Peuls
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
| Peuls | |
|
Peuls Wodaabe du Niger (parfois surnommés M'Bororos) |
|
| Population totale | Il existe deux identités peules, l'ethnique et "l'assimilée". Cette donnée longtemps ignorée des ethnologues et des observateurs est désormais prise en compte par l'O.M.S lors des statistiques et les chiffres sont au final souvent majorés. On estime qu'il
y a actuellement 10 millions de Peuls dont plus d'1 500 000 en diaspora partout dans le monde et 8 millions de locuteurs. |
|---|---|
| Populations significatives en | Mauritanie, Sénégal, Guinée, Mali, Burkina Faso, Niger, Nigeria, Cameroun , Bénin |
| Langue | Pulaar (Fulfulde) terme étranger d'après les Peuls. |
| Religion | Islam sunnite 80%. NB : des traces de religion Shivaïte ont été retrouvées lors d'études comparatives ainsi que du shamanisme d'élevage, cf. Chiffres et signes cryptiques peuls. |
| Groupes ethniques relatifs | {{{Apparentés}}} |
Les Peuls constituent une ethnie présente dans une quinzaine de pays, en Afrique de l'Ouest, mais également au Tchad, en République centrafricaine et au Soudan – une implantation géographique liée aux besoins des troupeaux de zébus que la plupart élevaient à l'origine. D'abord nomades, beaucoup se sont sédentarisés. Ils se sont également convertis à l’islam en grand nombre. Dispersion et mobilité ont favorisé les échanges et les métissages avec d'autres populations. La question de l’origine des Peuls et celle de leur identité, pas uniquement liée à la langue peule (pulaar), continuent de faire débat.
Sommaire |
[modifier] Dénomination
Les Peuls s'appellent eux-mêmes " FulBé/Pulla "( pluriel) les termes fula, Fulbé,Foulbé,Fulani, Foute sont des termes attribués par d'autres ethnies d'après les Peuls eux-mêmes [ Fulla] " érrants"' ('Pullo au singulier). La racine [ pul ] en pulaar " se réaliser" et non pas "être" comme on le remarque, suppose que l'identité requière un "travail" sur soi. La racine d'origine viendrait de l'Inde : [ pul ] " mélangé", " qui voyage", " qui vient de loin" ;et qui donnera à l'époque védique Réf Pulastya " Sage aux cheveux lisses", Pulaha " Poil-Hérissé " (figures mythologiques de l'Inde ancienne), ne concernerait pas seulement des personnes mais des catégories de personnes .( Possibilité de commerce ancien avec Sumer, car la racine [ pul ] en Inde est une référence au trafic de fruits-secs entre les royaumes indusiens du Balouchistan et Sumériens -3000 av. J.C.) On compte plusieurs rois; Pulu (roi para-indien de Syrie)/Pulakesha ~550 av. J.C / Pulumâyi ou Pulomâ ~128/ ~156 av. J.C. de la dynastie Shâtavâhana, etc.article
"Peul" est le terme le plus utilisé dans les textes contemporains en français. Dans le passé on l'orthographiait plutôt " Peulh", mais cette forme subsiste parfois et l'on rencontre également " Peuhl".Allemand "Ful / Fulen"; anglais; " Fulani";arabe "Fulani"; wolof "pë'l" qui désigne ce peuple [1].
[modifier] Population
Les Peuls, ainsi que les Bororos (Woodabe), sont une ethnie de nomades et semi-nomades vivant en Afrique régions sud sahel : Mauritanie, Sénégal, Guinée, Mali, Burkina Faso, Niger, Nigeria, Cameroun, Tchad, Soudan .
Au Mali, les Peuls, principalement implantés dans la région de Mopti, constituent la deuxième ethnie après les Bambaras.la mauretanie, Le mali, le senegal et la guinée sont des pays a forte population peuls.
Les Peuls sont traditionnellement des nomades, essentiellement des éleveurs transhumants de vaches zébus et de chevaux (boucle du Niger/Basse-Égypte)
Les anciennes ethnies assimilées qui parlent le Peul sont appelées " Haal Pulaaren". Ceci concerne, entre autres, les Haoussa, les Sérères, les Soninkés, Mandingues, Wolofs, les Toucouleurs.
[modifier] Origines et histoire
Selon Henri Lhote[2], les Peuls seraient originaires de la haute vallée du Nil : Haute-Égypte, Nubie et Éthiopie. Les peintures rupestres de bovins permettent de suivre l'avancée de ce peuple, puisque c'est lui qui apporte la technique de représentation dans le Sahara. Arrivé en Mauritanie et au Sénégal, les traces deviennent plus difficiles à suivre : les grottes et rochers permettant la reproduction sont plus rares. Les Peuls auraient introduit l'élevage bovin et équin en Afrique.
