Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Fraternité Saint-Pie X)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Pie X (homonymie).
Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X
Héraldique meuble Coeur vendéen.svg

Repères historiques
Fondation 1970
Fondateur(s) Marcel Lefebvre
Fiche d'identité
Église Catholique
Courant religieux Traditionaliste
Vocation Célébration des sacrements selon le rite tridentin et opposition aux changements introduits par le concile Vatican II
Dirigeant Bernard Fellay (supérieur général)
Localisation 64 pays (siège à Menzingen en Suisse)
Sur Internet
Site internet http://www.fsspx.org
Pages connexes http://www.dici.org
http://www.laportelatine.org
Le séminaire d’Écône.

La Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (ou FSSPX) est une société de prêtres catholiques traditionaliste fondée en Suisse, dont les buts sont « de former des prêtres et créer des séminaires ». Elle a son siège à Menzingen, dans le canton de Zoug (Suisse)[1].

Fondée le 1er novembre 1970, cette société, dont les statuts avaient été reconnus et approuvés par l’évêque diocésain de Fribourg en 1970 à titre de « pieuse union », perd sa reconnaissance officielle le 6 mai 1975[réf. nécessaire]. La décision de son fondateur, Mgr Marcel Lefebvre, d'ordonner lui-même quatre évêques sans l'accord du pape Jean-Paul II, en 1988, a conduit à leur excommunication. La FSSPX est depuis lors au bord du schisme avec l'Église catholique : elle n'est en « parfaite communion » ni avec le pape ni avec l’Église[2] où elle n'a aucun statut canonique tandis que ses prêtres « n’exercent pas de ministères légitimes »[3].

Marcel Lefebvre et ses disciples se considèrent comme « traditionalistes » tandis que pour beaucoup, ainsi que l'explique Émile Poulat, le mouvement est l'incarnation de l’« intégrisme »[4], dans un débat sémantique qui n'est pas tranché[5]. Par ailleurs, les liens de la Fraternité avec l'extrême droite sont « notoires » en France[6] et en Belgique[7]. Plusieurs actions de ses membres, voire de ses institutions, ainsi que des prises de positions de ses dirigeants, ont suscité la polémique.

Des négociations avec le Vatican[8] en vue de la réintégration de la communauté dans le giron de l'Église catholique amènent à la levée de l'excommunication des évêques en janvier 2009 sans que cela signifie le retour à la pleine communion de la FSSPX qui doit reconnaître l'autorité du pape et du Concile Vatican II[9]. En octobre 2012, constatant le refus des autorités lefebvristes de reconnaître l’entière validité du magistère du concile, Mgr Gerhard Ludwig Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi marque la fin des discussions.

Buts, droit et organisation[modifier | modifier le code]

Buts[modifier | modifier le code]

Bénédiction à Écône, en Suisse

Aux termes de ses statuts[10], la FSSPX, a pour but « le sacerdoce et tout ce qui s'y rapporte et rien que ce qui le concerne », principes qui impliquent, entre autres, « d'orienter et réaliser la vie du prêtre vers ce qui est essentiellement sa raison d'être : le saint sacrifice de la Messe » tout en évitant « avec soin les erreurs modernes, en particulier le libéralisme et tous ses succédanés ». En pratique, cela sous-entend le maintien du rite tridentin et une critique virulente des « erreurs modernes ».

Droit[modifier | modifier le code]

Du point de vue du droit canonique de l'Église catholique romaine, si la FSSPX fut une œuvre d'Église entre 1970 et 1975, elle ne l'est plus aujourd'hui et ne reçoit de Rome aucune forme d'approbation ou de reconnaissance. En effet, cette société de vie commune sans vœu fut approuvée par Mgr Charrière, évêque de Fribourg, et érigée dans son diocèse le 1er novembre 1970 ; le 18 février 1971, le préfet de la Sacré Congrégation pour les religieux, le cardinal Wright, signe un décret d'approbation des statuts de la Fraternité[11]. Cependant,le 6 mai 1975, Mgr Mamie, nouvel évêque de Fribourg, annonce dans une lettre adressée à Mgr Lefebvre qu'il décide de retirer l'approbation de 1970, en grande partie à cause de son refus de la « liturgie nouvelle »[12].

De plus, lors des sacres d'évêques en 1988, Mgr Lefebvre, son cocélébrant Mgr Antônio de Castro Mayer, et les quatre nouveaux évêques furent excommuniés[13]. Néanmoins, à plusieurs reprises, le cardinal Castrillon Hoyos, président de la commission pontificale Ecclesia Dei jusqu'en juillet 2009 a indiqué dans les médias que la FSSPX était à l'intérieur de l'Église, mais qu'il lui manquait néanmoins « une plus parfaite communion ».

Pour sa part, la FSSPX considère que son retrait d'approbation prononcé en 1975 est juridiquement nul car entaché d'irrégularités[14].

Enfin du point de vue des pouvoirs politiques, le Bureau des cultes du ministère de l'Intérieur français[15] la considère comme une association cultuelle chrétienne indépendante de l'Église catholique romaine et n'ayant aucun contact avec elle. La situation est la même dans la majeure partie des pays du monde où elle est présente.

Organisation[modifier | modifier le code]

Façade de l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, à Paris.

La Fraternité sacerdotale Saint-Pie X est une société de vie commune gouvernée par un Supérieur général élu pour un mandat de douze ans. À la suite de Mgr Marcel Lefebvre (1970-1982) puis de l'abbé Franz Schmidberger (1982-1994), Monseigneur Bernard Fellay entame un second mandat en 2006.

Le Supérieur général est assisté dans son gouvernement par les membres de son Conseil où siègent les Assistants généraux, également élus pour une période de douze ans ainsi que le secrétaire général. En 2006, l'abbé Niklaus Pfluger a été nommé Premier Assistant Général, l'abbé Alain-Marc Nély a été nommé Deuxième Assistant Général et l'abbé Christian Thouvenot a été nommé secrétaire général.

La Fraternité est organisée en 14 « districts », c'est-à-dire des pays ou groupes de pays où elle possède plus de 3 prieurés formés et en 6 « maisons autonomes », qui sont des districts en préparation. Ces districts sont sous la responsabilité d'un « Supérieur ».

La FSSPX revendique aujourd'hui près de 600 prêtres[16], 214 séminaristes, 117 frères, 164 religieuses, et considère qu'elle représente 600 000 fidèles dans au moins 30 pays[17]. Elle assure la formation de ses futurs prêtres dans six séminaires; son plus célèbre est celui d'Écône (fondé en 1971). En 2011, des sources indépendantes de la FPSSX évoquent plutôt les chiffres de 150 000 fidèles et de 600 prêtres[18].

En France, l'une des implantations les plus connues est l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet[19], dans le Ve arrondissement de Paris. L'occupation par la force de cette église a été reconnue comme irrégulière par la justice française. À la demande du curé affectataire une décision d'expulsion a été obtenue mais jamais exécutée. Sous la mandature Delanoë, le groupe des Verts a effectué de nouvelles tentatives, désapprouvées par le Maire, pour obtenir que la FSSPX soit expulsée mais sans succès : cette décision n'appartenant de toute façon pas à la Mairie, mais à l'Archevêché de Paris, à qui échoit l'affectation de cette église (Voir plus haut).

Histoire des relations avec l'autorité romaine[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

En 1970, Mgr Marcel Lefebvre fonde à Écône (Suisse) la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X à la demande de plusieurs séminaristes français. Les buts de cette fraternité sacerdotale sont « le sacerdoce et tout ce qui s’y rapporte et rien que ce qui le concerne ». Avec l'autorisation de Paul VI, l'institution est érigée canoniquement par Mgr Charrière, évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg en tant que « pieuse union » pour une durée de trois ans ad experimentum renouvelables. De son côté, l'évêque de Sion l'autorise à fonder un séminaire à Écône.

