Franz-Olivier Giesbert

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Franz-Olivier Giesbert
Image illustrative de l'article Franz-Olivier Giesbert
Franz-Olivier Giesbert lors du festival automobile international 2012.

Surnom FOG
Naissance 18 janvier 1949 (65 ans)
Wilmington, Delaware, États-Unis
Nationalité Drapeau : France Français
Drapeau : États-Unis Américain
Profession Journaliste, éditorialiste
politique
Autres activités Présentateur de télévision et romancier
Médias
Média principal Presse écrite
Pays Drapeau de la France France
Télévision France 5
Fonction Directeur de publication du Point

Franz-Olivier Giesbert (parfois abrégé « FOG »), né le 18 janvier 1949 à Wilmington dans l'État du Delaware (États-Unis), est un éditorialiste, biographe, présentateur de télévision et romancier franco-américain, exerçant en France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Né le 18 janvier 1949 à Wilmington (Delaware, États-Unis), Franz-Olivier Giesbert est issu, par son père, d'une famille d'origine allemande, écossaise et juive immigrée aux États-Unis à la veille de la Première Guerre mondiale et, par sa mère, d'une famille normande et catholique dirigeant à Elbeuf une importante imprimerie régionale. De retour en Normandie à trois ans, il est élevé par sa mère, professeur de philosophie, et son père, dessinateur commercial passé par l'Art Institute of Chicago et ayant participé au débarquement en Normandie, le 6 juin 1944 à Omaha Beach[1].

À l'âge de dix ans, il veut devenir écrivain et commence à écrire des nouvelles (L'Américain, Editions Gallimard[pas clair]).Sous l'influence d'une mère très croyante, il suit une éducation religieuse dont il tire un fort attachement à la foi catholique et un vif intérêt pour les réformes de l'Église de Jean XXIII (il a d'ailleurs tenu une chronique régulière dans le magazine français Panorama[2]). Politiquement, il appartient à une famille de gauche, sa mère ayant été adjointe au maire PS d'Elbeuf.

Si dans son adolescence, il se veut, par réaction au père, un partisan déclaré de l'Algérie française, il affirme avoir ressenti, à l'arrivée de l'âge adulte, un bref attrait pour le communisme. Après avoir suivi sa scolarité au lycée d'État d'Elbeuf, il publie son premier article à l'âge de 18 ans, dans Liberté-Dimanche, du groupe de presse Paris Normandie, consacré à l'élection présidentielle américaine. Il refuse le poste de rédacteur en chef-adjoint du quotidien Paris Normandie[3], que lui propose sa famille maternelle, actionnaire du quotidien. Conseillé par sa mère, il effectue des études de droit, dans l'optique d'entrer à l'ENA ou d'obtenir le diplôme d'avocat[réf. nécessaire]. Parallèlement, il a collaboré pendant quatre ans à la page littéraire de Paris Normandie.

Une vocation au journalisme précoce[modifier | modifier le code]

À dix-neuf ans, il collabore aux pages littéraires de Paris Normandie, où il publie des entretiens avec Louis Aragon, Henry de Montherlant, Jules Romains, Maurice Genevoix, Alain Robbe-Grillet, etc[4].

Il entre en 1969 au Centre de formation des journalistes, où il se lie entre autres avec Patrick Poivre d'Arvor. Marqué par les enseignements de François Furet, de Jacques Julliard ou de Gilles Martinet, il effectue, durant l'été 1971, son stage de fin d'études aux services Politique et Notre époque du magazine Le Nouvel Observateur. Il obtient son diplôme la même année[5].

Débuts au Nouvel Observateur[modifier | modifier le code]

Il est recruté au service politique sur recommandation de Jacques Ozouf, alors à la recherche de jeunes journalistes motivés et susceptibles de professionnaliser le service[1].

Il publie parmi ses premiers articles une interview de Michel Rocard, puis des reportages sociaux, des papiers sur la presse mais aussi sur Jacques Chaban-Delmas ou Edgar Faure. Il prend successivement en charge la droite et l'exécutif puis, à partir de 1974, la gauche notamment le PS. Il traite parfois du PCF jusqu'en 1977, mais il est essentiellement attaché à la gauche non communiste : il interroge à deux reprises François Mitterrand en l'espace de deux mois. Parmi les autres hommes politiques à qui il donne la parole figurent Edgar Faure, Jacques Delors et Pierre Mauroy. Ses liens avec ce dernier, alors numéro deux du PS, sont alors si importants qu'on le définit comme « mauroyiste ».