Si les peintures rupestres permettent de suivre "l'avancée" de ces prétendus Peuls en Afrique de l'Ouest, elles n'ont jamais permis d'expliquer leur arrivée sur le continent. Les remarques d'Henri Lhote, d'abord contestées par de nombreux spécialistes, ne peuvent concerner que les images des chars dits à "spirales" du IIe millénaire avant notre ère qui étaient des motifs prisés par les Égéens et sans doute repris par des Libyens pour servir au prestige d'aristocraties locales. Ces mêmes chars ont été retrouvés sur des tombes à fosse du cercle A de Mycène et au Péloponnèse. < / ref< p. 16 - Roger Botte & Jean Boutrais, in Figures Peules, 1999 ,ed. Karthala.
D'après leurs légendes orales, les Peuls sont un peuple venu d' Orient en Egypte ancienne sous l'ère des Ptolémées - article.Ses ptolémées se sont metisssés avec les autochotones de la vallée du nil, se metissage allait donner naissance aux peuple peuls que l'ont connait aujourdhui.D'abord fixés à l'Est de l'afrique en particulier en égypte et au soudan, les peuls vont entreprendre une migration est-ouest, en traversant la region du sahara, fertile a l'epoque, jusqu'a atteindre la vallé du fleuve senegal, cohabitant avec diverses ethnies comme les, soninkés, wolofs, sereres, a l'epoque de l'empire du ghana, ensemble il vont donner naissances a l'ethnie toucouleurs resultat du brassage ethnique entre peuls et les ethnies cités surtout sereres, dans le tekrour . A partir du XIII eme siecle les peuls commençe avec le nomadisme leur migrations ouest-est, en atteignant les regions du massina aux mali, du fouta djallon en guinée, jusqua atteindre les region du lac tchad et le nord du cameroun, c'est ainsi qu'ils se sont étentu sur une bonne partie de la bande sahelienne, du senegal aux soudan. les Peuls vont résister durant trois siècles à l'avancée islamique. Ils seront convertis par Sékou Amadou aux alentours du XIXe siècle et cette islamisation leur permettra d'avoir une certaine unité politique. Seuls les Peuls Bororos, " les bannis", en réchapperont. Les "convertis" fonderont alors un empire, l'Empire peul du Macina au Mali, l'État du Fouta-Toro et le royaume peul et mandingue du Fouladou en Guinée, le Fouta-Djalon et au Nigéria, l'Empire de Sokoto, tous les etats a part les deux fouta, née aux XIX eme, ont été tres ephémere, malgres cela c'est qu'ils leur ont permis durant ce siecle, d'etablir une certaines égémonie des fulbe, ce qui nn'avait jamais été le cas avant. Les peulhs aujourd'hui sont presque tous musulmans, les traditions animistes sont toujours présentes au quotidien. Ils ont été parmi les propagateurs de l'islam en Afrique de l'ouest, notamment avec les personnages comme, Ousmane Dan Fodio, fondateur de l'empire du Sokoto, Sékou Amadou, fondateur de l'empire peulh du Macina, Modibo Adama, fondateur du royaume peulh de l'Adamaoua. Les Peuls conquérants pratiquant le Djihad islamique, sont souvent de familles peules sédentaires pratiquant l'agriculture, et métissée avec les populations avec lesquelles ils cohabitent.
[modifier] Culture
Du point de vue du physique, les Peuls à l'origine, avait le teint de peau blanc à cuivré, ou comme les Peuls disent, bodeejo, qui désigne la couleur rouge. Après des métissages, des teints de peaux variés ont commencé à apparaitre, d'ailleurs les Peuls ont un vocabulaire élaboré, pour designé les différentes teintes. A l'heure actuelle, ont rencontre des Peuls avec différentes nuances de couleurs allant du teint dit rouge, au teint noir pur, appelé baleejo. Avec les nombreux brassages ethniques, ont rencontre aujourdhui, chez les Peuls, des individus de toutes les tailles, teints, et traits du visage.Mais la "couleur de peau" n'est pas la seule de leurs caractéristiques, l'aspect longiligne à maigre, la finesse des traits et des os ( chevilles, poignets ), les yeux " fluides" en amande, les cheveux lisses, l'aspect "europoïde" en général, ont toujours intrigué les différents observateurs article
La transmission orale des traditions et des légendes est très importante chez les Peuls. Enseignée auprès des adolescents par les personnes les plus âgées et en particulier les femmes au travers de chants, de contines.La langue est encore essentiellement orale et transmise par les femmes. Elles véhiculent l'histoire du peuple, ses exploits, ses rites et ses vertus.
