Fritz Beblo

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Fritz Beblo
Présentation
Nom de naissance Friedrich Karl Ewald Beblo
Naissance 10 novembre 1872
Breslau, Empire allemand
Décès 11 avril 1947 (à 74 ans)
Munich, Allemagne de l'Ouest
Nationalité allemande
Activité(s) architecte et urbaniste
Formation Université technique de Berlin
Institut de technologie de Karlsruhe
Entourage familial
Famille fils : Richard Beblo
École Saint-Thomas de Strasbourg (construite de 1905 à 1907)
Bains municipaux de Strasbourg (construits de 1904 à 1911)

Fritz Beblo (de son nom complet Friedrich Karl Ewald Beblo) est un architecte, urbaniste et peintre allemand, né à Breslau le 10 novembre 1872 et mort à Munich le 11 avril 1947.

La carrière de Beblo comprend deux volets : son activité de Stadtbaumeister à Strasbourg (1903-1918) puis, après avoir été chassé de son poste, son activité en Allemagne.

Un seul de ses bâtiments a pour l’instant fait l’objet d’une protection au titre des monuments historiques : les Bains municipaux de Strasbourg (le 10 octobre 2000).

Carrière[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Son père, Emil Beblo était professeur de lycée. Fritz Beblo était camarade de classe de Friedrich Kayssler et Christian Morgenstern au Maria-Magdalenen-Gymnasium de Breslau, où son père enseignait. De 1904 à 1906, il a fréquenté la Thomasschule zu Leipzig. Après son Abitur en 1883, est allé à Berlin avec ses amis d'enfance Kayssler et Morgenstern, où il suit les cours de la Technische Hochschule de Charlottenbourg. En 1896, il assiste aux cours de Carl Schäfer (de) à l'Institut de technologie de Karlsruhe, où il fait la connaissance d'Adolf Erbslöh (de).

Une fois diplômé, il devient königlich preußischer Regierungsbauführer à la forteresse d'Ehrenbreitstein près de Coblence, puis sur la Moselle, à Traben-Trarbach. Là, il a participé à la construction du pont sur la Moselle, puis d'écoles.

Strasbourg[modifier | modifier le code]

Entre 1903 et 1919 il occupe le poste de Stadtbauinspektor (inspecteur de l'urbanisme) de la ville de Strasbourg, devenue allemande suite à l'annexion de l'Alsace-Moselle en 1871.

Le 15 novembre 1903, il arrive à Strasbourg, dans le service dirigé alors par le Stadtbaurat Ott auquel il succède dès 1910.

Il réalise à Strasbourg de nombreux projets comme architecte du Service de la ville ; il assure également le suivi de chantiers importants comme celui de la Grande-Percée ou la cité-jardin du Stockfeld. Son rôle concerne également l’urbanisme, au sein de la Commission des jardins et du Service des promenades. Il sera également conseiller (Bauberater) de la Police du bâtiment et joue un rôle moteur dans l’adoption du Bauordnung en 1910.

Il participe également à des concours : transformation du théâtre municipal (1905), aménagement de la place Kléber et reconstruction de l’église Sainte-Madeleine, où il reçoit le premier prix.

Les premiers projets mis en chantier dès son arrivée portent sur une nouvelle école à la Musau, une école élémentaire et le presbytère catholique du Neuhof, plusieurs agrandissements d’écoles existantes. À côté de ses réalisations scolaires, il travaille plusieurs années sur son bâtiment majeur, les Bains municipaux de Strasbourg, témoins de la politique hygiéniste et sociale de la municipalité de l'époque. Il reconstruit plusieurs églises de Strasbourg (Sainte-Madeleine et transformation de St-Pierre-le-Vieux catholique).

Beblo a signé plusieurs pont de la Neustadt à Strasbourg, le pont de la Protestation, le pont des Vosges et le pont des quatre hommes (actuel pont J.-F.-Kennedy, en collaboration avec le sculpteur Alfred Marzolff). Une de ses dernières réalisations à Strasbourg sera la nouvelle gare aux marchandises de Cronenbourg.

Fritz Beblo quitte Strasbourg en 1919, suite à la reprise de l'Alsace-Lorraine par la France.

Munich[modifier | modifier le code]

Beblo se retrouve architecte en chef de la ville de Munich, de 1919 à 1934, où ses réalisations subissent également l’influence monumentalisante de l’époque.

Entre 1929 et 1932, Beblo participe à une négociation concernant l’échange de sculptures entre Munich et Strasbourg (le Vater Rhein d’Hildebrandt et le Meiselocke Brunnen ). Cette substitution permet à Beblo de revenir dans un cadre officiel à Strasbourg, où il a gardé de nombreux amis. Son engagement vis-à-vis du national-socialisme reste marginal, mais il participe cependant à la critique du Neues Bauen, comme son confrère et ami de longue date Paul Schmitthenner.

