Franz-Anton Mesmer

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Franz Anton Mesmer

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Naissance 23 mai 1734
Iznang, diocèse de Constance (aujourd'hui Moos)
Décès 5 mars 1815 (à 80 ans)
Meersburg
Nationalité Flagge Großherzogtum Baden (1891–1918).svg Bade

Franz Anton Mesmer (23 mai 1734 à Iznang5 mars 1815 à Meersburg) est un médecin badois, fondateur de la théorie du magnétisme animal, aussi connue sous le nom de mesmérisme.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1752, Franz Anton Mesmer s'inscrit à l'université jésuite de Dillingen (de) et, en 1754, à l’université d’Ingolstadt pour sa troisième année de théologie. Il s'inscrit en droit à l'université de Vienne en 1759, puis en médecine en 1760.

En 1766, Mesmer publie sa thèse de doctorat, De l'influence des planètes sur le corps humain, dans laquelle on retrouve l'influence des théories sur le magnétisme du médecin suisse Paracelse, du médecin belge Jan Baptist van Helmont (Le traitement magnétique des plaies, 1621), du médecin écossais William Maxwell (De Medicina Magnetica, 1679), du jésuite allemand Athanasius Kircher et de Ferdinand Santanelli (Geheime Philosophie oder magish-magnetische Heilkunde, 1723).

En janvier 1768, Mesmer épouse la riche veuve Maria Anna von Posch (von Bosch dans la correspondance de Mozart). De nombreux musiciens viennois fréquentent leur maison, notamment Haydn, Gluck et Mozart qui l’immortalisera en incluant une référence à lui dans son opéra Così fan tutte.

En 1773, il entreprend son premier traitement sur la base des idées d'un fluide universel. Pour cela, il utilise les plaques aimantées inventées par le père jésuite Maximilian Hell. À la suite d’une polémique avec Hell sur la paternité de ce procédé, Mesmer insistera sur le fait que le magnétisme animal est distinct du fluide magnétique minéral. En 1775, Mesmer est amené à donner son avis à l'Académie des Sciences de Munich sur les exorcismes du père Johann Joseph Gassner.

En juin 1775 il se rend chez le Baron Horeczky de Horka. Fin 1775 il est de retour à Vienne.

En 1777, il quitte Vienne après avoir tenté de traiter la cécité de Maria Theresia von Paradis, une musicienne de 18 ans aveugle depuis l’âge de quatre ans. Les soins de Mesmer parvinrent à rétablir partiellement sa vue, ce dont les parents lui furent d’abord fort reconnaissants, avant que le père de la jeune musicienne, qui tenait à conserver la pension d'invalidité de sa fille, n’insiste pour que Mesmer cesse de la traiter. Des échanges acrimonieux s’ensuivirent, et la vision de la patiente se détériora de nouveau. Pour éviter un scandale, Mesmer part s’installer à Paris l'année suivante.

Arrivé à Paris en 1778, il officie d'abord à l'hôtel Bourret place Vendôme puis à l'hôtel Bullion [1] rue Coquillère, près de Saint-Eustache, et encore à l'hôtel de Coigny, rue du Coq-Héron. Sa clientèle s'accroissant, il s'établit ensuite à Créteil en mai 1778. Il se fait assister par Charles Deslon, médecin personnel du comte d'Artois, avec le soutien duquel il publie, en 1779, son Mémoire sur la découverte du magnétisme animal de 88 pages, suivi de ses 27 célèbres Propositions décrivant sa théorie. Ses thèses principales sont :

  • un fluide physique subtil emplit l'univers, servant d'intermédiaire entre l'homme, la terre et les corps célestes, et entre les hommes eux-mêmes ;
  • la maladie résulte d'une mauvaise répartition de ce fluide dans le corps humain et la guérison revient à restaurer cet équilibre perdu ;
  • grâce à des techniques, ce fluide est susceptible d'être canalisé, emmagasiné et transmis à d'autres personnes, provoquant des « crises » chez les malades pour les guérir.
Mesmer, de Puységur et Deleuze.

Selon Mesmer, le magnétisme animal est la capacité de tout homme à guérir son prochain grâce à un « fluide naturel » dont le magnétiseur serait la source, et qu'il diffuserait grâce à des « passes », dites « passes mesmériennes », sur tout le corps. Bientôt, Paris se divise entre ceux qui pensent que Mesmer était un charlatan forcé de fuir Vienne et ceux d’opinion qu'il avait fait une grande découverte.

En 1780 Charles Deslon publie Observations sur le magnétisme animal.

En 1780, ayant plus de patients qu'il n'en peut traiter individuellement, Mesmer introduit la méthode de traitement collectif dite du baquet. C'est notamment lors de ces traitements collectifs que se manifestent des phénomènes contagieux de « crises magnétiques » au cours desquelles les femmes de la meilleure société parisienne perdent leur contrôle, éclatent d'un rire « hystérique », se pâment, sont prises de convulsions…

Mesmer est vivement attaqué par la faculté de médecine mais obtient des clients influents, tels le juriste Nicolas Bergasse et le banquier Guillaume Kornmann.