L'artisanat peul est également important,( couvertures munja , bijoux en or et en fer, colliers en cuir et perles).
Goût prononcé pour les langues, la poésie, les louanges, les épopées (joutes verbales "Kirlé" plur; "Hiirdé" sing.), développement d'une littérature. La plupart des Peuls sont polyglottes. La beauté est recherchée, la probité, la sagesse, l'intelligence et la discrétion figurent parmi les règles à suivre du pulaaku , ces règles souples régissant la "pulanité".
Pulaaku, "être" peul[3]
Le pulaaku [4] le pulaaku est « un ensemble de règles très subtiles »[5], morales et sociales, un « code de comportements jugés spécifiquement peuls »[6], voire « l’idéal projeté dans la manière d’être peul »[7].
Selon Elizabeth Boesen[8], « Le pulaaku se retrouve chez tous les groupes Peuls, dans toutes les régions ». « C'est une preuve de stabilité de la catégorie et une première indication sur sa signification et sa fonction qui, manifestement ne relève pas seulement du besoin d'identification liés à des contextes historiques particuliers. Dans cette acception très générale, on peut parler de la "pulanité" en tant que conscience d'une identité durable, conscience unissant les Peuls, indépendamment de toute explicitation au niveau du contenu ». Néanmoins José van Santen, dans ses études sur le terrain au Nord-Cameroun, constate que bien des Peuls ne voient pas de quoi il s’agit[9]. L'Indianiste Stein, ajoutera une note enrichie à la notion de segmentary State élaborée par Aidan Southall, à propos du pulaaku comme critère de sélection à chaque niveau de pouvoir. Il note par exemple, "l'absence de séniorité" ( contrairement aux successions et élections des groupes africains et au groupe de culture moyen-orientale proches) mais à "l'empilement d'élection par le conseil de même niveau et de confirmation ou d'intronisation par le niveau supérieur". "Dès lors, la langue elle-même, serait le pivot de plusieurs champs de signification, au tuilage des sons correspondants aux glissements de sens et le chevauchement des institutions et des groupes. En témoigne le fait que dans les sociétés peules où la "mise en caste" est la plus poussée, les groupes sociaux sont moins cloisonnés que ne le laissaient penser les taxinomies étiques élaborées dans les années 60."(p30 in " Figures peules")>/réf>.
Parmi ces valeurs peules figure la "suavité" ( beldum ) qui n’existerait que chez les Fulbe (bele sey to Pullo) et qui se concrétise non seulement dans leur hospitalité et leur générosité, mais dans tout leur comportement. On observe également une réticence à dire « non » ( e woodi ). C’est ainsi qu’un Peul n’opposera jamais un "non" ferme, il dira « e woodi » (c'est bien). Or, quand un Peul donne gentiment son accord, cela ne veut souvent pas dire grand-chose. D'eux-mêmes les Peuls disent qu'ils sont tous des "hypocrites" ou bien que c'était "pour faire semblant" (Pullo fuu munaafitiijo nun). Ils décrivent leur comportement comme étant forcé : le sentiment de honte, leur pudeur ( semteende ) ne leur laisse pas le choix. Le comportement peul n'aurait en quelque sorte aucun rapport avec autrui, mais avant tout avec lui-même – La vie nomade a développé un caractère indépendant et une hypersensibilité ne favorise pas le contact avec autrui.La société Peule est fortement hierarchisée, l'aîné est respecté et même craint. Les formules de politesse et les règles du savoir-vivre sont nombreuses et très importantes.Les comportements délictueux, la violence contre les femmes en particulier, sont très mal vue ( exclusion et/ou marginalisation du ou des coupables ).Elles ne sont pas voilées et il n'y a pas de lévirat. Enfin,les yeux ( yitèrè ) ont une grande importance et les Peuls n'aiment pas être confrontés à leur image, ni même que l'on en discute. C'est un trait caractéristique que l’on observe également à des degrés divers dans la civilisations africaine , de l'Égypte pharaonique à l'Afghanistan. Le fait de se montrer (photos, films) n'a pas de valeur dans cette culture.