Aidé par Lucien Rioux, il collabore avec Pierre Mauroy à la rédaction du livre Les Héritiers de l'Avenir (Stock, 1977), où le numéro deux du PS défend la crédibilité du Programme commun[6]. Il publie également une biographie (François Mitterrand ou la Tentation de l'Histoire) au Seuil en mars 1977[7].

Ses relations avec Mitterrand alternent alors entre des périodes de froid et de réconciliation même si lui-même participe à la construction médiatique de Michel Rocard. Interviewant cinq fois l'ancien leader du PSU en un peu plus de deux ans (mai 1977 - septembre 1979), il couvre avec attention ses déplacements en province (« Rocard chez les sudistes », 19 mars 1979) ou à l'étranger (« Rocard à Washington », 9 juin 1980). Mais il donne aussi la parole à un écologiste comme Brice Lalonde à la veille des élections de 1977 et de 1978 ainsi qu'à des leaders du CERES. Il apparaît ainsi comme le moins politisé du service politique, un « OVNI ».

Un bref séjour aux États-Unis comme grand reporter[modifier | modifier le code]

Lassé de la politique française, il souhaite devenir correspondant aux États-Unis. Olivier Todd et Jean-François Revel lui proposent d'entrer comme grand reporter à L'Express. Mais après en avoir fait part à Jean Daniel et Claude Perdriel, il est finalement promu grand reporter (septembre 1979), puis correspondant aux États-Unis en janvier 1980. À la suite du départ de Thierry Pfister pour le cabinet de Pierre Mauroy (mai 1981), il est rappelé à Paris pour prendre la tête du service politique.

Des postes à responsabilité[modifier | modifier le code]

Nommé directeur de la rédaction d'un journal en pleine crise, il redresse Le Nouvel Observateur. Il y était considéré comme "de droite" par certains de ses journalistes[8].

En septembre 1988, il quitte Le Nouvel Observateur pour rejoindre Le Figaro, quotidien alors emblématique du Groupe Hersant. Sa mère s'était pourtant vivement opposée à Robert Hersant quand ce dernier avait racheté Paris-Normandie et le passage du grand hebdomadaire de gauche vers le grand quotidien de droite surprend beaucoup de gens. Jean Daniel dit avoir vécu son départ comme une trahison[1] De 1988 à juin 2000, il est directeur des rédactions et membre du directoire du Figaro. Il redresse par ailleurs les ventes du Figaro Magazine.

Il quitte ses fonctions en septembre 2000, et entre à l'hebdomadaire Le Point en qualité de directeur, sous l'influence de son fondateur Claude Imbert. Il croit dans les valeurs du travail d'équipe, aussi s'entoure-t-il de Michel Colomès, directeur de la rédaction et de Michel Richard comme directeur adjoint. Avec Philippe Bertrand, son directeur artistique, il décide de moderniser la maquette. Pour augmenter le nombre de lectrices, il fait évoluer la dernière partie du magazine, car les études montrent que davantage de femmes que d'hommes commencent leur lecture par la fin.

PDG depuis 2003 du groupe SEBDO Le Point, il permet au magazine de connaître un nouvel essor commercial, notamment auprès des catégories socioprofessionnelles les plus élevées. Misant sur l'indépendance d'esprit, les couvertures de l'hebdomadaire sont volontairement de plus en plus agressives. Sous sa houlette, les ventes du Point passent de près de 300 000 en 1999 à environ 415 000 en 2010, soit une augmentation de quelque 120 000 exemplaires.

Le ton ou l'impertinence du Point aurait déplu à Nicolas Sarkozy qui, en 2008, aurait demandé la tête de Franz-Olivier Giesbert à François Pinault, tout comme l'auraient fait auparavant François Mitterrand, Jacques Chirac et Dominique de Villepin[9]. En février 2012, François Pinault confirme l'information au magazine économique Challenges : « C'est à moi que Nicolas Sarkozy s'adressait pour me demander régulièrement de virer Franz-Olivier Giesbert de la direction du Point », explique le propriétaire de l'hebdomadaire, avant de préciser que l'immixtion présidentielle lui déplaît et le conduit au contraire à maintenir Giesbert, qu'il décrit comme un « excellent patron de presse, solide, créatif et paradoxal », dans ses fonctions[10].

