Frasne

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Frasne (homonymie).
Frasne
Vue générale du village depuis le bord de l' "étang Lucien".
Vue générale du village depuis le bord de l' "étang Lucien".
Blason de Frasne
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Franche-Comté
Département Doubs
Arrondissement Pontarlier
Canton Levier
Intercommunalité Communauté de communes
du plateau de Frasne
et du val du Drugeon
(CFD)
Maire
Mandat
Philippe Alpy
2014-2020
Code postal 25560
Code commune 25259
Démographie
Population
municipale
1 844 hab. (2011)
Densité 56 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 51′ 23″ N 6° 09′ 37″ E / 46.8563888889, 6.16027777778 ()46° 51′ 23″ Nord 6° 09′ 37″ Est / 46.8563888889, 6.16027777778 ()  
Altitude Min. 810 m – Max. 882 m
Superficie 32,87 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Frasne

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Frasne

Frasne est une commune française située dans le département du Doubs en région Franche-Comté.

Ses habitants sont appelés les Frasnois, en patois les Fraignauds.

Géographie[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Frasinus en 1148 ; Fragne en 1275 ; Frasne en 1263, 1280 ; Freigne en 1265, 1289, 1312 ; Fraxine à la fin du XIVe siècle[1].

Ambiance hivernale en gare de Frasne
Frasne gare en 2012.

Frasne est traversée par la route nationale 471. La gare de Frasne est située à une bifurcation de deux voies internationales de chemin de fer (vers Berne, Paris et Lausanne).

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Boujailles, Dompierre-les-Tilleuls Rose des vents
Courvières N Bouverans
O    Frasne    E
S
Bief-du-Fourg (Jura) Censeau (Jura) Bonnevaux

Marché le samedi matin place Girod. Fête des Myrtilles début juillet.

Frasne dispose de commerces : presse-tabac, restaurants, commerces d'alimentation, pharmacie, médecins, d'une zone Industrielle, d'un collège, d'une halte-garderie ; de stade de foot, terrains de tennis, salle des fêtes, parcours santé, pistes de ski de fond, liaison par car vers la station de ski alpin de Métabief (station ski France).

Histoire[modifier | modifier le code]

Le village dépendait de la seigneurie de Nozeroy et pendant longtemps il portait le nom de Frâne-les-Nozeroy. Par sa situation il dépendait de La Rivière pour le bourg et de Nozeroy pour les eaux et les forêts. La voie romaine passait près du village, plus précisément à Sous-le-Pré-de-Bry, à Pouaille et à Es-Libard (les Liébards) ; dans le voisinage de cette voie il existait une fontaine entourée de pierre de taille appelée le Puit-de-Fraigneau (au lieu-dit Frainiau). Entre le village et Bief-du-Fourg il se dressait une borne nommée « La pierre-qui-vire »[2].

La Grange de Cessay[modifier | modifier le code]

Le fief comprenait, outre le bourg, l'Étang-Vieux ou Moulin-de-Chiérel, les Moulins-Vieux, les Moulins-neufs, le Moulin-de-Paray, la Scie-Besancenet, le Lac-de-l'Écoulant et la Grange de Cessay. Ces lieux étaient mentionnés dans les titres de l'abbaye de Mont-Sainte-Marie en 1200. La Grange de Cessay était appelée Sicais à cette époque et Sexsex dans le mandement de créance de Jean III de Chalon-Arlay en 1369. En 1708 l'abbé de Baume disait dans un mémoire que : « Cessay ne dépend point de Frâne, qui a son territoire dépendant de l'abbaye de Sainte-Marie, et partant que c'est une paroisse distincte et séparée de Frâne ; qu'il y avait autrefois une église dont on voit encore à présent (1708) les vestiges, où les religieux de l'abbaye faisaient les fonctions de curé et administraient les sacrements à leurs fermiers dudit Cessay ; que si, à la suite des temps, l'église est tombée en ruines, les religieux ont abandonné l'endroit pour le tout réduire à ladite abbaye : et lesdits fermiers ont pratiqué les sacrements à Frâne, non en qualité de paroissiens du lieu, mais par nécessité et comme endroit le plus voisin ». Cessay ne fut réuni à Frasne qu'après la Révolution[2].

Condat et Sainte-Marie[modifier | modifier le code]

Le nom de Frasne apparaît en 1090 dans une donation d'un meix (habitation d’un cultivateur, jointe à autant de terre qu’il en faut pour l’occuper et le nourrir) et d'un pré de la part de Gaucher II de Salins à l'abbaye de Cluny. En 1184 l'empereur Frédéric Barberousse confirmait les biens de l'abbaye de Saint-Oyand de Joux et entre autres il était question de l'église de Dompierre et de la chapelle de Saint-Georges à Frâne (ecclesiam de domino Petro cumprioratu et capella sancti Georgii). Il semble qu'il existait trois châteaux dans le village, un près de l'église, un autre au Clos-chez-Jean et le troisième dans l'habitation de l'ancien capitaine Marmier. En 1311 Jean Ier de Chalon-Arlay rendait hommage à Philippe IV de France pour les fiefs qu'il tenait, Frasne y était cité sous le nom de Frainne[2].