On décrit parfois les Peuls comme « foncièrement individualistes et toujours prêts à fuir devant toute contrainte »[10]. Être Peul, ce serait être libre. Se réaliser en effet, ne peut se faire ni sous le joug de, ni sous la séduction de, ni même sous les conseils de.... La pulanité est autonome. Il n'y a pas de communautarisme chez les Peuls, mais il y a des revendications culturelles et identitaires, des clans, des individualités, des groupes épars. Le chef – ou une autorité quelconque – est élu par la participation active. On observe ainsi une alternance politique et des audits dès le XVIe siècle pour certains groupes.
Ils pratiquent presque un végétarisme naturel sans prétentions idéologiques ou religieuses, la consommation de la viande de boeuf en particulier est prohibée sauf en de rares occasions, mariage, naissance, visites importantes.
Les Peuls sont endogames article.Il existe quatre mariages Peuls avec quatre divorces correspondants; le mariage ( dewgal ) a lieu vers 21 ans. Il existe quatre mariages traditionnels avec chacun un divorce affilié; le premier mariage (décidé par les parents), le deuxième après un divorce ou un veuvage, le troisième, le mariage-don (politique), enfin, le culnol ou concubinage d'un noble avec une kordo, femme de condition servile article Un cinquième mariage " islamique " a été rajouté aux alentours du XVIe siècle. Il est rendu par le cadi , juge musulman, et possède deux divorces associés. Tous les types de mariages existent chez les Peuls. "Les Peuls "rouges" sont monogames".p.392-393 Amadou. Ampâté.Bâ.article " Les Peuls sont monogames dans l'ensemble.Ils peuvent divorcer plusieurs fois et ils contractent souvent plusieurs mariages au cours de leur vie 2 ou 3; la polygamie se rencontre surtout dans les villes chez les peuls islamisés.p.249( Marguerite Dupire.> / ref> Règles du cousinage (cousins de lait, " endam " et cousins de noms, cousins de clans) / Chez les Peuls wodaabe, les enfants sont mariés très jeunes, (car il existe un mythe fondateur du garçon et de la petite fille). Mais la jeune fille a le droit de vivre sa vie de célibataire jusqu'à ses dix-huit ans. Lors du worso (fêtes du Printemps) les hommes dansent le guerewol > ref/photo> où elles peuvent choisir un " fiancé". Les wodaabe sont des monogames "successifs" avec nombreux divorses ou séparations.Le concubinage est interdit et rapidement scellé par un " teegal " (litté." épousailles"). On note une survivance d'une "gynocratie", l'héritage est utérin (matrilinéaire).
- Castes
Les règles des castes ne semblent pas être remises en cause par le développement économique: les Bâ ouvrent des associations d'entraides, d'alphabétisation de masses, deviennent avocats, juristes, informaticiens, militaires, entrepreneurs, les Barî sont souvent professeurs, médecins, universitaires, chercheurs, les Sow ont souvent des exploitations agricoles ou forestières, ils ont des fermes (entrepreneurs agricoles) qu'ils cultivent article.
Dans les villes il existe trois classes sociales:
- RimBé ( nobles)
- Djaawondo ( guerriers / nobles)
- Kordo et MaccuBé ( "aidants", pour le bétail, l'agriculture, la forge)
-à l'intérieur de ce troisième groupe on distingue :
Les torodo de [tor] " prier, demander, solliciter "(griots,marabouts )
Les nyenyo de [nyeny] " pyrograver, orner, décorer" ( orphèvres )
L'ensemble comporte de nombreux homonymes suivant les parlers locaux mais relèvent des mêmes distinctions sociales.
- LA MUSIQUE
La musique accompagne tous les évènements importants de la vie: bâptème, mariages, initiation, rites funéraires, récoltes, etc.
- Chez les Peuls musulmans, la musique "profane " est interdite, seule la musique "sacrée" est accéptée.
La musique est sous deux formes verbale et instrumentale.
On distingue quatre sorte d'instruments:idéophones; cordes; aérophones et membranophones.
1. idéophones ( instruments dont le son provient de la vibration de la matière par une frappe directe )
- laala ou sistres composés de rondelles de calebasses enflées le long d'un axe et agitées d'avant en arrière.
- horde ( le ), cithare sur rideau constitué d'une calebasse taillée.Sert à rythmer la danse des acrobates.
- kunna (le) taillé dans un tronc de fromager utiliser par les acrobates au cour de cérémonies comme la circoncision.
2. cordes ( son produit à partir de cordes tordues ou pincées)
- baylol ( le) "arc" musical, instrument le plus simple et le plus ancien. Semblable à la guimbarde .
- nheenheru ou vielle angulaire calebasse à quatre cordes recouverte d'une peau d'iguane et prolongée par un manche. On en joue à l'aide d'un archer tendu de crins de cheval.
