Fulgence de Ruspe

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Fulgentius von Ruspe 17Jh.jpg

Fulgence de Ruspe (Thelepte, 462 ou 467-1er janvier 527 ou 533) fut évêque de la ville de Ruspe[1], en Byzacène, Il a été canonisé comme saint.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fabius Claudius Gordien Fulgence est né dans une famille noble de Carthage, ville séparée de l'Empire romain une trentaine d'années plus tôt par la conquête vandale. Devenu orphelin, sa mère, Mariana, lui apprend le grec et le latin. Il devient procureur de la Byzacène. Il se lasse rapidement de la vie publique et, en particulier un sermon de saint Augustin sur le Psaume 36 qui traite de la nature éphémère de la vie physique, le détermine à devenir un moine à 22 ans.

Il demande à Faustus, un évêque qui, forcé par le roi vandale Hunéric de quitter son diocèse, avait fondé un monastère en Byzacène, de le prendre comme novice.

De nouvelles attaques dans la région forcent Fulgence à partir pour un autre monastère dont l'abbé se dénomme Félix. En 499, lors d'une autre persécution, ils fuient pour Sicca Veneria. Là, ils prêchent la doctrine de Chalcédoine sur la double nature de Jésus. En apprenant cela, un prêtre arien les fait arrêter.

Après avoir été libéré, Fulgence se rend à Rome puis revient en Byzacène, où il construit un monastère. La réputation de Fulgence se propage rapidement, et il lui est souvent proposé de devenir évêque de l'un des nombreux diocèses vacants, mais le roi Thrasamund réserve uniquement aux ariens les fonctions d’évêque.

Évêque de Ruspe[modifier | modifier le code]

Finalement, en 508, Fulgence accepte de devenir évêque de Ruspe. Il est sacré évêque par Victor de Vita. Il produit une forte impression sur les fidèles de son nouveau diocèse par ses vertus évidentes, mais il est bientôt déporté en Sardaigne, avec une soixantaine d'autres évêques orthodoxes.

En Sardaigne, Fulgence transforme en monastère une maison de Cagliari, et décide d'écrire pour aider les chrétiens d'Afrique.

En 515, il retourne en Afrique, ayant été appelé par Thrasamund pour un débat public avec ses remplaçants ariens. Son livre « Une réponse à dix griefs » est censé reproduire les réponses faites à leurs objections sur la position de Chalcédoine. Thrasamund est impressionné par la connaissance et l’expérience de Fulgence, mais, ne voulant pas que ses arguments ne tombent dans les mains de ses sujets ariens, il lui interdit d'écrire. Fulgence répond par une réfutation de la position arienne, connue sous le nom de "Trois livres au roi Thrasamund". Thrasamund autorise Fulgence à rester à Carthage. Mais à la suite des plaintes du clergé arien, il est banni en Sardaigne, en 520.

Sous Hilderic[modifier | modifier le code]

En 523, après la mort de Thrasamund et l'accession de son fils Hilderic, Fulgence est autorisé à revenir à Ruspe. Il essaye de ramener la population au christianisme orthodoxe. Il s'efforce de réformer de nombreux abus qui s'étaient répandus dans son diocèse en son absence. La puissance et l'efficacité de sa prédication sont si profondes que l’évêque de Carthage, Boniface, remercie publiquement Dieu de lui avoir donné un tel prédicateur.

Plus tard, Fulgence se retire dans un monastère à l'île de Circinia. Il est cependant rappelé à Ruspe, et y demeure jusqu'à sa mort le 1er janvier 533.

Écrits[modifier | modifier le code]

En tant que théologien, Fulgence est en accord avec saint Augustin. Il écrit contre l'arianisme et le pélagianisme.

La Patrologie latine comporte les écrits suivants :

  • Contre Fabien (Contra Fabianum (fragm.)); CPL 824
  • Contre le discours de l'arien Fastidiosus (Contra sermonem Fastidiosi Ariani); CPL 820
  • Contre les ariens (Contra Arianos); CPL 815
  • A Euthymius, De la rémission des péchés (De remissione peccatorum ad Euthymium libri II); CPL 821
  • A Félix, Sur la Trinité (De Trinitate ad Felicem notarium); CPL 819
  • L'Incarnation du fils de Dieu... (De incarnatione filii Dei et uilium animalium auctore); CPL 822
  • Lettres (Epistulae XVIII); CPL 817
  • A Monimus (Ad Monimum libri III); CPL 81
  • A Pierre, Sur la foi (De fide ad Petrum); CPL 826
  • Au Roi Thrasamond (Ad Trasamundum regem libri III); CPL 816
  • Sermons (Sermones VIII); CPL 828-835
  • De la vérité de la prédestination (De veritate praedestinationis); CPL 823

ainsi que

  • Adversus Pintam liber unus;
  • De Spiritu sancto ad Abragilam presbyterum commonitorium parvissimum;
  • Contra Faustum Reiensem libri septem.

Filioque[modifier | modifier le code]

Fulgence écrit dans sa « Lettre à Pierre sur la Foi » :

"Tenir la plus grande fermeté et ne jamais douter que le même Saint Esprit, qui est l'Esprit du Père et du Fils, procède du Père et du Fils, car le Fils a dit : "Quand l'Esprit de Vérité vient, lui qui procède du Père" , Il a enseigné que l'Esprit est le sien, car Il est la Vérité[2]."

Certains attribuent à Fulgence la rédaction du Symbole de Saint Athanase connu aussi sous le nom de Quicumque.

Vénération[modifier | modifier le code]

Il est fêté le 1er janvier, jour de l'anniversaire de sa mort. Ses reliques ont été transférées à Bourges vers 714. Elles ont été détruites pendant la Révolution.

Éditions[modifier | modifier le code]

  • Fulgence de Ruspe, Lettres ascetiques et morales. Texte critique par J. Fraipont. Introduction, traduction, et notes par Daniel Bachelet. Paris, Éditions du Cerf, 2004, (Sources Chrétiennes, n°487).
  • Fulgence de Ruspe, La Règle de la foi (De fide ad petrum). Introd., trad., notes, Olivier Cosma, J.-P. Migne, Paris 2006, (Les Pères dans la foi, n°93)

Références[modifier | modifier le code]

  • (en) « Fulgentius » dans The Oxford Dictionary of the Christian Church. F. L. Cross and E. A. Livingstone, eds. London: Oxford University Press, 1974.
  • (en) article dans Catholic Encyclopedia

Notes[modifier | modifier le code]

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  1. aujourd'hui Henchir-Sbia en Tunisie
  2. Lettre à Pierre sur la Foi, II. 54.

Source[modifier | modifier le code]