En mai 1781 Mesmer quitte Paris pour Spa, aujourd'hui en Belgique, où il écrit son Précis historique des faits relatifs au magnétisme animal qu'il adressera aux compagnies savantes du monde entier. Il rentre à Paris fin 1781.

Mesmer retourne à Spa en juillet 1782 ; il revient à Paris fin 1782 : en mars 1783 il crée la loge de l'harmonie (qui deviendra plus tard la Société de l'Harmonie Universelle).

En 1782, apprenant que Charles Deslon s'est lui-même constitué une clientèle de magnétisme animal, Mesmer organise avec l'aide de Nicolas Bergasse et Guillaume Kornmann, une souscription pour acheter le « secret de Mesmer ». Pour cela, ils créent en 1784 la Société de l'Harmonie Universelle, qui se révèle être un énorme succès financier. Armand Marc Jacques de Chastenet de Puységur et ses deux frères seront membres de cette société.

Les tentatives de Mesmer afin d’obtenir, au cours de ses premières années à Paris, l'approbation officielle de l'Académie des Sciences ou de la Société royale de Médecine pour ses doctrines se soldent par un échec. En 1784, Louis XVI nomme, à l’insu de Mesmer, deux commissions pour étudier la pratique du magnétisme animal, l'une de l'Académie des Sciences, l'autre de la Société royale de Médecine. Les commissaires, l'astronome Jean Sylvain Bailly, le médecin Joseph-Ignace Guillotin, le chimiste Antoine Lavoisier, l'ambassadeur des États-Unis Benjamin Franklin et le botaniste Antoine Laurent de Jussieu se fondent sur l'observation du travail de Charles Deslon. Jean Sylvain Bailly conclut que « l'imagination sans magnétisme produit des convulsions… le magnétisme sans imagination ne produit rien », il déclare aussi, dans un rapport secret que « le traitement magnétique ne peut être que dangereux pour les mœurs ». En revanche, Antoine Laurent de Jussieu déclare que « l'influence physique de l'homme sur l'homme doit être admise ». Auguste Thouret intervient aussi dans l'enquête.

Cependant, comme la commission n’avait observé que le travail de Deslon, beaucoup affirmèrent que ce dernier ne connaissait pas complètement le vrai système de Mesmer qui s’indigna de ce que les commissaires avaient adressé leurs questions au « traître » Deslon, et non à lui. Cette circonstance lui profita pourtant lorsque le ministère public décida d'interdire la pratique du magnétisme animal aux médecins sur la base du rapport des commissaires, car Bergasse réussit à faire lever l'interdiction du Parlement précisément parce que le rapport des commissaires concernait la pratique de Deslon et non celle de Mesmer. Loin de nuire au développement du mouvement magnétique, les rapports de 1784 firent, au contraire, de la publicité au mouvement magnétique. Cet effet fut renforcé par l’opinion contradictoire de Jussieu, et par le fait que la même année, un des plus fidèles disciples de Mesmer, le marquis de Puységur, avait fait de nouvelles découvertes d’un état jusque-là inconnu de la conscience, qu'il appelait « sommeil magnétique ». Ce phénomène suscita une nouvelle attention et, au lieu de trancher la question de l'existence du magnétisme animal, les rapports ont conféré un intérêt supplémentaire au sujet. L'intérêt soutenu pour le magnétisme animal en France se propagea en conséquence à de nombreux autres pays au cours des décennies suivantes et nombre de nouveaux partisans en adoptèrent la cause. La « Société de I'Harmonie » développa ses activités et plusieurs villes en France eurent des sociétés similaires, certaines très prospères, comme à Strasbourg, Chartres, Lyon, Amiens, Narbonne, Malte, Saint-Domingue, etc.

Jean-Jacques Duval d'Eprémesnil et Joseph Michel Antoine Servan prennent la défense de Mesmer.

Il parait probable que les membres fondateurs de la Société considéraient que leur engagement envers Mesmer ne durait que jusqu’à ce que cent membres avaient payé cent louis chacun. Cet objectif ayant été dépassé au cours de 1784, plusieurs membres influents se crurent désormais entièrement libres d'enseigner et de pratiquer et (encore pire pour Mesmer) de modifier ce qu'ils avaient appris.

En 1785, Mesmer expulse Bergasse, Kornmann et d'autres membres influents de la Société de l'harmonie. Cette scission reflète des divisions politiques : Bergasse et Kornmann souhaitent étendre la lutte contre l'Académie à la lutte contre le despotisme politique alors que Mesmer tient à un apolitisme, plus propre d'ailleurs à servir ses intérêts immédiats[2].

En 1785, Mesmer quitte la France, reprochant à ses élèves de ne pas avoir gardé son « secret ». C’est principalement en raison des luttes intestines de nature économique au sein de la « Société de I'Harmonie » que Mesmer, qui pensait également que la comptabilité était délibérément falsifiée, décida de se contenter de 20 000 francs et de quitter le pays au lieu d’avoir à se préoccuper des luttes internes de la société.