- bolon ( le ) ou harpe angulaire grosse calebase à cinq cordes recouverte de peau de chêvre au manche légèrement recourbé.
- Kerona ou luth instrument le plus ancien, calebasse semi-ovale prolongée par un manche sur lequel sont tendues trois ou quatre cordes. Le manche est recouvert d'une plaque de métal ( sanjeere ), portant des anneaux servant de "castagnettes".
3. aérophone ( instruments de musique dont le son est produit par la vibration de l'air )
- tunni ( le ) flûte longitudinale à 5 ou 7 trous; l'extrêmité supérieure est taillée en forme de bec et coiffée d'une petite calebasse.
- serdu (le) flûte traversière en roseau de 3 à 4 trous
( Les flûtes sont les instruments préférés des Peuls, facilement transportables ce sont des instruments pastoraux et ont sans doute traversé les siècles ).
4. membraphones ( son produit par percussion d'une peau tendue )
- jimbe (le) ou tam-tam est une sorte de mortier à fond ouvert recouvert d'une peau de chêvre retenue par des lanières de cuir et deux ou trois plaques de tôle sur les côtés supérieurs.
- tabala (le ) ou tabalde est une sorte de tambour formé d'une cuve en bois semi-sphérique et recouverte d'une peau de vache tendue et retenue par des lanières de cuir; la peau est frappée à l'aide de deux bolde, baguette en peau de bête arrondie.
[modifier] Notes et Références
[modifier] Langue
Les classifications actuelles des langues africaines s'appuient encore souvent sur les travaux de Maurice Delafosse, Lilias Homburger ou Diedrich Hermann Westermann, et surtout sur ceux de Joseph Greenberg dans les années 1950. C'est ainsi que le peul est généralement rattaché à la branche ouest-atlantique de la grande famille des langues nigéro-congolaises, au même titre que le sérère ou le wolof. En linguistique, seules les super-familles de langues font l'objet d'un consensus. Mais chez les linguistes anglo-saxons, le classement est moins rigide, ainsi, on trouve dans la famille nigero-Kordofanienne, le Mandingue, et le Swahili. Cette dernière langue est souvent étudiée en vis-à-vis avec le pulaar car comme lui, elle présente d'autres langues incluses à différentes époques dans le lexique arabe; langues indiennes; persan... Le Nigero-Kordofanien, comporte 1000 langues parlées par 200 millions de locuteurs. Le Nigero-Kordofanien est considéré par certains linguistiques comme une sous-branche éloignée des langues nigéro-congolaises (elles semblent former un groupe à part). Autre super famille souvent citée avec le peul (notamment pour les groupes vivant au Tchad et au Soudan) : l'Afro-Asiatique. Celle-ci comporte; le berbère; l' ancien Egyptien; l'hébreux ; l'araméen soit, le chamito-sémitique sous-branche de l'Afro-asiatique famille génétique ainsi que la grande famille nigérienne du haoussa article/ Dr. George Boeree de la Shippensburg University. article. Néanmoins pour cette dernière famille, seul l'arabe à faible proportion est observé dans le lexique peul et il a une entrée récente "historiquement" connue (période d'islamisation). Le pulaar est une langue à la fois flexionnelle et agglutinante. On distingue souvent l'une et l'autre, mais, dans les faits, le terme de "langues flexionnelles" englobe les langues agglutinantes. article
Des investigations contemporaines plus approfondies et plus complètes semblent remettre en cause la classification officielle privilégiant l'appartenance au groupe nigero-congolais au profit de l'"afro-asiatique" ou nigéro-kordofanien ( thèse anglo-saxone déjà ancienne) et du caucasien sous branche ne favorisant pas le consensus. En 1994 le lexique établit par Christiane Seydou a été l'objet d'études réçentes et confirme la parenté du pulaar avec les langues agglutinantes du Caucase et de l'Inde . Ces recherches linguistiques historiques et comparées en cours tendent à confirmer la thèse selon laquelle les Peuls appartiendraient à un rameau "indo-iranien occidental" dont les entrées massives en Égypte datent effectivement du IIe millénaire, soit de la XVIIIe dynastie égyptienne ("tribus fonctionnelles") Réf Georges Dumézil, (carte génétique de l'Europe et du Moyen-Orient)(p.67 in revue " La Recherche" )une domination qui verra son apogée au cours du règne des Ptolémées. Les études comparatives menées à partir du lexique peul – qui n'existait pas jusque là – ont en outre mis en évidence des traces de langues dravidiennes, de sanskrit (prakrit) Réf, de telugu, de kannara ou