Par la suite, Mgr Lefebvre continue de stigmatiser, plus ou moins violemment, la politique d'ouverture post-conciliaire, attaquant en particulier le dialogue inter-religieux auquel s'essaie l'Église catholique. Le 21 novembre 1974, il publie un manifeste résumant ses positions :

« Nous adhérons de tout cœur, de toute notre âme à la Rome catholique, gardienne de la Foi catholique et des traditions nécessaires au maintien de cette foi, à la Rome éternelle, maîtresse de sagesse et de vérité. Nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante qui s'est manifestée clairement dans le concile Vatican II et après le concile dans toutes les réformes qui en sont issues. […]

Aucune autorité, même la plus élevée dans la hiérarchie, ne peut nous contraindre à abandonner ou à diminuer notre foi catholique clairement exprimée et professée par le magistère de l'Église depuis dix-neuf siècles. […]
Cette Réforme étant issue du libéralisme, du modernisme, est tout entière empoisonnée ; elle sort de l'hérésie et aboutit à l'hérésie, même si tous ses actes ne sont pas formellement hérétiques. Il est donc impossible à tout catholique conscient et fidèle d'adopter cette Réforme et de s'y soumettre de quelque manière que ce soit. […]

C'est pourquoi sans aucune rébellion, aucune amertume, aucun ressentiment nous poursuivons notre œuvre de formation sacerdotale sous l'étoile du magistère de toujours, persuadés que nous ne pouvons rendre un service plus grand à la Sainte Église catholique, au Souverain Pontife et aux générations futures[réf. nécessaire]. »

En conséquence, au printemps 1975, le nouvel évêque de Fribourg retire l'autorisation accordée par son prédécesseur à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X[20]. Malgré cela Mgr Lefebvre décide de continuer son action de formation de prêtres, et en juin 1976, il ordonne treize prêtres sans lettres dimissoires[21].

Le 22 juillet 1976, Paul VI frappe Marcel Lefebvre d'une suspense a divinis[22] pour son opposition au Concile Vatican II et son opposition aux réformes qui s'y rattachent[23] et la Fraternité est dissoute. En réponse, dans une interview au Figaro, Mgr Lefebvre décrit Vatican II comme « un concile schismatique »[réf. nécessaire]. Et le 29 août, Mgr Lefebvre célèbre la « messe de Lille »[24].

Après cette première fêlure dans l'union avec Rome, Mgr Lefebvre et la Fraternité Saint-Pie-X choisissent de continuer leur action en formant des prêtres, ouvrant des lieux de culte dans tout le monde chrétien avec la volonté de « maintenir et perpétuer le sacrifice glorieux et expiatoire du Christ dans l'Église »[réf. nécessaire]. Peu à peu, la fraternité se dote d'une structure hiérarchique distincte et séparée de l'Église romaine[réf. nécessaire], dans le but de « maintenir la Sainte Église catholique et romaine, vouloir la continuer et la continuer par le Sacerdoce[25] ». En janvier 1978, l'abbé Paul Aulagnier crée le magazine Fideliter, organe de communication du district français de la Fraternité[26]. Le 3 octobre 1984, Rome publie la lettre Quattuor abhinc annos[27] libéralisant sous certaines conditions la célébration du rite tridentin, sous la juridiction des évêques. La FSSPX, tout en se réjouissant de ce premier pas, reste très méfiante envers la hiérarchie diocésaine et demande une libéralisation générale des livres de 1962 ainsi qu'un statut juridique directement soumis au pape[réf. nécessaire]. En 1980, Mgr Lefebvre crée l'Institut Universitaire Saint-Pie X à Paris.

Mgr Lefebvre critique sévèrement la visite d'une synagogue par Jean-Paul II, ou les rencontres inter-religieuses d'Assise en 1986. À l'occasion de cette rencontre, donnant lieu à des prières pour la paix mondiale, tous les représentants religieux présents avaient prié chacun leur Dieu. Pour la tradition catholique, cela peut sembler dire que « toutes les religions se valent », ce qui fut toujours condamné par l'Église catholique[28]. Mgr Lefebvre affirme, lors d'une conférence spirituelle à Écône, que le pape est alors inspiré par le diable et les francs-maçons.

La rupture[modifier | modifier le code]

Les rapports sont maintenus avec Rome, et une tentative de normalisation de la situation de la FSSPX a lieu le 5 mai 1988, par la signature d'un accord entre le cardinal Ratzinger et Mgr Lefebvre. Cet accord[réf. nécessaire] reconnaissait le principe de l'ordination d'un évêque, le maintien de « la discipline spéciale concédée à la Fraternité par une loi particulière ». Mais le lendemain, 6 mai, Mgr Lefebvre revient sur sa signature[réf. nécessaire].

Se sentant vieillir, et voulant garantir la pérennité de son œuvre, Mgr Lefebvre décide de procéder à des sacres d'évêques, même sans l'accord de Rome. Ce qu'il fait, malgré les mises en garde canoniques[29], le 30 juin 1988. Mgr Lefebvre, assisté de Mgr Antônio de Castro Mayer, évêque émérite de Campos, sacre quatre évêques, Alfonso de Galarreta, Bernard Fellay, Bernard Tissier de Mallerais et Richard Williamson.

Ce sacre d'évêques malgré l'interdiction de Rome relève de l'excommunication latæ sententiæ : l'individu s'excommunie lui-même, du simple fait de son acte, mais l'excommunication doit faire l'objet d'une déclaration publique. C'est ce que fait le cardinal Gantin, le 1er juillet 1988 par le décret Dominus Marcellus Lefebvre : il avertit toute personne de bonne volonté que Mgr Lefebvre a « posé un acte schismatique » en citant les canons 1364-1 et 1382 du Code de droit canonique

« L'apostat de la foi, l'hérétique ou le schismatique encourent une excommunication latæ sententiæ. »

« L'Évêque qui, sans mandat pontifical, consacre quelqu'un Évêque, et de même celui qui reçoit la consécration de cet Évêque encourent l'excommunication latæ sententiæ réservée au Siège Apostolique[13]. »

Il déclare donc excommuniés Mgr Lefebvre lui-même, Mgr de Castro-Mayer, évêque coconsécrateur, et les quatre nouveaux évêques. Le 2 juillet 1988 par le motu proprio Ecclesia Dei[30], Jean-Paul II rappelle aux fidèles que nul ne doit ignorer que « l'adhésion formelle au schisme constitue une grave offense à Dieu et comporte l'excommunication prévue par le droit de l'Église ».

De la consécration des évêques à la levée des excommunications[modifier | modifier le code]

Les « ralliés » à Rome ou « communautés Ecclesia Dei »[modifier | modifier le code]

Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux

Certaines communautés de la mouvance traditionnaliste, comme les bénédictins du Barroux, n'acceptent pas la situation de schisme provoquée par les sacres du 30 juin. Ils sont canoniquement accueillis dans l'Église catholique en juillet 1988. Quelques prêtres de la FSSPX quittent alors la fraternité pour fonder la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre, sur le modèle des accords du 5 mai. Une commission cardinalice — la commission pontificale « Ecclesia Dei » — veille aux applications pratiques du motu proprio.

L'affaire de Campos[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 2000, il n'y a plus de relations officielles entre Rome et la Fraternité. Celle-ci s'attache à développer son implantation mondiale et à fustiger les « ralliés »[réf. nécessaire]. En août 2000, la Fraternité Saint-Pie-X effectue un pèlerinage à Rome dans le cadre du Jubilé. À cette occasion, divers membres importants dont Bernard Fellay, le supérieur général, rencontrent le cardinal Castrillon-Hoyos, président de la commission Ecclesia Dei. Durant toute cette année 2000, les rencontres se multiplient[réf. nécessaire], mais à la mi-2001 les relations sont au point mort.

Une des communautés de la mouvance de la fraternité Saint-Pie-X, l'Union Saint-Jean-Marie-Vianney, de Campos au Brésil, dirigée par Mgr Rangel, continue quant à elle les pourparlers avec le Vatican, reconnaît le concile Vatican II interprété à la « lumière de la tradition » et la validité et licéité du rite de Paul VI et obtient le 18 janvier 2002 le statut « d'administration apostolique de caractère personnel » soumise directement au pape[réf. nécessaire]. Le rite tridentin leur est reconnu comme rite propre.

Nouveaux ralliements[modifier | modifier le code]

Au sein de la Fraternité Saint-Pie-X, ce genre d'accord paraît satisfaisant à certains. Ainsi, au cours de l'année 2003, l'abbé Paul Aulagnier, ancien supérieur du district de France, exprime son soutien aux « accords de Campos » ; il est exclu de la FSSPX en octobre 2003. En 2004, l'abbé Philippe Laguérie, ancien curé de Saint-Nicolas-du-Chardonnet exprime son mécontentement quant au fonctionnement des séminaires et à certains choix de la Fraternité ; il fait l'objet d'une mutation disciplinaire au Mexique, qu’il refuse. Bernard Fellay déclare alors que l’abbé Laguérie « ne faisait plus partie de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X ». La sanction est la même pour ceux qui lui avaient manifesté son soutien, tels les abbés Guillaume de Tanoüarn, Christophe Héry et Henri Forestier. Le 8 septembre 2006, les abbés Philippe Laguérie, Guillaume de Tanoüarn, Paul Aulagnier, Christophe Héry et Henri Forestier rejoignent la pleine communion avec l'Église catholique romaine au sein de l'Institut du Bon-Pasteur[31], avec l'usage exclusif des livres de 1962 et le droit à une « critique constructive » du concile Vatican II.