En 1793[3], il quitte Paris (ou il se trouvait de nouveau), lors de la Terreur, et rejoint Vienne où, suspecté de sympathies révolutionnaires, il est emprisonné pendant deux mois. Libéré le 18 décembre, il gagne la Suisse, sur les rives du lac de Constance,à Frauenberg. En 1798, sous le Directoire, il regagne Paris dans l'espoir de récupérer une partie de ses biens. Il séjourne pendant trois ou quatre ans à Paris et Versailles. Il écrit alors ses mémoires en 1799. Il obtient du gouvernement une compensation financière de 400 000 livres. Il regagne Frauenberg où Lorenz Oken l'y visite en 1809. À l'issue de ce séjour Oken appelle urgemment les médecins à rencontrer Mesmer. Johann Christian Reil propose alors à Mesmer de venir exercer à Berlin dans un établissement reconnu par les autorités prussiennes. Mesmer, arguant de son âge avancé, décline l'invitation, mais suggère à l'inverse de recevoir chez lui toute personne missionnée par Oken. Le chancelier Karl August von Hardenberg charge alors le ministre de l'éducation de constituer une commission d'évaluation. Présidée par Hufeland, la commission demande au Dr. Christian Wolfart - « mesmeriste » et membre de l'Académie de Prusse - de se rendre à Frauenberg où il arrive en septembre 1812. Mesmer lègue ses manuscrits à Wolfart qui les traduira (ils avaient alors été publiés en français) et les publiera dès 1814[4]. Au début de l'année 1815 Mesmer se rapproche du village d'Iznang ; il meurt le 5 mars d'un arrêt cardiaque.

Sa renommée dans le monde anglophone sera telle que le verbe « hypnotiser » (au propre et au figuré) se dit non seulement to hypnotize en anglais, mais également to mesmerize.

Mécénat musical[modifier | modifier le code]

Grand amateur de musique et riche mécène, Mesmer commande au jeune Wolfgang Amadeus Mozart, alors âgé de douze ans, son second opéra, Bastien und Bastienne, pièce bucolique dans le goût champêtre de l’époque qui sera créé en son théâtre privé le 1er octobre 1768. Haydn et Gluck se produisirent également chez Mesmer.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • De l'influence des planètes sur le corps humain, 1766
  • Mémoire sur la découverte du magnétisme animal, 1779, Wikisource-logo.svg Édition numérique disponible sur wikisource. Il y a aussi une édition papier chez Allia, 2006, (ISBN 2844852262).
  • Précis historique des faits relatifs au magnétisme animal. I, 1781, L'Harmattan, 2005, (ISBN 2747590542)

Postérité[modifier | modifier le code]

Honoré de Balzac était un adepte du mesmerisme et du magnétisme animal. Il s'étend longuement sur le sujet dans son roman Ursule Mirouët où l'on voit le sceptique docteur Minoret se laisser convaincre de traiter sa pupille : Ursule.

En 1936, le docteur Jean Vinchon a publié chez Amédée Legrand, éditeur, une étude intitulée Mesmer et son secret[5].

En 1994, Roger Spottiswoode réalise le film Mesmer, sur la vie du docteur (surtout le côté hypnose), avec Alan Rickman dans le rôle de Franz Anton Mesmer[6].

Mesmer est évoqué dans le film Cure, de Kiyoshi Kurosawa, où un ancien étudiant en psychologie devenu fou a d'inquiétants pouvoirs hypnotiques.

Également cité par Abraham Van Helsing, dans Dracula de Francis Ford Coppola.

Le roman de Brian O'Doherty L'étrange cas de mademoiselle P. (1992) est consacré à l'affaire du traitement de la musicienne aveugle Maria Theresia von Paradis.

Alexandre Dumas décrit une séance de soins dans Le Collier de la reine.

Messmer, un artiste québécois, reprend le nom Mesmer comme nom de scène en hommage.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Robert Delavault, Une destinée hors du commun : Marie-Anne Lavoisier, 1758-1806, Editions L'Harmattan, 2008
  2. Clifford D. Connor, Histoire populaire des sciences, éditions de l'échappée,2011, P. 382 citant Darnton, La fin des lumières, le mesmérisme et la Révolution
  3. Betsy van Schlun, Science and the Imagination : Mesmerism, Media, and the Mind in Nineteenth-century English and American Literature, Galda & Wilch, 2007
  4. Saīd Hammoud, Mesmerisme et romantisme allemand 1766-1829, Editions L'Harmattan, 1994
  5. Jean Vinchon, Mesmer et son secret, l'Harmattan,‎ 1999 (ISBN 2-7384-7426-8). Disponible aujourd'hui aux éditions l'Harmattan (le lien permet la lecture de quelques pages de l'ouvrage)
  6. Mesmer (1994) sur l'IMDb.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]