kanada, de tamil, de khotanais, de pâli et d'ardha magadhî pour la partie orientale ; de ionien (grec du Ve siècle siècle av. J. C.) et de macédonien (indo-parthe) pour la partie occidentale Réf. Les recherches concernant les langues altaïques sont en cours. Nous sommes là sur un vaste rameau dont les sources se trouvent autour de la mer Noire, de la mer Caspienne, de la Syrie, de l'arménie et de l'Inde. Les langues flexionnelles comprennent entre autre: l'indo-européen; le sanskrit (qui appartient au rameau iranien occidental branche orientale de l'Indo-Européen); le grec ancien ( dont le ionien et le macédonien découvert dans le pulaar); le géorgien ( lui-même comportant quelques traces de langues éteintes); l'arabe ( qui est aussi flexionnel), les langues agglutinantes, toutes les langues dravidiennes, telugu; kannara etc. Il n'existe aucune langue entièrement d'un type. "Si l'on utilise la méthode typologique qui se fonde sur les similitudes de structure, on constate qu'en de nombreuses aires une grande diversité génétique ( métissage) s'accompagne de traits typologiques communs" < ref>p.20 Figures Peules ( en linguistique famille génétique). Cela est particulièrement patent pour les peuples dit "frontieres", pour lesquels des études plus poussées doivent être menées. L'Institut français d'études anatoliennes à Istanbul, le Musée de l'Orient et de la Méditerranée à Lyon et l'Institut national des langues et civilisations orientales (INaLCO) de Paris prennent une part active dans cette réflexion.
L'indianiste Alain Daniélou rattache le peul aux langues dravidiennes : « Des survivances de langues dravidiennes se trouvent sur tout le pourtour du monde méditérranéen. Les plus importantes sont le géorgien du Caucase, le peulh (comme l'ont démontré des recherches récentes) et vraisemblablement le basque »[11] ; « Les langues agglutinatives de type dravidien, aujourd'hui subsistant dans le sud de l'Inde et dont les branches occidentales étaient entre autres, le sumérien, et sont encore jusqu'à nos jours le géorgien et le peulh »[12].
Les études comparatives sur la langue peule exigent une parfaite connaissance du sanskrit, du monde indien, dravidien et védique. [ pul ] [ Weed] " se rassembler en un lieu, écouter (qqn)"/ [weedd] " donner, tenir entre les mains déployées (feuillets), entendre, mots-emportés-par-le-vent, distribuer ", ainsi que du Grec archaïque en particulier le y ( yod ) et le w. Ces recherches devraient à terme changer la classification du pulaar au sein des langues Réf. En outre elles permettront vraisemblablement de mieux comprendre ce qui s'est passé à l'Est de l'Afrique entre -1500 et 900 après J.C.
[modifier] Patronymes
A l'origine:[Bâ]; [ Barî] et [ Saw]. Les noms Bâ et Barî viendraient de la même racine indienne drav.? [ Bhar] " L'Êloquence" ( Bhâratî ).Mais aussi "le refus de la société"; " qui s'extrait, s'isole" ( période bouddhique).[pul] [ baar- ] " s'esquiver, échapper, abandonner, rejeter totalement". Les Peuls auraient cherché à recréer leur idéal de société, à savoir la "trifonctionnalité" propre aux sociétés iraniennes Réf que les Portugais après les avoir découvertes en Inde appelleront "casto", "distinction, séparation". Ainsi les Bâ sont les " guerriers", "Les Porteurs de Tambours" et "'vont au combat avec le sourire'" d'où une confusion étymologique avec Diallow [jaal] " taquiner,plaisanter" (Peul + Mandingue) mais [ba'] en racine Peule veut dire " tourner en dérision".Les Bâ vont au combat avec le sourire article, mais "ils ne peuvent pas expliquer les choses", ce sont les Barî qui en ont la charge. Ils s'occupent de la transmission, de l'éducation, de la mémoire et de "l'élévation spirituelle". En Inde on le notera cette lignée a donné des poètes et beaucoup d'ascètes.Saw / Sow viendrait à l'origine de l'iranien occi.[sau] " doubler, séparer, distinguer" par euphé. "métis" article puis plus tard en Inde,il aurait donné le sanskrit [sou(r)/suu(d)/svah] " disciples du feu"; " faire brûler de l'encens", "fumigation"; " libations" ( préposés aux rites funéraires; bois pour l'incinération ) 3° fonction. Dans la société Peule ils sont les artisans, les commerçants. 3° fonction.Pul. / [ so'] "suivre"," se mêler de" ;" apporter du bois"; " impurs "; Il signifierait également "métis". Le patronyme "Dial" est apparu aux alentours des XIVe et XVe siècles / Ka et Hama ( autre nom des Peuls),seraient des toponymes.