Les « ralliements » à la Fraternité Saint-Pie-X[modifier | modifier le code]

Le 30 juillet 2006, un pasteur luthérien suédois, Sten Sandmark, abjure le luthéranisme et fait profession de foi catholique en l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet devant Mgr Tissier de Mallerais[32], l'un des quatre évêques sacrés en par Mgr Lefevre. La Fraternité Saint-Josaphat, fondée en 2001, regroupant des prêtres de rites slavons en Ukraine, se place dans la mouvance FSSPX en demandant à celle-ci des professeurs pour son séminaire. Mgr Bernard Tissier de Mallerais ordonne un prêtre de cette communauté en 2003. En 1995, Mgr Lazo, évêque émérite de La Union (Philippines), rejoint la FSSPX. Il décède en 2000.

Le motu proprio Summorum Pontificum[modifier | modifier le code]

Par le motu proprio Summorum Pontificum, publié le 7 juillet 2007, le pape Benoît XVI, qui en tant que préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi était très sensibilisé au « problème traditionaliste », remet en valeur le rite tridentin. Dans sa lettre aux évêques qui accompagne le motu proprio, le pape précise que l'un des buts de ce texte est la « réconciliation interne au sein de l’Église ».

Ces dispositions sont saluées par Bernard Fellay au nom de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X. Pour lui, ce « climat favorable instauré »[33] par Benoit XVI, et cette « indéniable avancée liturgique »[34] doivent précéder le retrait de excommunications et l'ouverture de vraies discussions doctrinales.

Levée de l'excommunication des évêques et Ecclesiae unitatem[modifier | modifier le code]

Par décret de la congrégation pour les évêques du 21 janvier 2009[35] signé par le cardinal Giovanni Battista Re, préfet de la congrégation, l'excommunication latae sententiae (c'est-à-dire de facto) qui frappait les quatre évêques consacrés par Mgr Lefebvre, Bernard Fellay, Alfonso de Galarreta, Bernard Tissier de Mallerais et Richard Williamson, est levée[36].

Ce même décret ajoute qu'« on espère que ce pas sera suivi de la réalisation rapide de la pleine communion avec l'Église, de toute la Fraternité de Saint Pie X[37] », signifiant que la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X n'est pas encore considérée comme en pleine communion[38] avec l'Église de Rome. D'après le droit de l'Église, la levée de l'excommunication n'est pas la réconciliation ou la réhabilitation, mais l'ouverture de la voie vers la réconciliation ; les quatre évêques demeurent suspendus (suspens a divinis), ce qui fait qu'il ne leur est toujours pas permis d'exercer leur ministère épiscopal au sein de l'Église catholique[39].

La vive émotion qui naît au sein de l'Église catholique, à la suite des propos négationnistes de l'un des quatre évêques et face à la position de la FSSPX par rapport au concile Vatican II[40], amène Benoît XVI a préciser que la levée de l’excommunication pour les évêques de la Fraternité Saint-Pie-X (FSSPX) « ne signifiait pas de soi le retour à la pleine communion du mouvement intégriste, et qu’elle ne pouvait se faire que dans le respect de l’enseignement du Concile Vatican II »[41].

Cependant, l'autorité romaine, par l'intermédiaire du cardinal Darío Castrillón Hoyos (alors préfet de la commission pontificale Ecclesia Dei) qui a ainsi rapporté l'analyse du Conseil pontifical pour les textes législatifs[réf. nécessaire], a assuré que[réf. nécessaire] les quatre évêques n’étaient plus suspendus (suspens a divinis). Cette affirmation[réf. nécessaire], relevant de l'autorité romaine, a par ailleurs été confirmée par une lettre du cardinal Re[réf. nécessaire]. Quant à Bernard Tissier de Mallerais, il n'a jamais été suspens a divinis, puisqu'il avait déjà été ordonné le 29 juin 1975[42], alors que la peine du Saint-Siège ne touchait que les prêtres ordonnés par Mgr Lefebvre à partir de juillet 1976[43]. L'ouverture dans la recherche du rapprochement se poursuit alors.

Ecclesiae unitatem[modifier | modifier le code]

Le 8 juillet 2009, le Vatican publie le motu proprio Ecclesiae unitatem qui rattache la Commission Ecclesia Dei à la Congrégation pour la doctrine de la foi dirigée par le cardinal américain William Levada, motivant cette décision par le but que la FSSPX retrouve la pleine communion avec l'Église. Il rappelle toutefois que « la Fraternité ne jouira d'aucun statut canonique dans l'Église et ses ministres ne peuvent exercer de façon légitime aucun ministère » tant que les questions doctrinales demeurent[44]. Une semaine plus tôt, l'un des responsables de la FSSPX, Bernard Tissier de Mallerais, considéré comme le théologien de la FSSPX[45], déclare pour sa part que « les discussions n'avanceront que si Rome réforme sa manière de voir et reconnaît les erreurs dans lesquelles le Concile a mené l'Église[46].» La libération de la célébration de la messe selon le rite tridentin et la levée des excommunications remplissent les conditions émises par Bernard Fellay[47] et permettent aux deux parties d'entamer des discussions portant sur des points de la doctrine considérée comme étant à l'origine de la division[48]. Ces réunions bilatérales débutent le 26 octobre 2009 et se terminent en juin 2011, avec un rythme bimestriel. Les conclusions de ces discussions restent confidentielles.

Ordinations sacerdotales du 29 juin 2011[modifier | modifier le code]

Répondant à la presse au sujet des ordinations sacerdotales qui ont eu lieu au sein de la Fraternité Saint-Pie X le 29 juin 2011, le père Federico Lombardi, directeur de la salle de presse du Saint-Siège, a confirmé que ces ordinations sacerdotales étaient illégitimes. « Ce sont 20 nouveaux prêtres, dont 11 Français, qui ont en effet été ordonnés de façon illégitime – les évêques qui les ont ordonnés ont été consacrés de façon illégitime en dépit de l’opposition du pape, au séminaire d’Écône, en Suisse, dans le Valais et à Zaitskofen, en Allemagne. Si, du point de vue sacramentel, les ordinations sont valides, ces prêtres ne peuvent pas administrer les sacrements. » [49]

Régularisation avortée avec le Vatican[modifier | modifier le code]

Ces discussions n'empêchent pas des membres influents de la FSSPX de continuer leur critique des initiatives du pape, contre sa pensée voire sa personne[50] ou encore celles émise à l’encontre de la béatification de Jean-Paul II en mai 2011[51]. En août 2011, à l'issue de ces rencontres romaines, Bernard Fellay, réaffirme son opposition intangible à Vatican II, en se prévalant de quelques soutiens au sein de la Curie romaine, bien que leur nombre soit réduit. Pour Benoît XVI, la liberté religieuse, le dialogue inter-religieux, la collégialité épiscopale et l'évolution de la liturgie constituent des « points non négociables », qui avaient déjà fait l’objet d'un accord en 1988 avec Mgr Lefebvre avant que celui-ci ne se rétracte[51].

Le 14 septembre 2011, Bernard Fellay et deux assistants (Niklaus Pfluger et Alain-Marc Nély) sont reçus à Rome invités[51] par William Levada, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, Mgr Luis Ladaria et Guido Pozzo [52], qui transmettent à la fraternité Saint-Pie X un « préambule doctrinal », document considéré par Rome comme préalable indispensable à une réintégration de la fraternité au sein de l'Église catholique [53]. Le préambule — soulignant en particulier le rôle doctrinal irrévocable du concile Vatican II, le respect de son authenticité et de la légitimité de son enseignement[54], jusqu'ici toujours réfuté par la fraternité — est une « base indispensable » à une « éventuelle » réconciliation avec la FSSPX. Le Vatican envisagerait en un tel cas la possibilité d'une « prélature personnelle internationale », à l'instar de la situation de l’Opus Dei. Les observateurs notent la similitude de formulation des conditions du Vatican avec les accords préalablement refusés en 1988 par Mgr Lefebvre[55].

Le préambule doctrinal est analysé par la direction de la FSSPX notamment au cours d'une réunion réunissant les responsables de cette dernière à Albano en octobre 2011. Début décembre 2011, une première réponse de la FSSPX est envoyée à Rome à la Commission Ecclesia Dei. Ce document n'est pas considérée comme une réponse par les autorités vaticanes qui demandent un complément d'information[56]. Bernard Fellay envoie un deuxième document début janvier qui sera finalement étudié par l'Assemblée plénière de la Congrégation pour la doctrine de la foi fin janvier 2012[57]. Les conclusions de cette étude sont négatives et la Congrégation pour la doctrine de la foi transmet le cas auprès du pape[58].

