Friedrich von Gentz

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Friedrich von Gentz

Friedrich von Gentz ou Frédéric Gentz, né le à Breslau, mort le à Vienne, est un écrivain, et homme politique allemand. Philosophe et disciple de Kant, il fut également publiciste et diplomate notamment auprès de Metternich. Écrivain passionné et engagé, il a écrit des œuvres fondamentales d'économie politique et fut surtout un des principaux acteurs du mouvement contre révolutionnaire et probablement l'adversaire européen de Napoléon le plus actif.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le père de Friedrich Gentz était administrateur et sa mère une proche parente du ministre prussien Ancillon.

Le frère de Friedrich, Heinrich Gentz, était un important architecte de la mouvance classique. Friedrich a passé son enfance et son adolescence à Breslau au Maria-Magdalenen-Gymnasium. Par la suite, il fréquenta le Joachimsthaler Gymnasium de Berlin. Gentz étudia à Königsberg auprès du grand philosophe Kant. Élève brillant, Kant lui confia même les épreuves de la relecture de La Critique de la raison pratique. En 1785, Gentz retourna, sans le moindre diplôme, à Berlin et commença une carrière dans l'administration prussienne. Il n'aimait pas son travail et le comparait à un esclavage moderne.

En 1793, il fut nommé conseiller au ministère de la Guerre. Il entama également au même moment une carrière d'écrivain en répondant à un article du grand homme d'État conservateur Justus Möser, dans la Berlinische Monatsschrift en 1791. Gentz critiqua Möser dans une argumentation imprégnée de philosophie kantienne. En 1793, il obtint la reconnaissance du public à travers sa traduction des Reflections on the Revolution in France d'Edmund Burke. La même année, il se maria avec Minna Gilly (fille de David Gilly, administrateur des bâtiments de la Couronne du royaume de Prusse et directeur de l'académie d'architecture de Berlin). Gentz fut, au départ, satisfait d'avoir assouvi son désir d'une vie stable et bourgeoise, mais il ne résista pas plus de quelques semaines à l'attrait des salons (ceux d'Henriette Herz et de Rahel Varnhagen en particulier) et des maisons de jeux. Sa nature de viveur passionné reprit vite le dessus, laissant sa femme désabusée quant à la nature de son époux, bien éloignée du jeune fonctionnaire calme et sédentaire qu'elle avait souhaité.

Pendant ses années de mariage, Gentz développa un talent d'écrivain et de publiciste. Il fonda la Neue Deutsche Monatsschrift en 1795. Ce journal ne dura qu'une année. Dans le dernier numéro, il annonce que l'écriture d'une histoire de la Révolution ne lui permet pas de continuer la parution du journal. Il prend en 1793 la place de Wilhelm August Rehberg dans la "couverture journalistique" de la Révolution française, par le biais de l’Allgemeine Literatur Zeitung, s'affirmant ainsi comme le "contre révolutionnaire" allemand le plus doué et le plus zélé. Il traduit alors des œuvres de contre révolutionnaires émigrés comme celle de Mallet du Pan, de Mounier et de D'Ivernois. Mais c'est à travers la parution de l'Historisches Journal en 1799 et en 1800 que s'exprime tout son talent d'écrivain politique engagé.

En 1801, après la publication de deux de ses œuvres majeures (traduites en plusieurs langues dès leur parution, son livre sur "l'état politique de l'Europe" a même été édité plus de - fois en anglais) Sur l'origine et le caractère de la guerre face à la Révolution française et Sur l'État politique de l'Europe avant et après la Révolution française, Gentz, soutenu financièrement par l'Angleterre et recevant des cadeaux de l'Autriche et de la Russie, se trouva dans une position politique délicate du fait de son opposition croissante à la politique de neutralité de la Prusse. Ainsi en 1802, après son divorce, il quitta Berlin pour Vienne. Il trouva Vienne bien fade à son arrivée et ne fut pas bien reçu par l'empereur du Saint-Empire romain germanique, François II.

Influences[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Ses œuvres complètes ont été publiées en douze volumes par Günther Kronenbitter entre 1997 et 2004.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Friedrich von Gentz, The Origin and Principles of the American Revolution, Compared with the Origin and Principles of the French Revolution (1800). English translation of: Der Ursprung und die Grundsätze der Amerikanischen Revolution, verglichen mit dem Ursprung und den Grundsätzen der Französischen (1800), edited and with an Introduction by Peter Koslowski, translated by John Quincy Adams (later 6th President of the United States of America), in the year 1800, Liberty Fund Indianapolis, 2009. Free edition available online:

http://oll.libertyfund.org/index.php?option=com_staticxt&staticfile=show.php%3Ftitle=2376&Itemid=28

  • Günther Kronenbitter
  • Golo Mann