En 1233 le prévôt de Frasne, nommé Vaucher, vendait à l'abbaye Sainte-Marie un pré au lieu-dit de Pouaille, cette vente était garantie par Amaury III de Joux. Cette même année les habitants du village accordaient aux religieux de Sainte-Marie le droit de parcours sur les terres du territoire de Cessay. En 1237 Pichot, habitant du bourg, donnait aux religieux de cette abbaye un quart du moulin de Chenol et plus tard Ponce lui faisait don de tous ses droits sur ce même moulin. L'abbaye augmentait encore ses revenus par les dons de Hugues et Henry d'Usie, par la donation de Pierre de Molpré en 1248 et par celui de Béatrix de Vienne, épouse d'Hugues Ier de Chalon-Arlay, en 1338[2].

Marescot et Cécile[modifier | modifier le code]

En 1266 vivait à Frasne Robelin, dit Comte, fils de Richard Contat, il était cité dans un acte de vente d'un pré à Fauque (ou Faucon) Marescot. Cette famille possédait beaucoup de terre à Frasne mais aussi à La Rivière, Bonnevaux et Bannans. L'un d'eux, Jean Clerc Marescot, était affranchis pour 120 livres estevenants en 1337. En 1360 Jean II de Chalon-Arlay permettait à Jean et Guillaume, frères et moines à Romain-Moûtier, de posséder les biens qui dépendaient des frères Hugues, Pierre et Oudot Marescot car ceux-ci étaient décédés sans héritiers ; cette donation était faite à la condition que ces moines, ou l'un des deux, résident dans le village et qu'ils ne pourraient ni vendre ce bien ni le donner[2].

Une autre famille connue du village était celle des Cécile, elle donnait plusieurs conseillers au parlement de Dole mais aussi des magistrats et des notaires à Pontarlier. Elle était affranchie en 1318 en même temps que la famille Quetal ou Quetaud[2].

L'église[modifier | modifier le code]

Au XIIe siècle l'église du village était dirigée par Pierre, second abbé de Saint-Vincent, il succédait à Achard, premier abbé de cette abbaye, à qui l'archevêque Hugues III donnait l'autel de Frâne avec ses dépendances en 1092 (altare quoque Fraxini cum appenditiis suis)[2].

Le péage de La Rivière[modifier | modifier le code]

La maison de Chalon possédait de très bonne heure des biens dans le village, c'est ainsi qu'en 1273 Laure de Commercy, épouse de Jean Ier de Chalon, achetait une maison dans le bourg, l'année suivante elle acquérait le four. Hugues Ier de Chalon-Arlay, en 1289, y possédait des "ménages" d'hommes mainmortables[2].

Ils avaient également établi dans le village, de même qu'à Bouverans, un droit de péage sur les marchandises allant "de vent à bise ou de bise à vent" (du sud-est au nord-ouest ou l'inverse). D'après le "terrier" de La Rivière en 1339, ce droit était : "le cent de fer, d'acier, de plomb, de cuivre, de laiton et toutes autres marchandises qui se pèsent = 6 deniers ; la tonnelle d'harengs blancs = 6 deniers ; le tonneau d'harengs sans sel tenant trois tonnes = 18 deniers ; le demi tonneau = 9 deniers ; la basle de mercerie, mestée d'épices et autre mercerie = 18 deniers ; la baste de drap et de laine = 24 deniers ; la baste de futailles appelée rucin = 2 deniers ; la baste de petites peaux, comme renard, de martes et de petits agneaux = 24 deniers ; la chevalée d'huile d'olive à trois chamées = 24 deniers ; le cheval de prix qui passe vingt livres = 3 sous ; la meule de moulin = 5 sous ; le char chargé de vin, bled ou sel = 4 deniers ; pour la charrette = 2 deniers ; la luge (traineau) double chargée = 4 deniers ; la luge simple à un cheval = 2 deniers ; le cheval ferré = 4 deniers ; le cheval non ferré comme le poulain et la pouline = 2 deniers ; le bœuf ou la vache = 1 denier ; la brebis, le mouton ou le porc = 1 engrogne ; les bêtes de teil rien ; les cuirs de bœufs, de vache et de cheval = 1 denier ; la douzaine de peaux de brebis ou de moutons = 4 deniers ; celle de petits agneaux, petits veaux, renards et autres petites bêtes = demi denier ; le bascon catier que l'on mène sur le char = 1 denier ; le char qui mène un demi drap non embaslé = 4 deniers ; le chaval chargé de poissons doit au châtelain de La Rivière cinq sous estevenants ; parmi ce, le châtelain doit au marchand son dîner et un picotin d'avoine pour son cheval ; et si le châtelain veut, il peut prendre un poisson après les deux meilleurs ; item le marchand conduisant ledit poisson, pour le même péage = 2 deniers ; le cheval chargé de bled, vin ou autres = 2 deniers"[2].