Le 16 mars, à l'issue d'une rencontre entre le cardinal Levada et Bernard Fellay, le Vatican publie un communiqué expliquant que la réponse fournie en janvier n'était pas suffisante pour parvenir à un accord et invite la fraternité à fournir des éclaircissements d'ici à mi-avril[59]. La réponse de la fraternité parvient le 17 avril 2012 par la signature du préambule doctrinal avec des modifications du texte original comme le permettaient les négociations[60].

La Congrégation pour la Doctrine de la Foi analyse les modifications de la FSSPX lors d'une réunion avec le pape durant le mois de juin 2012. La version définitive est remise en main propre à Bernard Fellay à Rome le 13 juin 2012. La Congrégation, avec l'assentiment du pape, modifie le texte original du préambule pour inclure une reconnaissance complète du concile Vatican II et des textes du magistère relatif à ce dernier. Ce point constitue une condition inacceptable pour la FSSPX qui annonce, après son chapitre en juillet 2012, qu'elle ne peut accepter le préambule dans sa forme définitive[61].

Il s'ensuit d'une période de flottement concernant la suite à donner à ces discussions jusqu'à l'annonce par Mgr Gerhard Ludwig Müller de la fin des discussions avec les lefebvristes[62] début octobre 2012, peu avant la célébration du cinquantième anniversaire de l’ouverture de Vatican II, ces derniers persistant à refuser de reconnaitre l’entière validité du magistère du concile dont Benoît XVI a fait la « boussole » de son pontificat[63].

Rappelant qu' « il ne peut y avoir d’amputation à la foi catholique, surtout s'il s’agit d’énoncés qui ont été validés par le Concile Vatican II »[63], concile qui « ne contredit pas la tradition de l’Église mais corrige seulement de fausses interprétations de la foi catholique », le préfet marque la fin des négociations, la décision sur l'attitude à adopter à l'égard de la FSSPX restant entre les mains du Pape[64]. Le prélat rappelle néanmoins que « d'un point de vue pastoral, la porte reste toujours ouverte ».

Exclusion d'un des quatre évêques[modifier | modifier le code]

Les discussions avec Rome entraînant maintes tensions entre les différents membres de la FSSPX - et notamment entre les évêques -, l'opposition entre Richard Williamson et Bernard Fellay s'est exacerbée, notamment par le biais des prises de position dans les médias. À la suite de plusieurs avertissements et menaces d'exclusion énoncées par Bernard Fellay à son encontre en raison des déclarations répétées contre la direction de la FSSPX, Mgr Williamson a été officiellement exclu de la Fraternité le 23 octobre 2012[65].

Doctrine[modifier | modifier le code]

La rupture entre Rome et la Fraternité s'est faite en deux temps sur le plan juridique. Mais la séparation est due à des problèmes plus profonds reposant sur l'expression du dogme de l'Église catholique.

Les points sensibles[modifier | modifier le code]

Ainsi la FSSPX refuse l’aggiornamento et ce qu'elle nomme les mesures libérales du concile Vatican II, notamment :

Une réponse romaine[modifier | modifier le code]

Le cardinal Castrillon-Hoyos, préfet de la Congrégation du clergé, énumère dans une lettre du 5 avril 2002 à Bernard Fellay plusieurs points de contestation, indiquant : « Je me permets (…) d'énumérer quelques-unes de ces attitudes et affirmations contradictoires dans lesquelles votre Fraternité semble s'être hasardée, qui suscitent la perplexité et sont en contradiction avec la Tradition de l'Église ».

Sur le plan doctrinal, le cardinal Castrillon-Hoyos rappelle les enseignements du premier concile du Vatican, selon lesquels la papauté est exempte de tout risque d'erreur. Pour lui, le magistère pontifical de Jean-Paul II ne contredit donc pas l'enseignement antérieur de l'Église. Il rappelle que les « états de nécessité » invoqués par la Fraternité pour justifier les ordinations de 1988 sont toujours soumis au jugement du pape et ne peuvent être invoqués contre celui-ci ou en dehors de lui. Enfin, il reproche aux prélats de la Fraternité leurs « manques de charité » et leur ton volontiers polémique[réf. nécessaire].

Liturgie[modifier | modifier le code]

La FSSPX célèbre exclusivement la messe selon le rite dit « de saint Pie V » ou rite tridentin, aujourd'hui dénommé forme extraordinaire du rite romain, en latin dans sa version de 1962. La FSSPX reconnaît la validité de la messe de Paul VI[réf. souhaitée] (Novus Ordo Missæ), la forme ordinaire, mais selon elle cette messe se pose en rupture brutale avec la tradition de l'Église et affaiblit l'expression de la doctrine sur le sacrement de l'Eucharistie. Les défenseurs du rite institué par Paul VI[Qui ?] rétorquent que celui-ci a été conçu dans le cadre du mouvement liturgique, pour renouer justement avec la grande tradition inspirée de l'Église primitive et des Pères de l'Église : en ce sens, il se veut plus conforme à la tradition que le rite de Pie V. Ils contestent également tout affaiblissement de la doctrine eucharistique.

Ainsi, à la suite de plusieurs critiques de certains membres de la Curie[66],[67], les disciples de Mgr Lefebvre dénoncent le caractère « équivoque » de la nouvelle liturgie qui serait susceptible de permettre une interprétation « protestante » de la messe : ils reprochent notamment à la réforme liturgique d'avoir affaibli et obscurci la conception traditionnelle de la messe (tel que son caractère propitiatoire par exemple) afin de faciliter le dialogue avec les communautés protestantes. Pour la FSSPX, la modification de la liturgie traditionnelle est emblématique des modifications apportées par le concile Vatican II. Mgr Lefebvre écrit ainsi dans une déclaration du 21 novembre 1974 :

« On ne peut modifier profondément la lex orandi sans modifier la lex credendi. À messe nouvelle correspond catéchisme nouveau, sacerdoce nouveau, séminaires nouveaux, universités nouvelles, Église charismatique, pentecôtiste, toutes choses opposées à l'orthodoxie et au magistère de toujours. »

La publication du motu proprio Summorum Pontificum a levé une grande partie des difficultés dues à l'interdiction de facto du rite tridentin.

Situation canonique[modifier | modifier le code]

Point de vue romain[modifier | modifier le code]

Suite à une demande de Mgr Norbert Brunner, évêque catholique romain de Sion (Suisse), diocèse dans lequel sont situés, à Écône, le séminaire et la Fraternité Saint-Pie-X, Rome, par l'intermédiaire de la Congrégation des évêques et le Conseil pontifical pour l'interprétation des textes législatifs, émet cet avis :

  1. Le droit canon revu en 1983 précise que le sacre d'évêque sans mandat du Saint-Siège cause une excommunication automatique (latæ sententiæ) du prélat qui ordonne et des ordinands. C'est à Rome que revient ensuite de rendre publique cette sanction. Par la lettre Dominus Marcellus Lefebvre[13] du 1er juillet 1988, le cardinal Gantin effectue cette procédure.
  2. le délit de schisme est, pour le Conseil pontifical pour l'interprétation des textes législatifs, le processus d'éloignement de la communion hiérarchique[68]. En conséquence, le fait de persévérer dans la désobéissance à l'autorité légitime suite à l'acte schismatique de 1988, entraîne une scission entre la FSSPX et Rome.

Pour l'Église catholique, si tous les prêtres et évêques membres de la FSSPX sont validement ordonnés, leur statut juridique n'est pas conforme aux lois ecclésiales. En conséquence, baptême, eucharistie, confirmation, ordination et sacrement des malades sont tout à fait valides, même si effectués dans un cadre illicite. En revanche, pour être valides, les sacrements de pénitence et de mariage doivent être conférés par un ministre ayant reçu juridiction pour le faire.

Pour autant, le cardinal Castrillon-Hoyos, préfet de la Congrégation du Clergé et président de la commission Ecclesia Dei explique le 13 novembre 2003 « Nous ne sommes pas face à une hérésie. On ne peut pas dire en termes corrects, exacts, précis qu’il y ait un schisme. Il y a, dans le fait de consacrer des évêques sans le mandat pontifical, une attitude schismatique. Ils sont à l’intérieur de l’Église. Il y a seulement ce fait qu’il manque une pleine, une plus parfaite – comme cela a été dit durant la rencontre avec Mgr Fellay – une plus pleine communion, parce que la communion existe. »

Cependant, le 23 février 2006, ce même cardinal précise dans un courrier au sujet du départ de séminaristes indiens de la FSSPX vers le diocèse : « Le témoignage de ces séminaristes donne raison aux sérieuses inquiétudes quant à la mentalité séparatiste qui les a entourés au séminaire de Goulburn. » Ainsi, pour lui, le schisme n'est pas consommé mais il peut le devenir. Il a confirmé cette opinion lors d'un entretien le 16 mars 2007[69].