Il entretient ou a entretenu des relations d'amitié avec plusieurs grand écrivains : Julien Green, Michel Tournier, Norman Mailer et J.M.G. Le Clézio qu'il a interviewés souvent ou qui ont collaboré régulièrement aux journaux qu'il a dirigés[réf. nécessaire]. Il fréquente le club Le Siècle.

À la télévision[modifier | modifier le code]

Franz-Olivier Giesbert présente d'abord une émission hebdomadaire littéraire sur la chaîne câblée Paris Première, intitulée Le Gai Savoir. Cette émission a été récompensée par le prix Richelieu de l'association de la Défense de la langue française en mars 1999.

À partir de 2001, il travaille pour le service public, alternant les différentes chaînes de France Télévisions :

D'octobre 2001 à mi-2006, il présente tout d'abord l'émission littéraire Culture et Dépendances sur France 3.

De septembre 2006 à mi-2009, il prend en charge une émission politique Chez FOG sur France 5 avant de revenir à l'actualité culturelle en 2009 et 2010 lorsqu'il présente Vous aurez le dernier mot sur France 2, le vendredi à 23 h.

À partir de septembre 2010 et jusqu'en avril 2011, il anime, sur France 2, Semaine critique !, une nouvelle émission culturelle diffusée les vendredis soirs. Grâce à la chronique de Nicolas Bedos, l'émission a pu atteindre jusqu'à 10 % de part de marché mais reste en-deçà des attentes.

Depuis octobre 2011, il anime 2012, les grandes questions sur France 5. Cette émission se poursuit en 2013 sous le titre Les grandes questions[11], avec un générique de Khonnor (Little Secret).

Depuis la rentrée 2012, il anime en première partie de soirée sur France 3 l'émission Le monde d'après, un magazine de société qui traite de sujets économiques une fois par mois, le lundi soir[12].

Controverses[modifier | modifier le code]

La Tragédie du président[modifier | modifier le code]

Certains observateurs[13] ou hommes politiques se sont émus du caractère particulièrement critique de son essai intitulé La Tragédie du président, paru en mars 2006. Franz-Olivier Giesbert y révèle en effet certains aspects de la vie privée de Jacques Chirac, profitant, selon ses détracteurs, de vingt ans de proximité avec celui-ci pour révéler des secrets bien gardés[réf. nécessaire], ce type de détails restant habituellement "off" (c'est-à-dire non diffusés)[14].

L'auteur avait quant à lui justifié son choix de publier ces informations issues de ses conversations avec Jacques Chirac au motif que le métier des journalistes étant de « faire la lumière sur tout », « si l'on veut garder sa part d'ombre, il ne faut pas fréquenter les journalistes »[15].

En mai 2006 un journaliste de La Dépêche du Midi relève au sujet des notes utilisées par Franz-Olivier Giesbert pour son livre que « Ses fameux cahiers à spirales font mouche sans complaisance à l'exception de Nicolas Sarkozy miraculeusement épargné (on ne sait jamais, s'il devenait président !) »[13] car va suivre l'élection présidentielle française de 2007, à l'issue de laquelle Nicolas Sarkozy est élu président.

Un article complaisant du Point[modifier | modifier le code]

Le 11 avril 2007, Franz-Olivier Giesbert est entendu par la police pour la publication en 2005 d'un article jugé complaisant par le juge Philippe Courroye et paru dans son journal Le Point sur le milliardaire français Iskandar Safa, recherché par la justice[16]. Marc Francelet, un collaborateur du Point aurait été payé 150 000 euros, ce qu'il a nié, pour mettre en contact l'homme d'affaires français et le journal afin de l'interviewer alors qu'Iskandar Safa était en pleine tourmente judiciaire[réf. nécessaire]. Quelques jours plus tard, Marc Francelet a été mis en examen pour corruption et détenu pendant deux semaines[réf. nécessaire]. Iskandar Safa a, quant à lui, obtenu un non-lieu et été blanchi par la justice[réf. nécessaire].

Prix Renaudot 2007[modifier | modifier le code]

Le 7 novembre 2007, Franz-Olivier Giesbert a été accusé par Christophe Donner, favori pour l'obtention du prix, d'avoir « manipulé » les délibérations du jury du Prix Renaudot au profit de Daniel Pennac qui l'a finalement emporté[17]. Giesbert a nié avoir manipulé les délibérations.

