Fruit à coque

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Les fruits à coques aussi appelés fruits à écale, sont les fruits disposant d’une coque solide et imperméable la plupart du temps. Ils peuvent être source d’allergie.

Définitions : fruits et graines[modifier | modifier le code]

Sur le plan botanique, le terme fruits n'est pas correct ; il s'agit en réalité de fruits ou de leurs graines, appartenant à différentes familles :

Dans tous les cas, ce sont les cotylédons qui sont consommés.

Santé[modifier | modifier le code]

La consommation d'une portion de fruits à coques plus d'une fois par semaine semble protéger contre l'infarctus du myocarde et l'accident vasculaire cérébral[1] et que plus leur consommation était fréquente, plus la protection conférée était grande. Elle diminue la mortalité globale, quelle que soit sa cause[2].

La consommation fréquente de fruits à coques diminue le risque de diabète de type 2 ou diabète de l'adulte. Il semblerait que cet effet tienne à leur activité anti-inflammatoire [3]. Les fruits à coques protègeraient aussi contre certaines formes de cancer. L'étude prospective européenne sur le cancer et la nutrition (European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition, EPIC) a notamment découvert que plus les femmes consommaient de fruits à coques et de graines, moins leur risque de cancer colorectal était élevé. Aucune association de ce type n'a toutefois été observée chez l hommes[4].

Cependant les fruits à coques exposent à des allergènes pouvant conduire à des réactions anaphylactiques graves, voire mortelles. Les deux allergènes majeurs de la noix sont : l'Albumine 2 S et la Vicilline. Mais il existe également une protéine de transfert lipidique de 9 Kd (LTP). Ces allergies sont en augmentation parallèlement à l'accroissement de la consommation par la population des fruits à coques qui rentrent dans la composition de nombreuses recettes de l'industrie agro-alimentaire[5]. Dans les pays développés, la fréquence des allergies aux noix varie de 6,5 à 30 % [6].

Composition des fruits[modifier | modifier le code]

Les fruits à coques sont très riches en graisses mono-insaturées et poly-insaturées, qui sont bonnes pour la santé, et pauvres en graisses saturées qui contribuent à l'élévation du taux de cholestérol.

Outre les matières grasses, les protéines et les fibres, chaque type de fruit à coques contient des vitamines et des minéraux qui lui sont propres. La plupart contiennent des quantités utiles de vitamine E, un antioxydant très puissant qui neutralise les radicaux libres et les empêche de s'attaquer aux cellules saines ; de l'acide folique qui joue un rôle important dans le maintien du taux d'homocystéine (un acide aminé dont la présence en concentrations trop importantes dans le sang est un facteur de risque de maladie cardiovasculaire) ; et du magnésium qui intervient dans le contrôle de la pression sanguine. Les fruits à coques contiennent également plusieurs autres éléments bénéfiques tels que des stérols végétaux, des phyto-œstrogènes et d'autres phyto-nutriments qui jouent tous un rôle dans la santé cardiaque.

Action anti-inflammatoire[modifier | modifier le code]

Les fruits à coques exercent une action anti-inflammatoire sur les artères, l'inflammation étant un signe précoce de maladie cardiovasculaire[7]. Ils sont particulièrement riches en arginine, un acide aminé d'origine protéique qui intervient dans la synthèse de l'oxyde nitrique, qui à son tour contribue à détendre et à dilater les artères et les autres vaisseaux sanguins et favorise la circulation sanguine. Une étude espagnole récente[8] a découvert qu'un régime alimentaire riche en noix de Grenoble réduit l'inflammation artérielle et peut contrer les effets d'un repas riche en matières grasses. Par contre, cette étude n'a pas permis de déterminer si l'effet protecteur sur les vaisseaux sanguins provenait des graisses polyinsaturées (les noix sont riches en acides gras oméga 3), de l'arginine, des antioxydants ou d'une combinaison de ces trois éléments.

Utilisation de la coque[modifier | modifier le code]

La coquille des fruits à coques ne se jette pas forcément. Pour la petite histoire, Louis XI, par peur de se faire trancher la gorge par son barbier se faisait « araser » la barbe à l’aide de coquilles de noix préalablement chauffées. Les boulangers l’utilisaient autrefois, réduite en poudre et étalée sur la sole des fours à bois, pour éviter que le pain n’attache à la cuisson. Aujourd’hui, elle entre dans la composition de boues spéciales destinées au colmatage des fuites dans les forages pétroliers, dans la constitution d’agglomérats à la NASA pour isoler les « tuiles » des navettes spatiales des fortes températures. On peut avec la coquille de noix broyée, fabriquer des contre-plaqués, de l’aggloméré ou bien encore sabler des façades. Réduite en poudre de granulométrie très fine, elle sert d’abrasif pour polir des pièces de haute précision en aéronautique. Enfin, la coquille de noix est un excellent combustible pour enfumer une ruche ou tout simplement démarrer un feu de cheminée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sabate J. (1999). Nut consumption, vegetarian diets, ischemic heart disease and all-cause mortality: evidence from epidemiologic studies. American Journal of Clinical Nutrition 70; 500S-503S
  2. Bao Y, Han J, Hu FB et al. Association of nut consumption with total and cause-specific mortality, N Engl J Med, 2013;369:2001-2011
  3. Jiang R. et al (2002). Nut and peanut butter consumption and risk of type 2 diabetes in women. Journal of the American Medical Association. 288;1544-2560
  4. Jenab M. et al (2004). Association of nut and seed intake with colorectal cancer risk in the European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition. Cancer Epidemiology, Biomarkers and Prevention 13;1595-1603
  5. Elide A. Pastorello et al (2003) Lipid transfer protein and vicilin are important walnut allergens in patients not allergic to pollen Journal of Allergy and Clinical Immunology, Volume 114, Issue 4, October 2004, Pages 908-914
  6. D.-A. Moneret-Vautrin et al (2008) Épidémiologie de l’allergie alimentaire Revue Française d'Allergologie et d'Immunologie Clinique, Volume 48, numéro 3, avril 2008, Pages 171-178
  7. Jiang R. et al (2006). Nut and seed consumption and inflammatory markers in the multi-ethnic study of atherosclerosis. American Journal of Epidemiology 163;222-231
  8. Cortes B. et al (2006). Acute effects of high fat meals enriched with walnuts or olive oil on post-prandial endothelial function. Journal of the American College of Cardiology 48;1666-1671

Voir aussi[modifier | modifier le code]