Mais, en mai 2008, le cardinal Castrillon-Hoyos est interviewé par Vittoria Prisciandaro pour la Société Saint-Paul (congrégation religieuse italienne fondée en 1914) et déclare ceci :
« Il y a des signes positifs ; il y a un dialogue non interrompu…Je considère viable une réconciliation avec la Fraternité Saint-Pie-X parce que, comme nous l'avons souvent dit à "Ecclesia Dei", il ne s'agit pas d'un vrai schisme mais d'une situation anormale apparue après l'"action schismatique" de monseigneur Lefebvre avec l'attribution de l'épiscopat sans mandat pontifical, à l’encontre de la volonté exprimée par le Pape. Dans mon cœur, j'ai une grande confiance que le Saint-Père réussira à retisser les liens de l'Église avec l’accès de ces frères à la pleine communion. Il restera toujours quelques différences, comme nous en avons toujours eu dans l'histoire de l'Église »[70].

La position de la Fraternité Saint-Pie-X[modifier | modifier le code]

Dès les sacres de 1988, la FSSPX publie plusieurs articles justifiant ses choix. À la fin des années 1990, la FSSPX lance une campagne d'information auprès de ses fidèles. Un tract est largement distribué, proclamant en première page  :

« La Fraternité sacerdotale Saint-Pie X est-elle schismatique ? excommuniée ? Rome répond non ! Les fidèles peuvent-ils assister à une Messe de Saint Pie V célébrée par un prêtre de la Fraternité Saint-Pie X ? Oui ! »

La base argumentaire repose sur plusieurs points :

L’état de nécessité 
« En effet, lorsque l'extrême ou quasi extrême nécessité spirituelle de l'individu (danger de mort) ou la grave nécessité spirituelle d'un grand nombre (par exemple la diffusion incontestée d'une hérésie) le requièrent, et que le secours des Pasteurs ordinaires manque, toutes les limitations posées par le droit ecclésiastique tombent, et tout ministre de Dieu (prêtre ou Évêque) a le devoir de faire, donc légalement, même « sans l'autorisation nécessaire », tout ce qu'il peut validement faire par droit divin en vertu de son pouvoir d'ordre. S'il ne le faisait pas, il pécherait mortellement, parce que le droit divin naturel et positif oblige à secourir, chaque fois que c'est possible, toute personne en état de grave nécessité. » (Voir, entre autres, Saint Alphonse, Teologia Moralis, I.3, tract. 3 n. 27 et I.6, tract. 4, n. 560 ; F. Suarez De charitate disput. 9, sect. II, n. 4 : Billuart De charitate disert. IV, art. 3 ; Saint Thomas, S. Th. Suppli Q. 8 a. 6.3 ; Cappello, Summa Iuris Canonici vol. I, p. 258, n. 258 § 2.)[71].
La volonté de schisme 
pour qu’il y ait schisme, selon le canon no 1364, il faut qu’il y ait volonté de créer une Église parallèle. Or, pour la FSSPX, cette volonté n'a jamais existé, donnant pour arguments que lors de la messe les prêtres prient pour le pape régnant, que les sédévacantistes sont exclus de la Fraternité, et que la Fraternité adhère totalement à la doctrine catholique. De plus, pour eux, Rome n'a jamais défini en quoi la FSSPX était schismatique.
L’invalidité des excommunications 
citant le canon no 1323 « N'est punissable d'aucune peine la personne qui, lorsqu'elle a violé une loi ou un précepte, a agi forcée par une crainte grave, ou bien poussé par la nécessité, ou pour éviter un grave inconvénient, a commis une violation… », ainsi que le canon no 1324, qui réduit la peine pour celui qui se croyait en état de nécessité, la FSSPX défend le fait que s'il y a eu acte schismatique, les circonstances atténuantes de ces deux canons font que le terme d'excommunication n'aurait pas dû être prononcé et que celle-ci est par là-même invalide[72].

Controverses et polémiques[modifier | modifier le code]

La FSSPX et le sédévacantisme[modifier | modifier le code]

La situation irrégulière de la Fraternité Saint-Pie X entraîne une remise en cause de la soumission au pouvoir pontifical. La position de la Fraternité est un refus du sédévacantisme[73]. Certains prêtres qui, tel l’abbé Claude Barthe — qui est depuis revenu sur ces positions en 1980 — ou l'abbé Daniel Dolan en 1983[74], ont exprimé à une époque cette opinion, ont été exclus de la Fraternité.

Protection de Paul Touvier[modifier | modifier le code]

C'est dans un prieuré administré par la FSSPX que Paul Touvier était caché par l'ordre des chevaliers de Notre-Dame. Il fut arrêté dans le prieuré, situé dans la vieille ville de Nice le 24 mai 1989, avant d'être condamné en 1994 pour crime contre l'humanité[75].

C'est le journal Le Canard enchaîné qui découvre en 1989 que Paul Touvier, milicien recherché pour crime contre l'humanité, est protégé par l'Ordre des chevalier de Notre-Dame. Avertie, la gendarmerie lance une enquête sur l'Ordre en mai 1989, réussissant à arrêter Paul Touvier qui se cachait au prieuré Saint-Joseph de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X à Nice. Jean-Pierre Lefevre, secrétaire général de la Fraternité Notre-Dame-de-la-Merci et ancien de la Division Charlemagne (Waffen-SS) qui finançait chaque mois la cavale de Paul Touvier, se justifie en parlant de « l'aide apportée à une famille en détresse qui nous a valu une publicité de mauvais aloi dans une certaine presse »[76],[77],[78].

La Fraternité et la politique[modifier | modifier le code]

La Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X reprend la doctrine catholique quant à l'engagement en politique : « L'action politique, réellement politique, concrètement politique, fait partie du devoir d'État, même si ses modalités pratiques peuvent varier d'un individu à l'autre en fonction des capacités, des situations et des urgences[79] ». Tissier de Mallerais explique[80] que, selon les paroles du Christ « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu (Mt 22, 21) », le domaine temporel, celui de la société civile, et le domaine spirituel, celui de l'Église sont souverains chacun en son genre, sans pour autant devoir être dissociés. Pour lui, le bien commun, but de la société civile est lié au salut éternel, but de l'Église.

Dans ce contexte, les membres (clercs) de la FSSPX n'ont pas d'engagement politique partisan, car cela risquerait d'entraîner la confusion des domaines, et ce même si certaines activités spirituelles ont pu susciter un certain trouble, comme les pèlerinages à l'île d'Yeu, sur la tombe du maréchal Pétain[81],[82] à l'instar de celui du 22 septembre 2007 au cours duquel, l’abbé de Cacqueray « compare le combat du maréchal Pétain pour la France à celui de Mgr Lefebvre pour l’Église[81]. ».

Certains observateurs pointent cependant que la sécession des traditionalistes a, au-delà des éléments idéologiques, des fondements politiques et que les liens de la FSSPX avec l'extrême droite sont « notoires » en France[6] et en Belgique[7].

Ainsi, nombre de laïcs proche de cette fraternité ont un engagement politique. En lien avec la doctrine catholique, ils sont très opposés au communisme que le pape Pie XI a fermement condamné en 1937, par l'encyclique Divini Redemptoris. Ils sont aussi fidèles à l'enseignement de l'Église sur le « droit à la vie » développé par l'encyclique Evangelium vitae en 1992. Ces fidèles refusent généralement de militer dans des mouvements ou partis qui ne sont pas en accord avec la doctrine morale de l'Église. C'est la raison pour laquelle l'abbé Laguérie, membre de la FSSPX jusqu'en 2004, avait reconnu en 1991 le Front national comme « le parti le moins éloigné du droit naturel ». En France et en Belgique, un certain nombre d'associations à buts politique, telle Belgique et Chrétienté se réclament de cette doctrine morale de l'Église telle qu'elle est prônée par la FSSPX.

La FSSPX et l'évêque d'Amiens[modifier | modifier le code]

En 2007, la Fraternité Saint-Pie-X d'Amiens arrive au terme du bail de la chapelle qu'elle occupait jusque là, le propriétaire souhaitant la transformer en crèche dans le cadre d'un projet global. La FSSPX demande alors à l'évêque Mgr Bouilleret la mise à disposition d'une église ou d'une chapelle pour célébrer la messe avec ses propres officiants selon la forme extraordinaire du Rite Romain, c'est-à-dire selon le missel de 1962, en s'appuyant sur le motu proprio Summorum Pontificum du pape Benoît XVI de juillet 2007. Suite à la réponse négative de l'évêque d'Amiens par lettre du 16 septembre 2007 et suite à l'échec d'une tentative de dialogue avec l'évêque, la FSSPX a organisé des messes sur le parvis de la cathédrale ou devant l’église Saint Germain depuis le 11 novembre 2007[83].

