la cartouche : 39,44 g
  • Vent : 0,94 mm
  • Prix du fusil : 25 à 34 francs (selon la manufacture)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Henri Manceau,Jean Clerc - La Manufacture d'armes de Charleville, 1962, plaquette rééditée partiellement en 1990 par la SOPAIC
  2. Voir : Les cahiers du capitaine Coignet, publication par Lorédan Larchey, Ed. Hachette, Paris, 1883.
  3. Étant convenu que la fourchette supérieure dépend en grande partie du climat (sec) et de l'expérience du tireur.
  4. Voir : Napoléon Ier le magazine du Consulat et de l'Empire, N°35, p15.
  5. Manuel d'infanterie ou résumé des tous les règlements, décrets, usages, renseignements propres à cette arme, Ed. Magimel, Paris, 1808. Consultation en Pdf : http://www.austerlitz.org/download/manuel.infanterie.pdf