Son fils Richard sera l’auteur, pendant la Seconde Guerre mondiale, d’un plan d’agrandissement de Strasbourg en direction de Kehl, d’inspiration speerienne.

Liste des réalisations (non exhaustive)[modifier | modifier le code]

Strasbourg[modifier | modifier le code]

  • École Saint-Thomas, 1905-07.
  • École de la Musau, 1904-06.
  • École du Neufeld, 1907-09.
  • École ménagère de la Krutenau (1908-10), aujourd’hui annexe de l’École des Arts décoratifs.
  • École de perfectionnement professionnel Baldung-Grien, 1910.
  • Bains Municipaux [1], 1905-08. Bâtiment annexe (1910).
  • Presbytère catholique du Neuhof, 1904-05.
  • Église Sainte-Madeleine de Strasbourg, 1910-12. Reconstruction.
  • Immeuble, 4 rue Brûlée, 1904 (auj. détruit).
  • Lycée Pasteur, 1911.
  • Immeubles de la Grande Percée, 1912.
  • Crématoire et Cimetière Nord (Robertsau), à partir de 1913.
  • Immeuble [2], 15/16 quai des bateliers.
  • Gare aux Marchandises de Cronenbourg, 1912-14

Munich[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Bauen auf Tradition : Fritz Beblo 1872-1947, Stadtbaurat in Strassburg und Muenchen, Munich, Stadtarchiv,‎ 1991, 138 p. (lien OCLC?)
    Exposition aux Archives municipales de Munich, du 25 septembre 1991 au 9 novembre 1991
  • Stéphane Jonas (dir.), Marie-Noële Denis, Annelise Gerard et Francis Weidmann (préf. Bernard Vogler), Strasbourg, capitale du Reichsland Alsace-Lorraine et sa nouvelle université, 1871-1918, Strasbourg, Oberlin,‎ 1995, 280 p. (ISBN 2-85369-146-2 et 978-2-85369-146-8, liens OCLC? et notice BnF?)
  • Didier Laroche, « L’Architecture de Fritz Beblo (1872-1947), Stadtbaumeister à Strasbourg », dans Strasbourg 1900 : Naissance d'une capitale, Paris, Somogy,‎ 2000, 261 p. (ISBN 2-85056-387-0 et 978-2-85056-387-4, liens OCLC? et notice BnF?), p. 192-199
    Publication des actes du colloque Strasbourg 1900 - naissance d'une capitale, organisé par les Musées de Strasbourg en collaboration avec l'université des sciences appliquées de Wiesbaden et l'université Marc-Bloch de Strasbourg. Ce colloque s'est tenu du 1er au 4 décembre 1999 au musée d'Art moderne et contemporain de Strasbourg.
  • Rodolphe Rapetti, « L’Architecture de Fritz Beblo », dans Strasbourg 1900 : Naissance d'une capitale, Paris, Somogy,‎ 2000, 261 p. (ISBN 2-85056-387-0 et 978-2-85056-387-4, liens OCLC? et notice BnF?), p. 192-198
    Publication des actes du colloque Strasbourg 1900 - naissance d'une capitale, organisé par les Musées de Strasbourg en collaboration avec l'université des sciences appliquées de Wiesbaden et l'université Marc-Bloch de Strasbourg. Ce colloque s'est tenu du 1er au 4 décembre 1999 au musée d'Art moderne et contemporain de Strasbourg.
  • François Uberfill, La Société strasbourgeoise entre France et Allemagne (1871-1924) : la société strasbourgeoise à travers les mariages entre allemands et alsaciens à l'époque du Reichsland, le sort des couples mixtes après 1918, Strasbourg, Société savante d'Alsace, coll. « Publications de la société savante d'Alsace / Recherches et documents » (no 67),‎ 2001, 371 p. (ISBN 2-904920-24-2 et 978-2-904920-24-0, liens OCLC? et notice BnF?), p. 266-270
  • Wolfgang Voigt (trad. Marie-José Nohlen, préf. François Laquièze), Planifier et construire dans les territoires annexés : architectes allemands en Alsace de 1940 à 1944 [« Planen und bauen im besetzten Gebiet: deutsche Architekten im Elsass 1940-1944 »], Strasbourg, Société savante d'Alsace, coll. « Publications de la société savante d'Alsace / Recherches et documents » (no 78),‎ 2008, 215 p. (ISBN 2-904920-39-0 et 978-2-904920-39-4, liens OCLC? et notice BnF?), p. 143
    Thèse conduite dans le cadre du projet international de recherche « Les relations franco-allemandes de 1940 à 1950 et leurs répercussions sur l'architecture et l'urbanisme »

Liens externes[modifier | modifier le code]