Le 25 novembre 2007, Mgr Bouilleret a annoncé qu'une messe tridentine serait célébrée à Amiens par un prêtre diocésain un dimanche sur deux. Les membres de la FSSPX n'ont pas souhaité assister à ces célébrations.

Mgr Bouilleret estime que le motu proprio s'adresse aux catholiques traditionalistes qui sont en pleine communion avec le pape et l'évêque du lieu, ce qui n'est pas le cas des fidèles de la Fraternité Saint Pie X[84]. Il fait valoir que la municipalité d'Amiens pourrait mettre une salle à disposition, ce que les membres de la FSSPX refusent.[réf. nécessaire] Ses membres poursuivent leur manifestation sous forme de messe sur les parvis d'églises. Pour eux, il s'agit de demander à l'évêque le prêt d'une église. L'évêque souligne que les lefebvristes « démontrent ainsi que les enjeux ne sont pas la messe en latin mais ceux de l'unité de l'Église catholique romaine », dimension que, selon lui, les membres de la FSSPX « ne comprennent pas[85] ».

L'affaire Williamson[modifier | modifier le code]

Dans une entrevue à l’émission Uppdrag granskning de la télévision publique suédoise SVT, le 1er novembre 2008, Richard Williamson, un des quatre évêques de la FSSPX, a déclaré qu'il ne croyait pas que des juifs étaient morts dans des chambres à gaz durant l'Holocauste : « Je ne crois pas qu'il y ait eu des chambres à gaz. Je crois que 200 000 à 300 000 juifs sont morts dans les camps de concentration, mais aucun dans des chambres à gaz ». Ces déclarations ont été médiatisées au moment même où le Vatican s'apprétait à rendre publique la levée de l'excommunication prononcée en 1988 contre lui et ses trois collègues[86].

Dans un premier temps, le supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, Bernard Fellay, déclare dans un courrier à la SVT que R. Williamson était l'unique responsable de ses opinions et que la Fraternité n'avait pas l'autorité pour juger des questions historiques. Ne condamnant pas les propos de son évêque, il estime même « honteux » que l'interview ait porté sur des sujets séculiers « controversés » et non exclusivement sur la religion[87]. Bernard Fellay affirme peu après que la position avancée par R. Williamson n'est absolument pas celle de la Fraternité, que ce dernier « n'engage que sa personne », ajoutant que l'« on va conclure que toute la Fraternité est antisémite », s’« érigeant avec véhémence contre une telle accusation[88] ».

Dans une lettre adressée au cardinal Dario Castrillon Hoyos[89], prélat en charge au Vatican des négociations avec la FSSPX, Richard Williamson exprime des « regrets sincères » pour les « souffrances » causées au pape Benoît XVI par ses propos « imprudents », sans pour autant les rétracter[90]. Ces « excuses » sont aussitôt jugées « tout à fait insuffisantes » par le Primat des Gaules, le cardinal Philippe Barbarin[91] tandis que le porte parole du Vatican, Federico Lombardi rappelle que l'évêque intégriste n’est pas un « évêque normal » de l’Église catholique[92].

Le Vatican, à nouveau contraint de s'expliquer le 4 février après de vives critiques de la chancelière allemande Angela Merkel, demande à Richard Williamson de renier « publiquement » ses propos sur la Shoah. Le Vatican estime que Richard Williamson doit « prendre sans équivoque et publiquement ses distances » avec ses déclarations sur la Shoah avant d'être admis aux fonctions épiscopales dans l'Église catholique[93]. Ce dernier, loin de se rétracter, réplique plutôt qu'il va se pencher sur les « preuves » historiques de l'existence des chambres à gaz avant d'envisager une « rectification[94] ». Suite à ces propos, la direction de la Fraternité et Richard Williamson s'entendent pour que ce dernier se retire de son poste de directeur du séminaire de La Reja[95],[96].

Sommé de quitter le territoire par le ministre argentin de l'Intérieur Florencio Randazzo, « sous peine d'être expulsé », Richard Williamson quitte l'Argentine pour Londres le 24 février[97]. Le 26 février, à la demande conjointe du pape et du supérieur de la FSSPX, Williamson demande pardon à l'Église ainsi qu'aux survivants et aux familles des victimes de l'holocauste pour le « mal » qu'ont fait ses propos à la télévision suédoise[98].

Le Vatican juge les excuses insuffisantes tant sur la forme que sur le fond et exige que Williamson se rétracte « de façon absolue et sans équivoque (…) concernant la Shoah » tandis que les communautés juives d'Allemagne et d'Italie, rejoints par des représentants d'associations catholiques, n'accordent aucun crédit à ces « regrets[99] ». La Commission européenne rappelle que le négationnisme est un délit dans plusieurs pays européens[100] et les autorités allemandes songent, elles, à poursuivre l'évêque lefebvriste pour négationnisme[99].

Réactions[modifier | modifier le code]

L'Église catholique[modifier | modifier le code]

Au sein de l’Église catholique, l’émotion est vive et s'exprime notamment par les évêques de différents pays[101] et jusqu'au sein de la Curie. Les craintes portent entre autres sur un éventuel reniement des enseignements du concile Vatican II dont l’une des avancées réside précisément dans les nouveaux rapports créés avec le peuple juif. Lors d'une audience pontificale du 28 janvier 2009, le Pape Benoît XVI exprime sa solidarité « pleine et indiscutable » avec le peuple juif et condamne la négation de la Shoah. Il rappelle en outre que La levée de l'excommunication est un acte de « miséricorde paternelle », qu'il ne signifie pas le retour à la pleine communion de la FSSPX qui est conditionnée à la reconnaissance par les intégristes de l’autorité du pape et de celle du Concile[41].

L'Église catholique de Suède prend ses distances par rapport à ces propos, ainsi que par rapport à toute forme de racisme et d'antisémitisme[102]. Le cardinal André Vingt-Trois archevêque de Paris reconnaît que de telles déclarations sont « une arête en travers de la gorge », mais rappelle que « l’excommunication ne visait pas les propos négationnistes mais l’ordination illégitime d’évêques. »[103]. Le 27 janvier 2009, le président de la conférence des évêques suisses rappelle également que « les quatre évêques ont maintes fois déclaré, qu'eux-mêmes et la fraternité, n'acceptaient pas la déclaration du concile Vatican II Nostra Ætate sur les relations avec le judaïsme et les religions non-chrétiennes ». Il fait aussi de l'acceptation du Concile Vatican II et en particulier de la déclaration Nostra Ætate un prérequis au rétablissement de la communion et à la levée des suspensions [39].

Communauté juive[modifier | modifier le code]

Les propos négationnistes de l'évêque traditionaliste, concomitants à l'annonce de la levée d'excommunication, suscitent un vif émoi, voire de la colère, au sein des organisations juives, remettant en cause le dialogue interreligieux. Les rabbins italiens, puis américains, expriment leur « profond regret[41] » tandis que le Conseil central des juifs d'Allemagne suspend tout dialogue avec l'Église catholique et que la communauté juive, dans son ensemble, attend des éclaircissements de la part du Saint-Siège[104],[41]. Une fois les ambiguïtés levées, le voyage officiel du souverain pontife en Israël, quelques semaines plus tard, a lieu comme prévu. Lors de ce voyage, l'une des premières visites de Benoît XVI est pour le mémorial de Yad Vashem, où il parle nommément et sans équivoque des « six millions de Juifs » assassinés lors de la Shoah.

FSSPX[modifier | modifier le code]

Après de nombreux échanges avec le Vatican[41], B. Fellay revient sur les déclarations de R. Williamson, précisant que celles-ci « ne reflètent en aucun cas la position de notre société »[105] et qu'il « lui a interdit, jusqu’à nouvel ordre, toute prise de position publique sur des questions politiques ou historiques ». Il demande ensuite « pardon au Souverain Pontife, et à tous les hommes de bonne volonté, pour les conséquences dramatiques d’un tel acte » au nom de la Fraternité Saint-Pie X. L’ambassadeur d’Israël au Saint-Siège note cependant que Bernard Fellay ne condamne pas explicitement le négationnisme en soi, se contentant d’utiliser l’adjectif « bien faible » d’« inopportun »[41].

