Frontière entre les États-Unis et le Mexique

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Frontière entre les États-Unis et le Mexique
Image illustrative de l'article Frontière entre les États-Unis et le Mexique
Caractéristiques
Délimite Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau du Mexique Mexique
Longueur totale 3 141 km
Particularités
Historique
Création 1821
Tracé actuel 1853

La frontière entre les États-Unis et le Mexique mesure environ 3 200 kilomètres, et va de l'océan Atlantique à l'océan Pacifique. La tortilla border traverse essentiellement des régions arides et relativement peu peuplées. L'écart de développement économique ainsi que l'ALENA (accord de libre-échange nord-américain) ont contribué à établir une forte interdépendance entre les deux côtés de la frontière avec l'apparition de maquiladoras côté mexicain, qui a favorisé le développement de nombreuses villes-jumelles. Cependant, la frontière fait aussi l'objet d'une surveillance importante de la part des États-Unis, via la United States Border Patrol, qui cherchent à limiter l'afflux d'immigrants. Sur une partie de sa longueur, elle est fermée par un mur.

Tracé actuel[modifier | modifier le code]

La frontière part de San Diego (Californie) et Tijuana (Basse-Californie) à l'ouest, puis par une succession de droites rectilignes et d'orientations diverses, elle traverse une grande variété de terrains, allant des zones urbanisées aux déserts inhospitaliers, jusqu'à El Paso (Texas) et Ciudad Juárez (Chihuahua) où elle rejoint le río Grande. Là, le fleuve sert de frontière naturelle entre les deux États jusqu'à son embouchure sur le Golfe du Mexique entre Brownsville (Texas) et Matamoros (Tamaulipas), à l'est.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Texas, rattaché aux États-Unis en 1845.

Lors de l'indépendance du Mexique en 1821 par le traité de Córdoba, le territoire national allait beaucoup plus loin vers le Nord, et englobait une vaste partie du sud-ouest des États-Unis actuels, du Texas à la Californie dont la frontière avait été fixée avec les américains par le Traité d'Adams-Onís en 1819.

Territoires gagnés par les États-Unis en 1848 et en 1853

En 1836, la nouvelle République du Texas, peuplé majoritairement d'immigrés américains, prend unilatéralement son indépendance par rapport au Mexique par la bataille de San Jacinto et demande son rattachement aux États-Unis. Ceux-ci refusent d'abord, par peur des réactions mexicaines et le Texas reste pour un temps un État souverain. Cependant, en 1845, suite à des changements politiques les États-Unis décident d'annexer le Texas. La guerre américano-mexicaine éclate alors, et s'achève par une victoire de Washington. En conséquence, le Mexique doit vendre aux Américains un vaste territoire (la « Cession mexicaine »), correspondant à la Californie, au Nevada, à l’Utah, une partie du Wyoming, le Colorado et le Nouveau-Mexique actuel soit approximativement à l'actuel sud-ouest des États-Unis, soit près d'1,4 million de kilomètres carré (traité de Guadeloupe Hidalgo). En 1853, l'achat Gadsden permet aux États-Unis d'acheter au Mexique 76 000 km2 située au sud de l’Arizona pour y construire une voie ferrée.

Histoire contemporaine[modifier | modifier le code]

Un fort différentiel économique existe entre les deux pays, séparés par un mur. Ici Nogales (à gauche les États-Unis à droite le Mexique).
Mexicains passant le Río Grande face au Big Bend National Park

À la fin du XIXe siècle, les premiers mouvements migratoires surviennent, notamment saisonniers, et permettent aux paysans mexicains d'aller travailler dans les grandes exploitations terriennes de la Californie. À partir de 1920, certaines industries font appel aux Mexicains pour répondre aux besoins croissants de l'économie américaine. Les migrants sont concentrés dans les grands centres de production du nord comme à Chicago, où beaucoup de Mexicains sont restées sur place.

En 1964, survient la suppression du programme Bracero qui permettait aux Mexicains de travailler de façon temporaire aux États-Unis. C'est à partir de là que le nombre de migrants en situation irrégulière commence à augmenter et que surgit la question de l'« immigration clandestine » et des moyens pour l'endiguer.

En 1986, est promulgué l'IRCA (Immigration Reform and Control Act) sous la présidence de Ronald Reagan. Cette loi votée pour contrôler et endiguer l'immigration illégale prévoit des sanctions à l'encontre de tout employeur d'immigrés en situation irrégulière. Elle accorde une amnistie ou la possibilité de se faire naturaliser pour tout sans-papier pouvant prouver qu'il vit aux États-Unis de façon ininterrompue depuis le 1er janvier 1982. Elle régularise aussi la situation des sans-papiers ayant travaillé sur sol américain de mai 1985 à mai 1986. Cela aura pour effet de rendre légale la situation de 2.4 millions de travailleurs. Mais, cette réforme ne connaîtra pas un grand succès. Les employeurs hors la loi ne seront pas poursuivis avec un grand acharnement et les illégaux ne pourront pas, pour la majorité d'entre eux, prouver depuis combien de temps ils vivent aux États-Unis.

En 1994, l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) qui définit un ensemble économique entre le Mexique, les États-Unis et le Canada entre en vigueur.

La lutte contre l'immigration illégale - le nombre d'illégaux estimé passant de 3,5 millions en 1990 à 12 millions en 2010 - et la lutte contre les narcotrafiquants au Mexique a fait beaucoup augmenter les moyens de surveillance à cette frontière depuis les années 1990. Le nombres de patrouilleurs passant de 3 555 pour un coût de 326,2 millions de dollars en 1992 à 17 415 patrouilleurs pour un coût de 2,7 milliards de dollars en 2009[1].

Le 26 octobre 2006, le président George W. Bush promulgue la loi du Secure Fence Act (en) destinée à renforcer la surveillance de la frontière avec le Mexique et à lutter contre l'immigration clandestine. Totalisant 1 200 kilomètres, soit un tiers de la frontière[2], une barrière États-Unis-Mexique de 4,50 mètres devait être construite. Il devrait être éclairé par des miradors et balayé de caméras high-tech afin de prévenir les migrations clandestines des Latinos vers les États-Unis. À l'époque, il aurait dû être achevé avant la fin 2008 et traverser notamment le désert de Chihuahua, le désert de Sonora et le désert de Gaara.

Selon certains sondages, les Américains étaient hostiles à ce projet à 53 %[3].

Le 18 août 2010, la Garde nationale de Californie a déployé un premier contingent destiné à renforcer les United States Border Patrol (gardes-frontières)[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) ÉTATS-UNIS - Arizona : à l’avant-garde mondiale de la xénophobie, José Luis Rocha, 5 septembre 2010, Mondialisation.Ca
  2. « George W. Bush signe la loi autorisant la construction d'un mur à la frontière mexicaine », dans Le Monde du 26/10/2006, [lire en ligne]
  3. Sondage réalisé en octobre 2006 auprès de 1 013 personnes par Opinion Research Corp. et rendu public sur CNN ; cité dans « George W. Bush signe la loi autorisant la construction d'un mur à la frontière mexicaine », dans Le Monde du 26/10/2006, [lire en ligne]
  4. (fr) Californie: la Garde nationale déployée à la frontière mexicaine, RTL, 19 août 2010

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Muñoz, Géopolitique de la frontière : États-Unis - Mexique, Collection : Horizons Amériques Latines, L'Harmattan, 30 juin 2009, 134 pages. (ISBN 978-2296094437)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]