Front pour la Libération de l'enclave de Cabinda

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Carte de l'enclave de Cabinda, 1977.
Drapeau de l'enclave de Cabinda.

Le Front pour la Libération de l'enclave de Cabinda (en portugais : Frente para a Libertação do Enclave de Cabinda, FLEC) est un mouvement séparatiste armé fondé en 1963, actif en Cabinda, luttant pour l'indépendance de cette enclave contre l'État angolais. Le président fondateur est Luis Ranque Franque.

Historique et guérilla[modifier | modifier le code]

Ce mouvement trouve son origine dans les agitations indépendantistes qui touchèrent l'Empire colonial portugais dans les années 1960, se soldant par l'indépendance totale de toutes les anciennes colonies et par un cessez-le-feu avec le Portugal. Toutefois le FLEC, politiquement et militairement très faible, ne participa pas aux négociations pour un cessez-le-feu et le mouvement ne fut pas reconnu ni par le Portugal ni par l'Angola[1].

Au cours du processus conflictuel de décolonisation de l'Angola, en 1974/1975, le MPLA prit le contrôle de l'enclave[2]. Lorsque l'Angola est devenue indépendante en 1975, le Cabinda ne fut pas consulté par référendum et l'accord d'Alvor de janvier 1975 la déclarait comme partir intégrante de son territoire[3]. Les ressources pétrolières du Cabinda au large de la côte, qui représentent 60 % des ressources pétrolières du pays, constituèrent un enjeu central du conflit[4]. Entre-temps, l'Angola elle-même plongeait peu de temps après l'accord d'Alvor dans la guerre civile, une des plus longues de l'histoire d'Afrique, changeant par conséquent les priorités du gouvernement du MPLA quant à la situation en Cabinda qu'il maintint sous contrôle avec l'aide militaire de Cuba.

En 1994, le conflit entre le FLEC et l'Angola éclate cependant nouvellement. 1 000 à 1 500 civils, militaires et rebelles auraient péri lors de l'insurrection. Par la suite, il y eut au Cabinda une résistance plutôt politique que militaire. En 2006, un cessez-le-feu est signé entre le FLEC et l'Angola. À cette date, les séparatistes du FLEC affirment contrôler 85 % de l'enclave de Cabinda[5], ce qui était en contradiction manifeste avec les réalités. Le conflit armé éclate à nouveau au printemps 2010, lorsque des guérilleros attaquent un bus des footballeurs de l'équipe nationale du Togo, duquel les leaders du FLEC durent s'en reprocher[6]. S'ensuivit une répression dure de la part de l'Angola, et depuis 2006 il n'y a plus eu d'actions militaires de la FLEC, tandis qu'une sourde résistance politique persiste.

Financement de l'organisation[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de l'affaire des ventes d'armes à l'Angola, la France a été souvent critiquée vis-à-vis de sa politique de Françafrique et pour son soutien au FLEC durant la guerre froide contre le régime marxiste du Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA) ayant gouverné en tant que parti unique sur l'Angola entre 1975 et 1992. Nicolas Sarkozy a actuellement souhaité mettre fin à cette politique.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. John Marcum, The Angolan Revolution, 2 vol., Cambridge/Mass & Londres, MIT Press, 1969 et 1978
  2. Franz-Wilhelm Heimer, Der Entkolonisierungskonflikt in Angola, Munich: Weltforum Verlag, 1978
  3. Centro de Documentação 25 de Abril: Acordo de Alvor
  4. Cabinda: Oil – Block Buster, The Washington Post
  5. Federal Government in and for Cabinda ... Never the less we do control more than 85% of the total Territory of our Country.
  6. Togo footballers were attacked by mistake, Angolan rebels say, The Guardian, 11 janvier 2010

Liens externes[modifier | modifier le code]