Dès le lendemain d'une déclaration papale condamnant le négationnisme le 28 janvier[41], Floriano Abrahamowicz, le prêtre de la Fraternité responsable pour le nord-est de l'Italie relance la polémique par des propos ambigus, expliquant que « les chambres à gaz ont existé au moins pour désinfecter », mais ne sachant dire « si elles ont causé des morts ou non » au prétexte qu'il n'« [a] pas approfondi la question »[106]. Il prétend aussi que ceux qui s'indignent publiquement des propos de R. Williamson ne le font que pour embêter le Vatican[107]. Ce dernier est expulsé le 6 février de la branche italienne de la FSSPX « pour des motifs disciplinaires graves » et afin d'« éviter que l'image de la Fraternité Saint Pie X ne subisse des distorsions supplémentaires[108] ».

De manière plus générale, Gilles Karmasyn relève que depuis le début des années 1990, les lettres pastorales de Williamson sont émaillées de propos racistes, sexiste et antisémites sans que la FSSPX ait jamais pris ses distances vis-à-vis de ces propos[109].

Natacha Trouiller relève dans un article publié dans La Vie que les vues de Mgr Fellay sur les juifs et les francs-maçons impliqués dans un vaste complot contre la FSSPX sont au fond assez semblables à celles de Richard Williamson et conclut que « l'antisémitisme de Mgr Williamson avait simplement fait passer au second plan celui de Mgr Fellay »[110],[111].

