Freskin de Moravia

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Le nom utilisé aujourd'hui pour identifier l'ancêtre du clan Murray et du clan Sutherland est Freskin de Moravia. Cependant dans tous les livres anciens, son nom est toujours écrit en latin sous la forme de "Friskinus de Moravia" [1]. Nous employons donc nous aussi "Freskin de Moravia" pour l'identifier.

Il est, le plus souvent, accolé a son nom, le titre de "de Moravia", c'est-à-dire "de Moray" en latin. Le nom s'est ensuite anglicisé pour s'écrire « Murray ». Le nom de Moray provient du mot gaélique « Moireabh », qui est d'origine Gaélique et veut dire « village de mer ».

On sait peu de choses sur sa naissance. Freskin serait né avant 1130. Pourquoi 1130 ? Parce qu'on sait qu'il était avec le roi David Ier lorsque ce dernier est monté vers le nord dans la province de Moray, pour mettre fin à ce qui serait la dernière rébellion mise en scène par les adeptes de la Chambre des Alpin.

Freskin avait de nombreuses et vastes terres dans différents comtés. Il a été une grande figure de l'Écosse sous le règne du roi David Ier.

Preuve de l'existence de Freskin dans les textes anciens[modifier | modifier le code]

Il n'est pas facile de suivre Freskin à l'époque où il vivait. Peu de documents peuvent nous guider. Pourtant nous avons quelques documents qui peuvent nous aider.

Freskin a eu deux fils, William et Hugh. Ses deux fils sont nommés dans les textes latins de l'époque : "Willielmus filius Friskini", et "Hugo filius Friskini"[2]. Ce qui peut être traduit par "William fils de Freskin" et par "Hugo fils de Freskin.

Fondateur du Clan Murray et Sutherland[modifier | modifier le code]

Blason du clan Murray (Moray)
Blason des Sutherland

À cette époque, le nom de Moravia n'était pas encore fixé pour ses descendants et parfois on voit apparaître son nom écrit "Freskin Ollec", "Freskin fils d'Ollec", "Freskin de Moravia", et/ou "Freskin de Strabrock". Ce qui nous fait dire que Freskin aurait peut-être eu comme père un noble flamand, appelé Ollec.

Les Seigneurs Flamand et Normand ont traversé la mer du Nord et ont reçu des domaines écossais sur l'invitation des rois d'Écosse et cela dès le début du XIIe siècle.

Le nom Freskin est d'origine flamande[3], pour appuyer ce qui vient d'être dit, voici la citation de Geoffrey Barrow à ce sujet : "Il est pratiquement certain que Freskin appartenait à un grand groupe de colons flamand qui sont venus en Écosse au milieu du XIIe siècle et on pouvait les trouver principalement dans l'ouest du Lothian et dans la vallée de la Clyde[4].

Freskin et un de ses fils ont obtenu de vastes terres dans Moray et ils se sont mariés avec l'ancienne lignée celtique des Mormaer de la région de Moray. Le titre de Mormaer désigne un souverain régional ou provincial dans le royaume des Scots médiéval, bien que cela ait été beaucoup plus dans la réalité car un Mormaer venait juste après le roi d'Écosse en termes de statut.

Un autre des fils de Freskin est devenu le fondateur du clan Sutherland. Pour s'en convaincre, il suffit de comparer le blason des deux clans qui était utilisé à cette époque.

L'Écosse au temps de Freskin[modifier | modifier le code]

Carte des langues utilisées au moment ou Freskin est arrivé sur les terre de Duffus.
  •      Gaélique
  •      Scandinave-gaélique, caractérisé par l'utilisation des deux langues
  •      Anglais
  •      Mélange de breton de gaélique et d'anglais
Seigneuries d'Écosse à la fin du règne de David Ier

L’Écosse avant la période de David Ier ne possédait pas réellement de ville, bien que des concentrations de population supérieures à la moyenne existent autour des grands monastères, comme à Dunkeld et à Saint Andrews, ou autour des grandes fortifications. L’Écosse, Lothian mis à part, est constituée de hameaux dispersés, et n’a pas de villages constitués autour d’un noyau comme sur le reste du continent européen. David Ier établit les premiers burghs (villes) d’Écosse, d’abord dans le Lothian, qui était une zone où l'anglais était utilisé.

Les premiers burghs n'ont pas été créés par les Écossais qui parlaient le gaélique mais plutôt par des Flamands, Anglais, Français, et Allemands.

Avant le règne de David Ier, les Écossais disposent d'une élite littéraire florissante produisant régulièrement des textes latins et gaéliques, qui étaient ensuite diffusés en Irlande et ailleurs.