Les patronymes peuls les plus courants de nos jours sont : Ba, Barro, Dia, Barry, Ka, Diallo, Sall, Sow ou Sidibé, Baldé,... On en compte encore une dizaine.
[modifier] Notes
- ↑ Arame Fal, Rosine Santos et Jean L.Doneux, Dictionnaire wolof-français,Paris, Karthala, 1990, p.169
- ↑ Henri Lhote, « L'extraordinaire aventure des Peuls », Présence africaine, n° 22, octobre-novembre 1958, p. 48-57. L'auteur est un spécialiste des peintures rupestres de bovins du Sahara.
- ↑ « Pulaaku, "être" peul », titre du chapitre II dans Aboubacar Barry, Le sujet nomade : lieux de passage et liens symboliques, Paris ; Budapest ; Turin, L'Harmattan, 2003, p. 66
- ↑ Le suffixe –aaku est propre aux mots abstraits tels que sukanaaku (jeunesse) ou dimaaku (noblesse).
- ↑ (A. Barry, Le sujet nomade, op. cit., p. 69
- ↑ (José van Santen, « Garder du bétail, c’est aussi un travail » : les relations entre les pasteurs peuls et agriculteurs, du centre Bénin et du Nord-Cameroun » in Youssouf Diallo et Günther Schlee (dir.), L'Ethnicité peule dans des contextes nouveaux, Karthala, 2000, p. 146
- ↑ Alpha Ousmane Barry, « Mode d’expression poétique et stratification sociale dans l’Etat théocratique du Fouta Djallon », Presses universitaires de Franche-Comté, 2004, p. 140 [1]
- ↑ Elizabeth Boesen, « Pulaaku, Sur la foulanité » in Roger Botte et Jean Boutrais (ed.), Figures peules, Karthala, 1999, 539 p.
- ↑ José van Santen, « Garder du bétail, c’est aussi un travail », loc. cit., p. 146
- ↑ « Foncièrement individualistes et toujours prêts à fuir devant toute contrainte, les peuls n'ont longtemps connu en fait d'autorité politique que celle qu'exerçait de façon très lâche le chef d'un fragment de lignage sur les siens et sur quelques familles isolées. », Pierre Francis Lacroix, « Peuls », Encyclopédie Universalis, DVD, version 10, 2004
- ↑ Alain Daniélou, La Civilisation des différences, Kailash, 2004
- ↑ Alain Daniélou, Mythes et dieux de l'Inde. Le polythéisme hindou, Flammarion, 2007, p. 10
[modifier] Voir aussi
[modifier] Articles connexes
- Espace culturel du yaaral et du degal (festivités liées à la traversée du fleuve Niger par les troupeaux des Peuls au Mali)
- Laobés
- Groupes ethniques du Sénégal
- Liste des groupes ethniques d'Afrique
- Egypte
- Civilisation de l'Indus
- Ptolémées
- Perse
- Scythes
- Sarmates
- Saka
- Shamanisme
- Théorie de l'invasion aryenne
[modifier] Bibliographie
- (fr) Les Peuls du Manding, Organisation de l'Unité Africaine. Centre d'études linguistique et historique par tradition orale / 19XX
- (fr) Cheikh Ba, Les Peuls du Sénégal : étude géographique, Paris, Université de Paris VII, 1982, 541 p. (Thèse d'État, publiée)
- (fr) Oumar Ba, Les Peuls du Fouta Toro à travers leur tradition nationale orale et écrite, Paris, Université de Paris, 1973, 1724 p. (TDU)
- (fr) Bonheur et souffrance chez les peuls nomades, Conseil international de la langue française, 1984
- (fr) Boubacar Hama Beïdi, Les Peuls du Dallol Bosso : coutumes et mode de vie, Sépia, 1993, 188 p.
- (fr) Philippe Bernardet, Association agriculture-élevage en Afrique : les Peuls semi-transhumants de Côte-d'Ivoire, Éd. l'Harmattan, 1984
- (fr) Youssouf Tata Cissé, L'Empire du Mali : Les peuls du Manding, Fondation SCOA pour la recherche scientifique en Afrique noire, s.d.
- (fr) Issaga Corera, Le mythe du héros dans la geste pular, Nouakchott, mémoire ENS, 1980, 126 p.