Émission Des paroles et des actes du 12 avril 2012[modifier | modifier le code]

En fin d'une double émission Des paroles et des actes du 12 avril 2012 (soit une semaine avant le premier tour de la présidentielle), Franz-Olivier Giesbert enflamme le web par de longues tirades tournant en dérision la légitimité des petits candidats de la présidentielle de 2012[18],[19],[20]. Il a également choqué en disant que Nicolas Sarkozy, le président sortant, a été « très bon ». Sur Twitter, le hashtag #FOG a d'ailleurs fait partie des sujets les plus discutés[20] à l'échelle mondiale pendant plusieurs heures[réf. nécessaire].

Les Nouveaux Chiens de garde (film documentaire 2012)[modifier | modifier le code]

Franz-Olivier Giesbert est l'une des personnes prises comme exemple[21] par le film documentaire français sorti en janvier 2012 : Les Nouveaux Chiens de garde, qui explore les collusions entre les médias français et le pouvoir politique français.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il est le compagnon de la directrice de Elle, Valérie Toranian.

Romans[modifier | modifier le code]

Documents politiques[modifier | modifier le code]

  • 1987 : Jacques Chirac
  • 1991 : Le Président
  • 1993 : La Fin d'une époque
  • 1996 : Le Vieil Homme et la Mort
  • 1996 : François Mitterrand, une vie
  • 2006 : La Tragédie du président
  • 2011 : M. le Président : Scènes de la vie politique (2005-2011)
  • 2012 : Derniers carnets - Scènes de la vie politique en 2012 (et avant), Flammarion, 2012, (ISBN 978-2-0812-8256-8)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Marion Van Renterghem, « Franz-Olivier Giesbert, le journalisme sans foi ni loi », Le Monde,‎ 8 juillet 2012 (lire en ligne)
  2. Panorama, Le mensuel chrétien de spiritualité (site web officiel)
  3. Portrait dans le magazine Elle, le 06/05/09. [1]
  4. Benoît Vochelet, « Franz-Olivier Giesbert, l'Américain d'Elbeuf », Paris Normandie,‎ 17 mai 2009.
  5. « Liste complète des anciens élèves », Association des anciens élèves du Centre de formation des journalistes.
  6. La vision du progrès économique du numéro deux du PS y apparaît essentiellement productiviste et quantitative : « L'acquis est énorme, surtout économique. […] Les victoires technologiques soviétiques, l'essor du pays a été prodigieux. Dans la plupart des domaines : 275 millions de journaux sont distribués chaque jour et dévorés par un public avide de connaissances. […] Le bilan économique de l'URSS n'en est pas moins positif. »
  7. Laurence Plenis, La biographie politique comme processus de construction d'une image, Paris I, mémoire de DEA de sociologie politique, 1998, p. 122.
  8. Franz-Olivier Giesbert, le journalisme sans foi ni loi, Le Monde
  9. « Nicolas Sarkozy veut la tête de Franz-Olivier Giesbert », Nouvelobs interactif, 21 juillet 2008.
  10. Airy Routier, « François Pinault : la vie après la vie », Challenges, no 287, 9 février 2012, p. 51.
  11. Les grandes questions, Télérama
  12. Le monde d'après, France 3
  13. a et b Off ou pas off? La Dépêche du Midi 23/05/2006
  14. Franz Olivier Giesbert : « Je n'avais jamais connu une telle violence en politique » 20 Minutes, 30 mars 2006.
  15. Franz-Olivier Giesbert, La tragédie du président: scènes de la vie politique (1986-2006), Flammarion, 2006, 414 p. (ISBN 978-2080689481), p. 9.
  16. « Franz-Olivier Giesbert entendu par la police au sujet de l'achat d'un article complaisant par un milliardaire », Le Monde, 11 avril 2007.
  17. Marie Desnos, « Littérature: La guerre des prix », Le Journal du dimanche, 12 novembre 2007.
  18. Giesbert se lâche sur France2 ; il est taclé sur le Net. Arrêt sur images
  19. Franz-Olivier Giesbert, éclaireur du peuple et Guignol de l’info en campagne (+ verbatim). Acrimed 2012
  20. a et b "Il faut que Franz-Olivier Giesbert arrête de fumer la moquette" Le Monde 13/04/2012
  21. Toutou sur les medias, Libération
  22. « Franz-Olivier Giesbert reçoit le prix Duménil », Le Magazine littéraire, 17 juin 2010.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]