La société écossaise étant à l'époque majoritairement gaélique, la plupart des pratiques culturelles ressemblaient fortement à celles de l'Irlande, elle-même empruntées aux Pictes. Après David Ier, les rois francophones introduisent des coutumes répandues dans l'Angleterre anglo-normande, en France et en d'autres lieux.

Comme dans toutes les sociétés pré-modernes, les contes sont très populaires. D.D.R. Owen, spécialiste de la littérature du Moyen Âge, écrit que des "conteurs professionnels exerçaient leurs talents de cour en cour. Certains d'entre eux étaient des Écossais d'origine, offrant sûrement de vieilles légendes celtes racontées… en gaélique quand cela était approprié, ou en français pour la plupart des nouveaux nobles".

Lien culturel très fort entre l'Écosse et l'Irlande

Au cours de cette période, le mot "Scot" n’est pas le terme le plus utilisé par les Scots pour se décrire eux-mêmes. Ils n’emploient ce mot qu’uniquement pour se décrire qu'auprès des étrangers, pour lesquels ce mot est commun. Les Écossais s’appellent plutôt Albanach ou Gaidel.

La langue était un lien très fort entre les peuples. L'Écosse de ce temps était très reliée avec l'Irlande. De la même manière, les habitants anglais ou ceux des zones parlant le norrois sont liés sur le plan ethnique à d’autres régions d’Europe parlant la même langue.

Comment Freskin est devenu important[modifier | modifier le code]

Carte des bourgs fondé avant la mort de David Ier d'Écosse. Il s'agit pour la plupart des premières villes du pays. Elgin est l'endroit où habitait Freskin.
Gravure sur métal sur le revers du Grand sceau de David Ier, le représentant comme un chef de guerre.

Freskin possédait déjà un vaste domaine dans l'ouest du Lothian plus précisément à Strabrock, région qui est maintenant appelée Uphall. Uphall est situé dans les Lowlands (basses terres) à 30 km de Glasgow et à 14 km d'Edimbourg.

Bataille contre les descendants des rois celtes

Au début du XIIe siècle, la région de Moray était peuplée de Celtes et cette région était une importante partie de la confédération Picte. La province était gouvernée par le mormaer, Angus, petit-fils de Lulach Macgillecomgan, qui avait succédé à Macbeth roi d'Écosse en 1057. Angus avait une forte volonté d'indépendance et voyait avec beaucoup de méfiance la volonté expansionniste de la monarchie. Le mormaer Angus s'est rebellé en 1130. La révolte a été écrasée avec beaucoup de force par le roi David Ier, qui a immédiatement commencé à peupler la province, avec les nobles de son choix.

En 1130, le roi David Ier est monté vers le nord dans la province de Moray, pour mettre fin à ce qui serait la dernière rébellion mise en scène par les adeptes de la Chambre des Alpin, qui étaient les derniers véritables descendants de la lignée des rois celtes.

Aperçu des événements qui se sont déroulés avant le grande bataille de 1130.

Le roi d’Écosse Malcolm II qui régna de 1005 à 1034 laissa le pouvoir à son autre petit-fils, Duncan Ier, né de l'union de sa fille Bethóc et de Crínán de Dunkeld. Afin de sécuriser les droits au trône de Duncan Ier, il avait avant de mourir éliminé tous les rivaux potentiels de celui-ci. En 1032 Gillacomgain mac Maelbrigte le Mormaer de Moray[5], et l'année suivante « Le petit-fils de Boide mac Cinaed » [6] mais Macbeth qui était Mormaer de Moray échappa à ses foudres.

Macbeth se plaça ensuite au service du roi Duncan Ier en tant que commandant. Duncan est tué par Macbeth dans un combat à Pitgaveny le 15 août 1040[7]. Duncan Ier sera inhumé à Iona. Ce qui fera que Macbeth Ier devient alors le souverain du royaume d'Écosse.

Tout cela continua avec les descendants de Duncan Ier. Le Fils aîné de Duncan Ier, Malcolm III deviendra la roi d'Écosse en tuant MacBeth en 1057, puis en tuant le beau-fils de Macbeth (Lulach Ier) qui avait succédé à MacBeth sur le trône d'Écosse. Lulach Ier ne régna que de 1057 à 1058.

