Front office (finance)

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Le front-office (service de clientèle selon la terminologie officielle française[1] ; guichet selon l'Office québécois de la langue française[2]) est l'ensemble des services commerciaux de l'entreprise proposés au client.

Le terme s'emploie dans la banque d'investissement et la gestion d'actifs et désigne l'équipe des opérateurs de marché, présents dans une salle de marché.

Le front-office se distingue du middle office, qui le contrôle, et du back-office, qui exécute les tâches administratives.

Spécialités[modifier | modifier le code]

  • Le négoce de gros, notamment sur le change comptant des principaux couples de devises, ou sur les dettes souveraines
  • Le maintien de marché, ou market-making, une fonction souvent contractuelle, l'émetteur d'instruments peu liquides, comme les warrants ou les certificats, s'engageant à les coter en permanence ; les Spécialistes en Valeurs du Trésor (SVT) et les primary dealers, qui cotent les titres de la dette publique au terme d'un contrat signé avec le Trésor, français et américain respectivement, sont des market makers, aussi appelés animateurs de marché.
  • L'intermédiation, c'est-à-dire l'achat ou la vente de produits financiers auprès de la clientèle d'entreprise ou des gérants de fonds
  • L'arbitrage entre plusieurs bourses cotant une même action, ou entre un marché comptant et un marché à terme
  • La spéculation

Contribution[modifier | modifier le code]

Ce terme désigne la diffusion sur le marché d'une donnée :

  • une fourchette de cotation, c'est-à-dire un prix proposé à l'achat (bid) et un prix proposé à la vente (ask) ;
  • le prix d'une transaction déjà conclue (sans identifier la contrepartie) ;
  • un taux interbancaire moyen sur la journée, notamment pour une banque dont le taux moyen, pour une durée spécifique, entre dans le calcul d'un index ;
  • la valeur d'un index lui-même, par exemple la Banque centrale européenne contribue quotidiennement la gamme des Euribor.

La fonction de contribution s'applique essentiellement aux marchés de gré à gré plutôt qu'aux marchés organisés, où les prix sont formés par la confrontation informatisée des ordres d'achat et de vente au sein d'un carnet d'ordres central. Toutefois, elle s'applique aussi aux titres peu liquides, tels que les warrants et les certificats, et certaines actions ; la banque d'investissement, qui émet warrants et instruments, ou qui introduit en bourse une société de faible capitalisation, en anime ensuite le marché, généralement en vertu d'un contrat d'animation signé avec la bourse. Le market-maker chargé de ces titres, au sein du front-office, les cotes sous la forme d'ordres d'achat et de vente à cours limite qu'il transmet électroniquement à la bourse.

Contribuer requiert l'installation d'un serveur de contribution, un logiciel qui transmet sur le réseau d'un intégrateur, comme Reuters ou Bloomberg les cotations saisies à l'écran par l'opérateur.

Ces données sont alors rediffusées auprès de tous les autres acteurs du marché abonnés au service. L'affichage, à une seconde donnée, d'un cours de change, est ainsi l'effet d'une transaction conclue et contribuée par un front-office quelque part dans le monde.

Principal et agency[modifier | modifier le code]

On peut pratiquer le trading soit selon le mode principal soit selon le mode agency :

  • Principal signifie que les opérations effectuées apparaissent au bilan de l'établissement et consomment par conséquent ses fonds propres. Ces opérations doivent être prises en compte dans le dispositif Bâle II et vraisemblablement être incluses dans le reporting destiné à l'autorité de tutelle bancaire.
  • Agency signifie que les opérations mettent le client face au marché ; la banque ou le courtier n'est qu'un agent, prestataire de service, à qui le client délègue le cas échéant le respect de ses propres obligations réglementaires. Si le compte de résultats de l'agent enregistre sa rémunération, en revanche le compte de bilan n'est pas affecté. L'activité agency est neutre sur le calcul d'adéquation des fonds propres et n'entame pas les limites de contrepartie que l'on s'applique en principal.

Outils utilisés[modifier | modifier le code]

  • L'affichage de dépêches et de cotations en temps réel ; si l'opérateur est un gérant, il utilise également des outils qui affichent des historiques de cours, comme Datastream, de classement de fonds, comme Morningstar ou Standard & Poor's ; s'il est spécialisé sur les actions, il utilise encore des outils d'analyse financière sur les émetteurs, comme Research Direct ou First Call, de calcul de consensus, comme I/B/E/S (en), ou d'analyse factorielle de la performance, comme Barra ou Statpro (en).
  • Les pricers, souvent des feuilles Excel dotées de macros, pour effectuer des calculs directement sur les prix de marché, par exemple un cours de change croisé à partir des cotations entre deux couples de devise ayant une devise commune.
  • L'enregistrement des négociations et la tenue de position qui en résulte
  • Le cas échéant, des systèmes de trading électronique
  • Un outil de contrôle de limites d'engagement sur une contrepartie ou une classe d'actifs. Cet outil est le plus souvent intégré à celui de tenue de position.
  • Des outils de reporting qui restituent les positions et les éditions à valeur ajoutée établies par le back-office
  • Une téléphonie évoluée, qui enregistre généralement les conversations avec les clients, en prévision d'éventuels litiges, et qui permet le cas échéant de prendre un appel d'un client sur n'importe quel poste de travail.

Références[modifier | modifier le code]

  1. terme proposé par la DGLF et publié au J.O. (14 Mai 2005) : Vocabulaire de l’économie et des finances, Commission générale de terminologie et de néologie
  2. terme recommandé par l'Office québécois de la langue française :[1], 2007-10-08

Voir aussi[modifier | modifier le code]