Lieux de culte de la FSSPX[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Unité des chrétiens, article faisant l'historique des relations entre le Vatican et la FSSPX sur le site www.catholique.org.
  2. Lettre de Benoît XVI "au sujet de la levée de l’excommunication des quatre Évêques consacrés par Mgr Lefebvre", Vatican, 10 mars 2009
  3. ainsi que la commission Ecclesia Dei le rappelle en novembre 2012, cf. « Les prêtres de la Fraternité Saint-Pie-X « n’exercent pas de ministères légitimes », rappelle Ecclesia Dei », in La Croix, 27/11/2012
  4. Émile Poulat in Nelly Schumacher, « Intégrisme, un terme qui vient de loin », entretien avec Émile Poulat in croire.com, 15/11/2006, article en ligne
  5. « Intégristes ou traditionalistes », Site internet de La Croix, 7 mars 2010.
  6. a et b Günther Nonnenmacher, « Ein Politikum », in Frankfurter Allgemeine Zeitung, 29/01/2009 article en ligne, cité par Marie Béloeil, Benoît XVI, un pape bien mal avisé, in Courrier international, 29/01/2009, article en ligne
  7. a et b Manuel Abramovicz, « À l'extrême droite de Dieu », sur le site RésistanceS, 25/01/2009.
  8. http://eucharistiemisericor.free.fr/index.php?page=0202067_pie_x
  9. http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5j5Xp-M6lsgLo4XUjN1HD0NTOPuWw AFP : Le pape annule l'excommunication de 4 évêques intégristes dont un négationniste
  10. Statuts de la FSSPX
  11. [1]
  12. ibid
  13. a, b et c Décret d'excommunication de Mgr Lefebvre, 1er juillet 1988 par le Préfet de la congrégation pour les Evêques sur le site Sacrosanctum-concilium
  14. avis de la FSSPX quant à sa situation juridique
  15. Jurisprudence de 1997 cassant la décision du ministère de l'intérieur qui ne reconnaissait plus la dimension cultuelle de la FSSPX
  16. [2]
  17. Article « Helden der Antimoderne » par Peter Wensierski et Steffen Winter, dans le journal allemand Der Spiegel du 01/02/2010 (page 32)
  18. Henri Tincq,« L'église de Benoît XVI écartelée», in Slate.fr, 20/09/2011, [150 000 article en ligne]
  19. Communiqué des évêques de Paris au sujet de la prise de Saint-Nicolas du Chardonnet, le 26 février 1977
  20. Lettre de l'évêque de Fribourg à Mgr Lefebvre le 6 mai 1975 sur le site sacrosanctum-concilium
  21. Document donnant le pouvoir de juridiction à un évêque.
  22. Notification de la suspense par la congrégation des évêques le 22 juillet 1976, Site de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X
  23. Article de l'Osservatore Romano du 26 juillet 1976 sur le site sacrosanctum-concilium
  24. Journal télévisé d'A2, le 29 août 1976
  25. Sermon de Mgr Lefebvre aux ordinations de 1982
  26. La Tradition sans peur, Abbé Paul Aulagnier, 2001, Éditions Servir, 348 pages.
  27. le texte de la lettre Quattuor abhinc annos
  28. « C’est, en effet, par la seule Église catholique du Christ, laquelle est “moyen général de salut”, que peut s’obtenir toute la plénitude des moyens de salut. » Catéchisme de l'Église catholique, § 816.
  29. Monition canonique du 17 juin 1988
  30. Motu proprio Ecclesia Dei, le 2 juillet 1988, sur le site du Vatican
  31. Décret 118/2006, « érection de l'Institut du Bon Pasteur », le 8 septembre 2006, sur le site d’Item
  32. « 30 juillet 2006 : cérémonie d'abjuration », sur le site de La porte latine
  33. « Communiqué de Mgr Fellay » du 7 juillet 2007 sur le site de la porte latine
  34. « Lettre aux fidèles » du 20 juillet 2007 sur le site de la porte latine
  35. Le décret a été rendu public le 24 janvier.
  36. (it) Décret de la Congrégation pour les évêques sur la levée de l'excommunication sur le site du Vatican et (fr) Traduction non officielle en français sur le site de la Conférence des évêques de France.
  37. Traduction du décret par l'agence Zenit.
  38. Notion définie par le droit canon, art. 205
  39. a et b http://www.zenit.org/rssfrench-19987
  40. Stéphanie Le Bars, « Le scepticisme des catholiques après la réintégration des évêques intégristes », in Le Monde, 26/01/2009, article en ligne
  41. a, b, c, d, e, f et g Isabelle De Gaulmyn, « Benoît XVI s’explique sur la levée des excommunications », journal La Croix, 28/01/2009, article en ligne
  42. La Croix du 25 janvier 2009
  43. Les Catholiques, page 309, Henri Tincq, éditions Bernard Grasset & Fasquelle, 2008.
  44. « Une nouvelle étape dans le dialogue doctrinal avec les lefebvristes », Famille chrétienne, 9 juillet 2009.
  45. Nicolas Senèze, « Le dialogue avec les intégristes confié à la Congrégation pour la doctrine de la foi », La Croix, 9 juillet 2009.
  46. « Interview exclusive de Mgr Tissier de Mallerais », La Vie, 3 juillet 2009.
  47. « Entretien avec Mgr Fellay »,‎ août 2001 (consulté le 14 mars 2012)
  48. La Croix, « Début des discussions doctrinales »,‎ septembre 2009 (consulté le 14 mars 2012)
  49. « 20 ordinations sacerdotales illégitimes dans la Fraternité Saint-Pie X », ZENIT, 6 juillet 2011 [lire en ligne]
  50. Il en va ainsi de l'ouvrage de Bernard Tissier de Mallerais, considéré comme le théologien de la Fraternité, dans son ouvrage L'étrange Théologie de Benoît XVI. Herméneutique de continuité ou rupture ?, éd. Le Sel de la terre, 2010, in ; cf. (it) Massimo Introvigne, Fraternità San Pio X e Santa Sede. Un libro attacca il Papa, in Centro studi sulle nuove religioni, 14/01/2011, article en ligne
  51. a, b et c Frédéric Mounier et Nicolas Senèze, « Les intégristes à l'heure du choix », in La Croix, 14/09/2011, article en ligne
  52. (fr) « communiqué de presse du Saint-Siège », La Croix,‎ 2011-09-14 (consulté le 2011-09-14)
  53. (fr) « Benoît XVI propose de réintégrer la Fraternité de Saint-Pie X. Une offre à prendre ou à laisser. », Europe 1,‎ 2011-09-14 (consulté le 2011-09-14)
  54. Isabelle de Gaulmyn, « P. Jean-Paul Durand : « Les lefebvristes doivent reconnaître la légitimité de l’enseignement du Concile » », in La Croix, 14/09/11, interview en ligne
  55. Frédéric Mounier, « Rome pose des conditions précises à la réintégration des lefebvristes », in La Croix, 14/09/2011, article en ligne
  56. La Croix, « Position des autorités vaticanes sur la première réponse de la FSSPX au préambule doctrinal »,‎ décembre 2011 (consulté le 14 mars 2012)
  57. La Croix, « Etude des autorités vaticanes de la deuxième réponse de la FSSPX sur préambule doctrinal »,‎ février 2012 (consulté le 14 mars 2012)
  58. La Vie, « Décision de la Congrégation pour la doctrine de la foi »,‎ janvier 2012 (consulté le 14 mars 2012)
  59. La Vie, « Demande d'éclaircissements »,‎ 16 mars 2012 (consulté le 18 avril 2012)
  60. Andrea Tornielli, « Remise du préambule signé par Mgr Fellay »,‎ 17 avril 2012 (consulté le 18 avril 2012)
  61. « /Déclaration du chapitre gönéral de la fraternité Saint Pie X », sur www.dici.org,‎ 20 juillet 2012 (consulté le 24 octobre 2012)
  62. Glaubenspräfekt Müller : Keine Gespräche mehr mit Piusbruderschaft, interview à la radio allemande Norddeutscher Rundfunk (NDR), 04/10/2012, texte allemand en ligne
  63. a et b Isabelle de Gaulmyn, Les intégristes et la vérité d’un concile, in La Croix, 06/10/2012, article en ligne
  64. Tom Heneghan, Rupture des discussions entre le Vatican et les traditionalistes, agence Reuters/Nouvel Obs, 05/10/2012, article en ligne
  65. « Communiqué de la FSSPX concernant l'exclusion de Mgr Williamson », sur www.dici.org,‎ 24 octobre 2012 (consulté le 24 octobre 2012)
  66. Alfredo Ottaviani et Antonio Bacci, Bref examen critique du nouvel Ordo Missae, Editions Renaissance Catholique,‎ 2005, 130 p.
  67. Brunero Gherardini, Le Concile Vatican II : un débat qui n’a pas eu lieu, Courrier de Rome,‎ septembre 2011, 112 p.
  68. « Réponse de la congrégation des évêques sur la situation juridique de la FSSPX », le 31 octobre 1996, publié en mai 1997 par le diocèse de Sion, sur le site sacrosanctum-concilium
  69. (it) Interview du Cardinal Hoyos par Simone Ortolani sur le site Nihil obstat, le 16 mars 2007.
  70. (it) Interview du Cardinal Hoyos par Simone Vittoria Prisciandaro traduit de l'italien sur le site Eucharistie Miséricordieuse, mai 2008.
  71. Le courrier de Rome Année XXXVI no 265 sur le site La porte latine
  72. « Le schisme introuvable », conférence de l'abbé Simoulin, le 17 mars 1997.
  73. voir « Ce siège est-il vacant », par l’abbé Dominique Boulet, FSSPX
  74. Depuis l'abbé Daniel Dolan, ordonné évêque en 1993, a participé à la création d'une « fraternité Saint-Pie-V », sédévacantiste.
  75. Journal télévisé du 24 mai 1989, Antenne 2, sur le site de l'Institut national de l'audiovisuel.
  76. Jean-Yves Camus et René Monzat, Les Droites nationales et radicales en France : répertoire critique, Lyon,‎ avril 1992, 24 cm, 526 p. (ISBN 2-7297-0416-7, lien notice BnF?), p. 372-373
  77. (en) Sophie Coignard et Marie-Thérèse Guichard, French connections: networks of influence, Algora,‎ 2000 (lire en ligne), p. 224-225
  78. (en) Thierry Féral, Suisse et nazisme (lire en ligne), p. 154
  79. Abbé de Caqueray, supérieur du district de France de la FSSPX, « le devoir politique » sur le site La porte latine
  80. article de Mgr Tissier de Mallerais, « L'État catholique et la religion », sur le site La porte latine
  81. a et b Invitation et affiche du pèlerinage du 22 septembre 2007, accompagné d'une Adresse au Maréchal Pétain par Mgr Lefebvre (13 avril 1987 à l’Ile d’Yeu), sur le site de La Porte latine
  82. Photos du pélérinage, bénédiction de la tombe de Pétain par l’abbé de Cacqueray, 22/09/2007, sur le site du Prieuré de Saint-Louis
  83. Les événements relatés par l'organe de communication de la FSSPX.
  84. « pour vivre la pleine communion, les prêtres des communautés qui adhèrent à l'usage ancien ne peuvent pas non plus, par principe, exclure la célébration selon les nouveaux livres. »
  85. Lettre de Mgr Bouilleret, 15 janvier 2008, sur le site Catholicae disputatio
  86. Un évêque négationniste va être réhabilité Le Nouvel Observateur le 23 janvier 2009
  87. Fac-similé de la lettre de Bernard Fellay, in The Remnant newspaper, 23/01/2009 ; voir aussi Le Nouvelliste du 26 janvier 2009, p. 6, ou La Croix qui présentent une version différente de la réaction de B. Fellay, datée du 24 janvier.
  88. http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=500000&channel=info#program=15;vid=10239792
  89. http://dinoscopus.blogspot.com/2009/01/letter.html
  90. « L'évêque négationniste exprime ses “sincères regrets” au pape », agence AFP, 30/01/2009 dépêche en ligne
  91. Négationnisme: les excuses de Williamson “insuffisantes” pour le cardinal Barbarin, agence AFP, 31/01/2009 dépêche en ligne
  92. « L’évêque négationniste a des “regrets” », in Le Parisien, 31/01/2009, article en ligne
  93. « Évêque négationniste : le Vatican à nouveau contraint de s'expliquer », 04/02/2009, article en ligne
  94. « Il s'agit de preuves historiques, pas d'émotions. Et si je trouve des preuves alors je rectifierai. Mais cela va prendre du temps », affirme-t-il dans une interview à l'hebdomadaire Der Spiegel le 9 février 2009 ; in « L'évêque négationniste Richard Williamson persiste et signe », Le Monde, 07/02/2009.
  95. « Mgr Williamson relevé de son poste de directeur de séminaire », sur http://www.dici.org/ (consulté le 9 février 2009)
  96. « Holocaust-denier removed from Argentine seminary », Reuters, Feb. 8, 2009
  97. « Sommé de partir, l'évêque négationniste Williamson a quitté l'Argentine », in cyberpresse, 24/02/2009, article en ligne
  98. « Le Saint-Père et mon supérieur, Mgr Bernard Fellay, m'ont demandé de reconsidérer les remarques que j'ai faites à la télévision suédoise il y a quatre mois, en raison de leurs si lourdes conséquences », souligne Mgr Williamson dans un communiqué publié à son arrivée à Londres. Il ajoute aussi qu'« en examinant ces conséquences, je peux dire sincèrement que je regrette d'avoir fait ces remarques, et que si j'avais su à l'avance tout le mal et les blessures qu'elles allaient susciter, spécialement pour l'Église, mais aussi pour les survivants et les familles des victimes de l'injustice sous le Troisième Reich, je ne les aurais pas faites » ; « Mgr Williamson demande pardon à l'Église et aux victimes de l'Holocauste », in agence Zenit, 26/02/2009, article en ligne
  99. a et b « L'étau se resserre autour de Mgr Williamson », in Le Figaro, 28/02/2009, en ligne
  100. « Négationnisme : les regrets de l'évêque Williamson ne convainquent pas », agence AFP, 28/02/2009, dépêche en ligne
  101. Réactions du président des évêques de France, du Vice-président de la Conférence des évêques de France et de l'Archevêque de Bordeaux
  102. The Remnant newspaper, 2009
  103. Cité par Le cardinal Vingt-Trois se veut rassurant sur le dossier intégriste - Économie - la-Croix.com.
  104. « Évêque : les Juifs d'Allemagne suspendent le dialogue avec les catholiques », in Le Monde, 29/01/2007, article en ligne
  105. Sous entendu la Fraternité Saint-Pie X.
  106. « Réintégration des intégristes : un prêtre relance la polémique », in Le Figaro, 29/01/2009, article en ligne
  107. « Vatican attempts to calm Holocaust row hit by Floriano Abrahamowicz », in The Times, 29/01/2009, article en ligne
  108. Anita S. Bourdin, « La Fraternité Saint Pie X expulse Don Floriano Abrahamowicz », in agence Zenit, 08/02/2009, article en ligne
  109. Richard Williamson un fanatique sans limite, Gilles Karmasyn, PHDN
  110. Mgr Fellay et les juifs, une herméneutique de la continuité, Natacha Trouiller, La Vie en ligne, 7 janvier 2013
  111. Le texte original (en anglais) est libellé comme suit: « We have many enemies, many enemies. But look and that’s very interesting. Who, during that time, was the most opposed that the Church would recognize the Society? The ENEMIES of the Church. The Jews, the Masons, the [Modernists]! The most opposed that the Society would be recognized as a Catholic: the ENEMIES of the Church! » (voir The Recusant - An unofficial SSPX newsletter, fighting a guerilla war for the soul of Tradition!

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]