- (fr) Alain Daniélou, La Civilisation des différences, Kailash, 2004 ((ISBN 2842680979)
- (fr) Alain Daniélou, Mythes et Dieux de l'Inde , Flammarion, 2007 (ISBN 2080813099)
- (fr) Bernard Descamps, Le Don du fleuve : Poèmes Peuls, Filigranes, 1999, 124 p. (ISBN 2910682560)
- (fr) Thierno Diallo, Sur l’origine et la dispersion du peuple peul avant le XIXe siècle, Paris, Université de Paris, 1964 (Diplôme d’Études Supérieures, publié en 1972, Dakar, Université de Dakar, Annales Faculté des Lettres, n°2, p. 118-193
- (fr) Marguerite Dupire, Organisation sociale des Peul. Étude d’ethnographie comparée, Paris, Plon, 1970, 624 p. (Thèse Doctorat)
- (fr) Pierre Gourou, Les aventures de Kataboum (conte bilingue), L'Harmattan, 1997, 24 p. (ISBN 2-7384-5020-2)
- (fr) Henri Lhote, « L'extraordinaire aventure des Peuls », Présence africaine, n° 22, octobre-novembre 1958, p. 48-57 [2]
- (fr) Aboubacry Moussa Lam, De l'origine égyptienne des peuls, Présence africaine, 1993, 463 p. (ISBN 2708705709)
- (fr) Alain Le Pichon, Souleymane Balde et Diawne Diamanka, Le troupeau des songes. Récits, Maison des Sciences de l'Homme, mai 1991 (ISBN 2735104117)
- (fr) Sandrine Loncke, Les peuls Bororos : nomades du Sahel, Vilo, 2000
- (fr) Siré Mamadou Ndongo, La création culturelle dans le Fantang (texte épique et mythique peul), Dakar, Université de Dakar, 1977, 223 p. (Mémoire de Maîtrise)
- (fr) Siré Mamadou Ndongo, Le Fantang. Poèmes mythiques des bergers peuls, Paris, Karthala/UNESCO/IFAN, 1986, 204 p. (Mémoire de Maîtrise publié)
- (fr) Seydi Sarr, Le Pékane des Cubalbé peul, Dakar, Université de Dakar, 198?, (Mémoire de Maîtrise)
- (fr) Abdoulaye M. Tall, Fécondité rurale et fécondité urbaine en milieu poular sénégalais, Université de Montréal, 1988 (M. Sc.)
- (fr) Oussouby Touré et Joël Arpaillange, Peul du Ferlo, Paris, L’Harmattan, 1986, 77 p.
- (fr) Gilbert Vieillard, Notes sur les Peuls du Fouta-Djallon (Guinée française), Institut français d'Afrique noire, 1940
- (fr) Georges Dumézil, Mythes et Dieux des Indo-Européens, Mariages Indo-Européens et Heurt et Malheur du Guerrier, Romans de Scythie et d'alentours, Mythes et Épopées (Voir. Toute la collection.)Flammarion 1992
- (fr) Roger Botte, Jean Boutrais, Jean Schmitz Figures Peules, Karthala, 1999
- (fr) La Bhagavad-Gitâ bilingue, Les Belles Lettres, 2004
- (fr) Louis Frédéric, Histoire de l'Inde et des Indiens, Critérion, 1996
- (fr) Iaroslav Lebedinsky, Les Nomades, Errance, 2007
- (fr) E.D Phillips, Les Nomades de la Steppe, Paris, Séquoia, 1959
- (fr) Jean Varenne, Le Vedâ, Les Deux Océans
- (fr) J.Jacques Glassener, La Mésopotamie, Les Belles Lettres
- (fr) Alain Anselin, La Question Peule, Karthala
- (it) Joshi, Les Zébus de l'Inde et du Pakistan, A. Pedone, 1955 (une idée originale, étudier les bêtes plutôt que les hommes, voir notamment boeuf "sirii".)
- (fr) Mahâbhârata, I. II. III. Albin Michel, 2007; réédition permanente.
- (fr) Jacques Frin, Histoire du Mitanni, L'Harmattan, 2000
- (fr) Philippe Huyse, La Perse Antique, Guide des Belles Lettres, 2000
[modifier] Liens externes
- (en) Jamtan Fulani (un site consacré aux Peuls et à leur langue)
- (fr) Musée d'Archéologie de la Méditérranée et de l'Orient ancien
- http:// www. institut de recherches anatoliennes
- (en) Avesta: Vendidad (English): Fargard 1.