Lorsque David Ier, huitième fils de Malcolm III, prend le trône d'Écosse en 1124, il ne voit pas d'un bonne œil la révolte d'Angus, petit-fils de Lulach Macgillecomgan, qui avait succédé à Macbeth Ier comme Mormaer de Moray. C'est donc dire que lorsque David Ier monta dans le nord pour mâter la rébellion, c'était pour en finir une bonne fois pour toutes.

La bataille

Selon les Chroniques d'Irlande, Oengus qui est le « fils de la fille de (Lulach Ier) a été tué en 1130 avec 4 000 de ses hommes de Moray, lors d'un combat que Jean de Fordun place à Stracathro dans le Forfarshire, par David Ier, roi d'Écosse [8]. David Ier en profita ensuite pour incorporer à son royaume, le Moray qui était jusque là quasi indépendant.

Ceux qui ont décrit la bataille racontaient qu'elle a été rude car le ciel était noir de fumée et on entendait les lamentations des veuves et des orphelins qui remplissaient l'air.

Les survivants ont été rassemblés et pour éviter une répétition, ont été expédiés dans les collines du Sutherland. Un jeune aventurier du nom de Freskin a participé à la bataille. À ce moment il s'appelait indifféremment Freskin Ollec, Freskin fils d'Ollec ou Freskin de Strabrock. Bien que le début de l'histoire ne peut pas être raconté avec certitude, cependant il est connu que, lorsque la révolte a été écrasée et que les tribus rebelles ont été détruites ou déportées, Freskin est devenu le seigneur d'un domaine très vaste en récompense de la victoire du roi. Freskin a reçu, du roi David Ier, des terres dans la région de Moray[9] et les défis qui allaient avec !

Duffus[modifier | modifier le code]

Plan d'une motte castrale

Le nom de Duffus a subi diverses modifications dans sa prononciation et son orthographe au fil des ans, en 1290, "Dufhus», et en 1512, "Duffous". Le nom est probablement une compilation de deux mots gaéliques, "dubh" et "uisg", qui signifie «eaux sombres" ou "eaux noires".

Le roi David 1er a donné à Freskin des terres dans la région de Moray. Freskin a choisi de construire un ouvrage défensif à un endroit qui s'appelait Duffus[9]. Freskin a construit un ouvrage de défense basé sur le plan de la motte castrale. Pour mieux situer l'endroit aujourd'hui, cette construction est située dans la nord de la ville d'Elgin.

En 1270, la forteresse passera dans les mains du seigneur Reginald de Cheyne, le jeune. Sur les base de la construction défensive de Freskin, le seigneur Reginald de Cheyne en fera plus tard le Château de Duffus.

Les descendants[modifier | modifier le code]

Freskin a eu la satisfaction de voir trois petits-fils, nés de ses enfants. Deux de ces petits-fils, Hugh et William, ont fondé les grandes maisons de Sutherland, et de Murray respectivement.

Freskin serait donc mort avant 1166, car il est nommé dans une charte accordée à son fils William, charte qui a été réalisée entre 1166 et 1171 par le roi Guillaume le Lion et qui confirme les terres désignées comme ayant été organisées par Freskin.

Il est juste de supposer que les restes de Freskin reposent près du château de Duffus mais le site reste inconnu.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. The History of the Province of Moray. Par Lachlan Shaw. page 99.
  2. Cela provient d'une attestation qui figure dans les archives des Murray, par Robert, évêque de Saint-Andrew's. Voir le livre Collins's Peerage of England; Genealogical, Biographical, and Historical. Par Arthur Collins, p. 272
  3. See Barrow, GWS, "The Beginnings of Military Feudalism", p. 252, n. 16, citing T. Forssner, Continental Germanic Personal Names in England, (Uppsala, 1916), p. 95; J. Mansion, Oud-Gentsche Naamkunde, (1924), p. 217; and G. White (ed.), Complete Peerage, vol. xii, pt. I, p. 537, n. d.
  4. Barrow, GWS, "Badenoch and Strathspey, 1130-1312: 1. Secular and Political" in Northern Scotland, 8 (1988), p. 3.
  5. Annales d'Ulster AU 1032.2
  6. Annales d'Ulster AU: 1033.7
  7. Annales d’Ulster U1040.5 & Chronique de Marianus Scotus AD1040
  8. Annales d'Ulster AU 1130.4 : (en) « A battle between the men of Scotland and the men of Moray in which four thousand of the men of Moray fell with their king .i.e Aengus son of the daughter of Lulach; a thousand, or a hundred, which is more accurate, of the men of Scotland fell in a counter-attack  »
  9. a et b Barrow, GWS 1973 The Kingdom of the Scots. Edinburgh.

Liens externes[modifier | modifier le code]