Dans une charte du 10 mai 1375 Hugues II de Chalon-Arlay reconnaissait le droit d'usage qu'avaient les habitants du village dans les forêts de la seigneurie de Nozeroy, qui seront délimitées en 1586 par des bornes aux armoiries des Chalon, et voulait bien convertir en un cens de 80 livres, payable au receveur de ce lieu, les prestations que lui devaient les villageois en raison de ces mêmes droits, entre autres celui de "tréhut" ("droit dû au seigneur à raison du grand gibier", en 1517 les religieux de Sainte-Marie réclamèrent un ours qui avait été tué dans le bois de Chalamont) ; mais aussi les droits de "servitudes, exactions, missions de blés, de corvées, de fromages, de courtoisie et d'argent, et de toutes les autres choses auxquelles ils étaient tenus à cause de leur foresterie". En 1425 les habitants du village obtenaient le "droit de parcours" dans les bois du seigneur de Chalon[2].

Après les ravages des guerres de Trente Ans au XVIIe siècle les registres de l'état civil du village attestent que la paroisse était déserte "parochia deserta". Plusieurs familles quittèrent le pays et deux d'entre elles partirent à Rome, celle des Barbaud et des Cornier ; lors du premier Empire un sergent d'un régiment napoléonien nommé Barbaud était logé à Frasne où il apprit que ses ancêtres étaient originaire de ce village[2].


Blasonnement[modifier | modifier le code]

Le blason de la commune a pour définition héraldique : D'or chargé en chef d'un écusson de gueules à la bande d'or et en flancs de deux sapins de sinople fusté de sable, à la champagne ondée d'azur.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1904 1922 Charles Girod    
1922 1929 Adolphe Girod   député du Doubs
1977 1989 Jean-Turberg RPR Conseiller régional vice-président
1989 1995 Lucien Bôle DVG  
1995 2001 Jacques Nicolet RPR  
mars 2001 février 2007 Lucien Bôle DVG  
mars 2007 mars 2008 Maurice Vanthier DVD  
mars 2008 2014 Philippe Alpy[3] DVD  
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 844 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
920 861 872 874 947 977 970 979 1 004
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
889 982 1 017 1 016 1 014 1 088 1 074 1 060 1 050
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 080 1 076 1 069 1 102 1 188 1 103 1 205 1 202 1 301
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
1 367 1 353 1 430 1 355 1 519 1 624 1 753 1 789 1 844
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2004[5].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Chapelle de l'Étang.


Cette chapelle fait partie d'un ensemble de maisons et bâtiments d'usine (scierie) construit aux alentours de 1930 constituant le lieu-dit " hameau de la scierie" (appellation cadastrale), rebaptisé récemment "hameau de l'étang". C'est sous l'impulsion d'un maître scieur M. Chauvin associé au propriétaire de l'étang M. Charton qu'une scierie s'installe à cet endroit à cette époque. L'existence d'une entreprise du même type antérieurement à cette date est très probable. L'eau de cet étang canalisé depuis très longtemps a servi à d'autres fins (moulin à grain) au fil des siècles passés. Les machines de la scierie fonctionnaient grâce à la force motrice de l'eau de l'étang qui s'écoulait par une canalisation souterraine traversant la route. Le propriétaire de l'époque, animé sans doute d'un certain esprit paternaliste d'entrepreneur, construisit côté étang sa propre demeure typique des maisons dîtes "bourgeoises" ou de "maître" des années trente (encore visible). La maison du régisseur est du même côté.On y trouve également cette chapelle et tout au bord de l'eau, l'école réservé aux enfants du personnel. De l'autre côté, se trouvaient la scierie proprement dite et les bâtiments du personnel. Ainsi, il satisfaisait en un même lieu, en maître et fondateur, à toutes les dimensions de la vie humaine : le travail, la religion et l'éducation.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Ignace Joseph Bourgon, Recherches historiques sur la ville et l'arrondissement de Pontarlier, 1841, p. 328 à 343 books.google.fr
  • Michel Renaud, La Grange de Cessay, 2000
  • Michel Renaud, Frasne : Mémoires d'ici. Volumes 1-3, 2003-2012

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Courtieu, Dictionnaire des communes du département du Doubs, t. 3, Besançon, Cêtre,‎ 1984
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Recherches historiques sur la ville et l'arrondissement de Pontarlier
  3. Site officiel de la préfecture du Doubs - liste des maires (doc pdf)
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  6. Biographie d'Adolphe Girod

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :